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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 08:43

Brenda StarrVous le savez tous, mars c'est le mois de l'histoire des meufs. Et je ne vais pas vous sortir une généralisation absurde de type "ici chez Ciné Discount, on aime les meufs", mais sans vouloir me vanter, entre deux films poilus avec une voix grave, je suis pas le dernier à tenter d'apporter un peu de visibilité à des films jusque-là maintenus dans l'obscurité sous prétexte que ce sont des meufs ont le rôle principal. Alors voilà, ce mois-ci, je ne vous parlerai que d'héroïnes, en l'honneur du mois de l'histoire des meufs. Mais pour assurer la transition en douceur avec le thème du mois précédent, on va commencer par des héroïnes de BDs. Aujourd'hui, ce sera Brenda Starr, née dans les années 40 sous le crayon d'une dessinatrice qui était obligée de signer sous un nom d'homme pour qu'un journal veuille bien publier ses strips. Je ne suis pas sûr que ça ait été édité un jour en France, probablement pas vu que ça ne se trouve même pas dans la collection Copyright de chez Futuropolis, celle du Fantôme, du Spirit et de Dick Tracy. Du coup elle ne doit pas avoir beaucoup de fans chez nous, et c'est peut-être tant mieux, ça évitera qu'ils ne se plaignent que cette adaptation "viole leur enfance" vu son attitude un poil déroutante vis-à-vis du matériau source.

Le film démarre en effet dans l'atelier d'un dessinateur contraint pour gagner sa vie de travailler sur un strip qu'il déteste : Brenda Starr. A sa grande stupéfaction, le personnage finit par s'animer sous ses yeux pour manifester sa colère face à ses propos désobligeants, et abandonne la planche sur laquelle il bossait. Apparemment incapable de simplement la redessiner dans les cases où elle a disparu, le petit-miquettiste plonge dans l'une de ses pages de BD pour partir à la recherche de Brenda. Le voilà désormais personnage secondaire d'une aventure rocambolesque de cette vaillante reporter, prête à braver tous les dangers pour un scoop. Ayant appris l'existence d'une invention révolutionnaire par un savant nazi exilé au coeur de la jungle amazonienne, Brenda se rend au Brésil avec son dessinateur, sa rivale et une escouade d'espions soviétiques aux trousses...


Brenda Starr 01Les séquences dessinées sont, à mon avis, superflues, mais heureusement pas envahissantes.


Je crois que c'est la seule adaptation qui choisit de se distancier de la BD comme ça, avec ce procédé du personnage réel aspiré dans un monde fictif. C'est probablement en partie pour des questions de budget, parce que ça permet parfois d'utiliser un dessin plutôt qu'un vrai décor qui coûte cher pour certains extérieurs. Mais ça ressemble quand même un peu à une façon de dire "excusez-nous, on sait que les petits miquets c'est trop con, alors voilà, rassurez-vous, tout ce que vous allez voir est à prendre au second degré". Et d'ailleurs les producteurs ont sans doute trouvé le résultat trop con eux aussi, vu que le film n'est sorti que 6 ans après le tournage (officiellement, pour des questions de droits). Le fait est que Brenda Starr s'autoriseà être complètement fantaisiste et même délibérément invraisemblable tout le temps, et que ce n'est pas foncièrement désagréable en soi. Je comprend la réticence à adapter au premier degré un truc complètement suranné, mais l'autoparodie, c'est plus sympa quand les auteurs vous font confiance et ne se croient pas obligés de vous faire un gros clin d'oeil pour être sûr que vous pigiez qu'on est là pour rigoler. Là c'est comme si Hazanavicius avait inséré un personnage de lecteur moderne des romans de Jean Bruce dans ses OSS 117.


Brenda Starr 02En surface, Brenda Starr est une ringarde nunuche qui s'habille en princesse anglaise,
mais mine de rien, pour une création des années 40, elle est plutôt moderne,
c'est une fille qui n'hésite pas à  tenir tête à son patron, à partir à l'aventure seule,
et dont la meilleure copine s'habille en homme, fume le cigare et se fait appeler "Hank".


Si on arrive à passer outre, il reste un film plutôt charmant et rigolo à petite dose, mais qui malheureusement se répète assez vite, les gags ne variant pas beaucoup. Brenda trouve systématiquement une tenue extravagante impeccable où qu'elle aille, même au coeur de la jungle. Le mystérieux Basil apparaît toujours automatiquement dès qu'il faut un deus ex machina pour la tirer d'affaire. Les méchants russes prononcent le moindre mot avec un accent à couper au couteau, et se prennent des trucs dans la gueule tout le temps. Brenda refuse d'utiliser le moindre gros mot, le dessinateur en dit tout le temps pour compenser. C'est un peu le même sketch qui tourne en rond pendant une heure et demie, même si les décors changent et qu'on a, de temps en temps, une situation farfelue un peu plus originale (Brenda qui joue du piano avec le Président des Etats-Unis, ou fait du ski nautique sur des crocodiles). Pour ne rien arranger, le scénario qui lie tout ça n'est pas franchement passionnant, et l'intrigue secondaire sur le dessinateur qui finit par tomber amoureux du personnage qu'il détestait est complètement forcée.


Brenda Starr 04Malgré quelques séquences d'action, on a plutôt affaire à une comédie.


C'est un peu la version ratée du Fantôme du Bengale et je ne vais clairement pas vous le recommander sans réserve, mais j'ai pas détesté. Ca reste suffisamment léger et bien rythmé pour se laisser regarder jusqu'au bout, d'autant que le casting est vraiment bien trouvé (Brooke Shields en poupée Barbie intrépide, indépendante et débrouillarde, Timothy Dalton en aventurier énigmatique irrésistible alors qu'il n'avait pas encore joué son premier James Bond), à condition toutefois d'accepter qu'un film se prenne si peu au sérieux. Entre le fait que la critique l'ait massacré à l'époque, et la tendance moderne à vouloir faire une tragédie grecque de la moindre histoire de justicier masqué, j'avoue que j'ai du mal à croire qu'il trouve vraiment un large public aujourd'hui, mais je vous fais confiance, les amis. C'est un film couillon certes, mais il faut le voir comme le genre de film que plus personne n'osera jamais faire et en ces temps où tout est si formaté, c'est bien d'avoir l'esprit un peu ouvert à quelque chose comme ça. Surtout que c'est le mois de l'histoire des meufs, bordel. Vous n'allez quand même pas vous barricader dans vos préjugés et vos certitudes alors que la société a besoin de progresser, si ?

 

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Brenda Starr (1986), réalisé par Robert Ellis Miller (Revanche à Baltimore) sur un scénario de Noreen Stone (Amy), James D. Buchanan (Drôles de dames) et Delia Ephron (Vous avez un message). Avec Brooke Shields (Le Lagon bleu), Timothy Dalton (Tuer n'est pas jouer), Tony Peck (Pirates), Diana Scarwid (Psychose III), Jeffrey Tambor (Very Bad Trip).

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Published by Toxic - dans Goleri
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commentaires

Superjer 07/03/2015 03:18


Ouais je chie un peu, notamment pour BDThèque. Les mecs ils m'ont foutu modo l'année dernière, genre en première année de post-bac, pile l'année ou j'ai plus beaucoup de temps pour rien. Avant
j'écrivais encore des avis et tout, j'aurais pu rigoler avec ce statut, maintenant j'ai même plus le temps de lire des bds, alors écrire des avis. C'est bête en plus, j'ai vu Alix à Angoulême
cette année (ouais, ça, j'ai pris le temps), et ça m'embetait un peu


 


Puis senscritique, c'est bien triste depuis ton "départ". Déjà t'es plus là pour les faire remuer un peu, puis  ça commence à devenir le gros site, la machine à fric.


 


Donc non, pas mort... Bientôt si je continue à creuser ma carence en sommeil mais bon

Superjé 06/03/2015 23:17


J'ai pas trop eu le sexisme de rue (rolalala, ces raccourcis que tu nous fais d'ailleurs). Plutôt à la place "décortiquons les blagues sexistes qui ne feraient même pas rire mon grand oncle réac'
qui débite des conneries durant les repas familliaux". Sans oublier l'éternel débat sur "c'est quoi la vraie dénomination de cette putain de journée que même les institutions officielles
n'arrivent pas à s'accorder dessus" (la tienne est mignonne). D'ailleurs, en parlant de ça, savais-tu [instant culture] que l'idée de cette journée nous vient de Lénine ? (merci wiki).


 


Tu te défends bien. C'est marrant que tu dises "revoir", j'ai toujours suivi (du coup, avec plaisir). Mais bon, je commente pas toujours, car j'ai rien à dire (car généralement, je n'ai pas de vu
le film... Mes études me laissent pas vraiment le temps pour ça), et que commenter pour dire "alors dans ton article tu dis qu'il te reste qu'un lecteur et tu l'identifies par une private joke ou
un élèment que seul lui peut comprendre, et que, comme j'ai pas compris, c'est surement pas moi, je viens commenter pour dire que je te lis toujours" ça le fait moyen (mais si ça peut repousser
l'échéance de l'abandon du blog "promise" depuis tant d'année... Pourquoi pas :D )

Toxic 06/03/2015 23:47



Le truc c'est que je te vois plus sur BDthèque non plus, et forcément plus sur SensCritique, et du coup je me disais "SI CA SE TROUVE IL EST MORT "



Superjé 06/03/2015 12:29


Toxic, tu fais chier.


 


Je vais te raconter ce que je viens de faire. 5 minutes avant ce commentaire, je me suis dis "c'est vraiment de la merde ces articles sur facebook qui traitent du 8 mars, ça m'insupporte. Même
quand l'article n'a rien à voir avec les femmes ou le sexisme, il y a une référence à la journée qui vient... Allez je me déconnecte et voir si il y a un nouvel article sur CinéDiscount".


 


C'est une histoire vraie... Connard !

Toxic 06/03/2015 12:50



Je parie que la moitié des articles que tu as vus sur facebook est du genre "la journée de la femme c'est nul parce qu'avoir une seule journée dans l'année et être traitées comme de la merde les
364 autres ça changera rien" (également valable pour la St-Valentin, éventuellement Noël) et que l'autre moitié est de type "mon expérience du harcèlement de rue dans cette société tellement
sexiste (surtout à cause des jeunes de banlieue mais attention hein, je suis de gauche et pas raciste)". Au moins ici ça se cantonne à "tiens et si on regardait des films avec des meufs que t'as
vus nulle part ailleurs".
Accessoirement oui moi aussi ça me fait plaisir de te revoir ici



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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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