Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 13:20

12 RoundsDisponible en DVD sous deux titres différents (son titre original a dû décevoir des spectateurs qui pensaient aller voir un film sur la boxe, mais son nouveau titre doit décevoir ceux qui espèrent un film avec beaucoup de fusillades), 12 Rounds est la deuxième tentative de WWE Studios pour imposer la star du catch John Cena comme un héros de films d'action après le gentiment débile The Marine. Cette fois, ils ont fait appel à un "vrai" réalisateur, Renny Harlin (58 minutes pour vivre, Peur bleue...), et même si son CV compte une part importante de merdouilles (L'Île aux Pirates, Au revoir à jamais, Driven...), sa présence derrière la caméra laissait quand même espérer un résultat un peu plus convaincant que la moyenne des films produits par la WWE.

Largement repompé sur Une Journée en Enfer, l'intrigue nous entraîne dans la course-poursuite que se livrent un flic et un terroriste à travers La Nouvelle-Orléans au rythme des douze épreuves imaginées par le second pour le premier. Cena y incarne Danny Fisher, le flic, simple patrouilleur promu inspecteur après qu'un concours de circonstances lui a permis d'arrêter Miles Jackson, le terroriste, joué par Aidan Gillen alias le maire Carcetti dans la série Sur écoute. Mais Miles s'est évadé de prison et a enlevé la femme de Danny (oui il faut savoir que dans le film, tous les personnages décident de s'appeler par leur prénom), et promet de lui restituer s'il se prête à son "jeu des 12 rounds" et survit jusqu'au dernier round. Les règles du jeu sont assez floues et fluctuantes : parfois Danny doit simplement se précipiter quelque part pour y constater qu'il a perdu la manche, parfois une manche consiste à déchiffrer une énigme pour trouver le lieu où se déroulera la suivante, d'autres fois il y a une bombe prête à sauter ou un accident à éviter et Danny doit se démener pour empêcher la mort d'innocents. Danny est rapide et malin, mais visiblement Miles est très bien préparé et garde toujours une longueur d'avance sur lui. Pour ne rien arranger, le FBI est après Miles aussi, et met des bâtons dans les roues de Danny...


12 Rounds 01Comme dans les émissions de la WWE, Cena est en mode
"héros invincible et infatiguable que rien n'arrête" d'un bout à l'autre du film.


Le démarrage est lent et trahit assez vite deux gros défauts du film, des défauts nommés John Cena et Aidan Gillen. Cena n'est pas antipathique ni foncièrement mauvais acteur ; pas un grand acteur non plus hein, mais jouer un brave flic costaud que rien n'arrête, ça va, c'est dans ses cordes. Malheureusement, il n'a pas beaucoup de personnalité au cinéma. Il a beau être taillé comme un superhéros, il lui manque le petit quelque chose qui a pu justifier le passage du ring au grand écran de certains de ses confrères comme The Rock, Steve Austin, Roddy Piper, Hulk Hogan ou Kane. Car même les pires "acteurs" du lot ont quand même un côté hors norme qu'on ne retrouve pas chez Cena. Tout comme dans The Marine, il joue un rôle qui aurait pu être tenu par Ben Affleck, Channing Tatum ou LL Cool J sans que le film en soit radicalement changé. Quant à Aiden Gillen, il ne suffit pas de se laisser pousser un peu plus de barbe et de cheveux pour être vraiment convaincant en méchant à la fois super malin et super cool, et son choix pour le rôle sent un peu le "hé regardez les mecs, moi aussi je suis trop fan de Sur écoute, regardez, j'ai un mec de Sur écoute dans mon film !" Il a simplement l'air d'un petit emmerdeur qui se la pète gravement, on ne le prend jamais au sérieux en tant que redoutable génie criminel.


12 Rounds 02Il peut se la raconter autant qu'il veut, il a toujours l'air
aussi cool et dangereux que François Bayrou.


Mais une fois qu'on a réussi à digérer ces problèmes, certes importants, et que le film trouve son rythme de croisière, il faut avouer que 12 Rounds est quand même assez sympa dans son genre. C'est totalement invraisemblable et assez couillon, l'envie de ressembler et surpasser Une Journée en Enfer était clairement beaucoup plus présente que celle de raconter un polar à peu près plausible, mais un mélange d'énergie, de savoir-faire et de candeur rend le résultat plutôt divertissant malgré tout. Chaque nouveau rebondissement est plus tiré par les cheveux que le précédent, mais l'aplomb avec lequel le film enchaîne les cascades rocambolesques à l'ancienne fait plaisir à voir, à condition évidemment d'être de bonne humeur et un peu porté sur ce genre de couillonnades à la base. Cena poursuit une bagnole à pied (et gagne la course), saute sur un tramway dont les freins ont lâché pour tenter de l'arrêter à la force de ses muscles, se jette par la fenêtre d'un gratte-ciel, soulève un obèse, s'accroche à un hélicoptère, détruit la moitié du parc automobile de la ville au volant d'un camion de pompiers, tout ça dans le cadre d'un "jeu" conçu par un adversaire qui visiblement ne doutait pas un seul instant de sa capacité à accomplir n'importe quelle prouesse physique incroyable.


12 Rounds 03Difficile de croire que Shoot & Run n'a coûté "que" 20 millions de dollars
quand on voit la quantité de matos détruite à l'écran.


Là-dessus, il faut dire que Miles fait partie de ces méchants à la Jigsaw, ces François Pignon du crime qui planifient des coups parfaits extrêmement alambiqués qui ne fonctionnent que parce que tout le monde agit exactement comme ils l'avaient souhaité, de la seule façon qui permet au plan de suivre son cours. Concrètement, il n'a aucune raison de se douter que Danny est un surhomme capable de tout, mais il y croit à fond quand même, et ça paye. Heureusement parce que ça aurait été frustrant et embarrassant pour Miles que Danny explose dès le round 2, ne laissant plus personne pour participer à toutes ces épreuves dont l'organisation a forcément requis beaucoup de temps et d'argent. Ajoutons qu'à la fin il y a un coup de théâtre pas plausible une seconde non plus si on était dans le monde réel, mais qui s'intègre bien au film et paraît plutôt malin dans le contexte même s'il achèvera de convaincre les moins indulgents que le scénariste prend le public pour des demeurés (oui je sais, ça peut paraître paradoxal dit comme ça). Et une fois de plus, on sent bien que c'est pour faire comme Une Journée en Enfer, mais l'idée n'est pas tout à fait la même, et donne du coup une petite touche d'originalité.


12 Rounds 04Renny Harlin a malheureusement adopté le "style documentaire" bidon
popularisé par Paul Greengrass, mais quelques scènes
offrent un peu de grand spectacle à l'ancienne
.


Je ne voudrais pas que vous en arriviez à croire que c'est vraiment un bon film. Mais pour un truc où à peu près un plan sur deux est une bagnole qui se fait démolir et produit par une fédération de catch pour mettre leur employé du mois en valeur, c'est correct. Ca n'est pas du film d'action haut-de-gamme, ça n'a pas le charme du Roi Scorpion, et à choisir entre ça et Une Journée en Enfer, autant prendre l'original plutôt que l'ersatz. Mais c'est regardable, mis en scène avec un certaine compétence (même si Harlin a voulu la jouer moderne avec un une caméra qui gigote beaucoup trop), rigolo à force de sembler chercher la limite de tolérance du spectateur en matière de suspension d'incrédulité (si quelqu'un se rappelle comment on appelait ça avant qu'internet ne nous amène à employer des formules anglo-saxonnes traduites mot à mot, je suis preneur, au fait). C'est à réserver aux amateurs du genre pas trop exigeants, et même ceux-là ne voudront pas le payer trop cher, mais en film "bouche-trou" dans une opération promotionnelle de type "5 pour 30€", c'est un choix valable.  

Partager cet article

Repost 0
Published by Toxic - dans Action
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Ciné Discount
  • Ciné Discount
  • : Films en solde ou au rabais
  • Contact

Coupé court

Les vidéos de CoupeCourt-lefilm sur Dailymotion

Recherche

Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

Goldmembers

goldmemberMC Jean Gab'1 n'est pas une putain, retiens-le bien, mais ça vous le saviez déjà. Mais d'autres gens ici n'ont pas fait leur pute, et contribué à l'effort de guerre. Grâce soit donc rendue en ces lieux à :

-Artemis
-jakbonhom
-Mahg

-Sheep Tapes
-Snowman
-Super Menteur