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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 20:03

Never Back DownBeaucoup de producteurs de cinéma tentent de surfer sur la vague de succès des fédérations de "Mixed Martial Arts" telles que l'Ultimate Fighting Championship, en remettant au goût du jour un genre qui a fait le succès de Jean-Claude Van Damme à ses débuts mais qui remonte à encore plus loin : le film de mec qui s'embarque dans une dangereuse compétition d'arts martiaux plus ou moins clandestine pour un motif plus ou moins noble et doit se dépasser pour vaincre un champion redoutable et impitoyable. Et un peu comme pour le film de zombies, il y a déjà pas mal de monde sur le créneau, et si les plus classiques misent tout sur un casting de stars de la baston (Damage, Sang pour sang extrême, The Cage, Blood and Bone...) d'autres font donc comme pour les films de zombies et tentent de se démarquer de la concurrence par hybridation avec un autre genre. Redbelt semblait vouloir être une sorte d'Usual Suspects du film de tatane, Fighting la jouait "cinéma indépendant new yorkais intimiste". Never Back Down courtise quant à lui le public ado, puisqu'il tient à la fois du film de lycée et d'un cousin moderne du film de baston clandestine, qu'on pourrait appeler le "Fast & Furious-like", avec gosses de riches qui s'adonnent à des sports extrêmes pour se donner le frisson, poupées siliconnées en bikini qui se trémoussent dans le décor, et musique de chie.


Never Back Down 05Never Back Down 04Never Back Down 09A défaut d'entrer au panthéon du cinéma, Never Back Down a de quoi trouver sa place
un jour dans un futur musée sur la jeunesse de la décennie 2001-2010.


Le résultat ressemble beaucoup à une sorte de version moderne de Karaté Kid qui aurait précédé le remake sorti cette année. Et pour vous dire à quel point c'est moderne, d'ailleurs, les gamins filment les combats sur leurs téléphones et se partagent ensuite les vidéos sur Youtube. Le fils aîné d'une famille fraîchement débarquée à Orlando se retrouve en rivalité avec la star du lycée pour les beaux yeux d'une petite blonde. Bien que costaud (c'est un ancien footballeur), il ne vaut rien face à son adversaire, champion local d'un cercle clandestin de "free fight", qui le met minable à chacune de leurs rencontres. Il commence alors à s'entraîner au jiu-jitsu brésilien avec Maître Miyagi un disciple des frères Gracie (les fondateurs de la discipline) pour prendre sa revanche...


Never Back Down 08
Djimon Hounsou écoppe d'un rôle sans le moindre relief de
coach/Maître Jedi-bourru-mais-qui-a-du-coeur. Les premières occurences connues
de ce rôle sont visibles sur des peintures à Lascaux, où un vieux shaman enseigne
l'importance du courage, de la loyauté et de la maîtrise de soi aux jeunes hommes des cavernes
par le biais de l'enseignement de la chasse au mammouth.


Je ne vous en raconte pas plus parce que si vous avez déjà vu deux ou trois films sur les sports de combat ou le sport en général, on peut dire que vous avez déjà vu Never Back Down et que vous savez déjà précisément tout ce qui va arriver. Sous son emballage djeunz, le film réunit la collection de poncifs la plus complète possible, et si on ne peut pas lui reprocher certains éléments tellement inhérents au genre qu'on ne peut pas vraiment se permettre de faire l'impasse dessus (comme le "Rocky Montage" parodié dans Team America), l'absence totale de la moindre idée originale est tout de même regrettable. Je soupçonne le scénariste d'avoir fait appel à un programme informatique capable de pondre une intrigue compilant le catalogue de clichés ultime après ingestion des scénars de tous les autres films d'un genre donné.


Never Back Down 10Le "Rocky Montage" de Never Back Down se distingue quand même un peu en exaltant
encore plus que de coutume les joies des activités physiques entre garçons.


Le jeune homme traumatisé par la mort de son père, héros déchu qu'il rejette désormais, qui est du genre bagarreur mais apprendra à se contrôler. La veuve qui reste forte pour élever ses deux garçons. Le petit frère qui est sportif aussi, et en compétition il est mauvais parce que le héros est pas venu le soutenir, puis le héros débarque, l'encourage, et hop il remonte au score. La jolie fille qui est tiraillée entre le salaud et le gentil. Le maître d'arts martiaux qui devient un père de substitution pour le héros et lui apprend la vie et la sagesse au travers de l'apprentissage des mandales dans la gueule, et qui apprend lui-même quelque chose en retour, parce que son élève va l'aider à guérir de sa propre blessure secrète. L'interdiction d'utiliser hors de la salle de sport les techniques apprises, la transgression de la règle, le bannissement, le plaidoyer pour être pardonné, la seconde chance. Le grand combat qu'on finit par refuser parce qu'on est au-dessus de ça maintenant, puis qu'on accepte quand même parce que le meilleur copain s'est fait piéger et passer à tabac et qu'il faut le venger. Le rival qui apparaît comme un gros salaud frimeur, mais qui au fond est lui-même victime d'un mentor trop exigeant, dont il ne peut espérer le respect que s'il écrase toute adversité. Etc, etc.


Never Back Down 01Le héros retrouve au début du film un sweat-shirt ayant appartenu à son père
et décide de le mettre au rebut, ce qui signifie évidemment qu'à la fin du film
il le portera fièrement après avoir fait la paix avec son passé.


On a même aussi droit aux gros lieux communs du film d'école, comme la scène du cours où le professeur donne une leçon sur un thème qui, comme par hasard, se révélera lourd de sens par rapport à l'intrigue du film, puis dès qu'il a fini la cloche sonne. Vous avez remarqué comme dans les écoles de films, les cours durent toujours 5 minutes ? Le temps que le prof fasse son speech important ou que les personnages principaux aient leur discussion pendant un travail en groupe et hop, la cloche sonne, fin du cours. Ou alors les profs américains sont mal organisés et attendent toujours les 5 dernières minutes du cours pour faire démarrer les travaux de groupe ? En tout cas, dans les films c'est toujours comme ça. Petit discours du prof sur n'importe quel sujet scolaire mais qui a un rapport avec la situation des personnages, et DRRRRING, à la semaine prochaine. Début du travail de groupe, les élèves se chamaillent 5 minutes parce que "je peux pas travailler avec toi, tu es indigne de confiance" ou "je sais qu'on est partis du mauvais pied toi et moi, mais  en réalité ça m'excite de disséquer des plantes à tes côtés", puis DRRRRRING, fin du travail en groupe.


Never Back Down 02"Comme il est dit dans L'Iliade, l'ultimate fighting n'est pas une fin en soi
mais un moyen de protéger ceux que tu aimes et ce en quoi tu crois DRRRRRRRRING"


Never Back Down est donc désespérément prévisible, paresseux, sans surprise. Le film va même jusqu'à copier des modèles un peu lointains comme Top Gun, avec son sosie de Tom Cruise jeune face à un rival beau gosse blond arrogant (vu dans Twilight) dans un milieu super macho où il faut être le mâle dominant, mais où l'on n'aime finalement rien tant que jouer entre beaux mâles musclés... Ah, c'est sûr qu'on dira pas en face à un free fighter qu'il fait un sport homo, hein, mais avec ses plans insistants sur des pectoraux et abdos bien dessinés et ses éphèbes en sueur qui se grimpent les uns sur les autres jusqu'à soumission des plus faibles, le film a un côté gay assez prononcé qui devient finalement l'une de ses rares touches d'originalité, même si on devine que c'est involontaire.


Never Back Down 11Et c'est encore plus drôle quand, dans une scène où le héros chahute avec sa copine,
le film enfonce le clou sur le côté sexuel de ce genre de combat.

Never Back Down 12Mais attention c'est quand même pas un film de tarlouzes hein,
quand Djimon Hounsou pleure, il pleure une seule larme virile.

 

Histoire de ne pas être trop méchant, je dirais que pour les fans d'ultimate fighting les combats sont plus intéressants que dans Fighting, Redbelt ou Damage (tous de meilleurs films, par ailleurs). Rien de particulièrement spectaculaire, un peu trop de changements d'angles de caméra douteux par moments, mais il y a de vrais pratiquants des arts martiaux, de vraies prises, pas simplement des acteurs qui balancent des coups de poings pendant que la caméra tremble. Et je peux comprendre que pour un public adolescent, le film ait un certain attrait tout de même, y a des belles nanas et de beaux mecs qui se tripotent dans de belles villas sous le soleil floridien, une histoire simple et une bande son à base de rap arènebisseux à deux balles (Kanye West, Chamillionnaire...) et de néo-hard rock pourri (My Chemical Romance, The Bravery...).


Never Back Down 06Never Back Down 07Au moins, les acteurs ont bossé pour rendre leurs affrontements crédibles, c'est déjà ça.


Mais quand même, c'est con (j'allais oublier de vous citer le moment où l'arbitre d'un match déclare qu'il s'agit d'un combat où tous les coups sont permis... avant d'expliquer quels coups sont interdits, pour vous prouver à quel point ça a été écrit avec soin tout ça) et c'est trop long, et passé un certain âge, si vous avez déjà vu suffisamment de Karaté Kid, de Rocky, de Million Dollar Baby ou même de Rasta Rocket ou Une équipe hors du commun dans votre vie, il y a peu de chances que vous arriviez à tenir jusqu'au bout
sans vous ennuyer profondément. Même pour 2 €, il y a de meilleures choses à voir dans ce domaine.


La suite, réalisée par "Black Dynamite" en personne,
a des chances d'être mieux, pour ne pas dire 100 fois mieux.

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commentaires

Shane_Fenton 30/11/2010 22:31



Ah, voilà la chronique que j'attendais sur "le Karaté Kid de la Génération YouTube" (déjà deux raisons de ne pas voir le film). Je me régale, comme d'habitude. Par contre, je serais plus réservé
que toi sur les combats. OK, il y a plein de combats au sol, mais le finish du héros (hérité bien évidemment de son maître) est complètement grotesque : 2 coups de poing, puis un coup de pied à
la tête, si ma mémoire est bonne. Enfin bon, il faut se souvenir dans quel genre de film on est.


Soit dit en passant, tu faisais une analogie avec le film de zombie, mais j'ai lu dans un mag que des fous furieux avaient carrément fait le mix ultime, le "film de zombies sur le MMA". Je ne me
rappelle malheureusement plus du titre, mais il y a du potentiel.



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