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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 15:25

DreddEn voilà un qui ne s'annonçait pas bien. Un personnage de BD qui a déjà montré qu'il supportait mal le passage au cinéma... Danny Boyle puis Duncan Jones qui se désistaient pour être remplacés par un réalisateur de séries télé... Des photos de tournage montrant l'ultra-peu charismatique Karl Urban affublé d'un casque semblant trop grand pour lui... Un échec aux Etats-Unis, qui a fait renoncer le distributeur français à le sortir en salles chez nous... C'est peu dire que le film n'était pas très prometteur. Mais quand on a laissé sa chance à deux épisodes de Saw ou Twilight et qu'on s'est tapé tous les versions modernes sans intérêt de classiques de l'horreur, on peut bien tenter une nouvelle adaptation de Judge Dredd. Aussi nous voilà, vous et moi, et surtout moi puisque je n'ai plus qu'un seul lecteur et qu'au lieu de regarder les DVDs, il me les offre, face à ce Dredd, probablement intitulé de façon aussi laconique pour qu'on ne le prenne ni pour une suite ni pour un remake de l'original.

Nous sommes toujours à Mega City One, mais qui est cette fois implantée dans ce futur grisâtre filmé en Afrique du Sud qu'on extrapole de nos jours à partir de la sale gueule du monde actuel, et non plus dans le futur coloré plein de voitures volantes, d'écrans géants et d'enseignes japonaises qu'on inventait avant le 21ème siècle. L'implacable "juge" Dredd, flic de choc qui traque les criminels puis prononce et applique les sentences lui-même, est chargé d'évaluer une nouvelle recrue, la jeune Anderson. Celle-ci a été recalée aux tests, mais le Palais de Justice aimerait pouvoir la garder quand même, eu égard à ses facultés télépathiques. Dredd et Anderson se rendent dans un gigantesque gratte-ciel pour enquêter sur des meurtres, Anderson identifie un suspect potentiel grâce à son pouvoir, mais dans le doute Dredd ne peut se résoudre à l'exécuter sur place. Ils doivent alors emmener l'homme au poste pour interrogatoire, mais la chef de son gang, la redoutable Ma-Ma, craint qu'il ne se mette à balancer, et déclenche le processus de quarantaine de l'immeuble pour s'assurer que personne n'en sorte. Voilà donc le juge, son apprentie et leur prisonnier pris au piège d'un édifice rempli de dealers lourdement armés qui veulent leur peau.


Dredd 01Le futur ressemble beaucoup à notre présent avec quelques gratte-ciels géants ajoutés numériquement.


Le film ne cherche clairement pas à montrer comme idéal son monde gouverné par une justice brutale et inhumaine, où l'on condamne sans procès et où un extrémiste en uniforme a droit de vie et de mort sur ses concitoyens. C'est un monde de miséreux, où les plus démunis se retrouvent littéralement broyés par le Système, un monde où le crime a atteint un niveau le rendant impossible à combattre de façon efficace, et où la police, gangrenée par la corruption, se contente d'aller faire quelques démonstrations de force dans les quartiers pauvres en se montrant moins préoccupée par la protection des innocents que par la punition des délinquants. Mais malgré ça, je ne crois pas qu'on soit censés croire que Dredd soit le vrai méchant du film, ou se poser des questions sur notre envie de voir triompher des héros qui font justice à coups d'intimidation de civils, de torture de suspects et d'exécutions sommaires. Il est trop fort et trop cool pour qu'on puisse vouloir autre chose que le voir défoncer les pourris. Du coup, n'espérez pas un film satirique, n'attendez pas un successeur de RoboCop, plutôt un Inspecteur Harry futuriste .


Dredd 04
Mine de rien, c'est vrai que le fait de ne jamais enlever son casque contribue pour de vrai
à donner au personnage un charisme unique.


Mais au moins, Dredd évite l'hypocrisie et l'incohérence de la version avec Stallone, qui prétendait puis renonçait complètement à se montrer critique envers l'idéologie et les méthodes de son protagoniste. Le film ne cherche pas à faire le malin ni à faire le clown, mais n'est pas pour autant décérébré ni dépourvu d'humour noir. C'est un bon film d'action, avec une intrigue simple mais bien ficelée. Il n'y a pas de décors luxueux et variés, de motos volantes ni de costumes conçus par Versace, mais ça ne fait pas minable pour autant, ça parvient à représenter un futur plausible malgré un budget relativement modeste. Et puis, surtout, il y a un acteur qui se fond complètement dans son rôle pour camper un personnage réellement mémorable. Je suis content de m'être trompé sur Karl Urban, qui se révèle parfait en Judge Dredd, sorte de machine glaciale et implacable qui évite d'afficher toute autre émotion que le mépris, le dégoût ou l'agacement mais qui laisse sporadiquement percer une pointe d'humanité sous l'armure. Il ne cherche jamais à en faire trop pour se faire remarquer, il ne gâche pas l'ambiance en montrant que finalement Dredd a un coeur, pour vous dire il arrive même à placer naturellement le fameux "la Loi, c'est moi". Les seconds rôles, sans être aussi marquants, sont intéressants aussi, que ce soit la petite télépathe qui essaie de s'imposer mais a du mal à se résoudre à devenir comme Dredd, ou l'ex-prostituée maltraitée devenue baronne du crime à coups de dents, de couteau, et d'une absence totale de pitié.


Dredd 05 Cersei Lannister en matriarche sanguinaire prête à tout pour régner sans partage sur son monde,
c'est pas forcément le choix de casting le plus audacieux, mais ça fonctionne.


Les scènes d'action sont réussies, pour ne pas dire carrément belles par moments, quand la caméra nous plonge dans le même trip que les camés qu'affrontent les juges, nous offrant une vision de massacres au ralenti, dans une explosion de couleurs sursaturées. Ca reste de l'action à petite échelle, cela dit. Des échauffourées dans un immeuble. Ne vous attendez pas à voir la ville entière partir en flammes comme dans les films Marvel.  Dans Dredd, on ne sauve pas le monde du plus grand danger qu'il ait jamais connu, on résout simplement une affaire de règlement de comptes entre dealers. Mais au risque de me répéter, moi j'aime bien quand un film se contente de nous raconter une journée mouvementée de la vie de son héros plutôt que LA journée qui a changé sa vie pour toujours et qui a préparé l'esprit du spectateur à l'idée qu'il fallait maintenant voir 3 suites, 8 films centrés sur les personnages secondaires, 5 crossovers et 12 séries télé dans le même univers. Enfin je serais ravi qu'il y ait un deuxième épisode (c'est mal barré mais on a droit de rêver) mais c'est bien quand un film se suffit à lui-même plutôt que de se présenter fièrement comme un simple rouage d'une machine à pognon appelée à enfler indéfiniment.


Dredd 02C'était sans doute encore plus classe en 3D, mais déjà rien qu'en DVD 2D
les scènes de fusillades sous "slo-mo" (c'est le nom de la drogue) ont de la gueule.


Bon ben voilà les amis, un bon petit thriller SF nerveux, violent et sans bavures, nettement meilleur que la première version qui était certes ratée mais pas honteuse, c'est ma recommandation du jour et c'est plutôt pas mal pour conclure ce mois spécial BD, non ? Sept chroniques pour le mois le plus court de l'année, avec des bons films, du nanar, et rien de vraiment irregardable, avouez qu'on aurait pu faire pire.

 

 

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Dredd (2012), réalisé par Pete Travis (Angles d'attaque) sur un scénario d'Alex Garland (28 jours plus tard). Avec Karl Urban (Le Seigneur des anneaux), Olivia Thirlby (Juno), Lena Headey (Game of Thrones), Wood Harris (Sur écoute).

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Published by Toxic - dans Science-fiction
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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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