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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 08:10

The ScribblerIl n'y a pas que les BDs connues qui ont droit à leur version cinéma. Parfois il y a aussi des trucs complètement obscurs. Même pas le genre "pas très connu" comme Dylan Dog ou Jonah Hex hein, là on est dans le genre "publié de façon tellement confidentielle qu'aujourd'hui il faut raquer minimum 500€ pour s'en procurer un exemplaire". Est-ce que l'auteur est super pote avec un producteur ? Est-ce que la mode des adaptations de comics amène les studios spécialisés dans les direct-to-video à petit budget à acheter les droits de n'importe quel titre indépendant pour tenter de surfer sur la vague ? Mystère. Toujours est-il que voilà, The Scribbler, un album sorti en 2006 par Dan Schaffer, est devenu un film l'an dernier. La jaquette m'intriguait assez pour me donner envie d'y jeter un oeil et comme le DVD coûte largement moins cher que le livre (il est déjà dans les offres "5 pour 30€"), je me suis dit que ça serait l'occasion de ne pas parler que de vieilleries pour ce mois de l'histoire des meufs.

Sorte de polar fantastique, The Scribbler se déroule presque entièrement en huis clos dans un immeuble où sont envoyés, à leur sortie de l'asile, des malades mentaux en voie de guérison mais pas encore tout à fait capable de réintégrer la société. Suki, une locataire fraîchement installée, souffre d'un dédoublement de personnalité, et son psy lui a confié une machine censée lui permettre de "brûler" ses personnalités superflues petit à petit. La jeune femme hésite à s'en servir : la "vraie" Suki, celle qui survivra à la procédure, sera-t-elle vraiment celle qu'elle espère ? Tourmentée par les voix dans sa tête, et honteuse vis-à-vis du comportement de certaines de ses alter ego, notamment celle qui n'hésite pas à se faire violemment démonter par le voisin manipulateur qui couche avec toutes les filles de l'immeuble, la plus "normale" des personnalités finit par se décider à se débarrasser des autres. Mais chaque utilisation de la machine entraîne des absences, et chaque fois que Suki reprend connaissance, une locataire est retrouvée morte défenestrée... Suki finit par soupçonner l'une de ses personnalités, la "Gribouilleuse", d'essayer de lutter contre son effacement, et de commettre des meurtres à son insu.


The Scribbler 01C'est toujours le mois de l'histoire des meufs alors non, je ne mettrais pas de légende comme
"la personnalité qu'on veut voir gagner c'est celle qui se balade en petite tenue, j'ai raison ou quoi les gars ?",
c'est un site respectueux des meufs ici, MERCI.


L'idée gentiment invraisemblable d'une machine à effacer les personnalités superflues permet au film d'effleurer quelques idées pas inintéressantes, même si pas révolutionnaires, sur la folie et l'identité. Guérir un fou, est-ce tenter de retrouver une personne saine d'esprit cachée derrière sa folie, ou au contraire le débarrasser de toute trace de normalité pour laisser sa folie s'exprimer pleinement ? Ou encore réconcilier les deux facettes de sa personnalité ? Les auteurs semblent suffisamment lucides pour savoir qu'ils n'ont pas vraiment de réponse à apporter, ou quoi que ce soit de vraiment profond à dire, et qu'il vaut mieux te laisser te poser des questions et y réfléchir toi-même et te dire "bon c'est vrai qu'il a tendance à avoir une vision un peu simpliste des maladies mentales, avec ce personnage qui se prend pour Cléopâtre ou cet autre qui pense être allergique aux vêtements, mais malgré ça il est pas si con, ce film, pour une histoire de fille en combinaison de superhéroïne bas-de-gamme qui marche sur les murs".


The Scribbler 04La "Scribbler" n'est certes pas censée être Batman, mais quand même, son costume est vraiment pas terrible.


Alors, le souci, c'est qu'à côté de ça il raconte une histoire pas franchement passionnante, ou plutôt, une histoire qui aurait pu être meilleure si elle avait su laisser préserver plus de surprises sur ce qui se passe réellement. Tout est raconté en flashback par le biais d'un interrogatoire policier, l'héroïne se fait cuisiner par un méchant flic et une gentille psychologue... Et le truc c'est que toi et moi, on n'est pas nés de la dernière pluie : on sait que dans un film quand il y a un interrogatoire où le flic brusque le suspect parce qu'il est sûr de sa culpabilité, la personne est obligatoirement accusée à tort. Du coup là on se retrouve avec une héroïne qui explique qu'elle a douté de son innocence et pensé qu'une de ses personnalités avait tué les autres filles, et pour qu'il y ait un peu de suspense toi-même ten tant que spectateur tu es censé croire que oui, tiens, et si cette pauvre fille était coupable sans le savoir finalement ? sauf que non, tu sais bien qu'elle raconte ça tout en étant en train de clamer son innocence au flic, et que les flics de cinéma ne s'énervent à ce point que face à des gens effectivement innocents. Du coup, le suspense tombe un peu à l'eau. On devine immédiatement que les suicides n'en sont pas mais que Suku n'est pas coupable et vu que la liste de suspects se réduit vite au fil des défenestrations, la fin est un peu cousue de fil blanc.


The Scribbler 02
Certes, les scènes d'interrogatoire permettent d'éviter que l'héroïne
passe son temps à monologuer pour nous expliquer ce qui se passe,
mais avoir choisir d'enrober l'intrigue dedans n'est clairement pas la meilleure idée du film.


Le film parvient quand même à garder le mystère plus longtemps sur quelques éléments, mais plutôt mineurs (genre, à quoi servent les modifications apportées à la machine de Suki). Et il sous-emploie la majorité de ses personnages, ce qui est plutôt regrettable, non seulement parce qu'à défaut d'être réalistes ils auraient pu pimenter un peu l'histoire, mais aussi parce que la distribution est plutôt pas dégueulasse pour une production à petit budget. Pas de vedette, quasiment que des acteurs qu'on voit plutôt dans des petits rôles ou à la télé, mais que des visages reconnaissables : Gina Gershon, l'adjoint de Tommy Lee Jones dans No Country for Old Men, des filles de Buffy, le neveu de Tony Soprano... Il y a même Sasha Grey (que vous prétendrez ne pas connaître si jamais vous regardez le film avec votre femme) dans une apparition de dix secondes au cours de laquelle elle a l'occasion de prononcer une seule réplique avec tout le talent qu'on peut attendre d'une actrice habituée à ne pas trop parler dans ses autres films parce que c'est pas poli quand on a la bouche pleine.


The Scribbler 03Le début a l'air de promettre une belle galerie de dingues hauts-en-couleurs,
mais finalement l'intrigue reste très centrée sur Suki.


The Scribbler n'est donc pas une franche réussite. Au départ il a réussi à me donner envie de vraiment bien l'aimer, et puis finalement ça n'a jamais trop fonctionné. Cela dit, je suis loin d'avoir détesté. Même si le coup de théâtre du dernier chapitre m'a pas estomaqué, je me suis pas ennuyé devant, et j'ai trouvé ça original, ne serait-ce que parce qu'à l'image de son héroïne aux multiples personnalités, le film change plusieurs fois de ton de façon abrupte, et juxtapose science-fiction, comédie, polar, horreur, action, fantastique, thriller, ce que j'ai tendance à trouver maladroit dans d'autres films, mais colle bien au thème dans celui-ci. Allez, on va dire que c'est clairement pas un DVD à acheter au prix fort, mais que c'est une curiosité qui a du charme. C'est déjà pas si mal.

 

 

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The Scribbler (2014), réalisé par John Suits (Breathing Room) sur un scénario de Dan Schaffer (Doghouse). Avec Katie Cassidy (Arrow), Garret Dillahunt (Raising Hope), Michael Imperioli (Les Soprano), Eliza Dushku, (Dollhouse), Michelle Trachtenberg (Buffy contre les vampires), Billy Campbell (The Killing), Gina Gershon (Bound).

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commentaires

jakbonhom 21/03/2015 14:54


Je voulais profiter du mois de la meuf pour regarder le film avec ma cops, mais je pense qu'elle a pas été sensible à ma petite attention. "C'est quoi encore cette merde?" Du coup, j'ai pas
insisté. Et moi aussi j'avais été attiré par la jacquette. Non, c'est vrai, le jaune sur le fuchsia, ça claque bien. Et puis une fille qui marche sur les murs, c'est toujours cool. Et au final,
ça donne quoi? Comme tu l'as relevé, c'est pas super intéressant. Pire, c'est carrément moche. Tout le film est baigné dans des filtres atroces, il pleut, les costumes sont foireux et j'ai
toujours pas compris pourquoi elle avait les cheveux longs à la fin, mais à côté des filtres, c'est pas grave. La question est peut-être: est-ce qu'ils l'auraient sorti avec une joli jacquette si
ça avait pas été la grognasse d'Arrow?

Toxic 24/03/2015 16:16



Les cheveux je pense que c'est pour différencier clairement les deux personnalités qui coexistent, Suki (qui a les cheveux courts) et la Scribbler (qui a les cheveux longs et qui est visiblement
jouée par une cascadeuse la plupart du temps). A moins que ça ne veuille dire que la Scribbler a définitivement pris le pouvoir.

Bon si j'ai bien compris j'ai intérêt à ce que Le Fantôme du Bengale plaise à ta meuf si je veux pas être grillé en tant que conseilleur de films !



jakbonhom 16/03/2015 07:59


C'est marrant, je l'avais mis de côté vendredi pour le regarder. Finalement, j'ai juste pu voir Hercule, Lucy, les Tortues Ninja et Mr Babadook. J'aurais peut-être dû finalement, en tout cas le
pitch est assez intrigant pour donner envie.

Toxic 16/03/2015 20:16



Moi je l'ai vu sans vraiment rien savoir dessus, j'espère qu'en racontant l'histoire je gâche pas une partie de l'intérêt...



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