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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 08:46

N'ayant chroniqué que des adaptations de jeux vidéo cette année, je continue sur ma lancée même si ça veut dire qu'il va falloir que je re-bouffe du Hitman et du Tekken. J'avais encore jamais vu Doom, qui a déjà 12 ans cette année, et comme pour Resident Evil ça me paraissait être un bon moment pour lui donner enfin sa chance. En 2005 je me serais sûrement focalisé bêtement sur "mais ça n'a rien à voir avec le jeu !", mais là je me sentais d'humeur à donner tort à tous ceux qui l'avaient descendu à sa sortie : les critiques sérieux qui avaient trouvé ça débile tout en affirmant que "mais les fans du jeu aimeront sûrement !" (parce que jouer à des jeux vidéo signifie automatiquement avoir des goûts de chiottes en matière de films tant qu'on appelle un personnage "Dr Carmack" OUAH COMME JOHN CARMACK LE CREATEUR DE DOOM), les fans outrés par les infidélités à "l'Oeuvre" d'origine, et ceux qui ne voulaient pas rater une occasion de se moquer d'un idiot de catcheur qui prétendait faire du cinéma.

Eh oui, parce qu'à l'époque The Rock était encore The Rock, un type qui jusque-là avait gagné sa vie en faisant semblant de se battre en slip, et pas encore Dwayne Johnson, la plus grosse star de la galaxie. Il était donc de bon ton d'ironiser sur son talent d'acteur. Vous vous rendez compte que même quand j'ai commencé ce blog, en des temps immémoriaux, je me demandais s'il trouverait enfin le film qui ferait de lui le nouveau Schwarzenegger ou s'il resterait toujours le un-peu-mieux-que-Roddy-Piper-mais-pas-beaucoup ? Aujourd'hui, la question ne se pose plus. Vous voulez sauver GI Joe ? Vous appelez Dwayne Johnson. Vous voulez être sûr de pouvoir poursuivre les Fast & Furious jusqu'à l'explosion du soleil ? Dwayne Johnson. Vous voulez tirer du fric d'un vieux truc ringard comme Alerte à Malibu ? Dwayne Johnson. Et les critiques sur "encore un culturiste teubé qui joue comme un parpaing" ont laissé place à des louanges sur son côté sympa, charismatique et rigolo. Mais en 2005, donc, on n'en était pas encore là.

Je ne vous apprends sans doute rien en vous disant que Doom, que l'on doit au même réalisateur que Street Fighter, la légende de Chun-Li, est tiré de l'un des premiers et plus célèbres jeux de flingage en vue subjective, qui mettait en scène une invasion de démons dans une base martienne suite à l'ouverture d'un portail infernal. Le film délaisse l'élément occulte mais il est toujours question de massacre sur Mars, où des scientifiques sur un site de fouilles archéologiques sont victimes de créatures non-identifiées. Une escouade militaire est envoyée pour retrouver d'éventuels survivants ainsi que le fruit de leurs mystérieuses recherches. Attaqués à leur tour, les troufions comprennent assez vite que leurs supérieurs leur ont caché la vraie nature de la menace, et tombent l'un après l'autre dans les griffes de mutants féroces.

Remplacer les démons par de simples mutants, pourquoi pas,
mais ça semble avoir servi d'excuse pour utiliser des créatures au design assez banal.

Le seul moment mémorable du film, illustré ci-dessus, arrive vers la fin : cinq minutes à la première personne, dans la peau du héros qui tue des monstres dans des couloirs à coups de fusil d'assaut ou de tronçonneuse. C'est probablement cette scène qui a suffi aux critiques pour se mettre dans la tête que ça "plairait forcément aux fans du jeu vidéo". Malheureusement, en dehors de ça, c'est une copie d'Aliens qui souffre à la fois d'un manque de personnalité (même les streums ressemblent à une version bodybuildée du Xénomorphe) et d'un surplus de budget. Avec moins de fric ça aurait pu donner un nanar et être drôle, mais là, sans être vraiment une superproduction (on se rend sur Mars en téléporteur parce que ça coûte moins cher à représenter à l'écran qu'un vaisseau spatial) ça n'est pas ridicule du tout. Et avec un peu d'imagination ça aurait pu être une vraie bonne variation autour du thème "commando contre monstre(s)" comme Predator, mais c'est le genre de film où chaque scène est une réplique de la précédente (les soldats arrivent dans une nouvelle pièce/un nouveau couloir, une ombre fait "woosh woosh" derrière/au-dessus d'eux, une patte griffue en chope un en douce et le bute, les survivants répliquent en tirant dans le vide) et où chaque personnage a un seul trait de caractère qui dicte la totalité de sa contribution à l'histoire : le chef reste bien droit dans ses bottes, le bleu-bite panique, le cul-bénit prie, le psychopathe fait des trucs louches, le héros désobéit aux ordres pour la bonne cause, etc.

L'autre gros clin d'oeil au jeu, c'est le "Big Fucking Gun". Et c'est certes marrant de voir
The Rock se trimballer avec un fusil de la taille d'un éléphanteau, et en même temps,
il tire deux fois avec dans tout le film, et rate, donc ça n'est pas spécialement satisfaisant pour autant.

Alors voilà, comme il y a Rosamund Pike, comme les effets spéciaux sont plutôt réussis (meilleurs que ceux de Resident Evil, par exemple), comme il y a cette fameuse séquence imitant le jeu, comme ça n'est pas un de ces films de monstres fauchés où ça bavasse tout le temps parce que ça coûte moins cher que de tourner des scènes d'action, ça reste plus regardable que d'autres ersatz du film de Cameron tellement oubliables que là je suis même pas foutu de vous en citer un seul en exemple. Tout ça n'en fait pas un film intéressant pour autant, il manque une touche de folie ou de créativité qui aurait pu faire qu'on s'amuse vraiment devant, mais là même The Rock, sans être mauvais, ne donne aucun relief à son personnage et à la baston finale (qui se fait à coups de poings, un comble pour Doom). A choisir, je reverrais plutôt un Resident Evil que ça, et j'ai pourtant pas spécialement envie de revoir un Resident Evil, c'est vous dire si vous n'avez pas besoin de regarder Doom.

 


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Doom (2005), réalisé par Andrzej Bartkowiak (Roméo doit mourir) sur un scénario de Dave Callaham (Expendables : Unité spéciale) et Wesley Strick (Freddy : Les Griffes de la nuit). Avec Karl Urban (Dredd), The Rock, Rosamund Pike (Gone Girl), Raz Adoti (Resident Evil: Apocalypse), Richard Brake (Batman Begins), Dexter Fletcher (Arnaques, crimes et botanique).

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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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