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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 08:34

ShuttleSaluons l'arrivée d'un nouveau Goldmember, Mahg, que je remercie pour sa sympathique contribution au site. J'ai peut-être que cinq lecteurs mais j'ai de la chance, vous ne faites pas les putes. Mahg offre donc Shuttle, qui malgré ce que peut laisser penser sa jaquette n'est pas une suite de Maximum Overdrive avec un autocar hanté écrasant dans sa course folle de pauvres filles qui, après avoir survécu à une poursuite de serial killer dans les bois, décident de s'arrêter à genoux au milieu de la route. On est plutôt entre And Soon the Darkness et Hostel, mais le film tente de subvertir un peu le genre "touriste malmené par des autochtones sur un lieu de vacances réputé dangereux" puisque les protagonistes vont subir leurs mésaventures aux Etats-Unis à leur retour d'un séjour au Mexique. Deux filles rentrées d'un voyage entre copines se font draguer à leur arrivée à l'aéroport par un inconnu gentiment relou. Elles embarquent avec le dragueur et son pote à bord d'une navette censée les ramener chez eux, mais le chauffeur semble n'avoir aucun sens de l'orientation, et les voilà bientôt perdus en pleine nuit dans une zone industrielle déserte... Là, si vous préférez garder tout suspense intact passez au dernier paragraphe, okay ?

Pour les autres, comme le "shuttle" est conduit par le louche Tony Curran, un habitué des transports en commun mortels puisqu'il pilotait aussi le métro de Midnight Meat Train, vous vous doutez bien que tout cela est un piège. Et effectivement, il va kidnapper ses passagers sous la menace d'un flingue, dans un but inconnu. On accuse souvent la RATP de "prendre les usagers en otages" dès qu'il y a une grève, mais ce gars-là a une approche beaucoup plus littérale de la chose. Néanmoins, parmi ses prisonniers il y a des optimistes qui espèrent qu'il va simplement les dépouiller et les laisser partir. Mais comme l'argent qu'il leur prend est ensuite utilisé pour payer une étrange liste d'articles (de la litière pour chats, du pain de mie, une lampe-torche...) et qu'il commence à en liquider certains en cours de route, il devient clair que, quels que soient ses plans, ceux qui ne parviendront pas à s'échapper vont très mal finir.


Shuttle 02Bien que le chauffeur soit un type banal, a priori sans pouvoirs surnaturels,
le réalisateur a quand même décidé de lui conférer l'invulnérabilité d'un Michael Myers.


Le début se laisse regarder comme un téléfilm à suspense de deuxième partie de soirée pas trop mal foutu ni trop mal joué, c'est suffisamment intriguant pour qu'on ait envie de savoir où ça va aller. Malgré ça, assez vite on voit bien que ça a peu de chance en vrai bon thriller, parce que les rebondissements censés surprendre sont assez prévisibles,
parce que les besoins de l'histoire amènent régulièrement les personnages à avoir des comportement invraisemblables... Les passagers n'ont pas l'air de soupçonner qu'il y a anguille sous roche avant qu'il soit trop tard, alors que le conducteur du bus commence par insister pour n'emmener que les filles et pas les garçons, puis qu'il les promène dans un quartier éloigné de tout... Ils font finalement peu de tentatives pour alerter du secours ou s'échapper alors qu'au départ leur situation n'est pas complètement désespérée... Même quand il y a un élémént qui paraît un peu malin, il finit balayé sous le tapis : au début du film, on nous montre que l'une des filles connaît le langage des signes, un peu plus tard on comprend que ça n'était pas anodin puisqu'elle s'en sert pour demander de l'aide sans attirer l'attention de son ravisseur, et... et c'est tout, ça ne mènera nulle part.


Shuttle 01Au moins, pour une fois il y a un petit effort pour donner un peu d'épaisseur à certains personnages.


Il faut dire que le film est bien décidé à vous faire comprendre que la vie est un horrible cauchemar où parfois, peu importe combien on lutte, ce sont les méchants qui gagnent et les innocentes jeunes filles qui se retrouvent prisonnières de situations atrocement sordides. Certes, il n'est pas spécialement rare qu'un polar ou un film d'horreur se termine sur une note de noirceur, mais le contexte fait que le spectateur l'accepte sans avoir l'impression que le réalisateur a voulu le priver d'une conclusion positive par pur sadisme. Quand le criminel s'en tire parce qu'il est plus intelligent que tout le monde et que son plan est trop génial pour échouer, on admire. Quand Freddy ou Jason resurgit deux secondes avant le générique pour s'attaquer à la dernière survivante, c'est de bonne guerre, on sait bien que c'est une façon de laisser la porte ouverte à une suite, on accepte l'idée que personne n'échappe à des créatures aussi mythiques. Mais Shuttle n'a pas de tueur légendaire ou spécialement rusé, et se permet pourtant de nous infliger un épilogue qui montre qu'après avoir bien souffert, riposté de toutes ses forces, et presque réussi à s'en sortir, on peut encore tout perdre et subir un sort ignoble. Ce qui satisfera sans doute quelques spectateurs qui se félicitent de préférer le "réalisme" ou le "cynisme" aux vilaines "happy ends à l'hollywoodienne" (je parierais sur le genre de gens qui aiment expliquer, un sourire mauvais aux lèvres, que les contes de fées à l'origine n'ont rien à voir avec les conneries aspetisées qu'on raconte aux enfants aujourd'hui, mais sont super noirs et sanglants), mais ressemblera à un doigt d'honneur pour les autres.


Shuttle 03Mesdemoiselles, le cinéma ne vous le répètera jamais assez : si vous faites confiance au mauvais garçon,
vous finirez malmenée et humiliée par des détraqués, et même si vous résistez de toutes vos forces,
il n'y aura quand même plus aucun espoir pour vous.


J'ai chroniqué un paquet de mauvais films d'horreur en bientôt cinq ans, et je mentirais si je prétendais que celui-ci était parmi les pires. C'est bas-de-gamme, excessivement cruel envers ses personnages, et malgré quelques pointes d'originalité (par exemple, les couleurs sont de plus en plus délavées au fur et à mesure que la descente aux enfers se poursuit) ça reste une énième variation autour de l'idée que les jeunes filles doivent être bien sages et ne pas parler aux inconnus si elles ne veulent pas se faire manger par le grand méchant loup. Mais j'ai quand même trouvé ça suffisamment habile pour le suivre jusqu'au bout sans trop m'ennuyer. Juste un peu quand même, parce que c'est trop long pour un film de ce genre. Je ne vais clairement pas recommander l'achat du DVD ni même suggérer de guetter avec attention un éventuel passage télé, ça mérite pas. Disons plutôt que si vous tombez dessus par hasard en zappant et que vraiment vous êtes curieux à l'idée d'un huis-clos mobile même s'il n'est pas franchement réussi, ça peut vous occuper 1h40.

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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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