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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 09:10

Au cinéma, ils aiment bien nous faire le coup de la fin où OH LA LA C'EST DINGUE LE HEROS EST DEVENU LE MECHANT. Mais comme ils aiment bien aussi faire des suites sans prendre trop de risques, à chaque fois ils reviennent sur leur pas. Le seul qui est allé au bout de son idée c'est George Lucas mais il a triché en filmant d'abord les suites donc ça ne compte pas. Les autres se sont tous dégonflés, la petite Jamie n'a pas remplacé Michael Myers, Tommy Jarvis n'a pas remplacé Jason Voorhees, et dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui, Alice n'est pas redevenue un agent d'Umbrella et n'a pas éliminé les compagnons qui l'ont sauvée. Mais pour être honnête, le coup de théâtre qui concluait Resident Evil: Apocalypse n'est pas complètement ignoré, il est simplement mentionné puis balayé sous le tapis en quelques secondes vers la fin.

Extinction démarre quelques années après que le Virus T a provoqué la fin du monde, transformant la quasi-totalité de l'humanité en zombies et la Terre en désert, un scénario catastrophe qui se soucie moins de vraisemblance que d'économiser sur le budget, parce que c'est quand même moins cher et plus simple d'aller tourner dans un coin où y a du sable partout que de construire une ville fantôme, ou de demander à Yoram Globus s'il reste quelque chose des décors des Maîtres de l'Univers 2. Alice est devenue une Mad Max à moto toujours impeccablement maquillée. Ses copains de l'épisode précédent se sont séparés d'elle le temps d'aller remplacer Jill Valentine (l'actrice ayant abandonné la série au profit d'Eragon) par une nouvelle co-héroïne, et se retrouvent faire-valoir dans "le convoi de Claire Redfield", une bande de figurants survivants en quête perpétuelle de provisions et de carburant. Les gens d'Umbrella sont toujours planqués dans leur réseau mondial de laboratoires souterrains, et un chercheur est toujours déterminé à créer un super-clone d'Alice pour combattre les zombies, plutôt qu'à améliorer l'antidote imparfait disponible depuis le premier film. Puis il décide qu'il va plutôt apprivoiser les zombies pour combattre Alice, parce qu'après tout Umbrella c'est les méchants du film.

Ils sont tellement méchants qu'ils honorent la tradition residentevilienne
du personnage de la petite fille agaçante  dont on se serait bien passé.

Au bout d'à peu près une heure tout le monde finit par se rendre compte qu'il n'y a eu que peu d'action et que l'histoire n'a pas trop progressé, et qu'il va falloir se décider à plier tout ça, et se retrouve donc dans un coin de désert où ils ont ajouté numériquement des bâtiments ensevelis quand c'est filmé en plan général, mais pas grand'chose d'autre qu'un container, un bout de ruine et un panneau "Las Vegas" dès que la caméra s'approche, parce que Las Vegas ça coûte cher à fabriquer en vrai. S'ensuivent bastons, explosions, etc, jusqu'à un dénouement dont on soupçonne que lui aussi sera largement ignoré au début de Resident Evil: Afterlife.

Le boss de fin est banal comparé au Nemesis de l'épisode précédent,
et c'est un énième recyclage du cliché "je m'en fous d'être devenu un monstre abominable
parce qu'en fait je suis devenu la race supérieure qui remplacera l'humanité !"

On peut apprécier que Resident Evil ait choisi à nouveau de  changer complètement d'environnement : les grands espaces et le soleil écrasant de son monde post-apocalyptique succèdent à un deuxième épisode nocturne et urbain qui lui-même contrastait nettement avec l'original. Et Russell Mulcahy, réalisateur de Razorback, des premiers Highlander, et de la moitié des clips de ta jeunesse si t'as grandi dans les années 80, filme un peu plus joliment que les confrères qui l'ont précédé. Et c'est amusant de voir qu'Alice a encore débloqué de nouveaux superpouvoirs parce qu'elle commence à avoir accumulé beaucoup d'XP en trois aventures. Mais c'est à peu près tout ce que j'ai de sympa à dire sur ce troisième épisode qui ne corrige toujours pas les tares de la série.

Le monde post-apocalyptique du film reste assez fade et sous-développé,
mais on se consolera en se disant que c'est plus original que nous ramener à Raccoon City.

Et donc, en dehors de quelques détails l'action reste assez peu mémorable, et les effets spéciaux sont toujours moyens, mais surtout, l'intrigue est toujours con, et les protagonistes ont toujours zéro personnalité, même ceux qui n'en sont plus à leur première apparition. Ils sont là pour servir de chair à zombies ou pour porter des noms qui seront familiers aux fans des jeux, parce que Paul Anderson veut que tu saches qu'il s'est renseigné sur Resident Evil et qu'il a appris les noms des vrais personnages, vu que t'as chouiné quand il a inventé Alice de toutes pièces pour le premier film (ne nie pas, je sais que c'était toi). Alors tu vois, la rouquine avec un fusil, eh ben c'est Claire Redfield ! La fameuse Claire Redfield qui mène "le convoi de Claire Redfield" et dont le nom est cité aussi souvent que possible pour enfoncer le clou, mais à laquelle on ne va surtout pas attribuer un caractère parce que dans le fond, à quoi bon, c'est destiné à un public adolescent qui s'en bat les couilles.

Voilà, je vous mets la meilleure cascade du film, vous pouvez faire l'impasse sur le reste
si vous n'êtes pas vraiment fan de la série.

Vous me rétorquerez probablement que le cinéma hollywoodien à gros budget ne vise jamais vraiment les adultes et qu'un fan du Roi Scorpion comme moi est mal placé pour faire le snob. Mais voilà, épisode après épisode je n'ai vraiment pas l'impression que tout ça ait été produit en espérant captiver ou impressionner un spectateur qui espère savourer les films d'action, mais simplement d'occuper des gens peu exigeants qui les consomment à la chaîne d'un oeil distrait en se vantant même de faire ça "le cerveau débranché". Ca n'est pourtant pas spécialement paresseux, et ça reste à peu près honnête si on se contente de comparer aux nombreuses adaptations foireuses de jeux vidéo comme Max Payne ou King of Fighters, mais ça n'est pas vraiment un exploit. J'aimerais bien arriver enfin à un épisode que j'apprécie pour de vrai plutôt que de me répéter à chaque fois que bon, c'était moins naze que je craignais et qu'au moins 1h20 et des poussières c'est pas trop long.

 

Resident Evil: Extinction (2007), réalisé par Russell Mulcahy (Highlander) sur un scénario de Paul W.S. Anderson (Alien vs. Predator). Avec Milla Jovovich (Ultraviolet), Ali Larter (Heroes), Iain Glen (Game of Thrones), Oded Fehr (La Momie), Spencer Locke (Tarzan), Linden Ashby (Mortal Kombat), Mike Epps (Very Bad Trip).

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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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