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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 10:11

OrcaDepuis le succès colossal des Dents de la Mer il y a près de 40 ans, tous les studios ont tenté de ramasser leur part du gâteau des carnivores aquatiques. Ces temps-ci on a The Asylum qui nous en sort, combien, trois, quatre par an ? Mais les imitations ont commencé presque tout de suite après la sortie du film de Spielberg, quand le producteur légendaire Dino De Laurentiis s'est dit qu'il avait absolument besoin de faire la même chose mais en mieux avant que quelqu'un d'autre n'essaie. Une intention plus louable qu'un simple "baclons n'importe quoi sur le même thème et ramassons le pognon sans se fouler" comme l'ont fait la majorité des autres ensuite. Et il s'est donné les moyens de ses ambitions : un budget correct pour l'époque, un réalisateur de métier (Michael Anderson, Le Tour du monde en 80 jours, L'Âge de cristal...), un compositeur prestigieux (Morricone, qu'on ne présente plus), un acteur respecté dans le premier rôle (Richard Harris, qui aurait aimé que le grand public se souvienne de lui pour un autre rôle que celui auquel vous pensez, donc on n'en parlera pas) et une petite jeune prometteuse à ses côtés (Charlotte Rampling, qui aimerait probablement qu'on se souvienne d'elle pour autre chose que des pubs pour une assurance).

Après un prologue gentiment taquin envers son modèle, on passe en mode cauchemardesque avec la tentative de capture ratée d'une femelle épaulard par le capitaine Nolan, un pêcheur qui comptait la vendre à un parc aquatique. L'expédition vire à la boucherie et Nolan, traumatisé par le massacre qu'il a provoqué, envisage de remballer les gaules et de tourner la page de cette sale histoire. Mais la pauvre bête a laissé derrière elle un veuf éploré, qui ne compte pas laisser le vieux loup de mer s'en tirer comme ça. L'orque vengeur se met à faire des ravages dans le port où Nolan a jeté l'ancre, et à contrecoeur, le pêcheur se rend à l'évidence : il va falloir prendre la mer pour un duel à mort avec l'animal.


Orca 05Parmi les quelques visages reconnaissables, on retrouve Will Sampson,
le chef indien de Vol au-dessus d'un nid de coucou.


Alors qu'on pourrait craindre une repompe sans âme, Orca affirme très vite sa forte personnalité, pour le meilleur et pour le pire. Plutôt que de réellement copier Les Dents de la mer, le film essaie visiblement de s'en démarquer et
préfère citer Moby Dick comme source d'inspiration ; on voit bien qu'il aimerait ne pas être qu'un simple film de monstre mais avoir une dimension plus sérieuse et tragique. Il n'est pas vraiment question de survie face à la manifestation féroce d'une nature hostile, c'est plutôt un conte fantastique sur la culpabilité et le besoin d'expier ses fautes. Ca donne un résultat bizarre qui, avouons-le, n'évite pas toujours le ridicule et la grandiloquence, mais qui au moins a le mérite d'être un peu original et audacieux. C'est pas le genre où de jolies baigneuses ignorent l'interdiction d'aller faire trempette et se font bouffer (et pourtant il y a Bo Derek dans l'une de ses premières apparitions à l'écran), c'est un thriller mélancolique où le rôle de l'implacable vengeur triste n'est pas tenu par Charles Bronson ni le Punisher mais par un mammifère marin.


Orca 01Selon les scènes, c'est soit une grosse marionnette en caoutchouc raisonnablement convaincante
soit un animal apprivoisé visiblement filmé dans un bassin qui tient le rôle du tueur fou.


Et l'épaulard du film est vraiment traité comme un vrai personnage, pas une bestiole affamée. Il est réellement motivé par la vengeance et une certaine idée de justice, il exécute un plan relativement complexe pour punir Nolan et le pousser à l'affronter. Quand il comprend que le pêcheur compte déclarer forfait et repartir par la terre ferme en abandonnant son bateau, il fait en sorte de monter les habitants du port contre lui, pour qu'ils le forcent à partir en mer faire face à sa responsabilité. Il s'attaque aux membres d'équipage un par un et l'entraîne au bout du monde pour l'isoler. Le personnage de Charlotte Rampling sert de caution scientifique pour expliquer au spectateur que oui, oui, vraiment, les orques sont exactement comme nous mais encore plus intelligents, mais le film propose vraiment une vision super anthropomorphique de l'animal donc si vous préférez quand ce genre d'histoire est un peu plus ancrée dans la réalité vous risquez de régulièrement grincer des dents et de trouver Orca absurde et risible. Les gros plans sur la larme à l'oeil du bestiau par exemple, faut avouer que c'est moins poignant qu'involontairement comique.


Orca 02

Parmi les scènes un peu difficiles à accepter sans sourciller :
le cétacé est tellement malin que, depuis l'océan, il arrive à
trouver un moyen de provoquer une énorme explosion en ville.


Richard Harris se donne du mal pour porter le film sur ses épaules, dans l'ensemble les personnages sont nettement plus développés et intéressants que dans 95% des films de requins, il y a de bons moments de suspense, des scènes chocs vraiment fortes, une musique qui reste en tête, mais toutes ces fois où le film frise le clownesque alors qu'il vise le bouleversant m'ont empêché d'accrocher complètement. Pour un fan de films d'animaux tueurs, et sachant que ça se trouve assez facilement à 5€, c'est quand même une curiosité à voir, pas plus tarte que les suites des Dents de la Mer et bien plus regardable que les dizaines de productions bas-de-gamme disponibles dans les bacs à DVD moisis
à la Shark in Venice. Mais c'est maladroit, ça n'a pas complètement bien vieilli, et même si ce serait abusif de le classer avec les bis italiens de la même époque, disons que c'est à la lisière de ça, donc voilà, il faut être d'humeur pour un film qui a du caractère et du cachet mais qui se révèle quand même un poil couillon.

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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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