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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 09:14

EragonDepuis Harry Potter, plus aucun éditeur ne veut prendre le risque d'être l'imbécile qui a laissé une usine à pognon lui passer sous le nez, et ça fait donc une petite quinzaine d'années qu'ils se sont tous mis à publier absolument n'importe quoi dhéroïco-magique pour les gosses dans l'espoir d'en vendre plein de suites qui se transformeront plus tard en encore plus de films (parce qu'il ne faut pas hésiter à couper le dernier épisode en deux) et pourquoi pas en jeux vidéo, dessins animés, jouets, etc. Alors évidemment chacun essaie d'avoir sa petite singularité à soi pour se démarquer de la concurrence, y en a qui prennent les dieux grecs ou les chouettes au lieu des sorciers ou des vampires. Pour Eragon, c'est que l'auteur avait prétendument 15 ans quand il l'a écrit, ce qui en réalité signifie que comme tous les premiers de la classe forts en rédaction du monde, il a jeté 3 bouts d'idées dans un cahier quand il était au collège ou au lycée, mais qu'à la différence de la plupart des autres il s'est donné la peine d'écrire un roman complet basé dessus quand il a eu 20 ans. Mais c'est sûr que c'est moins vendeur de dire que "l'auteur avait à peine 20 ans quand il l'a écrit" alors on fait croire que c'est vraiment l'oeuvre d'un enfant surdoué pour que les média en parlent.

Bon alors après, ça a eu un petit succès commercial mais il s'est un peu fait descendre par la critique qui l'a accusé d'avoir repompé toutes ses idées ailleurs. J'espérais que ce soit de la méchanceté gratuite émanant d'imbéciles tellement fiers d'une formule lapidaire de type "c'est La Guerre des Etoiles dans le monde du Seigneur des Anneaux" qu'ils préfèrent se cantonner à ça plutôt que d'admettre que, dans la mesure où toutes les histoires du monde ont déjà été racontées, c'est pas grave de réutiliser une trame scénaristique classique tant qu'on sait y apporter sa griffe. J'ai pas poussé l'optimisme jusqu'à lire le bouquin mais j'ai vu le film. Et malheureusement je préfère admettre tout de suite que ce n'est vraiment pas être mauvaise langue que de reprocher à Eragon d'être une bête copie de sagas à succès : ça n'est effectivement guère plus que
La Guerre des Etoiles dans le monde du Seigneur des Anneaux.


Eragon 04Heureusement que les machines à voyager dans le temps n'existent pas,
mon moi de 8 ans serait bien triste d'apprendre qu'un film avec
des chevaliers et des dragons qui se battent dans le village ewok peut être aussi ennuyeux.


Soit donc l'histoire d'un jeune fermier qui vit chez son oncle dans un monde contrôlé par un méchant guerrier qui a pris le pouvoir après avoir éliminé tous ceux de sa caste, à l'exception de son vieux rival qui vit planqué à la campagne en attendant le jour où il devra servir de mentor au petit péquenaud qui, ayant reçu d'une princesse en péril de quoi vaincre le méchant, entreprendra d'aller rejoindre la rébellion pour lui mettre une branlée. Alors comme ça se passe dans un monde médiéval plutôt que dans l'espace mais que le coup de l'anneau qui rend invisible c'est déjà pris, à la place des plans secrets de l'Etoile Noire c'est un dragon que le destin envoie entre ses mains (c'est pratique, comme ça il fait office d'épée-laser aussi), et comme c'est pas facile d'inventer un monde d'heroic fantasy tout neuf, l'auteur a simplement repris celui où les gentils humains, les gentils elfes et les gentils nains (évoqués dans les dialogues, mais qu'on ne verra pas dans le film) s'allient contre le sorcier et son armée de brutes basanées qui n'existent que pour la guerre (et sa préparation). Il y a même un groupe de créatures des ténèbres qui jouent les chiens de chasse à travers le pays pour retrouver le jeune fuyard.


Eragon 03Il y a même la scène coupée du montage original de La Guerre des Etoiles
où Biggs apprend à Luke qu'il va rejoindre la Rébellion, mais ici comme le scénariste
ne sait pas très bien raconter, on ne découvre jamais ce qu'il devient après sont départ.


Sincèrement j'aurais aimé pouvoir vous dire qu'il ne faut pas écouter les médisants et que sous ses airs de redite, il s'agit en fait d'un petit film sympathique. Mais hélas on sent effectivement assez vite qu'Eragon est basé sur l'oeuvre de quelqu'un qui, à chaque fois qu'il lit ou regarde un truc qui lui plaît, se dit "ouah, ce serait trop classe que je raconte des histoires bien comme ça moi aussi !" mais qui, une fois qu'il se décide à essayer, s'aperçoit qu'il a zéro idée et se met donc à recopier les histoires des autres en changeant les noms et en mélangeant un peu les situations. Georges Lucas n'a pas inventé l'histoire du paysan qui devient le plus grand des chevaliers mais il a eu l'idée d'y mettre des vaisseaux spatiaux et des robots. Tolkien n'a pas inventé le quart des créatures qui peuplent sa Terre du Milieu mais il a eu l'idée d'utiliser les mythologies nordique et celte pour raconter les exploits non pas de dieux et de surhommes, mais de gentils nabots qui se découvrent un héroïsme insoupçonné. L'un et l'autre, malgré leurs emprunts, ont su faire preuve de créativité, d'imagination pour donner un aspect inédit à leurs épopées. Le couillon qui a pondu Eragon, à moins que le film ait décidé de laisser de côté les meilleurs éléments de son livre, n'avait que l'envie de faire pareil que ceux qu'il admire, mais sans aucune espèce d'inventivité pour mener son projet à bien.


Eragon 01Robert Carlyle c'est un peu devenu le Temuera Morrison écossais,
un bon acteur qu'Hollywood a transformé en mercenaire cantonné
aux seconds rôles de guignol dans des films à gros budget crétins.


On passe donc 1h35 à suivre des protagonistes sans personnalité qui s'échangent des platitudes au fil d'une intrigue convenue, en attendant désespérément qu'il se passe quelque chose de surprenant, que les héros croisent la route d'un monstre un peu original, d'un ennemi qui ait un peu de caractère, d'un allié qui ait quelque chose d'un peu rigolo à raconter pour justifier sa présence... en vain. Certes, rien n'est particulièrement mauvais, en dehors de l'idée de faire parler la dragonne par télépathie avec une voix insupportable (Rachel Weisz en mode "nounou anglaise"), mais rien n'est vraiment bon non plus. C'est insipide au possible, ni les acteurs, ni le réalisateur, ni le chef op, ni le décorateur, ni le responsable des effets spéciaux, ni le compositeur n'avaient envie de faire quelque chose qui dépasse le potable. Forcément, cette impression que personne n'a fait l'effort de viser plus haut que simplement "acceptable" contribue à priver le film de toute âme, de tout charme. Au bout du compte, Eragon n'est pas un film conçu pour divertir son public, mais seulement pour l'occuper. On regarde défiler les images pour passer le temps mais on ne s'amuse pas devant parce que ça n'a aucune saveur.


Eragon 02Avec sa philosophie pour biscuits chinois, la sentencieuse dragonne
est une héroïne plus agaçante qu'attachante.


C'est à croire que les producteurs d'adaptations de bouquins flippent tellement de déclencher les vociférations interminables des nerds sur internet qu'ils ne veulent surtout pas prendre le risque de faire quelque chose qui sorte de l'ordinaire, des fois que ça soit trop "infidèle" au livre. Ils vont remplir ton verre à moitié, avec de l'eau plate, comme ça t'ira pas chialer qu'ils t'en ont renversé sur les genoux ou que le goût est trop fort par rapport à ce que t'attendais. Bon enfin c'est aussi que le matériau de base était probablement pas fameux. Pour couronner le tout,
ça se conclue sur un "à suivre..." implicite, mais comme ça n'a pas rapporté assez de fric pour mériter une suite, c'est comme pour le pas-terrible-non-plus A la croisée des mondes, un bête premier chapitre plutôt qu'une histoire complète avec une fin satisfaisante. Si vous voulez absolument épargner à vos gamins les nichons et les décapitations de Game of Thrones, dans la mesure où il n'y a pas énormément de bons films d'heroic fantasy et que celui-ci est un peu mieux fait que la moyenne des mauvais téléfilms de dragons disponibles en DVD, je peux comprendre que vous envisagiez de dépenser 5€ dedans, mais à votre place je piocherais plutôt une vieillerie comme Willow ou Krull, deux preuves qu'on peut plagier éhontément Tolkien et Lucas et quand même obtenir un résultat sympa.

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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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