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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 09:53
Tout comme Maniac, voilà un film qui répond à de nombreux titres (Kickboxing Angels sur la jaquette et le disque, Gang Angels sur le menu du DVD, Kickangel dans le générique de début et Angelfist dans le générique de fin) mais dont le contenu correspond bien à celui annoncé par le résumé et la distribution (et dans une moindre mesure, par les images). C'est beau de voir Prism Vision se racheter une respectabilité comme ça...

Tourné aux Philippines, la mecque du film d'arts martiaux à deux balles, Angelfist (appelons-le comme ça, apparemment c'est le titre "officiel") repose sur les épaules de feu Cat Sassoon, la fille de Vidal Sassoon, vous savez, le monsieur qui fait les shampooings. Apparemment, en plus d'être mannequin et avant de mourir jeune, la demoiselle était forte en karaté, en tout cas le générique s'ouvre sur son palmarès pour nous annoncer qu'elle n'a pas usurpé sa place de vedette dans ce film de karaté. Je ne sais pas exactement en quoi consiste le fait d'être champion de "forms and weapons" mais comme une recherche Google semble montrer que c'est surtout un titre dont se vantent des acteurs de films de karaté pas connus, ça me semble très très sérieux comme référence sur un cv de karatéka, au moins aussi sérieux que le titre de champion du monde de Jay Roberts, la vedette de White Ninja.

L'histoire, absolument poignante, est celle d'une jeune reporter adepte des arts martiaux, Kristie Lang, qui se retrouve témoin d'un meurtre alors qu'elle est à Manille pour participer au championnat du monde féminin de karaté. Les fourbes ninjas des Brigades Noires ont en effet décidé de faire échouer des négociations entre les Etats-Unis et les Philippines en assassinant les dignitaires américains en visite. On saluera au passage le courage du film qui n'hésite pas à aborder le problème de la pauvreté chez les terroristes philippins puisque les membres des Brigades Noires n'ont pas les moyens de s'offrir le
costume de ninja complet avec cagoule intégrée et sont contraints de masquer leur identité en se collant un bas sur la tête.

Aux Philippines, les moustaches sont l'une des rares ressources naturelles.

Du coup, malgré cet habile déguisement Kristie réussit à prendre les visages des tueurs en photo mais sa présence sur les lieux de leur forfait n'est pas passée inaperçue et Kristie ne tarde pas à tomber elle-même sous leurs sabres alors qu'ils tentent de récupérer la pellicule, qu'elle a eu le temps de mettre en lieu sûr. Lorsque Katara Lang, flic de choc à Los Angeles et soeur de Kristie, apprend le triste sort de l'intrépide journaliste, elle décide de se rendre aux Philippines pour enquêter elle-même sur l'affaire.

Si vous vous attendiez à ce que Cat Sassoon fasse une démonstration de son talent pour le mae-geri
dès sa première apparition dans le film, sachez que le réalisateur ne cède pas à ce genre de facilité
et préfère commencer par nous montrer son habileté à l'Uzi,
même si elle ne l'exploitera plus par la suite.

Katara alias Kat, c'est évidemment Cat Sassoon, et pour elle, il n'y a pas de meilleur moyen de tirer les choses au clair que de participer elle-même au tournoi de karaté auquel Kristie était inscrite. Pour nous autres simple mortels, sa logique peut paraître étrange, mais il faut se dire que c'est probablement ce que Jean-Claude Van Damme aurait fait à sa place et que si Van Damme le fait, y a pas de raison de ne pas le faire même si a priori, c'est une drôle de façon d'élucider un crime. D'ailleurs, bande d'incrédules, figurez-vous que l'intuition de Kat est la bonne, puisque les Brigades Noires ont des agents infiltrés dans le championnat et projettent même un gros coup lors de la finale ! Trop forte en karaté, car si le film prouve bien une chose c'est que les Américaines sont beaucoup plus forte que les Asiatiques en karaté, Kat ne craint rien sur le tatami, mais c'est une autre histoire dans les rues de Manille. La capitale philippine est en effet une jungle où même une bagarreuse comme Kat aura bien besoin de l'aide de Joe dit "Alcatraz", le dégourdi du coin, un parieur aussi intéressé par le karaté que par son décolleté, pour faire toute la lumière sur les bien sinistres desseins des Brigades Noires et venger sa défunte soeur.

Une belle tête de vainqueur que cet Alcatraz, sorte d'hybride improbable de
Thierry Ardisson, Benjamin Castaldi, Stiffler dans American Pie et Alex dans Buffy.
L'acteur n'est pas n'importe qui quand même, c'est le gars qui jouait
le suicidaire dans une fameuse scène de L'Arme Fatale.

Bon je ne vous en révèle pas trop sur l'intrigue quand même parce qu'il y a vraiment un suspense à couper le souffle (Kat va-t-elle remporter le championnat du monde et démasquer les assassins de sa soeur ? Alcatraz parviendra-t-il à se la taper ?) et que ce serait dommage de vous gâcher ça. Cela dit, le film ne vaut pas que pour son scénario puisque c'est aussi une plongée ultra-réaliste dans l'univers du karaté féminin. On découvrira par exemple que contrairement à la croyance populaire, les Asiatiques sont beaucoup moins fortes en karaté que les blondes. Ou que les Américaines en général d'ailleurs vu que Cat Sasson n'est pas blonde. Par contre elle possède une crinière dont son père shampooineur devait être très fier, il convient de le souligner.

Un regard sans concession sur un monde méconnu et chatoyant, le karaté pour meufs.

A part ça, si vous êtes vraiment jeune vous ne vous souviendrez pas de cette pub, mais pour tous ceux qui se rappellent de cette jeune fille qui se faisait laver son kimono au Mir Express pour affronter les Coréens à la compète, sachez que c'était du bidon, de l'argument pourri pour vanter les mérites de la lessive. En réalité les filles ne font pas de compète de karaté en kimono comme nous les hommes, mais en justaucorps façon Véronique et Davina. Sont également autorisés string par-dessus le collant, mini-short, résille ou haut hyper décolleté avec nombril découvert, mais certainement pas de kimono. Et la tenue règlementaire n'est pas le seul élément de différence entre les tournois masculins et féminins mis en lumière par Angelfist, puisque les règles divergent également, au sens où il n'y en a pas (d'ailleurs il n'y a pas d'arbitre), il faut juste péter la gueule de la fille d'en face jusqu'à ce que l'animateur de la soirée décide que c'est la blonde ou Cat Sassoon qui gagne.

Cat était malheureusement trop jeune en 1986 pour le rôle d'Howard le Canard,
et c'est dommage parce que ça aurait fait de sacrées économies de maquillage.

Mais Angelfist est décidément une oeuvre aux multiples facettes, puisqu'en sus de tout cela, c'est également un grand film de nichons. Outre le fait que Manille possède évidemment sa boîte de strip tease, passage obligé pour une enquête en douce, c'est aussi une ville où l'on se douche beaucoup. Et où les ninjas n'hésitent pas à vous attaquer au sortir de la douche, quand vous avez miraculeusement eu le temps d'enfiler une culotte mais pas de soutien-gorge. Dans un souci de réalisme, le réalisateur Cirio Santiago n'hésite donc pas à filmer ses actrices pendant leurs ablutions, ou en train de faire du karaté topless. Là encore, on sent que Cat Sassoon marche sur les traces du grand Jean-Claude, puisque là où lui a su se montrer généreux de ses fesses, elle ne rechigne jamais à dévoiler ses seins, signe qu'elle était prête à beaucoup d'abnégation pour devenir la nouvelle karate star du movie business.

Cat/Kat en pleine démonstration de la fameuse technique du mawanishon geri.

Elle n'est pas la seule à payer de sa personne, la quasi-totalité des personnages féminins du film déballant leur marchandise à un moment ou un autre, mais attention c'est pour les besoins de l'histoire hein. Aux Philippines il se passe toujours des choses importantes sous la douche en période de troubles politiques.

Quand tout le monde passe son temps sous la douche, difficile de déterminer
qui est mouillé dans un complot et qui est juste mouillé tout court.

En définitive, il y a sans doute plus de scènes de seins que de scènes d'action dans Angelfist. Il faut dire que le scénariste a, à son palmarès, des téléfilms aux titres évocateurs comme Dead Sexy ou Bare Witness, des perlouzes avec Angie Everheart ou Shannon Tweed, connues pour leur incroyable talent d'actrices bien évidemment, mais aussi un peu pour leurs nichons quand même. Sans vouloir minimiser l'implication du réalisateur, c'est quand même là qu'on voit l'importance de l'écriture dans un film, puisqu'on imagine facilement que des phrases comme "et là, la fille elle va sous la douche et on voit ses seins", "le méchant ouvre le chemisier de la fille et on voit ses seins (à la fille, pas au méchant)", "le héros fait l'amour avec l'héroïne (bien penser à filmer les seins de l'héroïne)" ou "la fille prend de nouveau sa douche et on voit ses seins, puis les ninjas entrent chez la fille qui n'a pas eu le temps de mettre un soutien-gorge et quand elle se bat on voit ses seins", étaient dès le départ dans le scénario lui-même.

Allez, encore une petite douche les filles ?

Bon, trève de conneries. Angelfist n'est pas un très bon film. Ni même un bon, ou un peu bon film, ni même moyen. En fait pour être tout à fait honnête on pourrait même aller jusqu'à dire que c'est un mauvais film. On a beau savoir qu'une production philippine à tout petit budget vendue 3 € en solderie a peu de chances de ressembler à du Jet Li filmé par Tsui Hark, pour que l'achat du DVD vaille le coup quand même il faut proposer un petit quelque chose d'intéressant. Le film est assez clairement inspiré des vandammeries de la fin des années 80 comme Kickboxer, mais ne possède malheureusement aucun des éléments qui faisaient de Kickboxer un bon petit film de baston à défaut d'être du grand cinéma. Kickboxer avait un bon méchant, de bonnes scènes de combat. Et Jean-Claude, bien sûr. Il n'y hélas rien de tout ça dans Angelfist. La méchante a une sale tête, c'est vrai, mais aucun charisme, aucun acte particulièrement cruel à son actif. Les séquences d'action sont assez fades. Quant à Cat Sassoon, elle
savait balancer quelques coups de pied dans le ventre et montrer ses seins, mais ça n'était clairement pas une Jean-Claude au féminin. Pas même une Cynthia Rothrock d'ailleurs, qui vaut ce qu'elle vaut en tant qu'actrice, mais se montre nettement plus convaincante dans la pratique des arts matiaux.

Bon mais en douche quand même elle est forte, faut avouer.

La petite Sassoon n'accomplit rien de vraiment remarquable lors de ses quelques combats. Elle n'est pas ridicule, mais pas spectaculaire non plus, et n'a vraiment pas la carrure pour porter le film sur ses seins épaules. Alors forcément, entre une intrigue bateau voire conne, des dialogues idiots et une action très plan-plan, il n'y a vraiment pas grand'chose à sauver dans Angelfist. Ca peut à la rigueur servir de prétexte à un jeu à boire entre copains : un verre chaque fois qu'on voit des seins, deux verres si c'est pendant une scène de karaté, un demi-verre seulement si c'est une strip teaseuse. Ou bien on parie avant le visionnage sur le nombre de fois où il y aura un prétexte pour dénuder une fille, et le plus proche du chiffre exact a gagné. Ce genre de choses. Mais faut pas acheter ça ni comme un honnête film de bagarre ni comme un gros nanar bien drôle car ça n'est ni l'un ni l'autre. C'est quand même vraiment couillon donc un peu drôle, mais pas suffisamment. A essayer uniquement si le mélange karaté/nichon vous intrigue au point de gaspiller 3 € et 1h30, donc.

Et ça c'est cadeau, ça m'fait plaisir.

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commentaires

Shane_Fenton 20/11/2009 12:21


Excellente chronique, à ceci près que j'ai beaucoup de mal à la consulter au bureau (contrairement aux autres).


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