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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 08:50

Maniac 2012Il y a maintenant plus d'un an que j'ai interviewé David Law pour sa contribution au remake de Maniac par Franck Khalfoun et Alexandre Aja. Avouez qu'il était grand temps que je me penche sur le film lui-même, d'autant que celui-ci promettait d'être un peu plus intéressant que les nouveaux Freddy ou Vendredi 13. D'abord parce que le CV des auteurs est plus prometteur que celui d'un Marcus Nispel ou d'un Steven Monroe. Ensuite parce que l'original n'est pas un classique célèbre à l'origine d'une longue série, avec un personnage récurrent aux accessoires bien connus, ce qui évite la tentation de se focaliser sur "grâce à moi les fans vont enfin savoir d'où vient son fameux pull à rayures" ou "dans ma version à moi, le masque a une toute autre origine" quand il faudrait plutôt essayer de trouver une nouvelle façon de raconter la même histoire.

L'intrigue reprend les grandes lignes du film de Lustig : Frank est un type louche, hanté par le souvenir de sa défunte mère, qui vit seul dans un appartement hideux entouré de mannequins de vitrine. La nuit, il suit des jeunes femmes, les tue et les scalpe, avant de rentrer chez lui discuter avec ses mannequins après avoir agrafé son nouveau trophée sur l'un d'eux. Un jour, il fait la connaissance d'une jolie photographe et un centre d'intérêt commun les amène à se fréquenter comme des gens normaux. Frank se force à contenir ses pulsions meurtrières en sa présence, mais continue à assassiner d'autres femmes, et ne semble jamais bien loin de finir par s'en prendre à elle...


Maniac 01Les clins d'oeil à "l'ancêtre" auraient pu être lourdingues, mais s'intègrent en fait plutôt bien au film.


L'original faisait partie de ces rares films d'horreur qui choisissent de suivre le tueur plutôt que ses victimes. Le remake va encore plus loin puisqu'il est carrément filmé de son point de vue du début à la fin, en caméra subjective. Les deux autres grands changements concernent le milieu dans lequel évolue Frank (le nom de famille Zito n'est jamais mentionné), puisqu'on passe des recoins lugubres du New York des années 80 aux lieux où traînent les jeunes artistes du Los Angeles d'aujourd'hui, et le personnage central lui-même, l'affreux Joe Spinell étant remplacé par le plus présentable Elijah Wood. Les nouveautés permettent au film de se démarquer de son modèle sans le renier, même si elles ne fonctionnent pas toutes à merveille. La meilleure idée est sans doute le choix de Frodon dans le rôle principal ; Khalfoun et Aja auraient pu se contenter de dénicher un type au physique ingrat genre Ron Jeremy, et raconter à nouveau l'histoire d'un détraqué qui, sous ses airs monstrueux et malgré ses horribles secrets, parvient à avoir une vie sociale normale, mais à la place, on a un malade mental qui semble vivre en reclus et qui, dans ses accès de lucidité, choisit de s'isoler pour ne pas céder à ses bas instincts, alors qu'on pourrait facilement le prendre pour un charmant garçon au-dessus de tout soupçon. Je regrette un peu que les auteurs aient eu la main aussi lourde sur la psychologie de bazar à base de "c'est devenu un taré parce que sa maman était une traînée" mais Wood est tout à fait convaincant dans le rôle, à la fois inquiétant et fragile.


Maniac 03

Les jeux de miroirs permettent d'obtenir quelques visions "extérieures"
et d'éviter qu'on ne se lasse trop de la caméra subjective.


 Malheureusement, tout n'est pas aussi judicieux et malin. Il y a par exemple quelques soucis de crédibilité un peu fâcheux. On pouvait admettre facilement que le Zito de 1980 commette ses crimes impunément parce qu'il s'en prenait à des putes des bas-quartiers, à des gens rencontrés au hasard. Mais on a du mal à gober que les flics n'aillent pas frapper à la porte du Frank de 2012 dès son second meurtre, parce que ça ne doit quand même pas être si difficile de pister un suspect qui a pris rendez-vous avec la victime grâce à un site de rencontres par internet où il a affiché sa photo, et qui a dîné avec elle dans un lieu public le soir de sa mort. Et ne me dites pas que c'est parce qu'ils n'ont pas encore retrouvé le corps : à notre époque, elle a forcément facebooké/twitté toutes ses copines à propos de son rencard, il doit bien y en avoir une pour s'inquiéter de ne plus avoir eu de nouvelles. Et pourquoi la fille qu'il poursuit n'a jamais l'idée de sortir son portable pour appeler des secours ? Tant qu'ils sont dans les couloirs du métro on peut encore penser "ça capte pas", mais contrairement à son homologue d'il y a 30 ans, celle-ci finit par retourner à la surface. Alors je vous accorde que ce n'est pas le premier film d'horreur à essayer d'ignorer l'existence de certaines technologies modernes mais je trouve toujours ça un peu crétin.


Maniac 05

Vous je ne sais pas, mais moi à la place de David Law, j'aurais suggéré
que Nora Arnezeder vienne un peu étudier son rôle auprès du vrai auteur de "ses" photos.
Hein les gars, hein ?


 La caméra subjective, pour sa part, amène du bon et du moins bon. L'impact des scènes de meurtres aurait pu être affaibli par le fait uqe leur aspect gore est forcément moins percutant aujourd'hui pour un public blasé par des années de Saw ou Hostel, mais le fait d'être dans la peau de l'assassin à chaque fois permet de les rendre tout aussi percutantes qu'ont pu l'être celles de 1980. Plus pervers, le film nous emmène en balade en voiture dans les rues de la ville pour un moment a priori "innocent" mais qui en réalité nous force à regarder certaines femmes comme des proies potentielles plutôt que de simples passantes parmi d'autres. Les amateurs d'horreur un peu dérangeante appércieront. Malheureusement, le revers de la médaille, c'est que tout ça tue un peu le suspense. Quand on sait toujours où est le tueur et quand on est aussi bien placé pour voir que ses futures victimes sont prises au piège sans espoir de fuite, l'issue de chaque scène ne fait jamais vraiment de doute. Je veux bien comprendre que le film ne cherche pas à utiliser les mêmes ressorts qu'un Halloween, mais à mes yeux, quand on ne peut jamais se demander "mais d'où va bien pouvoir surgir le psychopathe avec son couteau", il manque un petit quelque chose, ça gâche. Avec cette vue à la première personne, ce qui était l'une des meilleures séquences de l'original, celle du métro, devient l'une des plus ratées du remake.


Maniac 04

Après Zombies of Mass Destruction , ça fait deux fois en peu de temps que j'assiste
une scène de couteau planté dans la mâchoire visible par la bouche ouverte.
Est-ce que c'est parti pour supplanter le vieux coup du "personnage coupé en tranches
qui a une dernière expression de surprise avant de tomber en morceaux
" ?


Si vous cherchez un thriller qui fait sursauter, il vaut donc mieux aller voir ailleurs, Pour ma part, j'avoue avoir préféré le Maniac de Lustig, même si celui de Khalfoun n'est pas déméritant. C'est un exercice de style intéressant, qui montre qu'on peut rester fidèle à un modèle sans le recopier bêtement et qu'on peut faire un bon film d'horreur sans suivre une formule éprouvée. Mais malgré ses qualités, l'interprétation de Elijah Wood, la musique, le refus de se transformer en slasher aseptisé pour ados, ce Maniac-ci m'a paru inférieur, la faute à tous ces éléments fâcheux, le manque d'effet de surprise, les petites invraisemblances du scénario, une fin un peu bâclée... C'est loin d'être mauvais et je le conseille quand même aux fans de séries B un peu tordues et crapuleuses qui le trouveraient à bas prix (il est régulièrement en offre de type "4 pour 20€") mais je ne le recommanderais pas plus chaudement que ça.

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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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