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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 14:59

Chez nous, le sanglier est une pauvre bête destinée à finir en festin pour Gaulois dans les petits miquets. Mais dans d'autres pays, on se rappelle que c'est aussi une brute carnassière qui n'aime pas trop qu'on la fasse chier, ce qui en fait un monstre potentiel pour les réalisateurs qui veulent éviter un énième film de requin ou de crocodile. Les Australiens ont fait Razorback, les Américains ont fait Pig Hunt (et mis des sangliers tueurs dans Hannibal), et les Coréens ont fait le film d'aujourd'hui, Chaw.

On y reconnaît une trame classique de film d'animal mangeur d'hommes : ça se passe dans un petit village rural qui doit sa prospérité à une activité économique (ici, l'agriculture bio) qui se retrouve menacée par l'arrivée dans les parages d'une grosse bestiole (ici, un sanglier de 500 kgs) qui bouffe les gens. Le chef du village fait appel à une équipe de chasseurs professionnels pour en finir au plus vite et ainsi préserver son gagne-pain. Tout le monde crie victoire trop vite quand la bande de Rambos abat un gros animal, sauf le vieux sage qui sait bien que le sanglier qu'ils recherchent est toujours en vie, et qu'il va tuer encore plus de villageois. Evidemment, personne ne l'écoute, la bête revient semer la destruction, et c'est un groupe hétéroclite de volontaires qui va s'aventurer dans les montagnes pour lui régler son compte.

La première chose qui fait flipper, quand on commence à regarder Chaw, c'est la durée affichée sur le compteur : pas loin de deux heures. Tout le monde peut pas être Spielberg, tout le monde peut pas réussir Les Dents de la mer, et donc le mieux quand on fait un film d'animal tueur c'est d'admettre qu'on n'arrivera pas à garder le suspense pendant plus de 90 minutes, grand maximum. Le scénario n'est vraiment pas assez riche, les protagonistes vraiment pas assez intéressants pour justifier une pareille durée. Il y a plein d'éléments redondants, superflus, qui auraient pu être coupés au montage. Les scènes sur le déménagement du flic de Séoul, par exemple, ça n'apporte rien. Et celles avec l'espèce de folle qui exige que son fils l'appelle "Mamie", ça ne va nulle part. Le film accumule les personnages, essaie de donner un petit quelque chose à faire à chacun, puis se voit obligé d'en délaisser plein en cours de route. C'est à se demander si l'auteur planifiait toute une série télé autour de son idée de sanglier tueur, puis n'a eu le budget que pour en filmer deux heures au lieu de dix.

 


J'ai une idée, on va consacrer 10 minutes à un groupe de 11 personnages
dont 10 qui disparaissent complètement ensuite sans qu'on sache vraiment comment.


La deuxième chose qui fait flipper, c'est toujours pas le méchant sanglier, c'est qu'entre les tueries ça a la prétention d'être une comédie. Et une bonne comédie horrifique j'ai rien contre, mais là c'est plutôt un film qui n'a pas l'air de savoir s'il veut être un thriller ou une farce. La juxtaposition entre les scènes d'attaque, en mode sérieux, et les moments de comédie puérile, avec des gags bébêtes et des acteurs qui font des grimaces, donne un ensemble plutôt indigeste, un genre de Scoubidou coréen (d'ailleurs, il y a même des chiens qui parlent) qui aurait la prétention de pouvoir plaire aux adultes, pas du tout quelque chose dans la veine de The Host comme le dos de la jaquette voudrait le faire croire. Deux heures de ça, c'est particulièrement laborieux.

 


Ouaf ouaf ouaf, il a pris un coup de défense dans les fesses !
Ca veut dire qu'il faut lui baisser son caleçon pour lui soigner les fesses !


Le sanglier est, comme beaucoup de monstres des années 2000, principalement représenté en images de synthèse à peu près crédibles tant qu'il est tout seul à l'écran, mais qui échouent complètement à donner l'illusion qu'il y a réellement quelque chose de dangereux dans le même décor que les acteurs. Du coup, les scènes à suspense ne fonctionnent pas vraiment mieux que les bouffonneries. On voit bien que les personnages ne sont poursuivis par rien, on n'a même pas l'impression que le monstre soit si destructeur que ça quand il attaque à l'intérieur d'une salle des fêtes remplie de monde.
 


Le sanglier, censé être un monstre hybride d'une demi-tonne,
reste une de ces bestioles "fantômes" qui n'intéragissent jamais avec un élément réel.


Si vous accrochez à l'humour gentiment débile de Chaw, et que ça ne vous dérange pas qu'on passe d'une scène où une jeune fille se fait dévorer vivante à une scène de "hahaha ils dégringolent tous de la colline parce que c'est en pente !", peut-être que vous arriverez à ne pas vous ennuyer autant que moi devant cette interminable couillonnade. Mais si vous cherchez plutôt un vrai film d'horreur sur ce thème, mieux vaut en rester à Razorback.

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 08:56

J'ai tendance à croire naïvement que la distribution de merdouilles pour bacs de soldes se fait exclusivement par le biais d'éditeurs spécialisés dans ce domaine, comme Zylo ou Aventi. Mais non, parfois, c'est chez un vrai éditeur, sous une belle jaquette plutôt qu'un truc pondu par un graphiste stagiaire à qui on a simplement dit "il faut un dragon" ou "il faut des types avec des casques et des épées" sans même fournir une seule vraie image du film. Et du coup je me laisse avoir comme un couillon et j'achète en pensant que pour une fois je vais voir un vrai film et pas un navet tourné en dix jours dans les Balkans avec des acteurs de soap opera. Alors, c'est vrai que celui-ci est sorti en 3D dans une poignée de salles aux Etats-Unis, mais ça ressemble quand même plus aux téléfilms produits pour la chaîne Syfy qu'à ce que j'espérais. C'est la désillusion de Mammouth qui se répète.

L'action se déroule dans la plus petite ville du monde, New York, qui consiste en un seul pâté de maisons en Bulgarie. Des débris d'un satellite russe transportant des araignées mutantes s'écrasent dans la station de métro locale. Les bestioles se mettent évidemment à tuer des gens et l'armée débarque, non pas pour éradiquer la menace mais au contraire pour étudier la possibilité de l'utiliser à des fins militaires. La zone est placée en quarantaine et, pas de chance, il y a apparemment un seul appartement occupé dans la zone, et c'est celui de la future ex-femme et la fille du responsable de la sécurité du métro. Notre homme, qui a vu suffisamment de films catastrophes dans sa vie pour savoir que les pires désastres n'arrivent que pour permettre aux couples en crise de comprendre qu'ils doivent se remettre ensemble, décide donc de tout risquer pour les sauver. Mais il ignore que le scénariste a confondu les araignées avec les fourmis ou les termites (d'ailleurs le dialogue les appelle des "insectes") et qu'elles ont donc une "reine" gigantesque planquée dans un recoin de la station...
 


Décorateurs et accessoiristes se sont donné du mal pour reconstituer un petit morceau d'Amérique
à Sofia, mais malgré leurs efforts, leur Manhattan ne parvient pas à faire illusion.


Parmi les quelques éléments notables de Spiders, il y a le fait que même les figurants jouent mal. Des gens qui sont juste là pour marcher dans la rue derrière le héros, ou faire semblant de téléphoner ou de discuter avec quelqu'un en arrière-plan, parviennent à se faire remarquer par leur manque total de naturel. En dehors de ça, et de cette tentative dérisoire de représenter Manhattan avec les mêmes décors recyclés à l'infini (qu'on repère facilement parce qu'ils n'ont pas pris la peine de changer les devantures des faux magasins d'une prise à l'autre), c'est le même mauvais film de monstre que tant d'autres. Acteurs sans charisme qui jouent sans conviction, scénario bidon, effets spéciaux pas trop ridicules mais médiocres, vous avez probablement déjà somnolé devant ça un soir sur NT1 ou NRJ12, même si c'était peut-être des anguilles électriques ou des vélociraptors à la place des araignées.
 


Comme souvent dans ce type de production, les bébêtes ne sont pas minables,
mais pas réussies non plus, et on n'y croit donc même pas un tout petit peu.


Dans le dernier quart d'heure la créature de la jaquette se décide à sortir de sa tanière, et ce qui n'était jusque-là qu'un téléfilm d'animaux tueurs insipide devient alors un téléfilm de monstre géant insipide. Il y a un tank et un hélicoptère et une automitrailleuse et une escouade de types avec des fusils d'assauts qui tirent sur la reine des araignées sans l'égratigner, et des morceaux du décor qui explosent, et malgré ça la fin de Spiders n'est pas plus passionnante que les 65 premières minutes. On a beau revoir ses attentes à la baisse une fois qu'on a pigé la nature du produit, il n'y a vraiment rien à se mettre sous la dent, pas une idée originale, pas un personnage un tant soit peu intéressant, pas un acteur qui se donne du mal pour faire vivre un peu son rôle. L'histoire et ses rebondissements sont idiots, le rythme est mollasson. Et comme rien n'est jamais assez ridiculement mauvais pour être vraiment drôle, on s'ennuie ferme.
 


Il faut attendre la fin pour que la fameuse reine attaque, et en définitive elle ne fait rien
de plus spectaculaire que les araignées géantes-mais-plus-petites qui meublent le reste du film.


Dans le merveilleux monde des séries B super bas-de-gamme, il y en a qui sont techniquement plus mal faites, ou encore plus débiles, ou encore plus mal jouées, mais qui au moins apportent un peu de divertissement, soit parce qu'elles sont particulièrement nulles, soit parce qu'un ou deux éléments farfelus les sauvent de l'inintérêt total. Mais de Spiders, tout ce qu'il y a à tirer, c'est vraiment cette pauvre anecdote à partager avec les gens avec qui vous avez l'habitude de discuter de vos mauvaises habitudes de regarder des films pourris : "tiens, j'ai vu un film censé se dérouler à New York mais en dehors des stock-shots tu vois bien que tout a été tourné en studio dans deux rues factices", ce qui est clairement insuffisant pour justifier l'achat du DVD et le visionnage du film. La prochaine fois j'essaierai de me méfier un peu plus des belles jaquettes de chez Metropolitan.


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Spiders (Spiders 3D, 2013), réalisé par Tibor Takács (The Gate - La Fissure) sur un scénario de Joseph Farrugia (La Cité de la p.. ah, non, ça c'est Dominique, pardon). Avec Patrick Muldoon (Starship Troopers), Christa Campbell (Hell Driver), Sydney Sweeney (The Ward - L'Hôpital de la terreur), Pete Lee-Wilson (Blade II), William Hope (xXx).

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 11:37

Malgré les mises en garde de jakbonhom, jeune lecteur du Var, m'informant aimablement que cette suite du réjouissant Piranha 3D ne valait pas le coup, j'ai voulu faire le malin et vérifier par moi-même. Le slogan de la jaquette, "Les mêmes, plus gros", semble annoncer que cet épisode va tenir la promesse tacite faite à la fin du précédent, mais je préfère vous avouer tout de suite que non, il n'y a pas de bestiole géante dans Piranha 2 et  que "les mêmes, plus cheap" aurait été plus honnête. Le film appartient en effet à cette catégorie de suites dont les producteurs voulaient exploiter un filon mais sans être vraiment sûrs de son potentiel commercial, et ont donc préféré jouer la sécurité en essayant de recopier l'original pour un cinquième de son budget. Eh oui, "les mêmes, plus gros", c'est en fait une allusion super subtile au fait qu'il y a des filles à gros nénés (mais même sur ce point-là, le film n'est pas capable de dépasser son prédécesseur) (mais c'est dur de dépasser Gianna Michaels).

Piranha 2 s'ouvre sur un récapitulatif du massacre au lac Victoria avant de déplacer l'action un peu plus loin, dans un parc aquatique que son propriétaire entend transformer en piège à touristes maintenant que l'ex-"capitale du spring break" est devenue une ville fantôme. Il ignore les avertissements de sa belle-fille l'informant que les poissons mangeurs d'hommes pourraient utiliser un réseau de galeries sous-marines pour infester d'autres eaux. Et ce qui doit arriver arrive : les piranhas quittent leur lac et commencent à dévorer de nouvelles victimes dans les environs. Ce n'est plus qu'une question de temps avant qu'ils parviennent à s'infilter dans le système qui fournit sa flotte au parc, dont l'inauguration en fanfare approche...
 


Cette fois, l'édition DVD ne propose pas la version 3D du film, qui a pourtant clairement
été mis en scène de façon à t'envoyer plein de choses dans la gueule.


Alexandre Aja cède la place au réalisateur de la trilogie Feast pour cette resucée écrite par une brochette de scénaristes spécialisés dans les suites superflues (Hollow Man 2, Highlander 4, la moitié des Saw, Hellraiser 8, Les Enfants du maïs 8...). Seuls Christopher Lloyd, Ving Rhames et Paul Scheer reprennent (brièvement) leurs rôles, mais la plupart des nouveaux personnages sont calqués sur ceux du premier film, comme celui de David Koechner, clairement là pour remplacer celui de Jerry O'Connell, ou Gary Busey à la place de Richard Dreyfus dans le rôle de l'acteur connu qui se fait tuer dès sa première scène. Les morts les plus marquantes sont, elles aussi, des redites : le type qui se fait manger la teube, le personnage coupé en deux par un câble, celui qui se fait bouffer par surprise à la toute fin par un poisson qui lui saute dessus hors de l'eau... Un petit clin d'oeil, ça peut être rigolo, mais quand ils s'accumulent jusqu'à représenter la quasi-totalité des gags, on finit par avoir l'impression d'être face à un remake paresseux et inutile plutôt qu'un hommage sympa.
 


Les auteurs ne s'emmerdent pas à justifier le fait que l'ancien caméraman de "wildwildgirls.com"
soit devenu assistant de vie de l'ancien adjoint au shérif d'une petite station balnéaire,
il veut juste que tu saches qu'eux aussi ils ont bien goleri devant
Piranha 3D.


Le seul vrai ajout, c'est David Hasselhoff "dans son propre rôle", c'est-à-dire dans le même rôle que Bruce Campbell dans My Name is Bruce, ou que n'importe quel acteur au creux de la vague qui veut montrer qu'il ne se prend pas au sérieux et qu'il est lucide sur son statut de ringard : le has been aigri et arrogant obligé de jouer toujours le même personnage dans des boulots de merde pour gagner sa vie. Ca peut être drôle mais c'est quand même un peu devenu un cliché maintenant, et l'ancienne star d'Alerte à Malibu se livre à un numéro d'autoparodie assez convenu, sans grande saveur. Ca paraîtra peut-être audacieux et drôle à ceux qui n'auraient jamais vu Adam West, Mark Hamill ou William Shatner faire la même chose, et jamais vu Galaxy Quest ou Le Fils de Chucky, ou un épisode des Simpson avec Krusty le Clown, mais je suppose que si vous avez le matériel nécessaire à la lecture d'un blog et au visionnage de DVDs, c'est que vous ne vivez pas dans une grotte.
 


"Attention je vais bouleverser l'image que tu as de moi :
dans la vraie vie, je ne suis pas comme le personnage qui m'a rendu célèbre,
mais ça reste mon principal gagne-pain ! Tu t'attendais pas à ça, pas vrai ?"


Les auteurs avaient si peu d'idées que le film est très court (au point qu'ils ont étiré le générique de fin sur dix minutes avec un bêtisier pas marrant et une fausse bande annonce pour pouvoir atteindre 1h15). Du coup, c'est quand même assez inoffensif, si vous avez une heure à perdre, que ça passe à la télé et que vous êtes très bon public pour les histoires de méchantes bébêtes qui bouffent les gens, c'est regardable, il y a quelques trucs qui font sourire, ça vaut mieux que les pires films de requins qu'on trouve dans les bacs de soldes. Mais vous pouvez aussi bien vous en passer, et plutôt voir ou revoir le premier film.


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Piranha 2 (Piranha 3DD, 2012), réalisé par John Gulager (Feast) sur un scénario de Patrick Melton & Marcus Dunstan (The Collector) et Joel Soisson (Dracula 2001). Avec Danielle Panabaker (Flash), David Koechner (Anchorman : La Légende de Ron Burgundy), Matt Bush (Adventureland), Chris Zylka (Amazing Spider-Man), David Hasselhoff.

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 16:10

PrimevalBon, on ne va pas se voiler la face : depuis 5 ans, en dehors de ma formidable escouade de Goldmembers, le principal lecteur de ce blog reste ton petit frère, qui cherche à voir en streaming des films avec des catcheurs ou avec des mecs qui se bagarrent dans une cage. Tu penseras à dire à ton petit frère que c'est pas bien de regarder des films diffusés illégalement comme ça et que c'est pas la peine d'essayer de mentir, parce que les statistiques sont formelles. D'ailleurs elles m'annoncent aussi qu'à part ça, les articles les plus consultés sont ceux sur Open Water et The Reef, parce que les gens sont friands d'histoire d'animaux tueurs "inspirées de faits réels" même quand le film n'a presque aucun rapport avec la réalité.

Du coup, pour continuer cette espèce d'auto-rétrospective du mois de novembre, j'ai visionné Primeval, qu'on pourrait définir comme l'adaptation hollywoodienne du documentaire animalier français Le Monstre du Tanganyka. Notez que cette source d'inspiration n'est mentionnée nulle part dans le film qui se contente de se déclarer "tiré d'une histoire vraie", mais le sujet est bien le même : la tentative de capture du crocodile Gustave, une bestiole colossale qui aurait dévoré des centaines de personnes au Burundi au cours des dernières décennies. Dans ce scénario signé par les auteurs de Catwoman et des suites superflues de Terminator 2, une équipe de reporters américains se rend en Afrique pour assister un scientifique britannique qui compte prendre au piège le crocodile mangeur d'hommes. Pour cela, ils doivent s'aventurer sur un territoire convoité par un seigneur de guerre local surnommé "Petit Gustave", qui n'aime pas trop qu'on vienne empiéter sur ses plates-bandes avec une caméra à la main. Bien vite, l'expédition se retrouve menacée non seulement par les attaques meurtrières du crocodile, mais par la milice de son homonyme...


Primeval 05Le film est tourné en décors naturels, ça fait tout de suite moins indigent qu'un Pythonzilla vs. Crocozoïd.


Pour une fois, je regrette qu'un film d'agression animale (au fait, c'est devenu quoi, le blog Agressions Animales ? c'était chouette...) ne se soit pas contenté d'être un sous-Les Dents de la mer. Parce que c'est pas trop mal foutu, et largement meilleur que des merdes comme Jurassic Shark, mais qu'à vouloir faire le malin, ça se vautre un peu. Ca a la prétention d'avoir des choses intelligentes à dire mais le message politique est plutôt confus, pour ne pas dire carrément crétin. C'est du genre "Ah la la les Africains, on les aide et ils se plaignent, bon cela dit c'est vrai que des fois on croit qu'on les aide mais ça les aide pas, mais quand même faut bien qu'on les aide, qu'ils le veuillent ou non". Et le fameux Gustave, dans tout ça, ça peut pas simplement être une grosse bébête qui aime la chair humaine, il faut que ce soit le symbole de quelque chose, mais on ne sait pas très bien s'il représente simplement l'idée que la pollution qu'on créée nous détruira si on fait pas gaffe, ou que les situations que l'Occident laisse pourrir en Afrique finiront par lui retomber sur la gueule, ou si on est aussi censés comprendre que dans le fond, tout va bien, les méchants dictateurs africains sont appelés à disparaître de leur propre faute et par l'action régularisatrice de Mère Nature.


Primeval 04

Pas vraiment de casting 3 étoiles même si c'est produit par une filiale de Disney :
un mec de
Prison Break recyclé en tête d'affiche pour Uwe Boll, une fille de Melrose Place,
un second rôle d'
Une Nuit en Enfer 3 ...


C'est filmé en Afrique du Sud pour représenter le Burundi parce que l'Afrique c'est partout pareil : une grande savane avec des villages de crève-la-faim dont l'unique espoir est de pouvoir émigrer aux Etats-Unis, des shamans avec des pouvoirs magiques et des groupes paramilitaires contrôlés par des escrocs et composés de brutes, d'assassins et de violeurs. Bon, ça n'est pas vraiment la première fois qu'un film de gros studio réduit tout un continent à une vision simpliste, mais Primeval se prend un peu trop au sérieux et du coup c'est moins facile d'être indulgent. Surtout quand les scénaristes s'autorisent même une blague gentiment raciste en faisant dire au Noir de l'équipe d'Américains que l'esclavage avait du bon parce qu'il a permis à des Africains de quitter leur continent de merde. Bon, c'est une blague, c'est peut-être moi qui fait trop mon bobo de gauche qui s'offusque là, mais vraiment j'aurais mieux aimé que les auteurs se contentent d'essayer de faire un bon thriller plutôt que de se la jouer "on va dénoncer le fait que tout le monde s'en fout des problèmes de l'Afrique... parce que quand même il faut bien dire que là-bas c'est la merde et qu'il faudrait les tirer de là".


Primeval 02Dans les scènes de nuit, le crocodile est raisonnablement crédible.


Si on fait abstraction de tout ça, et qu'on passe l'éponge sur quelques clichés usés, comme un énième tandem antagoniste "scientifique passionné qui pense que son animal fétiche est une créature parfaite qui vaut mieux que les humains/chasseur impitoyable qui veut éliminer coûte que coûte l'animal en question", il reste une petite série B regardable. Je me suis pas ennuyé devant, la créature n'est pas ridicule même si son animation n'est pas totalement convaincante (surtout dans les scènes de jour) et le réalisateur a su la dévoiler et l'utiliser avec parcimonie. Ca pas le charme étrange d'un Orca ou d'un Razorback, c'est plutôt à mettre dans le même panier que Lake Placid et Anaconda (avec un casting moins prestigieux mais plus de sang), ce qui vaut toujours mieux qu'une production The Asylum ou Syfy même si c'est pas très bon.

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 13:45

RottweilerBrian Yuzna a surtout marqué le cinéma des années 80 et 90, en réalisant ou produisant des films aussi divers que Chérie, j'ai rétréci les gosses et Re-Animator. Puis le 21ème siècle l'a vu s'exiler à Barcelone où il a enchaîné des projets plus confidentiels comme ce Rottweiler, adapté d'un roman d'Alberto Vazquez Figueroa, Le Chien. Je voulais évidemment des films d'animaux tueurs pour ce mois d'octobre et je me suis dit qu'un clébard, ça nous changerait des requins. Et puis, un auteur de films originaux comme Society et Le Retour des Morts-Vivants 3, ça inspire un peu plus confiance qu'un tâcheron de chez Syfy ou Full Moon, n'est-ce pas ?

Rottweiler nous emmène ans un futur proche et suit le parcours d'un jeune sans-papier arrêté par la police des frontières tandis qu'il tentait d'entrer illégalement en Espagne avec sa compagne. Incarcéré, il parvient à s'évader lors d'un transfert et part à sa recherche. Poursuivi par le molosse-cyborg de ses gardiens, sorte de version canine et féroce de RoboCop, le voilà bientôt épuisé et blessé, et il commence à souffrir d'hallucinations tandis que les souvenirs refoulés de sa capture refont surface. Dans quelles circonstances a-t-il vraiment été séparé de sa copine ? Dans quel état va-t-il la retrouver, si tant est qu'elle a bien été envoyée, comme il le pense, dans une maison de passe ?

Je peux comprendre que Yuzna ait eu envie de s'éloigner d'Hollywood, mais Rottweiler ressemble moins à un film foncièrement original qu'il n'était possible de tourner qu'en marge du système qu'aux films d'horreur et de SF bas-de-gamme qu'on produit en Europe en s'enorgueillissant à la fois de leur donner une vraie "sensibilité européenne" (comprendre "nous notre film il est intelligent !") et d'être capable de faire du cinéma à l'américaine (comprendre "rassure-toi, c'est quand même trop classe et pas chiant"). Oh, il y a bien quelques petites touches de bizarrerie, comme le scorpion qui surgit plusieurs fois comme une sorte d'instrument du Destin, il y a bien un regard un peu critique sur le traitement inhumain des immigrés clandestins, et on sent que ça se veut malin, à dévoiler l'histoire par flashbacks et à garder pour la fin la révélation de ce qui s'est passé au début, mais au bout du compte on a surtout l'impression d'avoir vu un téléfilm d'animal tueur à petit budget pas horriblement mauvais mais pas super inspiré.


Rottweiler 03C'est plus un thriller classique qu'un vrai film d'anticipation puisqu'en dehors du robochien
et de la représentation du traitement des immigrés clandestins, encore plus brutale que
dans la vraie vie, il n'y a aucun élément de SF dans Rottweiler.


L'intrigue se résume finalement à une course-poursuite dont les rebondissements ressemblent à des épisodes de feuilleton qui n'auraient pas réellement d'incidence les uns sur les autres. Le héros y croise une galerie de personnages qui entrent et sortent du film sans y avoir beaucoup contribué, et qui servent surtout de distractions pour retarder le moment de devoir avouer ce qui est réellement arrivé aux protagonistes avant que le film démarre. Et le fameux coup de théâtre n'est pas du genre qui vous amènera à reconsidérer tout ce que vous venez de voir sous un nouveau jour et à saluer l'habileté du scénariste. On ne peut pas dire non plus que le suspense soit insoutenable, probablement parce qu'on a du mal à prendre la bestiole au sérieux, les effets spéciaux étant plutôt ratés. Le rottweiler est représenté à l'écran tantôt par un vrai chien qui a l'air gentil comme tout mais bien emmerdé qu'on lui ait collé des prothèses sur la gueule, tantôt par une marionnette animatronique assez rudimentaire et tantôt par des images de synthèses pas terribles. On n'y croit pas trop, et les scènes de tueries ont beau être très sanglantes, elles prêtent plus à rire qu'autre chose.


Rottweiler 01La plupart du temps, le monstre est joué par une brave bête avec du maquillage
et lors de ses "attaques" on voit bien que l'animal se contente de lécher
la viande étalée sur ses "victimes".


Ajoutons que face à la bête, le héros n'est pas vraiment très convaincant non plus. Joué par un minet de Un, Dos, Tres qui ressemble à ce qu'aurait produit un laboratoire qui aurait cherché à cloner Brad Pitt en achetant en solderie un échantillon d'ADN de Francis Lalanne, il a bien du mal à porter le film sur ses épaules. Et puis, un acteur blanc et anglo-saxon, okay les producteurs voient ça comme une nécessité pour bien vendre un film donc c'est difficile d'y échapper, mais c'est pas génial quand on essaie d'aborder le thème du sort tragique des clandestins qui se font choper. Et c'es dommage, parce que le reste du casting est plutôt pas mal : les fans de L'Auberge espagnole qui ont la mémoire des noms auront peut-être reconnu sur la jaquette ceux des actrices qui jouaient Neus et la prof de flamenco dans le film de Klapisch, et il y a même Paul Naschy (une légende du cinéma d'épouvante des années 70 pour ceux qui connaissent pas) et la gamine du Labyrinthe de Pan dans des petits rôles.


Rottweiler 02Difficile de se passionner pour les aventures de ce sous-beau gosse,
surtout que Yuzna a bien dû se rendre compte qu'il n'était pas très représentatif du sans-papier lamba
et a été obligé d'en faire un amateur de frissons qui a joué à sauter la frontière pour le fun.

Ce n'est pas honteux ou irregardable, mais c'est hélas plutôt médiocre, un peu ennuyeux, un peu con, et pas très original. C'est un film intéressant sur le papier mais dont l'exécution laisse à désirer. En théorie on a envie d'apprécier le choix d'effets spéciaux à l'ancienne, en pratique ils sont ratés. On voudrait saluer la volonté d'être un peu plus qu'un film de monstre bas-du-front mais le résultat n'a pas vraiment beaucoup plus de personnalité que la moyenne des séries B du même genre. Alors, si vraiment vous en avez marre des créatures aquatiques ou des serpents et que les sangliers tueurs ne vous tentent pas, ça n'est probablement le pire film de chien méchant du marché. Et là je devrais probablement conclure avec un gag du genre "mais si vous voulez juste un bon film d'horreur, laissez ce Rottweiler à la fourrière", mais c'est un peu ringard, donc non.

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 10:11

OrcaDepuis le succès colossal des Dents de la Mer il y a près de 40 ans, tous les studios ont tenté de ramasser leur part du gâteau des carnivores aquatiques. Ces temps-ci on a The Asylum qui nous en sort, combien, trois, quatre par an ? Mais les imitations ont commencé presque tout de suite après la sortie du film de Spielberg, quand le producteur légendaire Dino De Laurentiis s'est dit qu'il avait absolument besoin de faire la même chose mais en mieux avant que quelqu'un d'autre n'essaie. Une intention plus louable qu'un simple "baclons n'importe quoi sur le même thème et ramassons le pognon sans se fouler" comme l'ont fait la majorité des autres ensuite. Et il s'est donné les moyens de ses ambitions : un budget correct pour l'époque, un réalisateur de métier (Michael Anderson, Le Tour du monde en 80 jours, L'Âge de cristal...), un compositeur prestigieux (Morricone, qu'on ne présente plus), un acteur respecté dans le premier rôle (Richard Harris, qui aurait aimé que le grand public se souvienne de lui pour un autre rôle que celui auquel vous pensez, donc on n'en parlera pas) et une petite jeune prometteuse à ses côtés (Charlotte Rampling, qui aimerait probablement qu'on se souvienne d'elle pour autre chose que des pubs pour une assurance).

Après un prologue gentiment taquin envers son modèle, on passe en mode cauchemardesque avec la tentative de capture ratée d'une femelle épaulard par le capitaine Nolan, un pêcheur qui comptait la vendre à un parc aquatique. L'expédition vire à la boucherie et Nolan, traumatisé par le massacre qu'il a provoqué, envisage de remballer les gaules et de tourner la page de cette sale histoire. Mais la pauvre bête a laissé derrière elle un veuf éploré, qui ne compte pas laisser le vieux loup de mer s'en tirer comme ça. L'orque vengeur se met à faire des ravages dans le port où Nolan a jeté l'ancre, et à contrecoeur, le pêcheur se rend à l'évidence : il va falloir prendre la mer pour un duel à mort avec l'animal.


Orca 05Parmi les quelques visages reconnaissables, on retrouve Will Sampson,
le chef indien de Vol au-dessus d'un nid de coucou.


Alors qu'on pourrait craindre une repompe sans âme, Orca affirme très vite sa forte personnalité, pour le meilleur et pour le pire. Plutôt que de réellement copier Les Dents de la mer, le film essaie visiblement de s'en démarquer et
préfère citer Moby Dick comme source d'inspiration ; on voit bien qu'il aimerait ne pas être qu'un simple film de monstre mais avoir une dimension plus sérieuse et tragique. Il n'est pas vraiment question de survie face à la manifestation féroce d'une nature hostile, c'est plutôt un conte fantastique sur la culpabilité et le besoin d'expier ses fautes. Ca donne un résultat bizarre qui, avouons-le, n'évite pas toujours le ridicule et la grandiloquence, mais qui au moins a le mérite d'être un peu original et audacieux. C'est pas le genre où de jolies baigneuses ignorent l'interdiction d'aller faire trempette et se font bouffer (et pourtant il y a Bo Derek dans l'une de ses premières apparitions à l'écran), c'est un thriller mélancolique où le rôle de l'implacable vengeur triste n'est pas tenu par Charles Bronson ni le Punisher mais par un mammifère marin.


Orca 01Selon les scènes, c'est soit une grosse marionnette en caoutchouc raisonnablement convaincante
soit un animal apprivoisé visiblement filmé dans un bassin qui tient le rôle du tueur fou.


Et l'épaulard du film est vraiment traité comme un vrai personnage, pas une bestiole affamée. Il est réellement motivé par la vengeance et une certaine idée de justice, il exécute un plan relativement complexe pour punir Nolan et le pousser à l'affronter. Quand il comprend que le pêcheur compte déclarer forfait et repartir par la terre ferme en abandonnant son bateau, il fait en sorte de monter les habitants du port contre lui, pour qu'ils le forcent à partir en mer faire face à sa responsabilité. Il s'attaque aux membres d'équipage un par un et l'entraîne au bout du monde pour l'isoler. Le personnage de Charlotte Rampling sert de caution scientifique pour expliquer au spectateur que oui, oui, vraiment, les orques sont exactement comme nous mais encore plus intelligents, mais le film propose vraiment une vision super anthropomorphique de l'animal donc si vous préférez quand ce genre d'histoire est un peu plus ancrée dans la réalité vous risquez de régulièrement grincer des dents et de trouver Orca absurde et risible. Les gros plans sur la larme à l'oeil du bestiau par exemple, faut avouer que c'est moins poignant qu'involontairement comique.


Orca 02

Parmi les scènes un peu difficiles à accepter sans sourciller :
le cétacé est tellement malin que, depuis l'océan, il arrive à
trouver un moyen de provoquer une énorme explosion en ville.


Richard Harris se donne du mal pour porter le film sur ses épaules, dans l'ensemble les personnages sont nettement plus développés et intéressants que dans 95% des films de requins, il y a de bons moments de suspense, des scènes chocs vraiment fortes, une musique qui reste en tête, mais toutes ces fois où le film frise le clownesque alors qu'il vise le bouleversant m'ont empêché d'accrocher complètement. Pour un fan de films d'animaux tueurs, et sachant que ça se trouve assez facilement à 5€, c'est quand même une curiosité à voir, pas plus tarte que les suites des Dents de la Mer et bien plus regardable que les dizaines de productions bas-de-gamme disponibles dans les bacs à DVD moisis
à la Shark in Venice. Mais c'est maladroit, ça n'a pas complètement bien vieilli, et même si ce serait abusif de le classer avec les bis italiens de la même époque, disons que c'est à la lisière de ça, donc voilà, il faut être d'humeur pour un film qui a du caractère et du cachet mais qui se révèle quand même un poil couillon.

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 08:10

Shark Week Beach Shark Jurassic SharkCette année encore, en guise de soldes DVD les supermarchés achètent des stocks de films moisis au spécialiste de l'édition bas-de-gamme Zylo pour les fourguer à vil prix. Et comme chaque année je sais que ça va être nul mais comme un brave con j'en achète quand même quelques-uns par curiosité parce que bon, allez, c'est que 1 ou 3€, c'est pas cher. Cette année j'ai même fait exploser le budget avec un coffret de 3 films à 10€ sur le thème de nos amis les requins tueurs.

Le premier du lot est un film Asylum qui rompt un peu avec leur habitude de produire soit des copies à tout petit budget de gros films hollywoodiens soit des histoires d'animaux monstrueux improbables. Shark Week est en effet un mélange incongru de Saw avec un film de squales. Un richissime psychopathe surnommé Tiburon (ça veut dire "requin" en espagnol) a fait enlever huit personnes désormais prisonnières de son île. Tout comme Jigsaw, il leur propose de "jouer à un jeu" qui consiste à tenter de survivre à une série d'épreuves sadiques, sauf qu'ici, le thème n'est pas "vos péchés seront votre punition" mais "des poissons mangeurs d'hommes seront votre punition". Oui du coup c'est un peu moins malin et varié certes, mais moins donneur de leçons aussi, ce qui est appréciable. Evidemment, en cours d'aventure, les participants s'avouent les uns aux autres qu'ils n'ont pas été kidnappés par hasard : Tiburon a quelque chose à reprocher à chacun, et compte se venger d'eux en les faisant dévorer par ses bestioles.


Shark Week 03Même pour une scène comme ça, de nos jours les films à petit budget
ne veulent même plus se payer un pauvre requin en caoutchouc
et font tout par ordinateur, c'est vraiment triste.


Sur le papier l'idée tient à peu près la route, dans les faits elle est complètement massacrée par l'extrême pingrerie de ce studio de clochards et le rien-à-branlisme du simili-réalisateur Christopher Olen-Ray (Almighty Thor). On reconnaît une recette typique des machins destinés à la chaîne Syfy, mais le mot d'ordre sur ce tournage-ci devait être quelque de l'ordre de "essayons de faire pareil que d'habitude mais pour encore moins cher et voyons si on arrive à en vendre autant quand même". La majorité des rôles est comme toujours tenue par des aspirants acteurs de leur cheptel habituel, le genre serveur ou mannequin qui essaie désespérément de percer à Los Angeles, mais pour économiser sur les frais de transport ils ont aussi donné des rôles à des gens comme leur maquilleuse. Il y a comme toujours deux has been recrutés pour avoir des noms un peu connus au générique, ici Patrick Bergin et Yancy Butler, mais ils ont l'air d'avoir bu tout leur salaire avant le tournage et d'avoir bouclé toutes leurs scènes en une journée, dont les trois quarts dans leur chambre d'hôtel. Les effets spéciaux sont plus indigents que jamais, les héros sont censés être filmés et contactés en permanence par leur tortionnaire mais on ne voit jamais une caméra ou un haut-parleur dans le décor parce que les accessoires ça coûte cher.


Shark Week 01Annie Girardot et Renaud Yancy Butler et Patrick Bergin
méritaient bien d'être cités comme vedettes du film sur la jaquette, leur performance fait vraiment rêver.


Le scénario se contente de répéter la même séquence autant de fois que nécessaire pour se débarrasser de tours les personnages, ils reçoivent l'ordre d'aller dans une grotte affronter un requin, ils y vont, l'un d'eux se fait manger pendant que les autres tuent la bête, ils ressortent de la caverne, ils décident qu'il est temps de dormir, ils se réveillent et reçoivent l'ordre d'aller dans une autre grotte, etc. De temps en temps il y a un rebondissement bidon, comme quand ils tombent sur un champ de mines sur la plage et que, au lieu de simplement contourner l'obstacle (rien ne les empêche de s'éloigner de la plage), ils décident de le traverser. Mal écrit, mal filmé, mal joué, le résultat a parfois des airs de bricolage à la Ed Wood, sauf que ça n'est pas vraiment très drôle ni charmant. Je me suis pas mal ennuyé devant et je pensais vraiment que ce serait le pire film du coffret avant de passer aux autres. La suite allait me donner tort, mais ça n'enlève rien au fait que Shark Week est extrêmement mauvais.


Shark Week 02Allez, on reste dans le champ de mines, ce serait de la triche de dévier pour se mettre à l'abri.


Plutôt comparable à un Piranha 3D qu'à un film d'horreur sérieux, Beach Shark se trouve également sous le nom Les Dents de la plage. Corin Nemec, qui a pris quelques rides depuis Parker Lewis ne perd jamais, joue Jimmy Green, un promoteur de spectacles un peu escroc sur les bords qui espère s'enrichir en organisant un festival de musique censé rameuter en masse les étudiants pour le "spring break" dans une petite station balnéaire habituellement désertée par les touristes. C'est évidemment le moment que choisissent des requins monstrueux pour attaquer, mais leurs premières victimes laissent les autorités perplexes : quelle créature a bien pu dévorer ainsi des gens sur la terre ferme ? Les méchantes bestioles ont en effet une particularité pour les moins étonnante : elles sont capables de nager sous le sable ! Une experte en biologie marine (jouée par la fille du catcheur Hulk Hogan) tente d'aider le shérif à empêcher un massacre, mais Jimmy Green a décidé que son festival aurait lieu coûte que coûte, et le bilan s'alourdit de jour en jour.


Beach Shark 01La carrière cinématographique de Brooke Hogan est, comme sa carrure, digne de son papa.


En général j'apprécie qu'un film sache exploiter une idée débile sans en faire des tonnes pour avertir son public que c'est une blague. Mais pour le coup je pense que Beach Shark aurait gagné à aller plus loin dans la grosse déconne, parce que là, on est dans une espèce de semi-parodie qui ne fonctionne pas tout à fait. Le résultat est largement plus regardable et moins fauché (même si le super concert avec son public de 30 figurants trahit les limites du budget encore plus sûrement que les effets spéciaux médiocres)
que le film précédent, et donne moins l'impression d'avoir été baclé en trois jours par un fumiste, mais malgré quelques moments rigolos, ça ne vole quand même pas bien haut. En tout cas, les dialogues ne sont clairement pas assez drôles (enfin, je ne juge que d'après la VF, vu que ces trois DVD ne proposent rien d'autre) pour que le film puisse se permettre d'être aussi bavard, et un peu plus d'action à la place du blabla aurait été bienvenu. Dans l'ensemble, c'est médiocre mais pas trop affligeant. Ou alors c'est qu'après Shark Week, n'importe quoi de moins minable paraît soudain meilleur qu'il n'est. Je ne sais pas. Bon en tout cas j'ai pas souffert devant.

 

Beach Shark 02Au moins le film a quelques vrais acteurs dans les rôles principaux et quelques jolies nanas.
Shark Week ne peut hélas pas en dire autant.


Le dernier film est un faux long métrage puisqu'il dure à peine plus d'une heure ; pour atteindre péniblement les 75 minutes, il y a un générique de fin au ralenti de près d'un quart d'heure. Charles Band aurait pu être fier, mais même lui aurait probablement honte de voir son nom associé à un truc pareil. Avec son titre Jurassic Shark, il laisse espérer une créature originale dans la veine de Dinoshark, mais le monstre est juste un gros requin banal, en images de synthèse pourraves comme il se doit. Libéré par des forages pétroliers sur une île au milieu d'un lac, il se met à manger les baigneuses qui s'aventurent dans les environs. Un groupe de jeunes venus enquêter sur les forages se heurte à un gang de voleurs en fuite et blablablabla, écoutez, honnêtement, on s'en bat les steaks, l'intrigue est complètement idiote et inintéressante et on voit bien que même le réalisateur s'en foutait. Il y a une île, il y a un lac, il y a un requin, il mange les gens, voilà.


Jurassic Shark 02Eh non, l'animal qui donne son titre au film n'a rien à voir avec un tyrannosaure.


Plus miteux encore que Shark Week, Jurassic Park est un film semi-amateur qui semble avoir été financé pour 200 dollars canadiens, probablement par le brasseur local dont le logo et les produits apparaissent plusieurs fois à l'écran, une connerie faite entre potes comme prétexte pour aller s'amuser à la plage et qui se retrouve on-ne-sait-comment en circulation sur le marché du DVD. Un nanardeur acharné pourra sourire face à quelques moments particulièrement absurdes, comme quand les filles s'endorment en forêt et se réveillent au bord de l'eau, où quand les voleurs parviennent à contacter par talkie-walkie leur complice qui n'en a pas, où quand le type doit rejoindre une fille qui se trouve quelques mètres plus loin sur la plage et décide pour ça d'aller dans l'eau au lieu de marcher sur le sable (et se fait bouffer par le requin, bien entendu). Mais c'est peu de chose, et cet assemblage maladroit de rebondissement improvisés autour d'un scénario d'une demi-page paraît interminable tant c'est mollasson, ennuyeux et mal foutu.


Jurassic Shark 01L'ambition du réalisateur se limitait vraisemblablement à trouver une excuse
pour filmer ses copines en maillot de bain.


En résumé, on a donc deux séries Z imbitables qui n'ont pas de quoi mériter le label "nanar", et un petit téléfilm crétin à peu près potable mais sans plus. Rien dans ce coffret qui ne justifie de claquer 10 euros ; à côté de ça, les packs de chez Antartic ont l'air d'achats raisonnables. Si vous trouvez Beach Shark tout seul, ça peut à la rigueur valoir une dépense d'1€ mais pas plus, et le mieux est encore d'attendre un passage télé sur les chaînes spécialisées dans ce genre de couillonnade. Vivement que les soldes soient finies, que ce genre de daube retourne aux oubliettes pour six mois.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 08:31

RazorbackPrès de 40 ans après Les Dents de la mer, les studios comme The Asylum en sont à aller inventer des Sharknado et des Sharktopus pour continuer à vendre du requin tueur, mais dans les années 70 et 80, les producteurs qui voulaient profiter du succès du film de Spielberg ne puisaient pas de nouvelles espèces de squales mutants dans l'imagination de scénaristes toxicomanes, ils trouvaient un autre animal dangereux à mettre en scène. D'abord il y a eu les orques, les piranhas, les crocodiles et alligators, et puis ils sont passés sur la terre ferme, avec des serpents, des grizzlys... En Australie, quand ils ont décidé de faire leur version du film d'animal tueur, ils auraient pu céder à la facilité et en revenir aux requins, mais ils ont préféré l'originalité et choisi le "razorback", un cochon sauvage carnivore.

Le prologue montre l'attaque d'une énorme bête capable de défoncer les murs pour aller chercher sa pitance, et qui enlève ainsi un bambin confié à son grand-père. Ce dernier se retrouve accusé du meurtre, personne ne croyant à son histoire d'intrusion d'un sanglier géant dans la chambre du petit, mais il est acquitté faute de preuve. Quelques années plus tard, le vieil homme est devenu un chasseur qui traque sans répit tout ce qui ressemble à un porc à travers le bush (et non pas à Bush mangeant des travers de porc). Une journaliste new-yorkaise venue enquêter sur le braconnage des kangourous dans la région se retrouve à son tour victime du gros ongulé, même si la version officielle est qu'elle est tombée dans un puits de mine. Son mari se rend à son tour en Australie pour en avoir le coeur net, et après avoir appris la vérité par le vieux chasseur, va se retrouver embrigadé dans la lutte contre le terrible razorback.


Razorback 03Le monstre, qui ne fait que de rares et brèves apparitions,
et se révèle plus crédible que bien des créatures numériques modernes.

Je ne me rappelais pas grand'chose de Razorback. En fait, j'en gardais surtout le souvenir d'une époque plutôt que du film lui-même, celle des vidéoclubs où t'allais demander au gérant ce qu'il comptait faire de son affiche de Critters quand il déciderait de la remplacer par celle d'un film plus récent, celle des deuxièmes parties de soirées le samedi sur Canal, où l'on découvrait des séries B aussi diverses que Paperhouse, Puppet Master, Darkman ou Le Retour des morts-vivants 3. Du coup, je suis bien content de l'avoir redécouvert, parce que figurez-vous que c'est pas mal, malgré ce qu'on pourrait craindre de Russell Mulcahy, qui en dehors du premier Highlander n'a pas vraiment signé beaucoup de films réussis (on lui doit entre autres le pire épisode du Roi Scorpion), ou d'une histoire de méchant cochon, dans la mesure où ce n'est pas vraiment une bestiole terrifiante en soi (même si Chuck Norris utilise sa viande comme instrument de torture). L'exploitation de formules éprouvées, ça donne certes pléthore de machins insipides voire nuls, mais ça peut aussi être une base solide pour du bon cinéma de genre, et si Razorback ne réinvente pas le film d'animal tueur, il parvient néanmoins à tirer son épingle du jeu en copiant intelligemment son modèle tout en sachant s'en démarquer quand il le faut.


Razorback 01Le film n'est pas très sanglant, et mise surtout sur son ambiance, avec ses nuits toujours brumeuses
sur lesquels se découpent des silhouettes inquiétantes...

Razorback 02...et ses paysages de fin du monde.

Les apparitions de la créature sont d'autant plus efficaces qu'elles sont utilisées avec parcimonie, et le robot animatronique qui lui donne vie est plus convaincant que les images de synthèse modernes (ou que son "fils spirituel de Pig Hunt, sorti 25 ans plus tard). Et ses cris furieux en font une présence oppressante même quand elle n'est pas à l'écran, comme un équivalent "barbare" du thème musical composé par John Williams pour Les Dents de la mer. Le film a, dans l'ensemble, un côté sauvage, brut, avec ses ploucs dégénérés dans leur camion hérissé de pointes qui semblent tout droit sortis d'un Mad Max, et ses déserts arides jonchés de carcasses. Les décors sont apocalyptiques, cauchemardesques, aussi bien grâce au choix des lieux (comme une conserverie infestée de rats) qu'au superbe boulot du chef op (celui des Mad Max). Si l'on ajoute quelques petites touches de bizarrerie (un des tarés qui entonne la chanson-phare de The Wiz, les hallucinations du héros, ou même simplement sa décision de rentrer chez lui une fois fixé sur le sort de sa femme) (ben oui parce que normalement dans les films, même si l'assassin de ta femme est une bête sauvage et pas un criminel, tu es tenu de te venger) on obtient un résultat qui à défaut de génie, ne manque pas de caractère.


Razorback 04Le chasseur (entr'aperçu dans Peter Pan ) aurait mérité un plus grand rôle,
le personnage du citadin veuf n'étant malheureusement pas très intéressant.


Razorback est assez comparable à Pumpkinhead : pas vraiment un classique qu'on revisitera tous les ans, mais un bon petit film d'horreur qui a de la gueule et qui compense ses faiblesses (comme un scénario un peu léger) par des qualités qui le placent nettement au-dessus de la médiocrité de beaucoup de films du même genre. Certains vous diront que "ça a vieilli" ; je suppose qu'ils veulent dire par-là qu'on voit bien que ça a été tourné par des gens qui avaient l'amour du travail bien fait, pas comme aujourd'hui. Ca se trouve facilement à 3€ et pour quelqu'un qui cherche quelques films de monstres potables pour sa soirée d'Halloween, ça les vaut largement.

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 09:08

Monster WolfDans la série "les téléfilms nazes produits pour Syfy qui se retrouvent inexplicablement distribués en DVD alors que par ailleurs plein de 'vrais' films intéressants ne sont toujours pas édités ou réédités", aujourd'hui une obscure petite merdouille qui nous vient de la boîte à qui l'on doit des choses comme Quantum Apocalypse ou Flu Birds (du réalisateur du Seigneur du monde perdu). Bon au moins Seven7 propose de la VO sous-titrée et une jaquette honnête, on ne peut pas en dire autant de Zylo.

Thriller horrifique timidement écolo, Monster Wolf raconte comment une compagnie pétrolière sans scrupules réveille un mauvais esprit vengeur des Indiens Chactas en forant illégalement sur leur territoire. Incarné sous la forme d'un énorme loup, il se met à massacrer toute personne travaillant pour ou collaborant avec les responsables de la profanation. Les hommes du shérif se révèlent incapables d'empêcher les meurtres, et le PDG de la société décide donc de réagir en faisant appel à une équipe de tueurs professionnels. Mais le vieux chef de la tribu locale sait que seul un descendant du guerrier qui tua la bête des siècles plus tôt peut la vaincre à nouveau. Là évidemment il y a un suspense énorme, je vous laisse découvrir vous-mêmes si l'héroïne, dont le teint peut faire amérindien si on veut et qui a oublié une partie de son passé, est sans le savoir la fameuse dernière descendante alors qu'elle n'est autre que l'avocate des méchants pétroliers.


Monster Wolf 01Leonor Varela n'est pas terriblement convaincante en super guerrière indienne
mais à son âge c'est déjà bien qu'ils l'aient laissée jouer un autre personnage que la mère du héros.


J'espérais, sans trop y croire, être agréablement surpris plutôt que de tomber sur un énième film de monstre bidon dans la lignée de Jurassic Tiger, La Fureur des gargouilles ou Cerberus, avec un has been de la télé en guise de tête d'affiche, une créature en images de synthèse de qualité Playstation 2, et même pas assez de nanardise pour être drôle. On va dire pour être gentil que c'est effectivement un tout petit peu moins mauvais que la moyenne des films Syfy donc au-dessus de ce que je craignais. La bestiole n'est pas vraiment réussie mais pas trop ridicule pour un téléfilm à petit budget. Pour masquer ses limites, elle ne fait que des apparitions assez brèves et n'est pas toujours représentée par un truc numérique moche comme le loup du Chaperon Rouge ou ceux de Twilight. Je ne dis pas que la tête en fourrure utilisée pour certaines scènes est un chef-d'oeuvre d'animatronique mais elle a le mérite d'exister, ça rend le monstre moins virtuel. On pourra aussi saluer le fait d'avoir donné le rôle de la jolie jeune héroïne à une actrice quadragénaire (Leonor Varela de Blade II), un truc impensable dans le cinéma moderne (même cette pauvre Charlize Theron commence déjà à être cantonnée aux rôles de MILFs). Le méchant joué par Robert Picardo (Stargate) est caricatural mais un peu rigolo. Et puis il y a une petite séquence animée, et à l'ancienne en plus, pas un truc en flash à la Jonah Hex, qui est certes super basique mais qui donne l'impression que les auteurs du film ont essayé de faire quelque chose qui sorte un peu de l'ordinaire, là où tant d'autres bossent en mode pilote automatique.


Monster Wolf 02Le loup n'est pas bien effrayant mais les effets spéciaux
ne sont pas les pires qu'on ait pu voir dans un téléfilm de ce genre.


Mais voilà, à part ça c'est vraiment la traditionnelle série "B voire B moins" avec un casting terne, un scénario sans surprise, aucun rebondissement original. Plus j'y pense et plus je me dis que ça aurait pu faire un DTV goleri pour Steven Seagal, y avait des thèmes qui lui sont chers, ses frères indiens, la nature menacée par le grand capital, la famille, le vieux Sud, il aurait pu jouer l'ancien agent des forces spéciales qui vient pour éliminer le loup mais qui finit par l'apprivoiser et se battre à ses côtés quand il comprend qu'on l'a recruté pour une cause injuste. Sans quelqu'un comme ça pour donner une touche de personnalité au film, l'intérêt ne décolle pas, on s'endort quand même pas trop devant mais c'est vraiment médiocre et assez insipide. Même si ça passe gratos à la télé je vous conseille pas trop de perdre votre temps devant, à moins vraiment que votre lecteur DVD soit cassé et que les autres chaînes n'aient rien de mieux à proposer que Raptor Island, des rediffusions de Navarro et un documentaire sur la fabrication des lacets. Si vous tombez dessus à la solderie du coin, même à 50 centimes vous pouvez le laisser où il est.

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 07:28

InfestedHistoire de ne pas visionner que des histoires de psychopathes dangereux ou de monstres démoniaques pour ce mois de chroniques 100% films d'horreur, j'avais décidé de retourner voir un peu du côté des animaux tueurs, même si ma dernière expérience en la matière n'avait pas été super probante. Infested est le genre de film qu'on découvre en solderie à prix dérisoire en se disant "j'en ai jamais entendu parler et pour que ça ait fini là, à ce prix-là, ça doit être de la grosse daube", et qu'on n'achète jamais à moins d'avoir un blog spécialisé dans ce genre de choses, parce que c'est la crise et qu'un euro de perdu, ben, c'est toujours un euro de perdu. Moi, donc, ça tombe bien, j'ai une excuse pour expérimenter les trucs comme ça.

Infested réunit, à l'occasion d'un enterrement, un groupe d'anciens amis qui ne s'étaient plus revus depuis quinze ans et frisent maintenant la quarantaine. On sent vite qu'ils s'étaient tous suffisamment éloignés les uns des autres pour ne pas être trop bouleversés par la disparition de leur pote, mais qu'ils sont quand même contents de se revoir pour essayer de coucher avec les membres du groupe qu'ils n'avaient pas réussi à se faire du temps de leur jeunesse. La plupart des filles bavent sur celui qui est devenu une vedette de la télé, le célibataire beauf aimerait se taper l'allumeuse de service... Malgré la tension sexuelle, l'ambiance est raisonnablement bon enfant, jusqu'au moment où la petite bande découvre avec horreur que les mouches qui les agacent depuis le début du séjour, réunies en essaim, sont de terribles prédateurs capables de contrôler le corps des victimes qu'elles infestent. Commence alors une lutte sauvage entre les survivants et leurs copains "zombifiés" par les mouches tueuses.


Infested 03

Pas de vedettes au casting mais quelques visages familiers, comme
le parrain grabataire de la série
Breaking Bad ici en prêtre un peu excentrique.


L'intrigue peut paraître un peu débile, mais figurez-vous qu'Infested a été écrit et réalisé par un scénariste nommé aux Oscars pour son adaptation de A History of Violence pour Cronenberg. Pour être honnête, il n'a jamais rien fait de super notable à part ça, mais quand même, c'est pas le genre de chose qu'on s'attend à voir sur le CV de l'auteur d'un direct-to-video à tout petit budget sur de méchants insectes mangeurs de cerveaux. En fait, on sent clairement que le film ne se prend pas vraiment au sérieux même s'il s'en donne l'air, ce qui donne souvent des résultats plus intéressants que les parodies et autres "nanars volontaires". On pourrait dire que c'est en quelque sorte de l' "horreur expérimentale" : prenons une comédie dramatique sur des bourgeois flippés à l'approche de leur quarante ans et à mi-chemin, transformons tout ça en La Nuit des Morts-Vivants mais avec des mouches, comme ça, pour goleri. Et à vrai dire je ne pense pas que le résultat sera du goût de tout le monde, mais j'ai trouvé ça plutôt sympathique et original.


Infested 02

Infested montre pourquoi il vaut mieux que les héros de films d'horreur meurent jeunes :
parce que sinon, ils deviennent de vieux bourgeois pédants, aigris et mesquins.

 

Pour une fois, les personnages sont un peu plus épais que "le gros con farceur", "le gros con obsédé", "le mec sympa qui mourra en dernier", "la pute", "la coincée" et "la jolie fille sympa qui s'en sort à la fin". On reste un peu sur ce genre de stéréotypes certes, mais en moins basique, mieux écrit. Déceler les regrets, les déceptions, les rivalités, les jalousies entre les uns et les autres rend toute la mise en place plus intéressante que dans la moyenne des films qui démarrent par "une bande de copains va mourir dans une baraque au milieu de nulle part". Alors après c'est vrai qu'une fois que les bébêtes attaquent ça passe au second plan, mais en attendant, ça change agréablement, et puis au moins on se soucie un peu plus du sort des personnages quand on a l'impression que ce sont de vraies gens, pas qu'une liste de futures victimes.


Infested 04

Zach Galligan, le héros des deux Gremlins, ne donne pas beaucoup de "star power" au film,
mais les acteurs sont quand même tous plutôt bons.


Alors maintenant il faut dire ce qui est, pour la partie "horreur" c'est un peu plus convenu, voire assez couillon, notamment du fait que les effets spéciaux sont honteusement mauvais. Les mouches sont risibles et même le faux sang est foireux. Comme ça date du début des années 2000, le fait qu'un seul des personnages ait un portable et qu'il capte pas est encore un ressort dramatique à peu près acceptable, mais quand on voit trois survivants armés tenter une sortie dans le jardin et se comporter comme s'ils étaient submergés par un nombre égal d'adversaires, on n'y croit pas trop. Malgré  ça, il y a quand même quelques vrais moments de tension mine de rien, mais c'est pas trop un film à regarder pour se filer les chocottes. Comme je disais tout à l'heure, c'est pas à proprement parler une parodie mais y a un petit côté gag à tout ça. C'est plus à voir pour l'aspect insolite qu'autre chose, et sans être mauvais c'est pas franchement un super film non plus.


Infested 01

Voir les mouches en action fait plus de peine que de peur.

 

Malgré ça, allez soyons fou, j'ai quand même envie de vous le conseiller pour votre soirée films d'horreur. C'est rafraîchissant de voir que même un type à qui on a donné une misère pour tourner une histoire d'insectes avec en vedettes un acteur dont la carrière est dans l'impasse depuis plus de dix ans et une ancienne cascadeuse de Power Rangers s'est quand même donné la peine d'écrire quelque chose qui sorte des sentiers battus et effleure des thèmes inhabituels dans le genre comme la crise de la quarantaine, le côté obscur des vieilles amitiés ou le renoncement aux idéaux de jeunesse. Je dis pas que ça fait réfléchir sur tout ça hein mais ça change d'un Vendredi 13 ou d'un Syfy Original. Au prix où j'ai payé ça (un euro !), je regrette vraiment pas, je me suis pas ennuyé, j'ai ri quelques fois, j'ai passé 1h20 devant quelque chose de certes pas génial mais au moins pas banal.

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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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