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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 08:49

Hostel chapitres I & II

Après la bonne surprise Cabin Fever, j'ai eu envie de me plonger dans le reste de la filmographie d'Eli Roth. Pas qu'il soit un grand réalisateur quand même, mais disons que comparé à un Marcus Nispel par exemple, c'est un surdoué. Du coup je me suis procuré cette compilation de ses deux chapitres d'Hostel que vous trouverez facilement sur le net à vil prix. Les deux films n'ont pourtant pas très bonne réputation, ils passent pour emblématique de ce que certains aiment appeler le torture porn, terme repris aussi bien par les détracteurs que par les fans, les premiers parce que ça leur permet en deux mots de nier toute qualité cinématographique aux films de cette mouvance sans avoir à trop se creuser la tête et les seconds parce que ça leur donne l'impression d'aimer quelque chose de nouveau et un peu subversif.

Enfin bon, on ne va pas se lancer dans un débat sur la validité de cette expression idiote. Mais pour les gens qui ne savent pas du tout en quoi ça consiste, sachez que non, ce ne sont pas des films où au début il y a une fille siliconnée qui sort du bain et se tripote dans une villa californienne, et là-dessus un genre de culturiste nu sous une combinaison de travail ouverte jusqu'au nombril sonne à sa porte et elle va lui ouvrir à poil et il lui sort d'un air entendu "salut, je suis gardien à Guantanamo, c'est ici qu'il y a des suspectes à interroger ?" et dans les 2 secondes qui suivent il commence à électrocuter les parties intimes de la fille tout en lui tailladant le visage au rasoir tandis que le spectateur ravi se malaxe la truite et ensuite pendant tout le reste du film des gens se font briser les os ou plonger la tête dans la cuvette des toilettes quasiment sans interruption tandis que le fan devant son écran continue de se polir le chinois s'il a encore de l'énergie.  Malgré ce nom de torture porn, ça n'a rien à voir avec ça. Mais ne lançons pas le débat j'ai dit. On n'est pas là pour ça, on est là pour parler d'Hostel et de sa suite, Hostel chapitre II.


Hostel II 06Un motif déjà présent dans Cabin Fever et qu'on retrouve dans ces deux chapitres d'Hostel :
les enfants sont des bêtes sauvages dont il faut se méfier.


Tout comme pour Cabin Fever, on est ici face à des mésaventures de jeunes Américains en vacances (bon ok, dans le premier l'un des gars est islandais), sauf que cette fois le danger ne vient pas de ces effrayants trous perdus des Etats-Unis où la nature et les autochtones arriérés rivalisent d'agressivité pour vous faire la peau, mais de ces effrayants trous perdus d'Europe de l'Est remplis de loqueteux sans morale prêts à tout pour quelques piécettes. Les deux films suivent une trame similaire ; au début de Hostel, un trio de touristes venus à Amsterdam en quête de débauche et déçus des résultats du voyage se laisse séduire par la perspective de trouver des filles aussi accortes que peu farouches dans une petite ville de Slovaquie, tandis qu'au début du deuxième chapitre ce sont trois étudiantes en arts plastiques qui décident de s'éloigner un peu de leurs cours de dessin à Rome et que la promesse de détente dans un spa de rêve pousse à se rendre dans la même petite ville de Slovaquie.


Hostel II 02L'image des Européens est assez peu reluisante, en gros nous sommes des barbares velus
vivant dans des pays sans foi ni loi, mais il faut reconnaître que
les Américains en voyage n'apparaissent pas franchement sous un jour très flatteur eux non plus.

 
Dans les deux cas, nos jeunes gens finalisent les derniers termes de leur arrêt de mort en s'installant dans une auberge (l'Hostel du titre, donc) qui sert de piège aux victimes d'une organisation qui, avec la complicité de la population locale, permet à ses clients d'acheter à prix d'or la vie de quidams qu'ils pourront ensuite massacrer à loisir dans les cellules sordides d'une usine désaffectée. Chaque fois, ils disparaissent un à un, et le dernier survivant, pas assez malin pour ne pas s'être laissé capturer à son tour mais suffisamment chanceux pour tomber sur un bourreau moins efficace, tente d'échapper au sort atroce subi par ses compagnons de voyage.


Hostel II 03C'est à ce moment-là que tout est définitivement foutu pour les protagonistes.


Que les âmes sensibles soient prévenues, ici quand ça commence à trancher dans la barbaque, ça n'y va pas de main-morte, ça ne se passe pas hors-champ, et ça n'est pas expédié en un seul coup de machette. Mais que les amateurs de gore à outrance qui espèrent de l'arrachage de tripaille non-stop sachent pour leur part que Roth prend son temps, les deux fois, pour amener ses héros vers leur mort, et que les scènes qui ont valu à la série sa réputation de verser dans la boucherie gratuite sont finalement peu nombreuses. Et ce n'est pas du gore rigolo façon Braindead : c'est sadique, c'est dur, on n'est pas là pour se marrer, on souffre avec les victimes.


Hostel II 07Non vraiment ça ne rigole pas.


Je dirais d'ailleurs que c'est en grande partie là-dessus que ces films fonctionnent : cet aspect "imagine si c'était toi à leur place". Il n'y a aucun élément surnaturel, on est dans le réel. Ca se passe dans un pays qui existe vraiment, y a un côté légende urbaine, peut-être que dans la vraie vie ça existe pour de vrai, voyez ? Du coup c'est plus facile de se mettre à la place des victimes que quand on voit des ados se faire poursuivre par Freddy ou Chucky ou même Michael Myers. Imagine un jour tu pars en vacances et t'es kidnappé par des fous. Hé, ça pourrait arriver, qui sait ce qui se passe dans ces coins reculés. J'ai un copain une fois à qui on a raconté que.  J'ai lu un article une fois qui disait que. Alors tu vois ça pourrait arriver. Si une aussi jolie nana avec un accent sexy te draguait comme ça, toi aussi tu craquerais et ils te piègeraient. Et imagine ils te torturent après. Tu vois comme il lui arrache l'oeil là, ça doit faire trop mal de se faire arracher un oeil comme ça. On regarde et on frissonne, oui, c'est vrai que putain ça doit faire trop mal, tu as raison Eli Roth.


Hostel II 01Un des gros reproches qu'on peut faire aux films : Eli Roth ne sait vraiment pas rendre
ses personnages sympathiques, le spectateur ne se retrouve de leur côté que
parce que personne ne mérite un sort aussi abominable que celui qu'ils subissent.


 Alors après évidemment ça n'aurait aucun intérêt de s'infliger ça si ça n'était pas articulé autour de scénario un petit peu malins. Et sans être grandiose, à ce niveau-là c'est plutôt pas mal. Le piège se referme lentement chaque fois, en laissant parfois planer le doute, est-ce qu'ils sont déjà foutus ou est-ce que c'est pour plus tard ? Est-ce que ce personnage-là travaille pour les organisateurs ou pas ? D'aucuns trouveront que certains rebondissements sont un peu téléphonés ; je serai plus indulgent, je préfère pour ma part qu'un réalisateur sème quelques indices en route pour rendre plus crédible un retournement de situation plus tard (comme lorsqu'un prisonnier en fuite, dont on sait qu'il n'a rien d'héroïque, rebrousse chemin au péril de sa vie pour sauver une parfaite inconnue) plutôt que de nous asséner un gros coup de théâtre invraisemblable histoire de dire que ha ha ha, je t'ai bien eu, tu t'attendais pas à ça, t'as vu comme je suis plus malin que toi.


Hostel II 08Dans Hostel chapitre II, la pauvre Heather Matarazzo joue
comme d'habitude la ringarde/rabat-joie/moche/vierge à 25 ans.


On aurait pu craindre que le 2 soit une bête resucée du premier, avec des filles à la place des garçons. Et c'est vrai que le schéma est tout à fait similaire. Et que la conclusion ne met pas un point final à l'histoire, parce que les producteurs voulaient pouvoir continuer à sortir des suites parce que le premier avait vraiment bien marché commercialement. Roth parvient tout de même à le différencier du premier chapitre en mettant nettement moins l'accent sur les festivités de ses jeunes en goguette ou l'évasion du survivant, et en suivant de plus près leurs tortionnaires. Il montre comment l'organisation fonctionne, les enchères sur internet à l'arrivée des touristes à l'hôtel, les hommes d'affaires qui s'offrent des victimes pour l'anniversaire de l'un des deux comme ils se paieraient des call-girls. Les discussions dans les jours qui précèdent la mise à mort avec le macho qui encourage son pote comme un père qui va emmener son fils à la chasse pour la première fois. Ca contribue à rendre la chose plus crédible, et comme je le disais plus haut, l'efficacité du film repose beaucoup sur le fait que dans la vraie vie, Pinhead ou les loups-garous ça peut pas exister, mais ça, va savoir. Avec tous ces riches qui ne savent plus quoi faire de leur pognon, qui ne savent plus quoi faire pour s'éclater une fois blasés des drogues, des putes de luxe et des sports extrêmes. Va savoir si Bernard Madoff n'est pas aller éviscérer des gamines en Roumanie. Va savoir si les dirigeants de BP ne se baignent pas tous les étés dans le sang de jeunes vierges en Hongrie.


Hostel II 04Le choix des acteurs incarnant le tandem d'Américains s'étant payé des compatriotes à dézinguer
(Roger Bart et Richard Burgi, vus tous deux dans
Desperate Housewives) est vraiment parfait.


Bref. C'est pas des films pour tout le monde. C'est pas du grand cinéma. Je crois pas qu'on en parlera comme de grands classiques de l'horreur dans vingt ans. Et même si le deuxième a été un bide et que les Saw sont donc largement plus coupables, ça fait partie des films qui ont lancé ce mouvement "y a des gens qui meurent atrocement tout le temps, aucun espoir de réchapper à quoi que ce soit, et la jaquette est dans des tons glauques avec comme des fausses taches de boue sur tout", ce qui fait que pendant 5-10 ans au lieu de laisser leur chance à des gens créatifs et originaux les producteurs de cinéma d'horreur vont juste donner des sous à qui saura bricoler pour pas cher un sous-Saw ou un sous-Hostel. Mais malgré tout ça, j'ai plutôt envie de les défendre. Pour moi ça confirme qu'Eli Roth est un réalisateur à suivre. C'est pas complètement con, plutôt habile et bien ficelé, pas fait pour s'astiquer le manche en regardant les gens se faire charcuter tout en étant de la vraie horreur qui fait mal et pas du petit film frileux simplement porteur d'une mention "accord parental", et ça change du genre "Poignardages en série au bal de promo". Ca vous prend aux tripes, ça vous met mal à l'aise tout en étant assez malin pour vous garder devant l'écran. Chacun des deux films emprunte des sentiers légèrement différents au lieu de resservir la même soupe, il y a quelques petits clins d'oeil pour amateur de cinéma bis (des petits roles pour Edwige Fennech et Ruggero  Deodato par exemple). Pour moi, les deux sont réussis, alors après c'est clair qu'il faut aimer le genre et avoir le coeur un peu bien accroché, mais pour ma part, à 7 € le coffret, je ne regrette pas mon achat.

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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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