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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 16:17
Roddy Piper n'a pas eu grand'chose de prestigieux à mettre sur son CV depuis Invasion Los Angeles de Carpenter, Hulk Hogan nous a gratifiés d'une brouette de comédies d'action poussives à la limite du regardable, The Rock enchaîne les séries B plus ou moins médiocres, Kane ne fera probablement pas de See No Evil 2... L'avenir nous dira si Ernest "The Cat" Miller va réussir à poursuivre ses aventures sur gand écran en conservant le même niveau de qualité qu'avec The Wrestler d'Aronofsky, mais en attendant, on peut dire que Lino Ventura reste le seul catcheur a avoir fait une belle carrière d'acteur.

Chris Jericho a entamé la sienne en 2006 durant sa période sabbatique avec un téléfilm canadien tourné pour The Sci-Fi Channel, Android Apocalypse de Paul Ziller, publié chez nous en DVD par Columbia Tristar et trouvable pour un peu moins d'une dizaine d'euros. Evidemment, une production Sci-Fi, canadienne en plus, c'est pas forcément le meilleur tremplin pour devenir une vedette à Hollywood, mais on fait ce qu'on peut, en l'occurrence ici presque rien vu qu'il disparaît totalement à la 20ème minute, donc on ne s'étonnera pas qu'il soit revenu à la WWE peu après.

Mais je brûle les étapes, ne révélons pas tout de suite que le personnage de Chris Jericho meurt dans l'une des premières scènes du film, tué par le héros. Android Apocalypse se déroule dans un futur indéterminé où, évidemment, la Terre a été ravagée et les survivants habitent dans des dômes à l'abri de la désolation et de la pollution extérieures. On pourrait dire que c'est une vision assez convenue de notre avenir, mais attention, ici c'est une vision avec un filtre jaune, et ça quand même, ça en jette. Dans ce monde hostile, l'humanité a recours à des robots pour effectuer les basses besognes. Et si les "Cogs", des androïdes à l'apparence parfaitement humaine, se sont montrés dociles, en revanche les sondes explorant le wasteland ont été frappées par un virus informatique qui les a retournées contre leurs maîtres, rendant le monde extérieur encore plus dangereux. Le film s'ouvre sur une chasse à l'homme ou plutôt à l'enfant, alors que 3 Cogs (parmi lesquels Chris Jericho) se lancent au secours d'un jeune fugueur traqué par des sondes tueuses. A leur retour de mission, on comprend que l'un d'eux, celui qui a porté le gamin lors du sauvetage, commence à éprouver des sentiments humains. Comme dans tous les films avec des robots à l'aspect parfaitement humain.

Si vous êtes fans de l'ex-Ayatollah of Rock'n'Rollah, profitez bien
de cette image parce qu'après ça il reste plus d'une heure de film sans lui.

Avec ses thèmes à peu près aussi vieux que la SF elle-même, vous aurez compris qu'Android Apocalypse ne joue pas forcément la carte de l'innovation. On ne sait pas trop quelle carte il joue d'ailleurs, mais disons que comme il tente aussi le buddy movie avec deux-mecs-que-tout-oppose-mais-qui-finiront-par-s'apprécier, c'est vraiment sûr à 100% que ce n'est pas celle de l'originalité.

Le futur sera jaune ou ne sera pas.

En effet, notre robot émot
if, matricule DeeCee, se retrouve envoyé au "Terminus", un laboratoire-prison où les androïdes sont remis à neuf, ce qui efface leur mémoire au passage, et où les humains ayant enfreint la loi sont utilisés comme pièces détachés pour la rénovation des androïdes en question. Et lorsque le camion de transport est attaqué par des sondes, DeeCee se retrouve dans le désert enchaîné à un condamné, Jute (on ne rigole pas, c'est puéril les gars, franchement), censé servir à sa réparation à l'arrivée au Terminus. Evidemment, Jute n'a pas envie d'être charcuté pour que son liquide céphalo-rachidien soit donné à un robot, et DeeCee n'a pas trop envie que sa personnalité pleine de belles émotions humaines soit détruite, et ils vont donc faire en sorte d'échapper à leur destin bien que Jute déteste les Cogs et que DeeCee soit assez réticent à l'idée de désobéir à sa mission de robot au service des autorités.

Le casting n'est pas forcément très impressionnant si l'on excepte
un formidable cameo de Magloire.

S'ensuivent péripéties dans le désert, puis dans un truc non-identifié en ruine, puis dans le désert à nouveau, et enfin au Terminus, où nos héros déjoueront un bien sinistre complot tout en sauvant la femme de Jute. Poursuites, fusillades, explosions, quelques effets spéciaux à base d'images de synthèse de robots au design pompé sur Terminator et Matrix : le réalisateur mise avant tout sur l'action, mais comme il doit tenir 90 minutes avec un budget qui semble inférieur à celui dont bénéficie, pour un épisode de 45 minutes, une série comme BattleStar Galactica (un autre programme de Sci-Fi Channel), on ne peut malheureusement pas dire qu'on soit soufflé par le résultat. Entre les intérieurs de la ville futuriste qui semblent avoir simplement été tournés dans un hall d'université et les jeeps au conducteur mort qui terminent leur course dans des piles de cartons mais s'arrêtent miraculeusement avant de s'écraser dans le mur parce qu'après il fallait les rendre à l'agence de location, Android Apocalypse fait vraiment pauvre.

Des cascades hallucinantes avec des jeeps qui font des bonds d'au moins, pfffouu,
20 cm au-dessus du sol, pas plus quand même parce qu'il fallait pas les esquinter.

Hélas, ce ne sont pas vraiment les scènes de développement de l'intrigue qui rattraperont la faiblesse des scènes d'action. Outre le fait qu'il n'y ait absolument rien de nouveau à voir, ça n'est pas très bien raconté. A titre d'exemple et sans vouloir trop en dévoiler sur l'histoire, le film ne parvient absolument pas à nous justifier les intentions du méchant de service. Ok, il veut éradiquer les humains et les remplacer par ses robots, ça on a pigé, mais pourquoi ? On ne nous dit pas pourquoi il hait l'humanité, et on ne nous montre pas en quoi les androïdes pourraient apparaître comme des êtres supérieurs aux yeux de qui que ce soit. Tyrrell semble fier que ses Réplicants aient développé des émotions humaines dans Blade Runner, mais le savant fou de Android Apocalypse au contraire déteste ça. On peut comprendre que Skynet veuille peupler le monde de machines aussi redoutables et solides que les Terminators, mais en dehors du personnage principal les Cogs d'Android Apocalypse apparaissent systématiquement fragiles et peu efficaces (Chris Jericho est détruit à coups de poings...). Alors franchement, qu'est-ce qu'ils ont de si extraordinaires ces Cogs ?


Les dialogues sont parfois particulièrement crétins, comme dans cette scène où les futurs copains se chamaillent sur la nature des Cogs. Comme l'appellation "grille-pain" est déjà prise par BattleStar Galactica, Jute déclare à DeeCee "T'es pas un homme, t'es une machine, comme... un mixeur !", bon déjà c'est super original, mais alors DeeCee qui veut l'amadouer essaie de faire une blague, et lui rétorque "Je suis peut-être... un homme-mixeur ?", ha ha c'est hilarant, et là Jute se bidonne comme un gosse qui vient d'entendre pour la première fois la blague de l'ours et du lapin qui font caca dans la forêt, et ajoute, tenez-vous bien ça tue, "Ouais, comme un appareil de cuisine quoi !", pour ceux qui n'auraient pas compris qu'un mixeur était un appareil de cuisine.

Dans le futur, un moignon après amputation de main droite
ressemblera exactement à un poing droit dans des bandages noirs
parce que les bons trucages ça coûte cher.

Le jeu des acteurs interprétant les Cogs est totalement incohérent. Visage impassible, ton de voix neutre, mouvements secs et précis, Joseph Lawrence est celui qui fait le robot avec le plus de conviction, et c'est pourtant lui qui joue DeeCee, le robo-emo. A côté de ça, ses deux poursuivants, tout aussi robotiques mais censés n'avoir absolument aucune émotion, en montrent dix fois plus : la fille est colérique et jalouse, le gars est sadique et rigolard. Alors peut-être qu'ils ont développé des émotions aussi mais l'histoire ne le dit pas, tout ce qu'elle nous dit c'est que leur patron préfère se débarrasser de ceux qui en développe donc on suppose que s'il a gardé ces deux-là, c'est qu'ils n'ont pas d'émotions. Sauf que visiblement ils en ont. Enfin, voyez, je réfléchis plus que le réalisateur et le scénariste, là. Je sais bien qu'il faut prendre ça comme une simple série B, pas comme un film d'auteur, mais il y a des séries B moins paresseuses, qui font plus d'efforts pour se montrer crédibles, ou suffisamment captivantes par ailleurs pour qu'on ferme les yeux sur certaines de leurs incohérences. Ici malheureusement il n'y a pas grand'chose à quoi se raccrocher.

Les Cogs sont des êtres tellement supérieurs qu'on peut les faire s transformer
en mannequins explosifs en leur plantant un bout de métal pointu dans le dos.

Mis bout à bout, il est vrai que tous les éléments foireux, ratés, minables, etc, peuvent faire rigoler si vous êtes de bonne humeur. Je ne dirais pas que c'est du grand nanar, mais j'avoue avoir souri assez régulièrement pendant le visionnage, ce qui n'est déjà pas si mal. Cela dit, "pas si mal" ne vaut pas les 6 € que j'ai dépensé pour. Si vous le dénichez à 1 ou 2 € en solderie et que vous êtes du genre indulgent, ça peut justifier l'achat pour s'amuser un peu entre potes, mais sinon, clairement, non.

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Android Apocalypse (2006), réalisé par Paul Ziller (Astéroïde, Stonehenge Apocalypse) sur un scénario de Karl Schiffman. Avec Scott Bairstow (Postman ), Joseph Lawrence (Urban Legend 2), Chris Jericho (MacGruber).

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Published by Toxic - dans Science-fiction
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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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