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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 09:25

En cherchant des films pour ma sélection d'Halloween de cette année, je me suis rappelé que, plus de 5 ans après avoir chroniqué le remake d'Halloween par Rob Zombie, je n'avais toujours pas parlé de sa suite. Alors je répare ça aujourd'hui, histoire d'ouvrir le bal avec un film à fond dans le thème plutôt qu'avec n'importe quel film d'horreur.

Le prologue d'Halloween II (qui, au passage, n'est pas un remake du film éponyme de 1981) ramasse ses personnages là où la fin du premier épisode les avait laissés, sur les lieux de la tuerie d'Haddonfield, la gueule en sang, les os brisés, à moitié morts mais réparables, du moins physiquement. Un an plus tard, on découvre que le shérif Brackett et sa fille ont reccueillie Laurie Strode après le massacre de sa famille, que le Docteur Loomis a écrit un livre sur Michael Myers et ses meurtres, et que la dépouille du méchant tueur masqué n'est jamais arrivée à la morgue. Evidemment, Myers a survécu, et à l'approche du 31 octobre, il arpente la campagne en direction de sa ville natale. Hanté par les visions du fantôme de sa mère, il est à nouveau décidé à retrouver sa petite soeur, qui pour l'instant ne sait elle-même pas encore qu'elle s'appelle Angel Myers, et pas Laurie Strode...

Le film démarre vraiment bien, si l'on fait abstraction de l'apparition de Sheri Moon Zombie parce que le réalisateur ne peut pas résister à l'envie d'employer sa femme même quand son personnage est mort depuis l'épisode précédent. Il nous montre quelque chose qu'on ne voit jamais dans les films d'horreur : le travail des secouristes et des médecins sur les survivants des attaques de tueurs fous. Ben oui, d'habitude vous savez comment c'est : la fille qui ressemblait à un steak tartare la nuit du crime se réveille après une ellipse avec un pansement sur le front et une ecchymose sur une pommette. Ici non, on a doit aux détails bien dégueu, les tronches mutilées qu'il faut recoudre, les restes d'ongles qu'il faut arracher, les fragments d'os brisés qu'il faut remettre à leur place, les débris qu'il faut extraire des plaies, un certain réalisme sordide qui a de quoi faire frissonner même un amateur d'horreur un peu blasé par des années de gore, de découpages et de tortures en tous genres.
 


Ca reste le genre de film d'horreur où l'on tente de maintenir en vie une copine charcutée
en lui répétant "reste avec moi, je t'interdis de m'abandonner !" plutôt qu'en essayant d'arrêter ses hémorragies.


Après, ça se gâte vite. Par exemple quand on comprend vite qu'une scène n'est qu'un rêve, parce qu'il n'y a qu'une seule infirmière pour gérer tout un hôpital où tous les écrans jouent Nights in White Satin en boucle, et bon, forcément, comme on sait que Michael Myers c'est pas Freddy Krueger, ça pète un peu le suspense. Manque de bol ça doit être la seule fois de tout le film où Rob Zombie essaie de faire un peu monter la tension, l'angoisse, au lieu de simplement montrer Myers qui empoigne une victime et la poignarde, et il se révèle que c'est du remplissage comme, hélas, beaucoup de choses dans Halloween II. Toute la partie avec Loomis, par exemple, n'apporte rien à l'histoire, et fait complètement factice. On nous le montre comme si c'était déjà une star, sauf qu'on nous montre aussi qu'il ne sait absolument pas réagir quand une conférence de presse, une séance de dédicaces ou une interview tourne mal, comme si c'était la première fois qu'il découvrait le cirque des médias. Et son attachée de presse, elle est débile ou quoi ? Elle fait exprès de l'envoyer à un talk show où l'animateur humilie ses invités plutôt que de leur servir la soupe ? On sent que ça amusait bien le réalisateur de présenter le personnage comme un enfoiré égoïste qui fait passer la gloire avant ses patients, et après tout pourquoi pas, mais chacune de ses interventions arrive comme un cheveu sur la soupe.
 


Le film n'hésite pas à chambouler complètement ta vision de la série en posant des questions comme
"et si le docteur Loomis n'était pas un héros mais un sale con
(mais se comportait quand même héroïquement à la fin pour se racheter) ?"
ou "et si Laurie était aussi folle que son frère (mais restait relativement normale jusqu'aux 2 dernières minutes) ?"


Dans le même genre, comme il veut montrer que la société rejette injustement les marginaux chevelus, il y a plusieurs scènes où des gens viennent emmerder Michael Myers alors qu'il ne fait rien de mal, parce qu'ils ne l'ont pas reconnu. Une idée qui aurait pu fonctionner, surtout que cette fois il est fringué comme un vagabond et n'a plus qu'un morceau de masque sur le visage... sauf qu'il est toujours joué par un ancien catcheur de plus de 2 mètres et 130 kilos. Et quand un SDF de ce gabarit rôde sur votre parking, désolé, mais non, à moins que vous n'ayez vraiment envie de savoir quel effet ça fait de chier ses propres dents, vous n'allez pas le voir en lui disant "hé, barre-toi sale clodo, ou je te défonce". Et pourtant c'est la réaction qu'ont, face à lui tous les personnages, du moins ceux qu'il n'a pas exécutés façon ninja. Ah oui parce que même avec sa carrure et alors que ça fait un an qu'il ne se lave pas, ne se change pas, et se nourrit de chiens crus, personne ne l'entend ou ne le sent jamais arriver.
 


Dis adieu au Michael Myers ringard de tes parents, Rob Zombie lui il te propose
un
Halloween sombre et réaliste avec de la beubar.


Pour moi, c'est une suite à la Underworld 2 : l'auteur n'a plus vraiment d'histoire à raconter, mais puisque le studio lui a proposé de faire un deuxième épisode parce que le premier a rapporté du pognon, il s'est dit que ce serait quand même trop bête de laisser passer une occasion de se faire plaisir. Il case les idées qu'il n'a pas réussi à exploiter autant qu'il voulait la première fois. Il apporte encore de nouveaux changements aux personnages créés par John Carpenter pour qu'on sache bien que maintenant, voilà, ça y est, ils sont à lui, il en fait ce qu'il veut. Il donne des rôles à ses copains ou ses idoles. Il étale sa culture pop en professant son amour pour Lee Marvin dans Cat Ballou ou en glissant des clins d'oeil à ses films d'horreur préférés. Comme je disais, il y a beaucoup de remplissage là-dedans, parce que si on veut atteindre 1h40 avec une intrigue aussi mince que "on dirait que Michael serait toujours vivant et qu'il voudrait toujours mettre la main sur Laurie", il faut bien broder.
 


Même si ça implique d'essayer de faire croire qu'après le meurtre de ses parents par un serial killer,
la fille adoptive d'un shérif afficherait un poster de Charles Manson sur ses murs taggés,
Rob Zombie ne résiste pas à l'envie de te montrer à quoi ressemblerait la déco trop destroy
d'une chambre d'ado trop cool chez lui s'il avait des enfants.


Ca prétend dépeindre l'horreur de façon réaliste et explorer la psychologie des personnages, mais faute d'un contexte un tant soit peu vraisemblable, ça n'est pas franchement plus malin qu'une couillonnade comme Jason X. Et j'aurais vraiment mieux fait de revoir ce bon vieux Jason X plutôt que cette croûte sans joie, sans surprise, gentiment prétentieuse. Je continuerai à m'intéresser au cinéma de Rob Zombie parce qu'il a du style, de la personnalité, qu'il emploie de bons acteurs, et qu'il semble intéressé par autre chose que suivre les modes du genre, mais c'est vrai que ce serait cool qu'un jour il réussise vraiment un de ses films parce que pour l'instant, on est plutôt dans le ratage plus ou moins intéressant à chaque fois. Et cet Halloween II se classe, comme le premier, dans la colonne des "moins".
 

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Halloween II (2009), écrit et réalisé par Rob Zombie (The Devil's Rejects). Avec Scout Taylor-Compton (Les Runaways), Tyler Mane (X-Men), Malcolm McDowell (Orange mécanique), Brad Dourif (Jeu d'enfant), Danielle Harris (Urban Legend), Angela Trimbur (The Final Girls), Brea Grant (Heroes), Margot Kidder (Superman).

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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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