Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 09:42

Tank GirlCa va les amis, pas trop marre des adaptations de BDs ? Je continue avec une autre héroïne, Tank Girl, terreur de l'Australie post-apocalyptique née sous le crayon de Jamie Hewlett, probablement plus connu aujourd'hui comme le mec d'Emma de Caunes qui a permis à Gorillaz d'être un groupe jeune et cool dont t'avais envie d'acheter les disques aux belles pochettes plutôt que simplement "le nouveau groupe du mec de Blur". J'avais lu quelques épisodes du comic quand j'étais encore à peu près jeune et déjà à l'époque j'avais trouvé ça puéril et laborieux. Tank Girl c'est un peu comme Che Guevara, une mascotte au look cool, superficielle et inoffensive, destinée à un public d'ados en quête de quelque chose de "subversif" à arborer sur un t-shirt. L'adaptation me rendait curieux depuis un moment quand même : voilà un film qui était censé établir Rachel Talalay comme une réalisatrice à suivre et faire de Lori Petty une star, et qui a naufragé leurs carrières à toutes les deux, l'une ne tournant plus que pour la télé depuis, l'autre se cantonnant à des seconds rôles dans des films mineurs. Avaient-elles payé injustement le prix d'un énorme échec financier, ou se pouvait-il qu'il s'agisse vraiment d'un nanar catastrophique ?

L'action démarre en 2033, onze ans après la chute d'une météorite qui a détruit presque toute civilisation et asséché la planète. Un industriel avide de pouvoir s'empare des dernières réserves d'eau par la force, tuant ou asservissant tous ceux qui s'opposent à lui. Seule survivante d'un groupe de marginaux victime de cette conquête, la jeune Rebecca est faite prisonnière et condamnée aux travaux forcées. Là, elle fait la connaissance d'une autre fille, génie de la mécanique. Ensemble, elles vont dérober des véhicules militaires et s'évader. Répondant désormais aux noms de Tank Girl et Jet Girl, les voilà libres de semer la terreur dans le désert, et de se venger.


Tank Girl 01Comme dans Brenda Starr , le recours au dessin et à l'animation permet d'économiser sur les décors.


Les films de superhéros aiment bien passer trois quarts d'heure à nous raconter l'origine de leur protagoniste même quand tout le monde la connaît déjà. Parfois ça fonctionne quand même parce que ça montre comment le personnage se forge un caractère en même temps qu'un arsenal, et qu'en soi ça raconte déjà une mini-intrigue intéressante, comme dans Batman Begins ou Iron Man. Et parfois, hélas, ça se contente de ressasser des banalités vues et revues, comme Amazing Spider-Man, et c'est donc du temps perdu à donner autant de "profondeur" au film que ces remakes de films d'horreur qui entendent redéfinir une icône du genre avec "et alors là, Jason il trouve par terre... le fameux masque de hockey !". Sachant que la personnalité de l'héroïne de Tank Girl est assez basique et n'évolue absolument pas entre le début et la fin de l'histoire, le scénariste aurait vraiment mieux fait de trouver mieux que ce "et alors là, y a un tank dans la prison... et comme il est pas surveillé, elle le vole !" pour justifier le fait de lui faire passer toute la première moitié du film sans tank. Mais le fait est que l'intrigue n'a jamais rien de très intéressant à faire faire à sa Girl, avec ou sans Tank. Ca traîne des pieds, ça va nulle part, ça s'égare en digressions qui ne semblent être là que pour dire "hé t'as vu j'ai lu la BD pour de vrai, j'ai pensé à inclure ce personnage ! Et celui-ci aussi ! Et t'as vu, encore un là !".


Tank Girl 02Je comprends l'envie de ne pas faire un simple film d'action décérébré mais quand on s'appelle
Tank Girl, on devrait savoir se résoudre à montrer un peu plus de ça
et à se laisser aller moins souvent à du
remplissage poussif.

 

Et le truc c'est qu'aucun ou presque n'a vraiment le temps de contribuer en dehors des trois principaux... Il y a toute une séquence dans un cabaret/bordel qui donne l'impression que sa tenancière va jouer un rôle significatif, il y a même un client joué par Iggy Pop, et l'un et l'autre disparaîssent définitivement dès que leur scène est finie. L'intrigue peine à établir un véritable objectif final et quand elle se décide enfin, ça consiste à sauver une fillette qui a eu deux minutes de présence à l'écran. Le dialogue prend le temps d'établir quelqu'un comme une légende vivante, mais lorsqu'on finit par le voir il est déjà mort. Bon, à côté de ça, c'est vrai qu'il y a des personnages qu'on voit trop : les hommes-kangourous. Ouais, je sais, je vous avais pas prévenus qu'il y en avait, je voulais vous faire la surprise. Des kangourous humanoïdes aux maquillages à la fois super bien faits et complètement ridicules, auxquels Tank Girl et Jet Girl s'associent pour le dernier acte, parce que le "girl power" ça va bien cinq minutes mais qu'il fallait bien vendre le film aux garçons aussi et qu'ils n'ont pas trouvé mieux pour ça qu'une bande de sous-Tortues Ninja aux singeries rapidement pénibles.


Tank Girl 04Pas la peine d'essayer de me justifier leur présence en me rappelant qu'il y en avait dans la BD,
ou en m'avouant que quand vous étiez petits vous aviez trop kiffé Magic Warriors de Ronnie Yu :
au cinéma, les hommes-kangourous, ça ne fonctionne pas.


Reste Tank Girl elle-même, une sale gosse de vingt piges fofolle, ce qui déjà en soi peut être crispant, mais se révèle encore pire quand c'est joué par une actrice visiblement trop vieille pour ce genre de rôle. Enfin, je ne sais pas, c'est peut-être moi qui suis devenu un vieux grincheux aigri mais vraiment, son petit numéro de Bart Simpson au féminin, sa voix insupportable de fausse gamine, ça m'a gavé. Ca serait sans doute beaucoup mieux passé si elle avait eu des répliques vraiment drôles et percutantes, mais là c'est un festival de vannes pas tellement marrantes, de références datées... Les dialogues s'acharnent à faire jeune et cool mais tombent systématiquement à plat et comme le film est très bavard, on se lasse vite. Lori Petty est clairement censée être l'attraction principale, mais je suis pas tombé sous le charme.


Tank Girl 03Oh la la, il y a même des numéros musicaux, qu'est-ce qu'il est trop zinzin ce film,
qu'est-ce que ce joyeux bordel transmet comme énergie et comme bonne humeur communicative
et ne donne pas du tout une impression de fourre-tout bancal mal écrit et mal dirigé.


C'est un film con, moche et m'as-tu-vu comme on en faisait pour les ados des années 90, peut-être pas d'aussi mauvais goût que Double Dragon et  Spawn, mais à peu près aussi débile. Un truc avec un scénario bidon, des gags foireux, qui affiche une attitude "rebelle" de pacotille mais cherche surtout à te vendre une compilation de musique de jeunes, qui n'a pas le budget pour être aussi tonitruant et spectaculaire qu'il devrait l'être, et qui n'est même pas appréciable en tant que nanar. Certains des participants ont survécu au désastre, Naomi Watts s'est teinte en blonde et a connu son quart d'heure de gloire, Ice-T a trouvé un emploi stable dans New York Unité spéciale, Malcolm McDowell a continué à jouer dans n'importe quoi contre un chèque, la chef décoratrice Catherine Hardwicke a réalisé Twilight. Mais on peut comprendre que Rachel Talalay n'ait plus jamais eu de projet ambitieux entre les mains après celui-ci tant il est clair qu'elle ne savait pas du tout ce qu'elle faisait. Si vous n'êtes pas spécialement nostalgiques de cette époque où Isabelle Giordano vantait avec son sourire ravi les mérites de tel ou tel film "déjanté, barré", je doute que ça trouve grâce à vos yeux.

 

------------------------------------------------

Tank Girl (1995), réalisé par Rachel Talalay (La Fin de Freddy) sur un scénario de Tedi Sarafian (Terminator 3). Avec Lori Petty (Point Break), Naomi Watts (King Kong), Malcolm McDowell (Orange mécanique), Jeff Kober (Sons of Anarchy), Reg E. Cathey (House of Cards), Ice-T (New Jack City).

Partager cet article

Repost 0
Published by Toxic - dans Science-fiction
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Ciné Discount
  • Ciné Discount
  • : Films en solde ou au rabais
  • Contact

Coupé court

Les vidéos de CoupeCourt-lefilm sur Dailymotion

Recherche

Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

Goldmembers

goldmemberMC Jean Gab'1 n'est pas une putain, retiens-le bien, mais ça vous le saviez déjà. Mais d'autres gens ici n'ont pas fait leur pute, et contribué à l'effort de guerre. Grâce soit donc rendue en ces lieux à :

-Artemis
-jakbonhom
-Mahg

-Sheep Tapes
-Snowman
-Super Menteur