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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 08:58
Certaines offres spéciales proposées en supermarchés peuvent être difficiles à comprendre. Sur celui-ci par exemple, un autocollant proclamait "10 € = -50% pour l'achat de ce DVD". -50% sur le prix de quoi ? Ben sur le prix du DVD. Si j'achète ce DVD j'ai droit à une remise, non pas sur un deuxième DVD, mais sur le même. Si je ne l'achète pas, je n'aurai pas droit à une remise dessus, mais ce sera pas très grave puisque je l'achète pas, mais attention, si je l'achète à 10 € il me coûtera 5 €. Pourquoi ne pas simplement dire dès le départ qu'il coûte 5 € alors hein ? Il faut croire qu'un prix aussi bas est trop associé à une image de film minable pour solderies. Alors que là on a l'impression de faire une bonne affaire, en achetant un vrai film mais en ne le payant que la moirié de son vrai prix de vrai film. C'est fort quand même.

Enfin bref. On n'est pas là pour parler des manoeuvres étranges des supermarchés, mais pour parler de Derrière le masque, encore un film qui exploite l'idée du film tourné par ses personnages, façon Blair Witch, Cloverfield, REC ou Les Chroniques des morts-vivants. Décidément peu porté sur l'originalité, le film ressemble à un mélange de Scream et C'est arrivé près de chez vous, puisqu'on y voit une équipe de tournage suivre et filmer un psychopathe dangereux dans ses activités homicides, et que c'est un prétexte à étudier les clichés des slasher movies.

Située dans un monde où Michael Myers, Jason Voorhees, Freddy Kruger et Charles Lee Ray existent pour de vrai (il n'est pas fait mention de Leatherface par contre), l'intrigue démarre alors qu'une étudiante en journalisme se rend avec ses deux techniciens chez un certain Leslie Vernon, qui s'est présenté à elle comme un tueur fou de la même trempe que les célébrités susmentionnées. Désireuse de savoir ce qui peut bien pousser ce genre de personne à commettre des crimes atroces, elle le fait filmer par ses gars tandis qu'elle l'interviewe, le suit dans la préparation de ses meurtres... Très fier de lui, Leslie se prête au jeu avec enthousiasme, partageant tous les petits secrets d'un bon tueur fou : comment choisir sa proie, comment l'effrayer pendant les jours qui précèdent la tuerie, comment bien préparer le théâtre des opérations, quels codes stricts les hommes comme lui doivent suivre...

J'espère que vous avez une forte tolérance aux têtes de noeud,
parce que ce champion-là on va le voir beaucoup pendant le film.

Et je sais que, dit comme ça, ça peut paraître intéressant... comme Doomsday ou The Creeps. Il y a même quelques idées amusantes dans le film, mal utilisées, mais amusantes, principalement dans les scènes où Leslie parle de préparation physique, comme par exemple lorsqu'il explique que les tueurs doivent s'entraîner de la même façon que les maîtres de yoga à ralentir au maximum les battements de leur coeur pour avoir l'air morts alors qu'ils sont toujours vivants, ou qu'il parle de la difficulté de suivre une victime qui court quand on doit donner l'impression d'être simplement en train de marcher. Bon, c'est pas comme si les Scream et d'autres ne s'étaient pas déjà largement moqué de ce genre de lieux communs, mais sous cette forme d'interview, ça aurait pu donner un sketch marrant, genre Jason de Vendredi 13 qui parle de ses méthodes à des journalistes le plus simplement du monde, comme s'il donnait des astuces de jardinage. Mais là c'est étiré sur 90 minutes, et c'est pas avec Jason ou Pinhead ou le Leprechaun, c'est avec Leslie Vernon. Forcément, ça fonctionne moins bien.

Leslie rend régulièrement visite à son mentor, un tueur comme lui, mais à la retraite.
Ce personnage est l'une des nombreuses idées qui auraient mérité d'être
soit mieux traitées, soit abandonnées en tant que fausse bonne idée.

Il faut dire qu'il y a un gros problème avec Leslie Vernon, en dehors du fait qu'il s'appelle Leslie Vernon et que c'est un nom minable pour un tueur : c'est une sacrée putain de tête à claques. Bien sûr c'est le tueur, on n'est pas censé le trouver sympa, mais dans la mesure où il est à l'écran pendant à peu près 80 % du film et qu'on passe donc un long moment en sa compagnie, ce serait tout de même mieux s'il n'était pas absolument insupportable. Si l'on compare à C'est arrivé près de chez vous, c'est vrai que Ben est un tueur doublé d'un gros con imbu de lui-même, mais le personnage parvient tout de même à dégager une espèce de charme bizarre, entre autre par l'incroyable nonchalance avec laquelle il commet ses actes horribles. Leslie Vernon, hélas, n'est qu'un gros con imbu de lui-même. Il n'est pas nonchalant puisqu'il en fait des caisses sur le moindre de ses actes, il n'est pas drôle (même s'il semble le penser). Les diverses facettes de sa personnalité qui transparaissent le rendent toutes horripilant, sa façon de déballer sa psychanalyse de bazar à tout bout de champ, sa condescendance, son enthousiasme de petit garçon complètement factice... C'est une grosse tête de con qui se la joue et qu'on aimerait voir se taire, certainement pas un monstre fascinant qu'on a envie de voir ainsi monopoliser la caméra.


Le réalisateur-scénariste tient à ce que vous sachiez qu'il a lu
Le Commentaire psychanalytique pour les Nuls très attentivement.

Face à lui, la petite journaliste n'est pas mieux. Bon, qu'elle décide de filmer un fou dangereux sans broncher, pourquoi pas. C'est ce que font les mecs de C'est arrivé près de chez vous. Mais eux, ils assument. Quand il tue une vieille dame ou un petit garçon, on ne les voit pas ensuite pleurnicher que "oh mon Dieu, il a vraiment fait ça, j'arrive pas à le croire, c'est affreux !" L'héroïne de Derrière le masque, elle, ne bronche pas quand Leslie Vernon passe son temps à lui répéter qu'il a prévu de tuer tout un groupe de jeunes, accepte de l'aider à faire flipper une fille, l'accompagne en rigolant chez son ami serial killer ou quand il va tuer sa première victime pas importante... et puis d'un coup, quand il s'apprête à mettre à exécution le dernier acte de son plan, là, elle se dit "oh la la, non, pas possible, mais alors il va vraiment faire tout ça pour de vrai ?" et comprend que c'est un méchant et qu'il faut l'arrêter. Ben quoi, elle croyait qu'il blaguait depuis le début ? Même après l'avoir vu assassiner la vieille bibliothécaire ?

Pour ne rien arranger, le look de Leslie Vernon
dans son costume de tueur n'est pas spécialement mémorable.

Ah, elle est un peu lente d'esprit, la pauvre. Le film espère d'ailleurs visiblement que le spectateur le soit lui aussi, vu la façon avec laquelle il nous assène ses coups de théâtre comme si c'étaient de grosses surprises, alors qu'on les voit arriver de loin. Je cherche pas à faire le malin, hein, je fais partie des gens qui n'ont pas vu venir la fin de Sixième Sens avec Bruce Willis, c'est vous dire. Mais là, je crois qu'il m'a fallu dix ou quinze minutes de film avant d'avoir déjà compris comment les choses allaient tourner. Pour prévisible qu'il soit, je comprends que le retournement de situation que les personnages comprennent vers la fin est censé être effectivement une surprise ; mais avant ça, vers la moitié du film, il est fait grand cas de la découverte de l'identité réelle de Leslie Vernon, alors qu'il me paraissait tellement évident dès le tout début qu'il mentait à ce sujet que je ne pensais même pas que c'était censé surprendre les personnages et le spectateur, et qu'il faudrait Robert Englund pour venir l'annoncer.

Bonjour, je suis Troy McClure, vous m'avez peut-être déjà vu dans
la moitié des mauvais films d'horreur sortis ces 25 dernières années.

Pauvre Robert Englund. On pourrait croire que la série des Freddy lui aurait rapporté suffisamment d'argent pour couler une retraite heureuse ou au moins choisir de bons rôles dans de bons films, sans avoir à servir d'argument de vente/caution morale à des films d'horreur pourris jusqu'à pas d'âge. Son personnage ici est le "Bienfaiteur" (d'après le sous-titre en tout cas ; le dialogue d'origine appelle ça l'Achab, mais apparemment le public francophone est trop con pour connaître Moby Dick) et m'amène à un autre problème de Derrière le masque : se moquer des clichés d'un genre, ok, mais inventer des clichés pour l'occasion en faisant comme s'ils étaient vraiment très répandu, c'est vilain. Leslie Vernon est tout fier d'avoir affaire à un "Bienfaiteur", et explique (à la journaliste qui apparemment ne connaît pas Moby Dick non plus car le mot "Achab" ne lui évoque rien) qu'il s'agit d'un archétype classique dans son business, le héros qui a voué sa vie à traquer et éliminer le tueur fou. Ok, mais on voit ça dans quels films exactement ? Personne ne traque jamais Freddy, ou Jason, ou Leatherface. Certaines de leurs victimes potentielles finissent évidemment par se décider à essayer de s'en débarrasser, dans certains films il y a parfois un flic qui cherche à faire son boulot de flic (dans le 1er Chucky, ou See No Evil), mais c'est pas pareil. Si on veut être indulgent on peut dire que dans Shining il y a Halloran qui vient aider Danny (et, ô surprise, le personnage d'Englund s'appelle Halloran) mais à vrai dire ça ne correspond même pas vraiment à la définition du "Bienfaiteur" donné par Leslie Vernon. Bref c'est du bidon, le Bienfaiteur n'est pas un lieu commun du cinéma d'horreur, très peu de films en ont. Alors ta gueule, Leslie Vernon. Remballe tes théories fumeuses ou va les vendre à Scream 4.

Un cliché du film d'horreur en caméra embarquée dont il faudra penser
à se moquer dans un prochain épisode :
le personnage qui s'énerve et frappe la caméra en demandant d'arrêter de filmer.

Le film n'est pas entièrement vu par les caméras des trois apprentis reporters. Il y a aussi une partie tournée comme un vrai film, qui s'entrelace avec le reste, les scènes où Leslie passe à l'acte. Et là non plus, ça n'est pas brillant. Déjà parce que ça n'est que l'éxecution d'un plan qui nous a déjà été raconté. Aussi parce qu'e le réalisateur y oublie de se moquer des clichés pourris, et les ressert sans ironie parce que c'est bien pratique quand même, les clichés pourris. Oh, le seul portable du groupe ne capte pas, ça alors, quelle surprise. Oh les personnages s'enfuient dans tous les sens comme des idiots au lieu d'essayer de se calmer et d'affronter le couillon masqué en profitant du fait que 1) ils connaissent ses plans et ses pièges en détails, 2) ils savent qu'il n'a aucun pouvoir surnaturel, c'est juste un petit gringalet qui s'essouffle quand il met 3 coups de poing dans un sac de sable, et 3) ils sont 6 ou 8 contre 1. Là aussi donc, le film ne parvient qu'à être agaçant tout en se croyant malin.

Il est tout seul avec ses 60 kilos et nous ne sommes que 6,
je crois qu'on est foutus les gars.

Derrière le masque n'a même pas non plus de quoi contenter un peu les amateurs de gore (la mention "accord parental" sur la jaquette ne laissait que peu d'espoir là-dessus, à vrai dire), il n'y a qu'une seule exécution un tout petit peu originale et peu d'effets sanglants. C'est frimeur, ça échoue aussi bien en tant que comédie qu'en tant que film d'horreur, l'acteur principal plombe tout. Le ratage est si complet qu'il s'étend au générique de fin, entièrement occupé par un "gag" qu'on pige dès les premières secondes mais qui s'étalera sur plusieurs minutes, à l'image du reste du film avec ses rebondissements téléphonés. La promotion "10 € = - 50 %" se finit aujourd'hui, profitez-en pour ne pas l'acheter, c'est vraiment de la daube.

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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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