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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 09:00
En trouvant ce Nemesis 2 parmi la nouvelle fournée de DVDs de chez Prism échouée chez mon fournisseur habituel, j'ai eu un peu la même réaction que pour Oil Tycoon 2 (ouais, sur mon blog de jeux que j'ai) : merde alors, et je savais même pas qu'il y avait eu un numéro 1 et voilà qu'il y a déjà une suite, on me dit plus rien à moi, bande d'enfoirés. Du coup je l'ai cherché aussi mais si vous fréquentez le genre d'endroit où l'on trouve ce genre de films pour trois euros, vous savez qu'il est rare d'y trouver des séries complètes, qu'il faut déjà s'estimer heureux quand le film annoncé sur la jaquette est bien celui pressé sur le disque.

Heureusement, le tout début du film nous résume l'épisode précédent en deux phrases. Nous sommes donc dans un futur où "une race de cyborgs" (?) a réduit l'humanité en esclavage. Les minutes qui suivent en disent long sur le soin apporté à l'écriture du scénario par l'auteur-réalisateur Albert Pyun, spécialiste du direct-to-video des années 90 dont le plus haut fait d'armes est sans doute Cyborg (décidément) avec Van Damme et qui a signé en tout pas moins de quatre Nemesis pour le marché des fans de SF pas chère.

Bon alors attention suivez bien. Un narrateur nous apprend que le conflit entre humains et cyborgs a éclaté il y a 73 ans, en 2027, ce qui signifie si je compte bien qu'on est en 2100, sauf qu'apparemment non, on est en 2077. Il nous révèle aussi que la résistance s'est organisée contre les méchants cyborgs et qu'un savant a donné naissance à un bébé de qualité supérieure, génétiquement modifié. Apparemment, les pouvoirs de ce bébé en feront une arme fatale contres les cyborgs. Evidemment, ceux-ci veulent l'éliminer,  et envoient donc un chasseur de primes (on a vraisemblablement affaire à une race de cyborgs motivés par l'argent) nommé Nebula à ses trousses, ce qui contraint la mère de l'enfant à fuir avec, en volant un vaisseau spatial aux cyborgs, qui est aussi une machine à voyager dans le temps. L'engin s'écrase en Afrique orientale en 1980, on ne sait pas trop pourquoi la fuyarde a choisi cette date pour emmener son bébé, parce que la guerre contre les cyborgs doit éclater en 2027, ce qui fait qu'avec ce voyage, le super bébé aura pas loin de 50 ans au moment de mener l'humanité vers la victoire, donc y a intérêt à ce que son ADN modifié ait des effets longue durée, sinon c'est mal barré, mais bon, notre guerrière du futur avait sans doute ses raisons de se barrer en Afrique 97 ans en arrière.

Eh bien voilà une affaire rondement menée.

A sa sortie de l'appareil, la femme tire sur tout ce qui bouge, il faut la comprendre, elle vient d'une époque sauvage, c'est pas facile pour elle de demander de l'aide aux autochtones au lieu de les flinguer. Malheureusement, cette attitude la mène à une mort rapide et son bébé mutant est alors recueilli par une tribu locale. 20 ans plus tard, donc logiquement en 2000, les cyborgs décident d'envoyer Nebula à la poursuite du bébé, ce qui est assez bizarre vu que 1) ils l'ont déjà lancé après elle au début du film, en 2077, et 2) si les cyborgs ont déjà des super guerriers comme Nebula en 2000, pourquoi est-ce qu'ils ne gagnent la guerre contre les humains qu'en 2037 ? Le narrateur nous annonce ensuite que nous voilà "De nos jours", ce qui de son point de vue à lui devrait être 2077 (ou 2100) mais visiblement c'est plutôt vers 2000-2010 vu l'âge de l'actrice qui joue le super-bébé devenu adulte, Sue Price, une montagne de muscles à dreadlocks blondes.

Sue Price incarne Alex, une fille qui en a dans le pagne.

C'est à l'apparition de cette impressionnante bodybuildeuse que démarre vraiment le film après une grosse dizaine de minutes d'exposition incohérente. Tout le background miteux pompé sur Terminator est alors jeté aux orties et le film se transforme en longue course-poursuite à travers la savane entre la gentille costaude et le cyborg en caoutchouc, au scénario minimaliste et aux ressorts eux aussi pompés sur Terminator (le robot s'en prend un maximum dans la gueule mais à chaque fois, surprise, il n'est pas mort, il sort de sous les décombres et reprend sa traque). Pour meubler, il y a aussi des guérilleros sans scrupules, leurs alliés mercenaires, leurs prisonnières américaines et même un guerrier aigri qui en veut à la culturiste du futur d'être devenue la chouchoute de sa tribu. Ils sont surtout là pour se faire tuer par Nebula afin qu'il y ait quand même de l'action tout en permettant à l'héroïne de survivre, même si curieusement, l'une des filles libérées par Madame Muscles semble avoir un petit bout d'intrigue secondaire à raconter, mais n'en trouve pas vraiment l'occasion.

Sue n'est pas vraiment une actrice d'exception mais force est de reconnaître
qu'elle ne souffre pas trop non plus de la comparaison avec les filles qui lui donnent la réplique.

Nemesis 2 est l'un de ces films qui, bien qu'ayant le potentiel pour être de vrais nanars comme on les aime, restent à la lisière de la nanardise, ne gagnent jamais vraiment leurs galons. Les ingrédients sont là mais la sauce ne prend pas. C'est vrai, le robot pouilleux a l'air évadé de Bioman ou des Power Rangers, mais comme il est déjà visible sur la jaquette, avec la perte de l'effet de surprise on ne peut pas dire que son apparition à l'écran soit hilarante. Le budget n'était clairement pas pharaonique, mais pas non plus minable au point de rendre complètement risible toute tentative d'effets spéciaux (ça fait presque moins fauché qu'Android Apocalypse, par exemple). Le point de départ de l'intrigue est débile, mais comme ça n'est ensuite pas du tout développé et même très peu mentionné en dehors des premières minutes, tout ce beau portnawak se retouve gâché.

Pour un film tourné avec des clopinettes, Nemesis 2 ne lésine pas
sur les explosions et les cascades.

Mais c'est l'héroïne du film qui reste l'élément le plus sous-exploité malgré son omniprésence. Avec son physique de soeur cachée des Barbarians, Sue Price aurait pu s'imposer comme un personnage de série B/Z marquant, une sorte de Xena des temps modernes, mais Albert Pyun ne semble hélas pas trop savoir qu'en faire à part nous gratifier de nombreux plans sur ses colossaux trapèzes en pleine action. Quelques cabrioles, de rares combats à l'arme blanche platement mis en scène et une poignée de fusillades banales ne suffisent pas à l'imposer comme alter ego féminin de Schwarzie. Quand on a un bestiau de ce calibre à sa disposition, la moindre des choses est d'essayer de lui faire honneur. Qu'on lui donne une hache pour équarrir des géants ! Qu'on lui donne un rhinocéros à étouffer à mains nues ! Qu'on lui donne une mitrailleuse lourde pour dessouder 463 soldats ennemis à la chaine façon Commando ! Au lieu de ça, elle ne fait quasiment rien que n'aurait pu accomplir une actrice pesant 40 kilos de moins. Une scène qui concentre bien la frustration engendrée par le cruel manque d'imagination du réalisateur est celle où notre sauvageonne rencontre deux balèzes en plein match de bras de fer. On espère évidemment qu'elle les défie, leur mette la misère puis leur démolisse spectaculairement la tronche pour faire bonne mesure. Au lieu de ça, elle se contente d'interrompre poliment la compète de tir au poignet pour en entraîner un dans un coin et l'assommer sobrement. Putain, mais le rôle a été écrit pour Judi Dench ou quoi ? C'était trop demander, qu'elle participe à leur petit jeu et leur pète les bras au passage ?

Plus original que Tarantino et son fétichisme du pied,
Albert Pyun a clairement un faible pour les dos de bodybuildeuses.

Bref, le peu de vraie nanardise est noyé dans un succession de scènes d'action pas forcément atroces mais franchement médiocres, insipides, et insuffisante pour considérer Nemesis comme un divertissement de qualité honorable. Nanarland a classé le film dans la catégorie "Ni chaud ni froid" de sa rubrique "On s'est fait avoir", et je ne peux pas trop contredire les experts là-dessus. Quelques séquences flirtent avec le nanar, quelques autres avec la série B potable, mais dans l'ensemble ça n'est ni l'un ni l'autre. La bande-annonce montre tout ce qu'il y a à voir et ne coûte rien, pas la peine de gâcher 3 € pour le DVD.

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Nemesis 2 : Nebula (1995), écrit et réalisé par Albert Pyun (Kickboxer 2, Cyborg). Avec Sue Price, Tina Coté (Mean Guns), Chad Stahelski (V pour Vendetta).

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Published by Toxic - dans Science-fiction
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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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