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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 07:15

La filmographie de Wes Craven compte un nombre respectable de classiques de l'horreur, que je n'envisage pas vraiment de chroniquer ici parce que je présume que vous les avez déjà vus. Mais de temps en temps il a signé quelques trucs plus obscurs, comme ce Summer of Fear, pas vraiment du même calibre que Les Griffes de la nuit, La Colline a des yeux ou Scream. En fait c'est même pas sorti en salles aux Etats-Unis, seulement en Europe. Et sous cette jaquette française qui a renoncé au titre VF de l'époque (L'Été de la peur) et n'hésite pas à prendre quelques libertés avec la réalité pour appâter les amateurs d'horreur sanglante et crado, on ne devinerait jamais que c'est un téléfilm d'épouvante "familial", une adaptation d'un roman de l'auteur de Palace pour chiens produite par NBC et diffusée en 78 pour Halloween sous le titre Stranger in our House.

Linda Blair joue Rachel, une adolescente plutôt pas malheureuse dans la vie : elle habite dans une belle baraque avec ses parents blindés de thunes, elle possède un cheval de compétition et sort avec un fringant cowboy. Mais elle devrait se douter qu'un jour tout va basculer parce que son voisin d'en-face est un professeur d'université spécialisé dans l'histoire des sciences occultes et ça, c'est jamais bon signe. Nous autres, qui avons des vies normales, on n'a pas de prof comme ça dans notre entourage. Même du temps où on allait à la fac on n'a jamais côtoyé un expert en druidisme ou un doctorant en démonologie. Mais dans un film, si tu vis dans les environs d'un mec comme ça, tu peux être sûr que ça va chier dans moins de pas longtemps. Il serait pas là si t'allais pas avoir besoin, à un moment de ta vie, qu'il t'explique l'origine d'une malédiction, la fois où les villageois ont brûlé la sorcière, la légende du fantôme du serial killer bi-classé shaman, la signification des symboles et des animaux crucifiés apparus mystérieusement sur tes murs, les rites vaudous des dealers jamaïcains, l'identité de l'auteur des menaces inscrites en lettres de sang sur ton frigo. Après généralement il lui arrive des bricoles parce qu'il en a trop dit et que ça se paye.
 


Arrrrgh non un universitaire qui s'y connaît en magie, fuyez tous pauvres fous !


Ici, donc, ça ne rate pas : la vie de Rachel tourne peu à peu au cauchemar quand la mort de son oncle et sa tante amène leur orpheline Julia, sa cousine, à s'installer à la maison. Apparaissant au départ comme une brave jeune femme de la campagne timide et inoffensive, elle se révèle au fil des jours être une petite garce allumeuse et manipulatrice. Après être tombée malade, s'être fait piquer son mec, et avoir perdu son cheval, Rachel finit par se persuader que Julia fait usage de magie noire pour lui nuire. Et son impression est confirmée quand le voisin d'en-face susmentionné, après avoir éclairé sa lanterne sur la sorcellerie, tombe subitement dans le coma. Rachel se met en tête de démasquer Julia au grand jour, mais la mystérieuse cousine a su se faire adorer de tout le monde, et personne ne veut croire aux accusations de Rachel...
 


Oh la la, l'horrible sorcière, elle m'a emprunté ma robe et elle lui va mieux qu'à moi, c'est affreux.


Si on veut être positif, on peut saluer le fait que Summer of Fear parvienne habilement à laisser le doute planer presque d'un bout à l'autre : même si Julia apparaît visiblement comme une menteuse opportuniste et sans scrupule sous ses airs de sainte-nitouche, jusqu'au dernier acte il reste envisageable que ces histoires de sorcellerie ne soient que le délire paranoïaque d'une gamine jalouse. Mais disons que si ça n'était pas signé Wes Craven on ne laisserait peut-être pas le bénéfice du doute et on se dirait que c'est probablement moins le résultat d'un choix délibéré que du fait qu'il ne se passe vraiment pas grand'chose de tout le film. Pour vous dire, le bilan final est de UN mort, et c'est un canasson euthanasié par le véto. Avouez que ça fait pas beaucoup pour un film d'horreur, surtout quand l'illustration de la jaquette semble promettre une boucherie. Pour le reste, honnêtement je doute que ça effraie même les âmes les plus sensibles. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est ennuyeux, on a quand même envie de savoir où cette succession de petits faits troublants va mener, mais ça reste ça tout du long : des trucs un peu bizarres au sein d'une famille sans histoire. La nouvelle venue a de drôles d'objets dans ses affaires, rend le cheval super nerveux par sa seule présence, séduit les hommes de sa propre famille. Intriguant, mais pas super flippant.
 


A la fin il y a une petite poursuite en voitures, dont tout le monde se sort indemne
parce que c'est décidément un petit téléfilm tout public et pas
La Dernière maison sur la gauche.


Les plus grands fans du cinéaste se consoleront peut-être en y trouvant une variation autour du thème "cravennien" des ados livrés à eux-mêmes face au danger parce que leurs parents refusent de les croire. Mais une fois de plus, comme on n'a pas vraiment l'impression que l'héroïne risque beaucoup plus que de perdre quelques-uns de ses privilèges de pauvre petite fille riche, "mes parents refusent d'entendre que leur nièce est une sorcière et du coup je ne peux plus garder mon cheval à l'écurie" n'est pas vraiment aussi angoissant que "nos parents refusent de croire que le fantôme du type qu'ils ont assassiné revient se venger en nous tuant dans nos cauchemars." Dans l'ensemble, ça m'a sacrément déçu, après je dois reconnaître que c'est plutôt bien interprété, que le personnage central est intéressant et que ça n'est pas foncièrement mauvais, juste un peu trop mou et sage. C'est pas à fuir, mais ça me paraît dispensable, que ce soit pour un amateur de Wes Craven ou non.

 

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Summer of Fear (Stranger in Our House, 1978), réalisé par Wes Craven (Les Griffes de la nuit) sur un scénario de Glenn M. Benest (La Ferme de la terreur) et Max A. Keller (Agence Acapulco). Avec Linda Blair (L'Exorciste), Lee Purcell (Le Retour de l'Incroyable Hulk), Jeff McCracken, Carol Lawrence, Jeremy Slate, Macdonald Carey (Des jours et des vies), Fran Drescher (Une Nounou d'enfer).

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commentaires

Superjé 15/09/2015 20:17

C'est dommage. Ta chronique semblait dire qu'il y avait une ambiance assez particulière, un peu comme l'origine du fantastique (Le Horla et tout le tsoin tsoin, tu vois quoi, chuis pas prof). J'avais d'autant plus envie d'y croire que la photographie des 70's, c'est ce qui me botte le plus.


Oh tu sais, je passe régulièrement ici (tout en ne sachant jamais si je lis le dernier article ou pas ;) ) mais tes derniers choix de films ne m'incitaient pas à commenter. Ou sont les kaiju eiga moisies et les Charles Band d'en temps ? ;)

Toxic 15/09/2015 21:13

Ben pourtant avec le mois sur Roddy Piper j'étais en plein dans le genre de films qui m'a fait démarrer ce blog ! Les films de Charles Band, je ne suis même pas sûr qu'il m'en reste encore à visionner dans mon stock de DVDs pas encore chroniqués, et c'est tellement nul à chaque fois que j'ai pas spécialement envie de traquer tout ce qu'il a réussi à faire distribuer en France... Mais bon cela dit, octobre approche, à défaut de kaiju eiga moisi y aura peut-être un film d'horreur susceptible de te brancher.
Pour Summer of Fear, écoute, vraiment, c'est pas nul donc si ça te dit, tente le coup, fais-toi une idée par toi-même, mais n'en espère quand même pas trop.

Superjé 11/09/2015 14:03

Doit-on comprendre en lisant ta critique que c'est un chouette film fantastique et qu'à t'as pas aimé car tu t'attendais à un chouette film d'horreur ?

Toxic 11/09/2015 18:51

Honnêtement, s'il y avait eu un peu plus de rebondissements et une fin plus surprenante ou ambiguë, je me serais plus facilement consolé de ma déception que ça ne soit pas un film d'horreur en y voyant effectivement un chouette film fantastique. Mais là non même en tant que film fantastique c'est plus près de simplement "regardable" que carrément "chouette".
Content de te revoir par ici au fait :)

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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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