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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 09:08

Justice sauvageBon ben voilà les amis, les vacances scolaires sont terminées pour presque tout le monde donc on va en rester là pour ce qui est des films pour enfants, d'autant que ça n'a pas vraiment attiré un public très nombreux, vu qu'en termes de fréquentation ce mois de février a été le pire qu'ait connu Ciné Discount depuis 2010. Là honnêtement je ne sais plus ce qu'il vous faut pour venir ici, j'ai tenté les films obscurs que vous trouverez pas ailleurs, j'ai tenté les films connus dont tout le monde parle, j'ai tenté les femmes à poil, j'ai tenté les thèmes saisonniers, mais quoi que je fasse vous vous en battez les couilles, il va falloir que je me résolve à l'idée tout le monde préfère télécharger puis regarder absolument n'importe quoi gratos plutôt que de se renseigner un peu pour ne sélectionner que les bons trucs.

Mais trève de pleurnicheries, et puisque le cinéma d'arts martiaux pour les petits c'est fini pour le moment, repartons du bon pied avec un film pour hommes, un Seagal de la phase ascendante, la période catogan, celle qui l'amènerait à Piège en haute mer et un statut éphèmère de poids lourd du cinéma mondial. Justice sauvage s'ouvre sur une citation d'Arthur Miller, eh ouais, qu'est-ce tu crois, et poursuit en nous montrant sans perdre de temps tout ce qu'il y a à savoir sur Gino, le personnage interprété par Seagal, un flic qui fait passer son idée de la justice avant le règlement et que même les parrains du quartier respectent pour son sens de l'honneur et de la famille, une tête brûlée qui ne prend de gants avec personne (parce que des gants sur une tête ça serait ridicule). Son meilleur ami a été tué par un gangster tellement cinglé que même la mafia l'a désavoué, et il entreprend de régler ça en marge de la loi, avec "24 heures, une voiture et un fusil à pompe". Commence alors une traque sanglante dans les rues de Brooklyn, à la recherche d'un fou dangereux accro au crack, qui sait que tout le monde veut sa peau et n'a aucune intention de revoir le soleil se lever, juste de s'amuser une dernière fois avant de se faire dessouder.


Justice sauvage 07Pour une fois, le dialogue ne le décrit pas comme un ancien des forces spéciales,
mais le très beau béret, là, il a pas dû le ramener de chez les scouts.


Comme dans Nico, Seagal joue un italo-américain qui a gardé des amis au sein de la mafia, je ne sais pas si c'est lui qui faisait son Bernard Lavilliers et qui persuadait les scénaristes de lui écrire des rôles comme ça en leur affirmant qu'en plus d'être japonais de coeur, il était italien dans l'âme, ou bien si ses problèmes d'élocution amenaient les producteurs à lui faire jouer des types avec un accent, comme ils ont fait jouer des Russes à Lundgren et Schwarzenegger par exemple. En tout cas, son faux accent n'est pas super convaincant, mais ça n'est rien à côté de ses répliques en italien, à peu près incompréhensibles. Cela dit, parmi les sportifs devenus acteurs, vous avez ceux qui n'arrivent pas à faire autrement que débiter robotiquement leur dialogue, ceux comme John Cena qui se contentent de toujours rester dans la peau de leur personnage public habituel pour que ça soit plus facile à jouer, et finalement c'est plus intéressant d'en voir un essayer de faire l'acteur pour de vrai, même s'il rate un peu son coup.


Justice sauvage 04En plus, il a de superbes répliques.


Il y a même des moments où on se demande s'il improvise ou quoi, parce qu'il se met à dire des choses absurdes, comme lorsqu'il raconte une histoire sur son père, un rémouleur ayant perdu son gagne-pain, non pas parce que l'inox a bien niqué cette profession, mais... parce que les gens de son quartier se sont mis à acheter des couverts jetables, évidemment. Forcément ça sonne super authentique comme anecdote et c'est donc très émouvant. Avec tout ça, il faut bien avouer que le personnage est parfois assez difficile à prendre au sérieux, et c'est dommage parce qu'il est quand même un peu original, une sorte de pré-Vic Mackey de The Shield, le côté corrompu en moins mais le genre qui ne se gêne pas pour abuser de son pouvoir et brutaliser ou humilier ses suspects, qui se préoccupe moins de défendre la loi que ses valeurs personnelles. En face, William Forsythe campe un méchant plutôt atypique lui aussi, un fou qui essaie de faire durer sa cavale le plus longtemps possible tout en ne se faisant pas d'illusions sur son issue, et en improvisant au fur et à mesure.


Justice sauvage 06Pas d'explosions ou d'hélicoptères à la Piège en haute mer,
mais c'est nerveux et ça ne laisse pas le temps de s'ennuyer.


En tout cas; le film sait aussi mettre à profit les points forts de son acteur principal, avec de bonnes bastons dans lesquelles il casse un paquet de tronches et de membres avec ce style qui mélange brutalité pure et finesse. Pour l'anecdote, à chaque affrontement y a une espèce de tic mi-rigolo mi-crétin qui consiste à faire crier aux victimes "aille, mon [partie du corps détruite par Seagal] !", j'imagine assez bien la vedette décidant d'utiliser sa qualité de coproducteur pour mettre son grain de sel dans la mise en scène, genre "tiens là tu vois quand je lui mets un coup de tatane dans les couilles, ce serait bien qu'il dise un truc comme 'aille, mes couilles !', et puis l'autre, quand je lui pète les dents, il pourrait dire 'aille, mes dents !', en tant que producteur de cinéma je pense que ce serait plus percutant", mais bon ça n'est que pure spéculation de ma part. En tout cas c'est assez amusant alors que je ne suis pas sûr que c'était l'effet recherché, mais bref, passons. Pour en revenir à l'action elle-même, sans jamais aller jusqu'au grand spectacle, Justice sauvage propose de la qualité et de la variété : combats à mains nues, à l'arme blanche, fusillades et même une poursuite en voitures comme on n'en fait plus. D'ailleurs à ce propos, soyez prévenus que c'est de la bonne vieille violence à l'ancienne, donc pas destinée à être regardée en famille, mais pour les amateurs, c'est cool.


Justice sauvage 02Vous je ne sais pas, mais moi je préfère me rappeler de lui comme du type qui pouvait
démolir Dan Inosanto, l'élève de Bruce Lee, plutôt que comme la caution morale de Vladimir Poutine.


Sans les quelques passages où Seagal est vraiment impossible à prendre au sérieux, ce serait vraiment un très bon petit polar bien teigneux. On est encore loin de choses comme Attack Force ou Against the Dark, c'est l'époque où il tournait pour des réalisateurs compétents, avec des seconds rôles de qualité (ici, outre Forsythe, on trouve Jerry Orbach de New York, police judiciaire), dans le genre c'est plus réussi que Vigilante, mais je mentirais si je disais que le film est entièrement appréciable au premier degré. Cela dit, les petites touches de bizarrerie qu'il apporte sont aussi ce qui fait la personnalité et le charme de Justice sauvage, ça n'était pas du sous-Schwarzy ou du sous-Stallone, c'était son style à lui et c'est le genre de film qui manque un peu à Hollywood aujourd'hui, je trouve. Le DVD se trouve facilement à 5€ en supermarchés, si vous n'êtes pas fan de Seagal c'est peut-être pas le film qui vous convaincra ou vous réconciliera, mais pour ceux qui sont curieux de l'entendre parler un italien qui semble avoir été l'inspiration pour celui de Brad Pitt dans Inglourious Basterds ou qui regrettent la castagne, le sang et la vengeance comme on les filmait il y a un quart de siècle, c'est un achat recommandé.

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Published by Toxic - dans Action
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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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