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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 08:21

SinbadJe ne sais pas ce que vous en pensez mais moi je trouve que ça commence à s'embourgeoiser par ici franchement, avec des films connus, des films à gros budgets, si ça continue on risquerait même d'avoir des films bien. Alors je sais bien que la règle c'est pas "Il faut que ce soit obscur et/ou nul" mais "Il faut que le DVD ne coûte pas plus de dix euros", mais tout de même. Histoire de renouer un peu avec mes racines à l'approche du premier anniversaire de Ciné Discount (il reste moins d'un mois, ne vous laissez pas surprendre à la dernière minute, pensez aux cadeaux dès maintenant), j'ai décidé de me passer un beau film des éditions RED/Barucq, du lourd, du costaud, du Lou Ferrigno.

Produit par le proverbial nanardeur Yoram Globus à l'époque où ça commençait déjà à sentir bien le sapin pour sa firme, la Cannon, le film d'Enzo Castellari (Une Poignée de Salopards, alias Inglorious Bastards) entend nous narrer avec un budget d'environ douze piastres et trois maravédis cinquante une aventure du légendaire marin de Bassorah tirée non pas des classiques Contes des Mille et une nuits, mais de La Mille et deuxième nuit de Shéhérazade, un pastiche signé Edgar Allan Poe. Par curiosité, j'ai lu l'histoire en question après avoir vu le film, ça n'a absolument aucun rapport (à part que le personnage central s'appelle Sinbad). Globus a dû penser que personne ne connaissait Les Mille et une nuits en Occident et que ça serait plus vendeur avec un auteur ricain...


Sinbad 01C'est vrai que là on se sent vraiment tout de suite transporté dans l'ambiance magique de l'Orient.


Bref, c'est rigolo, parce que ça nous donne une introduction où une brave mère de famille décide de lire du Edgar Poe à sa fillette pour l'endormir, ce qui est un peu irresponsable en plus de ressembler à une façon idiote de singer l'indispensable Princess Bride. Dans ce récit, le méchant grand vizir Jaffar renverse le calife de "Basia" (les doubleurs de la version française, seule présente sur le disque évidemment, on appremment pris le "r" de Basra pour un "i") et entreprend d'asservir sa fille, la princesse Alina, promise au prince Ali, meilleur ami de Sinbad le marin. Son esprit pur lui résiste, notamment grâce à la puissance de gemmes magiques que le vizir décide donc de disperser aux quatre vents pour pouvoir briser sa volonté. Le valeureux Sinbad, de retour d'un voyage avec ses compagnons, ne l'entend pas de cette oreille, et lui et sa bande partent donc à la recherche des gemmes, sans lesquelles ils ne pourront vaincre Jaffar et sa magie noire.


Sinbad 04En plus, il a une dominatrice SM culturiste pour décorer son antre.


Sur ce point de départ classique et pas plus con qu'un autre, Castellari et le scénariste Lewis Coates (Luigi Cozzi, responsable de la mythique série Z Starcrash !) ont concocté 80 minutes de molles aventures où l'indigence des effets spéciaux le dispute à l'incohérence des situations. On comprend en cours de route que le tournage n'a jamais été achevé, mais que ce qui était déjà mis en boîte au moment où la production a dit "y a plus de sous, on arrête tout" permettait tout de même de bricoler un long métrage avec un début, une fin et quelques rebondissements entre les deux, et qu'on a donc chargé un monteur de sauver ce qu'il pouvait et d'assembler un film à partir de séquences plus ou moins décousues.


 Sinbad 09Il a quand même trouvé de quoi nous donner deux Lou Ferrignos (des Lou Ferrigni ?) pour le prix d'un...
Sinbad 03...la femme à Claude Lelouch encore jeune et jolie dans le rôle de la fille d'Haroun El Poussah...
Sinbad 05...Prince Pédé, le héros du goûter, dans son match retour contre l'armure vide de la pub des gâteaux...
Sinbad 06...et d'étonnantes créatures probablement rejetées au casting des Maîtres de l'Univers, alors chapeau l'artiste !


On ne sera donc pas trop surpris qu'un pareil accouchement dans la douleur ait donné naissance à un bébé malformé. Mauvais raccords, transitions foireuses, rebondissements mentionnés par le dialogue mais passés à la trappe, le film n'a honte de rien. On mentionne cinq gemmes magiques à récupérer au début du film, comme ils n'ont pas tourné assez de scènes ça passe à quatre en cours d'histoire, puis à la fin quand Sinbad les utilise il en apparaît cinq quand même. Jaffar s'adjoint les services d'une sorcière blonde baraquée mais elle ne fait rien pendant tout le film à part papoter avec lui, on devine qu'il aurait dû y avoir des séquences la montrant en train d'utiliser sa magie contre les héros ou quelque chose dans ce genre-là, mais que sa prestation a été réduite faute de moyens. Sinbad demande à ses compagnons de "s'occuper du monstre" pendant qu'il part affronter le vizir, sauf que le monstre en question ne sera jamais vu ou mentionné après cette réplique (ni avant d'ailleurs). Les séquences s'enchaînent fréquemment de manière plutôt abrupte, et c'est la maman-narratrice qui bouche les trous.


Sinbad 02"Et à ce moment-là, tout l'équipage qui était perdu sur une île se retrouve téléporté sur le bateau !"


Tout ce rafistolage grossier ne suffirait peut-être pas à assurer un label qualité nanar à Sinbad, mais heureusement, les ingrédients les plus importants d'un mauvais film drôle sont là aussi. Des effets spéciaux miteux, des dialogues idiots, des péripéties débiles (Sinbad, ami des animaux, noue des serpents en caoutchouc pour se faire une corde...), des sous-fifres à la con comme un samouraï chinois, des seconds rôles "comiques" pas drôles, c'est le bis italien des années 80 dans toute sa non-splendeur. On a aussi droit à la vieille gloire qui en fait des tonnes, avec un John Steiner  (le méchant des Croc Blanc de Lucio Fulci) qui gesticule et grimace avec les yeux exorbités pendant tout le film dans un rôle à la Iznogoud.


John SteinerMOUHOUHOUHOUHAHA Prince des TENEBRES, donne-moi la TOUTE PUISSANCE
pour devenir CALIFE A LA PLACE DU CALIFE !!!


Et puis, dans le rôle-titre du rusé marchand devenu pour les besoins du film un guerrier musclé, il y a Lou Ferrigno, le plus mauvais acteur du monde. Entendons-nous bien : il a un physique invraisemblable qui aurait été parfait pour des seconds rôles muets dans n'importe quel film d'heroic fantasy, et ses successeurs dans le rôle de Hulk ne lui arrivent pas à la cheville pour ce qui est de donner vie à l'irascible bodybuilder vert, mais en vedette dans un rôle parlant... je crois que le mieux, c'est de laisser parler les images, avec un petit florilège des plus belles expressions faciales du colosse au jeu si subtil et au regard respirant l'intelligence :


Lou Ferrigno 01Fig. 1 : la méfiance.
Lou Ferrigno 02Fig. 2 : le courroux difficilement contenu.
Lou Ferrigno 03Fig. 3 : le dégoût mêlé de colère.
Lou Ferrigno 04Fig. 4 : la lubricité.
Lou Ferrigno 05Fig. 5 : la terreur.
Lou Ferrigno 06Fig. 6 : la stupéfaction.
Lou Ferrigno 07Fig. 7 : la gourmandise.
Lou Ferrigno 08Fig. 8 : l'arrogance.


Le film est court et régulièrement ponctué de bagarres, ce qui évite de s'endormir devant, à condition évidemment d'être fan de nanars. Si les films foireux ne vous font pas marrer, fuyez Sinbad qui n'est certainement pas un bon film d'aventures (je pense même qu'il est vraiment trop con et mal foutu pour gagner l'indulgence du jeune public à qui il vaut bien mieux montrer les Sinbad sur lesquels a officié Ray Harryhausen). Par contre, si ce genre de connerie est votre came, c'est vraiment bien rigolo, et à 2 ou 3 €, vous pouvez l'ajouter sans hésiter à votre collection de mauvais films sympathiques.

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commentaires

joe 11/04/2011 05:40



bon, bhaaa, tapes toi les Hercules avec Ferrigno, si ce n'est pas encore fait.



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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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