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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 14:46

En mars prochain bien sûr vous irez tous voir la nouvelle version dans laquelle Emma Watson prouvera qu'une fille peut trouver l'amour dans les bras d'un homme riche grâce au syndrome de Stockholm, parce que le féminisme c'est bien sympa mais un beau gros chèque signé Disney c'est difficile à refuser. Pour vous aider à patienter, je me permets de vous proposer une autre adaptation de La Belle et la Bête, un téléfilm produit pour la chaîne Syfy par le réalisateur de Commando avec Schwarzenegger, qui nous annonce sur sa jaquette que "cette fois-ci, ce n'est pas un conte de fée". Eeeeeeh ouais les gars, parce que les studios vous respectent, ils savent que vous n'êtes plus des gamins, alors là c'est la VRAIE histoire sombre et réaliste telle qu'elle s'est VRAIMENT passée pour de VRAI, pas des bobards pour faire rêver les petites filles. Ca n'interdit pas, en revanche, d'essayer de faire rêver les grands garçons avec le physique d'Estella Warren. En tout cas moi je sais que sans sa présence au générique j'aurais pas dépensé 1€ pour me procurer le DVD, mais je suis peut-être le seul à me souvenir avec émotion de cette pauvre fille, une ancienne championne de natation synchronisée et ancienne mannequin dont la carrière d'actrice s'est écrasée au décollage avec La Planète des singes de Tim Burton, et dont le plus gros film depuis a été Kangourou Jack avec Jerry O'Connell.

Belle est ici une lavandière qui aime se promener en mini-robe décolletée dans les bois à la recherche d'ingrédients pour ses lessives. Un jour, elle est sauvée des griffes d'un loup par la Bête, un métalleux clochard avec un masque d'orc récupéré dans les poubelles du Seigneur des Anneaux, qu'on accuse de tous les crimes commis dans la région. Ceux-ci sont en réalité l'oeuvre d'une bestiole en images de synthèse invoquée par une sorcière qui l'utilise pour convaincre son cousin, un noble qui espère hériter du trône à la mort du roi, de la choisir comme future reine, le plan étant que tant qu'il refusera le monstre continuera à bouffer ses soldats, mais que s'il accepte elle l'aidera à capturer la Bête et à tout lui mettre sur le dos pour se faire passer pour un héros auprès du peuple, et s'assurer ainsi d'accéder au pouvoir (qu'il semble à vrai dire déjà posséder avant même d'être roi, et qui consiste à régner sur un unique village d'une vingtaine d'habitants). Heureusement dès sa deuxième rencontre avec la Bête, Belle a compris que c'était un brave garçon qui méritait qu'elle risque sa vie pour l'aider, et ensemble ils vont tenter de rétablir la vérité.

Estella Warren garde la même tenue tout le temps de l'aventure, qui dure pourtant plusieurs jours,
mais on ne va pas s'en plaindre, hein, j'ai raison ou quoi les gars ?


C'est moi ou ça fait un peu beaucoup d'intrigue pour l'adaptation d'une histoire à la base aussi simple que "une gentille fille apprend, en vivant auprès d'un homme monstrueux, qu'il ne faut pas juger les gens sur leur apparence" ? C'est sans doute parce que CETTE FOIS-CI CE N'EST PLUS UN CONTE DE FEE. La vraie vie des personnages imaginaires, c'est compliqué. Bon enfin je taquine mais à vrai dire je peux comprendre que cette énième version ait décidé de mettre de côté la leçon de morale (par ailleurs légèrement hypocrite puisqu'à ma connaissance dans toutes les versions la Bête finit par se transformer en beau gosse comme ça la Belle n'est pas obligée de se marier avec un monstre, parce que les apparences ça compte pas jusqu'au moment où, quand même, ça compte un peu), et de raconter autre chose à la place. Même si ce prétexte de révéler "la véritable histoire" (qui n'est pas qu'un slogan pour la jaquette, c'est répété au début du film lui-même par le narrateur) est absurde, en théorie ne pas raconter exactement la même chose que tous ses prédécesseurs est une bonne idée.

Sans doute pour enfoncer le clou sur le fait que ce n'est pas une gentille fable pour gamins,
cette adaptation comporte plusieurs scènes particulièrement sanglantes.


Malheureusement, comme le film ne laisse dès le départ aucune ambiguïté sur l'identité et les motivations des vrais coupables et sur la vraie nature de la Bête, c'est un peu difficile de se passionner pour cette histoire de complot. D'autant qu'on sent bien que les auteurs ne croyaient pas que quelqu'un se donnerait la peine de regarder jusqu'au bout pour de vrai, et que le scénario paraît de plus en plus bâclé au fur et à mesure qu'il avance. Il y a par exemple une scène vers la fin où la Bête doit s'introduire dans le château par la fenêtre, en escaladant une tour, puis 2 minutes plus tard elle est sauvée par la Belle qui débarque dans la pièce par la porte sans qu'on sache comment elle a bien pu y accéder, et après ça nos deux héros recommencent une conversation qu'ils avaient déjà eue à la scène précédente, avant d'être rejoints par un de leurs potes qui n'avait pourtant aucun moyen de savoir qu'ils étaient là (et dont on ne sait pas comment il a réussi à entrer lui non plus).

Le film se donne la peine de mentionner que le fait que la Bête ne se batte qu'à l'arbalète
est de notoriété publique,et pourtant personne ne doute jamais de sa culpabilité
quand les victimes sont retrouvées décapitées, griffées et mâchouillées.


Les personnages eux-mêmes n'ont pas grand intérêt non plus, et on retrouve à peu près tous les défauts de ce genre de téléfilm fauché : dialogues insipides, décors minables, effets spéciaux indigents, acteurs inconnus qui ne cherchent même pas à cacher qu'ils n'ont pas envie d'être là. Pour un fan de nanars mort de faim, il y a 2-3 petites choses à se mettre sous la dent, comme la scène où "les chiens ont suivi sa trace jusqu'au ruisseau !" mais on ne voit jamais les fameux chiens parce que louer des animaux à un dresseur ça coûte cher et on ne les entend pas non plus parce qu'apparemment même mettre un bruit d'aboiements au loin c'était déjà trop d'efforts. Ou le fait que les graphistes se soient donné la peine de modéliser des fesses au troll. Ou le personnage qui s'étonne que "derrière son aspect monstrueux j'ai découvert que la Bête était la plus gentille créature que j'aie connue" alors qu'il sait depuis le début que c'est simplement un humain victime d'un sort, et qu'il l'a élevé lui-même depuis sa naissance.

Le golem de la sorcière (qu'ils appellent "troll") est probablement la version sans poil
d'un modèle de loup-garou piqué à un autre film, et les images de synthèse sont
encore plus bas-de-gamme que ce que proposent habituellement les productions Syfy.


Malgré ces rares gags involontaires, ou le charme poupin de sa vedette, je ne pense pas qu'il y ait vraiment de quoi justifier de passer une heure et demie devant. Enfin, je ne sais pas, peut-être que c'est encore drôle pour quelqu'un qui n'aurait pas déjà vu des dizaines de productions Syfy exactement dans la même veine, mais moi ça fait un petit moment que je suis blasé face à banquet royal dont l'aliment le plus luxueux est une grappe de raisins, un village médiéval dont on ne voit jamais plus de deux bâtiments, ou une actrice qui n'arrive jamais à prononcer correctement les noms compliqués comme "Ahura Mazda".

 

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La Belle et la Bête (Beauty and the Beast, 2009), réalisé par David Lister (Malibu Shark Attack) sur un scénario de Gavin Scott (Small Soldiers). Avec Estella Warren (La Planète des singes), Rhett Giles (Quantum Apocalypse), Vanessa Gray (The Strip), Victor Parascos (Les Sirènes de Mako).

 

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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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