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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 08:12

GodzillaJe l'ai déjà dit, normalement j'évite les "gros" films trop connus parce que personne n'a besoin d'une trouzmillième critique de quelque chose que tout le monde a déjà vue. J'ai quand même décidé de faire une exception pour celui-ci parce que 1) le stock de films de monstres géants facilement trouvables en DVD pas chers n'est pas inépuisable donc on fait avec ce qu'on peut, et 2) je l'avais trouvé potable à sa sortie alors que tout le monde chiait dessus et je voulais voir si quinze ans plus tard je me ralliais à l'avis général dans un éclair de lucidité. Donc, voilà, je me suis refait le Godzilla d'Emmerich, présenté comme un remake du classique japonais, et dont le but était de transformer en machine à fric pour le marché occidental un personnage surtout vu comme un "craignos monster" de nanars. Les producteurs se sont vautrés sur ce coup-là mais à Hollywood ils sont persévérants quand il s'agit de faire du neuf avec du vieux, alors ils retentent le coup l'année prochaine.

Dans cette version, Godzilla est une sorte d'iguane croisé tyrannosaure, un mutant né des essais nucléaires français menés dans le Pacifique dans les années 90. Ayant atteint une taille colossale, il coule un navire japonais, laisse des empreintes en Amérique centrale, avant de s'attaquer à la ville de New York. Matthew Broderick joue Nick Tatopoulos, un spécialiste des effets des radiations sur les animaux, recruté par l'armée pour les aider à comprendre les origines et motivations de la bête. L'animal commence à ravager la ville, les autorités font évacuer Manhattan, les armes conventionnelles se révèlent inefficaces contre ce géant rapide et rusé, et une fuite dans les média amène au limogeage de Tatopoulos qui semble pourtant être le seul à savoir comment réagir face au monstre. Il parvient heureusement à convaincre un commando secret français mené par Jean Reno de l'aider à localiser la tanière de Godzilla, car il le soupçonne d'avoir pondu des oeufs...


Godzilla 01Evidemment, l'auteur d'Independance Day anéantit son quota de bâtiments célèbres
pour faire bien dans la bande annonce. Ici c'est le Chrysler Building...
Godzilla 02...et le Madison Square Garden qui trinquent.


2h05 sans compter le générique, c'est long pour un film sur un gros lézard qui casse tout. C'est très lent à se mettre en place et le premier acte ne parvient hélas pas à établir de personnage intéressant ni à poser les bases d'une intrigue qui irait au-delà de "attention, Godzilla va aller défoncer New York". La première demi-heure semble exister à l'intention d'un public qui n'aurait vraiment aucune idée de ce qu'il est venu voir, puisqu'elle joue sur "mais quelle est donc cette mystérieuse créature gigantesque ?" Hé les gars, on est venus voir un truc qui s'appelle Godzilla, la bestiole existe depuis les années 50, la bande annonce n'a pas trop cherché à la cacher, on sait que ça va parler d'un gros reptile qui piétine des gratte-ciels, c'est peut-être pas la peine de perdre autant de temps à nous montrer les héros en train d'enquêter sur qui a bien pu laisser des traces de pas aussi grandes ou sur ce que veut dire ce vieux pêcheur nippon qui répète "Gojira !" sur son lit d'hôpital.


Godzilla 04

Pour surfer sur la vague de popularité des raptors de Jurassic Park,
il y a toute une intrigue secondaire sur des bébés Godzilla qui
pourchassent les personnages à huis clos.


Par la suite l'histoire se met en branle pour de vrai, et c'est du Roland Emmerich tout craché, c'est-à-dire qu'au final c'est surtout un film sur un couple séparé qui se remet ensemble, et sur des méchants bureaucrates et politiciens qui comprennent rien mais se retrouvent bien ridiculisés quand le bon sens d'un simple citoyen triomphe de l'adversité avec l'aide de nos braves soldats ricains bourrus et simplets mais infaillibles à leur devoir. Bon il y a aussi des Français qui se révèlent pas complètement incapables mais qui sont bizarrement les seuls à mourir à l'écran (pour les rares autres morts, c'est simplement leurs véhicules qu'on voit exploser). Les héros n'ont aucun charisme, les dialogues sont franchement nuls, du coup tout ça n'est guère passionnant.


Godzilla 03Dans la plus pure tradition emmerichienne, le vrai sujet de Godzilla,
c'est qu'à la fin la fille se rend compte de son erreur et se remet avec son ex.


Bon de temps en temps on voit Godzilla quand même, mais il sait se faire étonnamment discret pour de longues périodes. Ce qui, en plus de nous obliger à subir les laborieuses aventures d'acteurs de seconde zone pendant trop longtemps, souligne l'absurdité du scénario, qui fait apparaître et disparaître n'importe où, à volonté, son monstre haut comme un immeuble, selon que l'auteur a besoin d'un nouveau rebondissement ou au contraire envie de perdre vingt minutes à montrer comment la petite reporter tenace va prendre sa carrière en main malgré les brimades de son méchant supérieur. Alors évidemment aucun spectateur avec deux sous de jugeotte ne s'attend vraiment à ce qu'un film de ce genre ait une intrigue complexe et réaliste. Mais c'est raisonnable d'espérer qu'il respecte au moins les règles qu'il fixe lui-même. Si on montre que Godzilla fait trembler le sol à chaque pas, au point que les voitures font des bonds, on ne peut pas ensuite en faire un ninja qui se planque où il veut quand il veut, ou parvient à attaquer ses proies par surprise en surgissant là où on ne l'attend pas. Surtout si on nous montre aussi que l'armée est capable de suivre précisément ses déplacements par ordinateur.


Godzilla 05

Les images de synthèse n'impressionneront plus personne en 2013,
mais pour un habitué des téléfilms de monstres à petit budget, ça passe encore pour du haut-de-gamme.

 

Les effets spéciaux ont pris un coup de vieux mais ne sont pas encore trop ringards, et même si la plupart du temps le méchant dinosaure se contente d'arpenter des boulevards toujours assez larges pour lui en éraflant quelques façades au passage, et ne donne jamais l'impression d'être un vrai danger pour les protagonistes, quelques scènes de destruction pas trop ratées offriront une maigre consolation aux amateurs de films catastrophe et de kaiju eiga. Ca ne suffit pas à sauver le film de la médiocrité et décidément non, je n'avais pas raison contre tout le monde en 98 quand je l'ai trouvé pas trop mal : sans être affligeant, c'est quand même mauvais. 3€ pour m'apercevoir que j'avais des goûts de chiotte quand j'étais jeune, c'est un peu douloureux.

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commentaires

DraGooN 27/06/2013 22:01


Ah bah justement, je l'ai rematté ce film en VO ya pas longtemps et franchement, même si le scénario n'a rien de superbe, je l'ai trouvé agréable.
Bon je dois pas être aussi exigent que toi, mais bon, je trouve la caricature des amerlocs par la DGSE rigolote par exemple.
Après j'étais pas dans l'analyse du film. :)
Bref, enfin un film que j'ai vu et qui passe par ces mains expertes. 

Toxic 27/06/2013 23:46



J'avoue que le moment où ils essaient de se faire passer pour des ricains avec leurs chewing-gums et Jean Reno qui fait une imitation d'Elvis est assez drôle.



Superjé 20/06/2013 23:48


certains fument, d'autres regardent des films de merde. C'est la vie ça mec !

Toxic 21/06/2013 11:04



Je croyais que toi ton vice c'était de faire le trublion.



Superjé 20/06/2013 22:25


'Tain t'es chiant quand même, desespéré de pas trouver de vrais kaiju eiga à regarder et ne voulant pas accumuler les téléchargements sur mon ordi, je m'étais presque ressolu à (re)voir celui-ci
dont je garde de vagues souvenirs d'il y a quelques années...


 


T'es vraiment super relou, tu m'as coupé l'envie .

Toxic 20/06/2013 22:43



Mec je te fais économiser 2 heures de ta vie là. Tu me remercieras plus tard.



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