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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 07:49

jeepers creepersUn type de film qu'il est toujours bon de placer en soirée du 31 octobre (à supposer qu'il reste, parmi mes rares lecteurs, des gens qui se font des soirées de films d'horreur pour Halloween), c'est le film pas tout à fait inconnu et jouissant même d'un statut semi-prestigieux mais n'ayant jamais vraiment acquis la notoriété ni des "classiques" comme Vendredi 13 ou Halloween ni des séries interminables à la Destination Finale ou Saw malgré sa bonne qualité. Jeepers Creepers rentre plutôt bien dans cette catégorie. Succès public et critique suffisant à l'époque pour garantir une suite, mais une seule ; pas assez célèbre pour que quelqu'un envisage un remake aujourd'hui ; pas vraiment omniprésent dans les bacs à DVDs et à la télé sans être devenu introuvable ; un amateur du genre en aura probablement entendu parler, mais ne l'aura pas forcément vu. J'en gardais un bon souvenir, et comme je n'ai pas encore vu énormément de bons films ce mois-ci, je me suis dit que j'allais me le refaire.

Comme pas mal de films d'horreur, Jeepers Creepers démarre avec des étudiants en vacances sur une route perdue au milieu de la campagne. Darry et Trish sont frère et soeur et rendent visite à leurs parents. En chemin, ils sont harcelés puis percutés par un chauffard fou au volant d'un vieux camion pourri qui finit par s'éloigner. Ils retrouvent le véhicule quelques kilomètres plus loin, garé près d'une église désaffectée, et surprennent le conducteur en train de décharger ce qui ressemble bien à des corps enroulés dans des draps. Trish propose de prévenir la police à leur arrivée, Darry insiste pour qu'ils aillent inspecter les lieux au cas où quelqu'un serait encore en vie parmi cette sinistre cargaison. Trish cède à contrecoeur, et ils découvrent l'antre macabre du "Creeper", remplie de cadavres. Malheureusement pour eux, le tueur sait qu'il a été vu, et ne va plus les lâcher...


Jeepers Creepers 04Le personnage de la medium apporte ce qu'il faut d'éléments d'exposition
sans pour autant devenir l'un de ces je-sais-tout agaçants
qui servent de béquilles aux scénarios boiteux.


Le film prouve qu'on peut recycler des éléments plus très nouveaux et quand même parvenir à un résultat malin et original. Légendes folkloriques, homicides ruraux, créatures démoniaques, visions prophétiques, jeunes imprudents, on ne peut pas dire que le réalisateur-scénariste Victor Salva s'aventure en terrain inexploré, mais il sait faire prendre des détours inattendus à une histoire d'apparence classique. Quand le camion débarque, on pense avoir affaire à un film de poursuite à la Duel, puis quand les héros s'aventurent près de l'église on s'imagine qu'ils vont s'y retrouver piégés et poursuivis et que ça va ressembler à un genre de Massacre à la tronçonneuse, et à chaque fois qu'on pense que l'intrigue s'est engagée pour de bon dans une voie, elle repart dans une autre direction. Et ce, sans pour autant se fourvoyer dans des coups de théâtre absurdes, et en gardant un rythme tranquille pour préserver le suspense.


Jeepers Creepers 012001, une époque où les films n'étaient pas encore
destinés à être vus sur des téléphones portables par des hyperactifs
et où on pouvait encore utiliser le bon vieux coup de
la menace qui se profile discrètement à l'horizon pendant que la scène se focalise sur autre chose.

 

Je reconnais que les protagonistes peuvent être assez agaçants. Les dix premières minutes sont consacrées à leurs jeux et chamailleries en voiture, brièvement interrompus par l'épisode du camion, c'est un bon moyen de rendre crédible leur relation frère-soeur (qui, par ailleurs, évacue toute tension sexuelle du film, et le démarque du même coup de la majorité des films d'horreur), et des détails anodins de la conversation sont ensuite habilement réutilisés (comme le fait que Darry ait emmené son linge sale pour que leur mère le lave), mais ça pourra taper sur les nerfs de certains spectateurs. Et si Darry se révèle être un brave garçon, le personnage de Trish reste franchement désagréable jusqu'au bout, c'est pas rédhibitoire mais c'est un peu contrariant. En revanche, on appréciera le fait que le personnage du Creeper soit plus développé qu'un simple croquemitaine basique, sans être complètement "expliqué". Pendant une bonne partie du film, on ne sait pas si c'est un cinglé ou un monstre. Ensuite, quand le voile commence à se lever, on apprend différents détails bizarres mais sans en avoir forcément la justification. Pourquoi est-ce qu'il ne frappe que pendant 23 jours tous les 23 ans ? C'est quoi son délire avec la chanson Jeepers Creepers ? Qu'est-ce qui le pousse à embaumer, coudre, bricoler ses victimes une fois qu'il a consommé les organes qu'il voulait ? Ca reste mystérieux, et c'est tant mieux.


Jeepers Creepers 03Difficile d'en faire la critique en préservant le secret intact, mais le film
laisse un moment planer le doute sur la nature du tueur :
serial killer particulièrement tordu, ou démon excentrique ?


La conclusion, abrupte et sans génie, m'a un peu laissé sur ma faim, et le look du Creeper est plus intéressant et effrayant quand on le distingue mal que quand il commence à apparaître sous toutes ses coutures, mais le reste est vraiment réussi. C'est inventif et ça évite les écueils qui coulent tant d'autres slashers. Ici, quand un personnage est imprudent, ce n'est pas parce que le scénario a un besoin soudain qu'il devienne un débile léger, c'est parce que les événements l'y poussent de façon logique, plausible. Si personne n'a de quoi appeler les secours, ce n'est pas parce que tout le monde a oublié qu'il avait un smartphone dans la poche ou que "ça capte pas !", c'est parce qu'on est en 2001, et qu'il a été établi que le seul personnage possédant un portable est typiquement le genre de mec qui oublierait de le recharger, et qu'il est à bord du genre de vieille guimbarde dont on croit sans peine que l'allume-cigare qui permettrait d'y remédier est cassé.


Jeepers Creepers 02

Même si la qualité des effets spéciaux n'est pas à remettre en cause,
le tueur fonctionne mieux en tant que silhouette menaçante de cowboy de cauchemar
que quand il devient une sorte de cousin du djinn de
Wishmaster.


Périodiquement, Hollywood se rappelle que Victor Salva sait faire des films et lui donne les moyens d'en tourner un nouveau, puis les médias rappellent qu'il a fait de la prison pour pédophilie et les producteurs se disent que bon, finalement, en termes d'image c'est pas forcément une très bonne idée de continuer à lui filer des sous même s'il en rapporte beaucoup plus qu'il n'en coûte (les deux épisodes de Jeepers Creepers ayant très bien marché malgré des budgets modestes), et il retombe dans l'oubli pour quelques années. Oui désolé, je plombe un peu l'ambiance là mais je tenais quand même à vous prévenir des méfaits de l'auteur, des fois que ça vous poserait un problème de conscience de vous intéresser à son oeuvre, de la même façon que certains boycottent les acteurs scientologues. Cela dit, on ne peut pas dire que Jeepers Creepers véhicule le moindre message d'incitation au tripotage de gamins, et sans être un chef-d'oeuvre c'est vraiment une bonne petite série B étrange et angoissante, dont un amateur d'horreur ne devrait pas regretter l'achat.

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commentaires

Rico Balboa 08/11/2013 23:01


Je garde moi aussi un agréable souvenir de ce film (je ne l'ai pas revu depuis) que j'avais maté chez un pote qui continue à bouffer des films d'horreur par paquets de douze depuis des décennies
sans jamais sembler se lasser, tandis que de mon côté, je suis devenu salement sélectif depuis une bonne vingtaine d'années déjà. A l'époque, je l'avais regardé jusqu'au bout alors qu'en général
je me barre de chez lui au bout de vingt minutes, histoire de tirer un peu sur le joint comme un bon crevard. Si je reste, c'est un signe qui ne trompe pas. Content de voir qu'on est d'accord
aussi pour dire du bien et pas seulement pour râler tout le temps.

Toxic 09/11/2013 11:50



Oui en vieillissant, pas mal de trucs qui paraissaient vachement bien à l'époque deviennent simplement acceptables (comme Critters) voire pire, mais Jeepers Creepers j'ai
l'impression de l'avoir encore plus apprécié maintenant qu'à sa sortie ! J'ai jamais vu le 2 par contre mais je vais rattraper ça bientôt.



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