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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 16:00

SpawnJ'ai épuisé à peu près tous les films d'horreur sur la St-Valentin trouvables en France, et je me voyais mal vous faire une sélection de comédies romantiques, surtout qu'il y a des gens beaucoup plus doués que moi pour ça. Alors, à la place, comme thème du moment, je me suis dit qu'avec le festival d'Angoulême qui vient de se terminer, je pourrais de vous parler de quelques films tirés de BDs. En plus ça me faisait un prétexte pour revoir Spawn, parce qu'après les 8 films sans budget, sans imagination et sans énergie que je venais de m'infliger pour démarrer l'année, j'avais besoin de quelque chose pour m'enlever le goût. Pas forcément quelque chose de bon, mais quelque chose de corsé, qui arrache.

Le film remonte à un peu moins de vingt ans, époque à laquelle on n'avait pas des superhéros à l'affiche toutes les semaines comme aujourd'hui, mais où certains producteurs continuaient de courir après le succès du premier Batman, en vain et sans trop y croire. Spawn, je sais même pas si c'est encore connu de nos jours, mais en son temps c'était un des plus gros succès d'une vague de comics plus sombres et violents que ce que produisaient traditionnellement Marvel et DC.

Cette adaptation raconte l'origine du personnage, un soldat d'élite du "A6", une agence gouvernementale apparemment composée de cinq personnes et qu'à certains moments, le dialogue appelle la CIA parce que c'est pas facile de rester cohérent quand on réécrit un film pendant le tournage. Notre homme veut raccrocher parce qu'il en a marre de tuer des innocents, mais lors de son ultime mission, son chef décide de se débarrasser de lui. Il est aussitôt envoyé en Enfer où il accepte immédiatement un pacte avec le Diable, un monstre affreux en images de synthèse même pas dignes de Mortal Kombat et qui ne remue pas la bouche quand il parle : il peut retourner sur Terre et revoir sa meuf s'il accepte de devenir le "Hellspawn", le rejeton de l'Enfer, chef des armées de démons. En tant que Spawn, le voilà désormais doté de plein de pouvoirs qui fluctuent au gré des besoins du scénario et des compétences du responsable des effets spéciaux, et qu'il décide d'utiliser pour venger sa propre mort. Mais un autre suppôt de Satan qui entend lui servir de mentor, le "Clown", le harcèle pour lui rappeler son nouveau rôle et le pousser à déclencher l'Apocalypse.


Spawn 01Le réalisateur n'a malheureusement pas su laisser de côté les éléments qui avaient
peut-être l'air trop cool sur une page de comic mais se retrouvaient complètement ridicules sur un écran de cinéma.



L'influence de The Crow se ressent dans les décors, la musique, certains des thèmes. Mais là où le film d'Alex Proyas s'adressait à des adolescents amateurs de belles choses tristes, celui de Mark Dippé (un ancien de chez ILM qui a bossé sur Abyss, Terminator 2 et Jurassic Park, mais n'avait rien réalisé avant) est plutôt destiné à des petits garçons idiots. Le genre qui veulent montrer que maintenant ça y est, ils sont grands et ils aiment les trucs pour les vrais durs trop rebelles : les guns, les motos, les démons, le hard rock et les blagues grasses. Le résultat,
puéril comme Les Tortues Ninja, est d'une laideur et d'une connerie agressives dans la veine des Mortal Kombat et de Double Dragon mais en plus prétentieux parce que ça pense être drôle et malin et "adulte". Je ne sais même pas si à notre époque c'est encore susceptible de plaire à des gamins de treize ans, mais je dois avouer qu'en tant qu'amateur de nanars qui avait oublié à quel point celui-ci était con, j'ai passé un bon moment de consternation.


Spawn 03On sent à quel point l'auteur est super en phase avec la jeunesse
quand il se met à faire des blagues sur La Vie est belle.


L'univers et l'intrigue sont merveilleusement crétins et absurdes. Spawn a obtenu des superpouvoirs en Enfer, mais se bat avec des flingues. Un de mes moments préférés c'est même quand il fait un saut périlleux tout en tirant sans interruption avec ses mitraillettes, des fois qu'il y ait des ennemis au plafond peut-être. Il peut voler, mais il se déplace à moto. Les personnages passent leur temps à parler tout seuls pour être sûrs que le spectateur comprenne bien leurs intentions ou leurs émotions : les méchants expliquent leurs plans diaboliques, Spawn qu'il est trop vénèr ou que ses pouvoirs sont trop chanmés. Tout le monde s'insulte et se menace constamment, mais en veillant à employer un langage pas trop dur parce qu'aux Etats-Unis les gros mots auraient vite conduit à une interdiction aux mineurs non-accompagnés, que les producteurs voulaient éviter. Le chef de la CIA du A6 ne remet jamais en question la légitimité des conseils du Clown, une créature qui pète de la fumée verte et mange des ordures et sort une blague beauf par réplique, et se laisse manipuler comme le dernier des demeurés. Le scénario se veut complexe, mais à peu près aucun élément ne résiste à deux secondes de réflexion.


Spawn 07La poursuite à moto sera l'occasion pour le Clown de réessayer de tuer Spawn
alors qu'il est censé l'aider, et pour Spawn de tester de nouveaux pouvoir pour lui échapper,
mais sans jamais penser qu'il pourrait simplement s'envoler. Ouais cherchez pas trop à comprendre.


Le fait que le film accuse méchamment son âge contribue à le rendre gentiment ridicule. Pas de doute, Spawn date bien de la fin des années 90. Il y a des cathédrales lugubres et des gargouilles menaçantes, il y a du vert fluo, il y a un petit gamin des rues débrouillard qui porte sa casquette à l'envers et devient pote avec le héros, il y a des infos top-secrètes sur CD-Rom. Il y a de la "fusion". Vous vous souvenez quand après le grunge on a eu la fusion ? Les hard-rockeux craignaient que leur jeune public se détourne d'eux pour de nouveaux styles musicaux à la mode, et du coup ils s'acoquinaient avec des rappeurs et des DJs pour montrer qu'ils n'étaient pas ringards, et ça nous a donné des choses comme la bande originale de Spawn. Metallica ou Henry Rollins remixés façon trip hop, Slayer qui essaie d'être Prodigy, rien de tel pour se replonger direct en 1997 les amis. Surtout quand ça sonorise des effets spéciaux numériques tape-à-l'oeil bien pourris façon "regarde, ami jeune, c'est comme sur ta Playstation !"


Spawn 02Dans un souci d'honnêteté, je concède que le "Violator" est plutôt réussi.
Du coup c'est d'autant plus étonnant que le reste des effets spéciaux fasse autant pitié.


Pour être tout à fait franc, même s'il y a de quoi intéresser un amateur de série Z dans tout ça, je ne peux pas dire que j'aie passé 90 mn à me marrer devant, parce qu'il y a quand même quelque chose d'un peu triste à voir des acteurs comme Martin Sheen et John Leguizamo se fourvoyer dans des rôles nuls ou à se dire que Michael Jai White a un peu suicidé sa carrière dès le départ à jouer le rôle du guignol en costume en caoutchouc dans une merde aussi catastrophique. Et quelque chose d'un peu honteux, aussi, à se rappeler qu'à l'époque où c'est sorti, on pensait vraiment que ça allait être trop cool alors qu'on était déjà un grand couillon de vingt piges trop vieux pour ça. Si vous aimez les nanars je pense quand même qu'il y a de bonnes chances que ça vous fasse goleri, mais pour le spectateur moyen nourri aux productions Marvel modernes, ce sera simplement un film d'action débile et moche pour pré-ados demeurés, pas une belle pièce à ajouter à sa collection de films de superhéros.

 

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Spawn (1997), réalisé par Mark A.Z. Dippé (Frankenfish) sur un scénario d'Alan B. McElroy (The Marine ). Avec Michael Jai White (Black Dynamite), John Leguizamo (Roméo et Juliette), Martin Sheen (ça va, vous connaissez, quand même, non ?), D.B. Sweeney (Dinosaure), Theresa Randle (Bad Boys), Melinda Clarke (Le Retour des Morts-Vivants 3).

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Published by Toxic - dans Action
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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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