Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 08:54

Battlestar RebellionParmi les grosses productions mondiales à découvrir pour pas très cher ces jours-ci dans les offres DVD "5 pour 30€", on trouve cette adaptation d'un roman des frères Strougatski, L'île habitée, réalisée par Fedor Bondartchouk (Le 9ème Escadron), fils de Sergueï. L'éditeur Emylia, capable du meilleur comme du pire, se montre presque aussi peu scrupuleux que Zylo, en exagérant l'aspect space opera du film (concrètement, il n'y a que les premières minutes qui se déroulent à bord d'un vaisseau) et en lui inventant une parenté avec la série télé Battlestar Galactica. Cela étant dit, ça n'est pas une série Z déguisée en film à grand spectacle par une jaquette mensongère, c'est bien une superproduction (à l'échelle du cinéma russe en tout cas), et on pourra d'ailleurs regretter qu'elle n'ait pas été traitée comme telle pour sa distribution chez nous. En effet, le DVD ne propose que la VF, d'une grande médiocrité, et au lieu de présenter le diptyque Prisoners of Powers dans son intégralité, il ne contient qu'un montage qui résume les deux films en 1h55 (contre 3h35 à l'origine). Ca craint un peu.

L'intrigue nous projette au 22ème siècle alors que l'humanité a bâti une société utopique et s'est lancée dans les voyages intersidéraux. Jeune space-branleur aux allures de Rahan aryen, Maxim s'écrase avec son vaisseau sur une planète inconnue lors d'une petite virée à travers la galaxie. La destruction de l'appareil l'amène à partir en quête de quelqu'un pour l'aider à rentrer sur Terre, mais sa première rencontre avec un autochtone se solde par une capture et une remise aux autorités locales. Il découvre alors un pays gouverné par la dictature fasciste la plus laxiste de l'univers, menacée par des rebelles surnommés les "Dégénérés" et sur le point d'entrer en guerre avec ses voisins. Parvenu à s'évader, Maxim décide néanmoins d'intégrer l'armée de cette nation, un choix tout à fait logique pour un type recherché par les autorités et qui, au début du film, ne supportait déjà pas le carcan de l'université. Il regrette assez vite quand il constate que faire partie de commandos de la mort à la solde d'impitoyables tyrans implique d'exécuter des civils innocents, et déserte pour rejoindre les Dégénérés. Pour les aider à renverser le régime, il doit détruire son principal instrument de contrôle : des tours émettrices qui rendent totalement réceptif à la propagande, et contre lesquelles il est lui-même immunisé.


 Battlestar Rebellion decorsLes environnements évoquent Star Wars, Blade Runner mais aussi Equilibrium ou Fallout.


Cette version tronquée ressemble malheureusement plus à une bande annonce interminable qu'à un vrai film : les péripéties se succèdent sans transition et présentent constamment de nouveaux éléments d'intrigue et de contexte sans vraiment qu'on ait l'impression qu'ils racontent une histoire. Je ne sais pas qui est responsable de ce montage mais clairement, l'action a été privilégiée au détriment du reste et le résultat, catastrophique, sabote complètement un film qui semble quand même avoir du potentiel. Il est par exemple assez appréciable de voir, pour une fois, une planète extraterrestre traitée différemment des mondes à la Star Wars, style "la planète de sable", "la planète de glace", "la planète de gratte-ciels", etc. Ici on voit des forêts, des déserts, une plage, des ruines, une ville avec des buildings gigantesques mais aussi ses bas-fonds. Il y a plusieurs factions sur un même territoire, plusieurs pays. Pris individuellement aucun des aspects de ce monde n'est foncièrement original mais le fait qu'ils coexistent ainsi est assez rare dans le cinéma de SF et lui donne une certaine crédibilité. Les effets spéciaux sont réussis même s'il y a quelques moments où ils font un peu téléfilm, l'acteur principal a vraiment le physique de l'emploi pour son rôle de surhomme idéaliste, impulsif et gentiment con. Il y a donc des raisons de penser qu'avant de devenir Battlestar Rebellion, Prisoners of Power n'était pas foncièrement atroce...


Battlestar Rebellion 03Et puis y a la petite Yulia Snigir (à l'affiche de Die Hard 5 à partir d'aujourd'hui)
et entre nous hein les gars ? Hé ? J'ai raison ou quoi ?


Mais voilà, le fait qu'il manque quasiment la moitié du film se fait douloureusement sentir et nuit gravement à la cohérence et la vraisemblance de l'histoire. Lors de la première heure, il y a tant de revirements qui finalement apparaissent sans conséquence qu'on en vient à se demander si l'intrigue s'est vraiment mise en branle ou si on en n'est encore qu'aux prémisses. Lors de la deuxième, il y a des moments incompréhensibles, comme lorsque le héros et son comparse empruntent un aéronef pour aller chercher des alliés dans un autre pays... puis s'écrasent en chemin et décident que la meilleure chose à faire est de réintégrer l'armée dont ils viennent de déserter, au service du gouvernement qu'ils veulent renverser, pour s'engager dans une guerre contre le pays auquel ils espéraient s'allier. Notez que tout n'est pas de la faute d'un charclage maladroit, on voit bien que le scénario à la base n'est quand même pas de toute première qualité et n'hésite pas à user de rebondissements absurdes. Le héros qui parvient à s'enrôler alors qu'il est l'homme le plus recherché du pays, sans que l'officier recruteur ne soupçonne rien alors qu'il ne fait rien pour dissimuler son identité... Sa deuxième évasion, alors qu'il est condamné aux travaux forcés, parce que ceux-ci impliquent de se balader en pleine nature avec des armes lourdes... C'est peut-être dans le roman à la base hein, mais c'est quand même un peu gros.


Battlestar Rebellion 09Ne vous fiez pas aux apparences, vus comme ça ils ont l'air de bon nazis communistes de l'espace
mais c'est vraiment une dictature qui ne subsisterait pas deux mois dans la vraie vie.


On aurait peut-être pu se consoler avec les scènes d'action si celles-ci avaient été meilleures. Mais le réalisateur a misé sur leur quantité plutôt que leur qualité. Elles s'enchaînent rapidement et multiplient combats à mains nues, fusillades, poursuites, explosions, cascades, mais rien n'est spécialement inventif ni même particulièrement bien filmé, c'est de la repompe plutôt moyenne de styles popularisés par d'autres. Et leur intensité dramatique est largement diminuée par le fait que Maxim possède, de par sa simple présence sur cette planète inconnue, des facultés exceptionnelles qui le rendent plus fort que tout le monde et invulnérable aux balles. Un type invincible qui se bagarre à la Underworld pour faire progresser une intrigue tout juste intelligible, c'est pas vraiment suffisant pour rester scotché devant son écran pendant deux heures. Surtout pas quand les dialogues sont mal joués par des doubleurs au rabais.


Battlestar Rebellion 10Même si l'on sent que Blade fait partie des sources d'inspiration de Bondartchouk,
les combats ne sont pas à la hauteur des films de Norrington et Del Toro.


Comme je l'ai dit, c'est pas que ce soit complètement inintéressant, le film a des qualités indéniables, et je serais vraiment curieux de pouvoir voir l'intégralité des deux épisodes sortis au cinéma en Russie. C'est pas insupportable comme peut l'être un truc, comme, mettons, cette ignoble croûte prétentieuse qu'est Southland Tales. Mais en l'état, Battlestar Rebellion est surtout un gros gâchis qui donne l'impression de voir beaucoup trop d'efforts déployés pour mal raconter presque rien, et de rester tout le temps superficiel malgré les thèmes politiques abordés. L'achat est à réserver à quelqu'un qui est vraiment intrigué à l'idée de voir à quoi peut bien ressembler la SF soviétique revisitée sous Poutine, ou à ceux pour qui des effets spéciaux potables et un rythme trépidant suffisent à se dire qu'ils ont vu "un blockbuster sympa à regarder le cerveau débranché en bouffant du popcorn" (ou toute autre formule dans ce genre) même si l'histoire n'a aucun sens. Si vous espérez mieux que ça, mieux vaut rester à l'écart.

Partager cet article

Repost 0
Published by Toxic - dans Science-fiction
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Ciné Discount
  • Ciné Discount
  • : Films en solde ou au rabais
  • Contact

Coupé court

Les vidéos de CoupeCourt-lefilm sur Dailymotion

Recherche

Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

Goldmembers

goldmemberMC Jean Gab'1 n'est pas une putain, retiens-le bien, mais ça vous le saviez déjà. Mais d'autres gens ici n'ont pas fait leur pute, et contribué à l'effort de guerre. Grâce soit donc rendue en ces lieux à :

-Artemis
-jakbonhom
-Mahg

-Sheep Tapes
-Snowman
-Super Menteur