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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 09:11

Bien qu'elle n'ait pas marqué les mémoires, la première adaptation ciné de Hitman a quand même ramassé 100 millions au box office mondial mine de rien, et tout ça pour un coût modeste. Alors forcément, la Fox a voulu faire un deuxième film. Comme personne n'a aimé le premier, ils n'ont pas cherché à en faire une suite, ils sont repartis à zéro avec de nouveaux acteurs. Et comme ils voulaient répéter la même opération, ils y ont mis peu de moyens et compté sur la popularité des jeux du même nom pour que ça se vende quand même. Ils ont réengagé le même scénariste, un réalisateur qui n'avait fait que des pubs et des clips avant, et toujours pas de vraie tête d'affiche. Bon, moi, je suis pas du genre à renier mes origines : Ciné Discount est né d'un blog de jeux vidéo, je continuerai à chroniquer des films tirés de jeux même quand ils font pas envie du tout. Ne serait-ce que parce que je voudrais pas rater le jour où les meilleurs d'entre eux dépasseront le "c'est très con mais c'est rigolo" et le "c'est pas une grande réussite mais c'est chouette" pour atteindre enfin le "c'est vachement bien".

Comme le titre l'indique, on suit à nouveau l'Agent 47, cette fois joué par un second rôle de la série Homeland et issu de manipulations génétiques produisant des assassins dépourvus d'états d'âme et aux sens et réflexes accrus pour le compte d'une organisation spécialisée dans les meurtres sur commande. Une agence rivale qui souhaite obtenir ses propres super-tueurs recherche sans succès le savant à l'origine du programme, disparu depuis des années, et 47 est chargé de contrecarrer leurs plans. Pour cela, il compte les priver de leur dernière piste, une mystérieuse jeune femme elle-même lancée sur les traces du généticien en cavale. Alors qu'il est sur le point de lui mettre le grappin dessus, sa cible est sauvée par un inconnu, mais il se pourrait bien que l'homme cache ses véritables intentions à son sujet.

Hitman: Agent 47 vous est offert par la Audi RS7, une voiture qu'elle est bien pour la conduire,
surtout en rouge vif quand vous essayez de circuler discrètement en ville.

Hitman: Agent 47 aimerait bien avoir l'air d'un thriller sérieux, et pour cela il recopie ce qu'il a vu chez plein d'autres. Il y a des sociétés secrètes internationales avec des noms super originaux comme "L'Agence" et "Le Syndicat". Il y a des coupures de journaux et des photos et des indices punaisés au mur sur une carte parce que même à l'ère des smartphones ça reste apparemment le meilleur moyen de stocker tous les renseignements qu'on a sur la cible qu'on traque, même quand on est en cavale et qu'il faut tout remballer précipitamment à chaque déménagement. Il y a des ordinateurs qui font dzzzzziiiiit dziiiiit trrrrrrllll bliiiip bloup pendant que le logiciel reconnaît quelqu'un à partir d'images de vidéosurveillance floues. Il y a des coups de théâtre où en fait les gentils sont méchants et les méchants sont gentils, puis inversement, puis le contraire. Il y a une fille qui se bourre de cachets pour montrer qu'elle a une vie compliquée. Il y a un flic à l'air niais qui ironise quand son prisonnier qui a été assez bête pour se laisser capturer tout seul lui avoue qu'en fait il l'a fait exprès parce que c'est un super criminel et ça fait partie de son plan (le film vole même une réplique de Watchmen, "vous ne comprenez pas, ce n'est pas moi qui suis enfermé avec vous, c'est vous qui êtes enfermés avec moi"). Il y a un méchant qui dit à son ennemi "vous et moi, nous ne sommes pas si différents". Il y a des indices apparemment anodins qui amènent à des déductions qui tombent 100% juste, genre "l'homme que nous recherchons en vain depuis 20 ans aime les orchidées, il sera donc forcément demain matin à Singapour à 9 heures".

La fille décroche des articles de sa carte au fil des révélations,
pour signifier au public à quelle point elle est vive d'esprit
parce qu'elle vient de déduire que le type ne se cache pas dans l'océan Atlantique.

Les lieux communs se succèdent au fil d'un scénario légèrement insultant de bêtise. Bon, des fois c'est juste des petits détails idiots, comme quand la fille va récupérer un passeport commandé à un faussaire, n'est pas contente de sa qualité, menace le mec pour en obtenir un meilleur... qu'il lui donne immédiatement parce qu'apparemment il gardait en stock, juste au cas où, un deuxième faux passeport de meilleure qualité fabriqué spécialement pour elle (à moins que l'auteur pense qu'un faux passeport, c'est juste un passeport vierge que tu remplis toi-même au stylo après avoir collé ta photo dedans, et après ça passe tranquille à la douane). D'autres fois c'est un peu plus crétin, comme quand on découvre que "Le Syndicat", qui veut absolument pouvoir lancer son propre programme d'Agents, possède déjà la technologie pour produire des tueurs dotés des mêmes facultés, mais qui en plus sont invulnérables aux balles. On sent d'ailleurs que même 47 est perturbé par l'absurdité du plan parce que jusqu'au combat final, alors qu'il sait très bien que les armes à feu sont inutiles contre son adversaire, il tente encore de tuer le mec avec son flingue juste au cas où. Et puis à d'autres moments, là c'est carrément que le fameux type recherché par le Syndicat habite DANS LA MÊME VILLE QUE LEUR QUARTIER GÉNÉRAL, DANS LAQUELLE IL FRÉQUENTE UN LIEU PUBLIC SANS MÊME SE DÉGUISER. Attention hein ça n'est même pas qu'il a une ruse particulièrement astucieuse et audacieuse pour échapper à leur caméras et satellites hein, c'est simplement qu'il a cette chance incroyable que les mecs qui surveillent le monde entier sont trop cons pour surveiller leurs propres environs, quand bien même ils disposent de tous les indices qui permettent à plus malin qu'eux de deviner où il est.

Un mec qui fréquente assidûment un attrape-touristes et qui a besoin
d'un traitement médical expérimental pour son cancer des poumons,
c'est drôlement dur a repérer sur un territoire plus petit que le Luxembourg.

Au milieu de ce mélange de paresse et de stupidité, il y a un héros hélas pas très intéressant, joué par un acteur fade. Le problème de 47 c'est que sa profession en fait logiquement le méchant de l'histoire, ce qu'il est d'ailleurs au début du film, mais qu'il faut bien lui donner le beau rôle quand même. Et c'est faisable avec un assassin charismatique, pour peu qu'il ait une personnalité intrigante, un côté tragique, une cause juste, un code d'honneur de type "je tue que ceux qui méritent", mais ici ça n'est qu'une espèce de robot construit entièrement en clichés sur les tueurs à gages solitaires froids et méticuleux, qui abat sans sourciller tous ceux qui peuvent compromettre sa mission, parfois de manière gratuitement atroce, comme quand il balance un simple homme de main dans un broyeur. Il n'évolue pas en cours de route, même quand son rôle dans le film s'inverse, et on ne nous donne jamais une vraie raison de vouloir le voir gagner à la fin. C'est sous-titré Agent 47 et les mecs sont pas foutus de nous amener à nous soucier de l'Agent 47, ils comptent juste sur "c'est le héros du jeu vidéo, t'aimes ça les jeux vidéo non ?"

Il n'y a même pas un mot sur son passé de champion de limbo.

Mais le plus décevant, c'est quand on sait que les séquences d'action ont été mises en scène par le tandem David Leitch/Chad Stahelski et qu'elles se révèlent aussi moyennes. On reconnaît quand même la marque de fabrique des papas de John Wick, un personnage qui se déplace calmement à travers un décor en éliminant méthodiquement un par un ses adversaires avec un mélange de tirs ultra-précis et de combat au corps-à-corps, mais ici la sauce ne prend pas, entre autres parce que les environnements où se déroule l'action ne se prêtent pas à une chorégraphie très intéressante, mais aussi parce que le montage tend à casser la fluidité des échauffourées alors qu'elle fait partie intégrante de ce style qui a fait le succès du film avec Keanu Reeves. Le résultat est quand même loin d'être nul mais reste insuffisant pour relever le niveau.

Outre le fait que Rupert Friend et Hannah Ware
ne sont pas spécialement crédibles en héros de film d'action,
un hélipad n'est pas le meilleur endroit pour une fusillade à la
John Wick.

Je me souviens trop peu de l'original pour dire si celui-ci est légèrement moins mauvais ou encore pire. Après relecture de ma chronique de l'époque, j'ai l'impression que c'est un match nul : comme celle de 2007, la nouvelle version est un truc idiot au point d'être risible, avec un acteur mal choisi, éclipsé par la jolie mannequin qui l'accompagne, et des scènes d'action bien brutales et pas trop foireuses mais qui ne rattrapent pas le fait qu'on n'ait absolument rien à cirer de l'intrigue, sauf qu'ici en plus d'évoquer n'importe quel thriller bas-de-gamme de ces trente dernières années, est un mélange foireux de Terminator 2 et Hanna. Mieux vaut revoir John Wick.

 

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Hitman: Agent 47 (2015) réalisé par Aleksander Bach sur un scénario de Skip Woods (Die Hard: Belle journée pour mourir) et Michael Finch (Predators). Avec Hannah Ware (Shame), Rupert Friend (Homeland), Zachary Quinto (Star Trek), Ciarán Hinds (Game of Thrones), Thomas Kretschmann (Avengers : L'Ere d'Ultron).

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Published by Toxic - dans Action
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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 08:46

N'ayant chroniqué que des adaptations de jeux vidéo cette année, je continue sur ma lancée même si ça veut dire qu'il va falloir que je re-bouffe du Hitman et du Tekken. J'avais encore jamais vu Doom, qui a déjà 12 ans cette année, et comme pour Resident Evil ça me paraissait être un bon moment pour lui donner enfin sa chance. En 2005 je me serais sûrement focalisé bêtement sur "mais ça n'a rien à voir avec le jeu !", mais là je me sentais d'humeur à donner tort à tous ceux qui l'avaient descendu à sa sortie : les critiques sérieux qui avaient trouvé ça débile tout en affirmant que "mais les fans du jeu aimeront sûrement !" (parce que jouer à des jeux vidéo signifie automatiquement avoir des goûts de chiottes en matière de films tant qu'on appelle un personnage "Dr Carmack" OUAH COMME JOHN CARMACK LE CREATEUR DE DOOM), les fans outrés par les infidélités à "l'Oeuvre" d'origine, et ceux qui ne voulaient pas rater une occasion de se moquer d'un idiot de catcheur qui prétendait faire du cinéma.

Eh oui, parce qu'à l'époque The Rock était encore The Rock, un type qui jusque-là avait gagné sa vie en faisant semblant de se battre en slip, et pas encore Dwayne Johnson, la plus grosse star de la galaxie. Il était donc de bon ton d'ironiser sur son talent d'acteur. Vous vous rendez compte que même quand j'ai commencé ce blog, en des temps immémoriaux, je me demandais s'il trouverait enfin le film qui ferait de lui le nouveau Schwarzenegger ou s'il resterait toujours le un-peu-mieux-que-Roddy-Piper-mais-pas-beaucoup ? Aujourd'hui, la question ne se pose plus. Vous voulez sauver GI Joe ? Vous appelez Dwayne Johnson. Vous voulez être sûr de pouvoir poursuivre les Fast & Furious jusqu'à l'explosion du soleil ? Dwayne Johnson. Vous voulez tirer du fric d'un vieux truc ringard comme Alerte à Malibu ? Dwayne Johnson. Et les critiques sur "encore un culturiste teubé qui joue comme un parpaing" ont laissé place à des louanges sur son côté sympa, charismatique et rigolo. Mais en 2005, donc, on n'en était pas encore là.

Je ne vous apprends sans doute rien en vous disant que Doom, que l'on doit au même réalisateur que Street Fighter, la légende de Chun-Li, est tiré de l'un des premiers et plus célèbres jeux de flingage en vue subjective, qui mettait en scène une invasion de démons dans une base martienne suite à l'ouverture d'un portail infernal. Le film délaisse l'élément occulte mais il est toujours question de massacre sur Mars, où des scientifiques sur un site de fouilles archéologiques sont victimes de créatures non-identifiées. Une escouade militaire est envoyée pour retrouver d'éventuels survivants ainsi que le fruit de leurs mystérieuses recherches. Attaqués à leur tour, les troufions comprennent assez vite que leurs supérieurs leur ont caché la vraie nature de la menace, et tombent l'un après l'autre dans les griffes de mutants féroces.

Remplacer les démons par de simples mutants, pourquoi pas,
mais ça semble avoir servi d'excuse pour utiliser des créatures au design assez banal.

Le seul moment mémorable du film, illustré ci-dessus, arrive vers la fin : cinq minutes à la première personne, dans la peau du héros qui tue des monstres dans des couloirs à coups de fusil d'assaut ou de tronçonneuse. C'est probablement cette scène qui a suffi aux critiques pour se mettre dans la tête que ça "plairait forcément aux fans du jeu vidéo". Malheureusement, en dehors de ça, c'est une copie d'Aliens qui souffre à la fois d'un manque de personnalité (même les streums ressemblent à une version bodybuildée du Xénomorphe) et d'un surplus de budget. Avec moins de fric ça aurait pu donner un nanar et être drôle, mais là, sans être vraiment une superproduction (on se rend sur Mars en téléporteur parce que ça coûte moins cher à représenter à l'écran qu'un vaisseau spatial) ça n'est pas ridicule du tout. Et avec un peu d'imagination ça aurait pu être une vraie bonne variation autour du thème "commando contre monstre(s)" comme Predator, mais c'est le genre de film où chaque scène est une réplique de la précédente (les soldats arrivent dans une nouvelle pièce/un nouveau couloir, une ombre fait "woosh woosh" derrière/au-dessus d'eux, une patte griffue en chope un en douce et le bute, les survivants répliquent en tirant dans le vide) et où chaque personnage a un seul trait de caractère qui dicte la totalité de sa contribution à l'histoire : le chef reste bien droit dans ses bottes, le bleu-bite panique, le cul-bénit prie, le psychopathe fait des trucs louches, le héros désobéit aux ordres pour la bonne cause, etc.

L'autre gros clin d'oeil au jeu, c'est le "Big Fucking Gun". Et c'est certes marrant de voir
The Rock se trimballer avec un fusil de la taille d'un éléphanteau, et en même temps,
il tire deux fois avec dans tout le film, et rate, donc ça n'est pas spécialement satisfaisant pour autant.

Alors voilà, comme il y a Rosamund Pike, comme les effets spéciaux sont plutôt réussis (meilleurs que ceux de Resident Evil, par exemple), comme il y a cette fameuse séquence imitant le jeu, comme ça n'est pas un de ces films de monstres fauchés où ça bavasse tout le temps parce que ça coûte moins cher que de tourner des scènes d'action, ça reste plus regardable que d'autres ersatz du film de Cameron tellement oubliables que là je suis même pas foutu de vous en citer un seul en exemple. Tout ça n'en fait pas un film intéressant pour autant, il manque une touche de folie ou de créativité qui aurait pu faire qu'on s'amuse vraiment devant, mais là même The Rock, sans être mauvais, ne donne aucun relief à son personnage et à la baston finale (qui se fait à coups de poings, un comble pour Doom). A choisir, je reverrais plutôt un Resident Evil que ça, et j'ai pourtant pas spécialement envie de revoir un Resident Evil, c'est vous dire si vous n'avez pas besoin de regarder Doom.

 


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Doom (2005), réalisé par Andrzej Bartkowiak (Roméo doit mourir) sur un scénario de Dave Callaham (Expendables : Unité spéciale) et Wesley Strick (Freddy : Les Griffes de la nuit). Avec Karl Urban (Dredd), The Rock, Rosamund Pike (Gone Girl), Raz Adoti (Resident Evil: Apocalypse), Richard Brake (Batman Begins), Dexter Fletcher (Arnaques, crimes et botanique).

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 08:38

Comme Apocalypse, Retribution démarre exactement là où s'arrêtait le chapitre précédent, et comme Afterlife, le film part dans une autre direction une fois que l'introduction l'a débarrassé des éléments que l'auteur a finalement regretté d'avoir mis en place (et des personnages dont les interprètes avaient mieux à faire que de revenir, comme Claire et Chris Redfield). Si vous vous attendiez à voir Alice mener les passagers de l'Arcadia dans une révolte contre Umbrella, ou à voir les deux camps comprendre que dans leur situation le plus sage est de déposer les armes et de tenter de reconstruire quelque chose ensemble sur les ruines du monde, pas de bol. Les survivants sont massacrés, Alice est capturée, et la voilà prisonnière d'un énième labo souterrain secret où son ancienne alliée Jill Valentine la torture. Heureusement pour elle, Wesker n'est pas mort (par respect pour votre intelligence, le film ne fait même pas semblant qu'il y a une explication à sa survie, il faut simplement admettre qu'il n'est pas mort) et a décidé de se retourner contre Umbrella pour l'aider à s'évader. Mais pour rejoindre l'escouade qui doit la tirer de là, Alice devra affronter toutes les armes vivantes que la Reine Rouge, l'intelligence artificielle qui règne sur les lieux, garde en stock, parmi lesquelles des clones de ses anciens compagnons d'armes.

J'aurais pu m'arrêter au quatrième film et on se serait quittés bons amis, Resident Evil et moi. Mais non, il a fallu que je voie le cinquième qui, hélas, n'est pas sorti en DVD 3D alors qu'il a lui aussi été conçu pour la 3D, et qui est probablement le plus crétin de toute la série. Sans le relief, les nombreuses courses-poursuites et fusillades perdent beaucoup de leur attrait (et les ralentis omniprésents se retrouvent superflus la plupart du temps), ce qui incite à moins d'indulgence envers le reste. Et le reste, c'est une espèce de tentative de best of Resident Evil, qui recycle des décors et monstres d'Afterlife, fait revenir le Lécheur des deux premiers films mais en version géante, nous inflige une nouvelle déclinaison de la Reine Rouge de l'original (le mec, c'est lui qui scénarise depuis le début, et il s'est persuadé que c'était la méchante, alors que son but original était d'empêcher l'épidémie, et il s'est persuadé qu'une menace aussi banale que son "You are all going to die down here" était une réplique percutante) et ressuscite sous forme de clones des personnages morts depuis plusieurs films. Pour meubler les 85 minutes règlementaires, Paul Anderson a aussi ajouté quelques nouveaux protagonistes calqués sur le modèle habituel du "j'ai 5 répliques et aucune personnalité mais je porte un nom tiré des jeux vidéo pour faire plaisir aux fans", et fourré où il pouvait quelques lieux communs du film de zombies qu'il n'avait pas encore trouvé l'occasion d'exploiter, comme l'invasion d'une petite bourgade idyllique par les morts-vivants.

Jusque-là il n'avait pas encore trouvé de prétexte non plus pour avoir des soldats zombies...

...et des zombies aquatiques, mais voilà, cette fois, c'est fait.

Le résultat est sans doute l'épisode le plus proche d'un jeu vidéo, même si pas forcément un jeu vidéo Resident Evil. Mais ça se résume vraiment à une succession de "Alice entre dans le 1er niveau, Tokyo, tue tous les monstres, passe au niveau 2, New York, tue tous les monstres, passe au niveau 3, Moscou, etc etc", entrecoupée de dialogues où les protagonistes s'expliquent les uns aux autres que derrière tous ces gros flingues et tout ce kung fu acrobatique il y a une conspiration mondiale vachement complexe. Et surtout vachement absurde et en contradiction avec ce qui s'est passé dans la série jusqu'ici, mais c'est pas fait pour y réfléchir trop fort, c'est fait pour justifier le fait que la trame s'est définitivement bloquée sur "Umbrella essaie d'éliminer ou contrôler Alice parce que c'est l'arme absolue, et Alice essaie d'éradiquer Umbrella parce que c'est les méchants", quand bien même Umbrella n'a plus de chef, Alice n'a plus de superpouvoirs, le monde est censé être un désert depuis Extinction, anéantir le peu d'humains encore en vie est sûrement beaucoup plus facile avec quelques bombes atomiques qu'en produisant en laboratoire des géants de trois mètres avec des cagoules de bourreau, et se venger des fabricants du Virus T semble une cause un peu moins productive que trouver un remède.

Comme pour presque chaque épisode, le meilleur moment du film est encore son intro,
ici une grosse scène d'action rembobinée au ralenti.
Après ça, à moins d'être un fan inconditionnel de la série, vous pouvez arrêter le visionnage sans regret.

Ca reste un film de gogol pas antipathique du tout, et même un peu rigolo pour un fan de nanars. Mais après un épisode que j'avais trouvé chouette, sans la 3D c'est un retour décevant à la réalité des Resident Evil : ce ne sont vraiment pas de bonnes petites séries B qui valent mieux que leur mauvaise réputation, mais bien des couillonnades décérébrées avec, de temps en temps, une idée un peu intéressante, une petite trouvaille qui élève une scène d'action pas exceptionnelle par ailleurs. Je reconnais que ça a une certaine personnalité, du style, que ça n'est clairement pas l'oeuvre d'un tâcheron qui fait ça pour payer son loyer mais bien de quelqu'un qui s'applique sur sa mise en scène (pas trop sur son écriture, en revanche...) parce qu'il est à fond dans son délire, mais ça reste un délire de gamin de 14 ans toujours pas remis de Matrix et amoureux de Milla Jovovich, auquel j'ai pas vraiment réussi à adhérer en cinq films. Là, voyez, je suis pas spécialement en train d'attendre avec impatience la sortie DVD du Chapitre Final. Et malgré un pic de qualité sur le quatrième film, mon verdict n'aura pas beaucoup bougé : c'est pas les pires adaptations de jeux vidéo qui soient, c'est moins gavant qu'Underworld, et en même temps, c'est moins chouette que Tomb Raider et clairement pas indispensable à votre culture cinématographique.

 

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Resident Evil: Retribution (2012), écrit et réalisé par Paul W.S. Anderson (Alien vs. Predator). Avec Milla Jovovich (Le 5ème élément), Li Bingbing (Transformers : L'Âge de l'extinction), Aryana Engineer (Esther), Michelle Rodriguez (Avatar), Boris Kodjoe (Clones), Sienna Guillory (Eragon), Oded Fehr (La Momie), Shawn Roberts (xXx: Reactivated),

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 16:52

Au début de l'épisode précédent, on apprenait que l'épidémie de Virus T avait transformé le monde en désert. Dans celui-ci, on découvre qu'en fait il reste des villes, mais qu'elles sont en ruines encore fumantes même 4 ans après l'apocalypse (accessoirement, Extinction se déroulait 5 ans après l'apocalypse mais je suppose qu'on n'est plus à ça près). Qui allume les incendies au sommet des immeubles, les zombies ? Bon, en tout cas, soyons juste, Paul Anderson (qui entre les deux films s'est marié avec son héroïne) n'a pas tout oublié de ce qu'il avait écrit avant. Contrairement à ce que je craignais, ce quatrième film n'ignore pas la conclusion du troisième. C'est plutôt qu'il en fait la mini-intrigue d'une intro à la James Bond, au lieu d'en faire le sujet du film. Alors voilà, les restes du fameux "convoi de Claire Redfield™" ont bien tenté de rejoindre un abri en Alaska, et Alice a bien emmené ses clones dans le labo souterrain d'Umbrella à Tokyo pour mettre une branlée au grand chef de la multinationale responsable de la fin du monde. Et je me souviens qu'au début de la série je trouvais intéressant qu'Umbrella soit montrée comme une caricature à peu près plausible d'une vraie entreprise pharmaceutique sans scrupules, mais là on en est clairement arrivés au point où ils ont achevé leur dégénérescence en simple gang de méchants de cinéma, avec un patron qui ne quitte jamais ses lunettes de soleil et flingue ses propres employés dès qu'ils hésitent à lui obéir.

En tout cas, une fois le prologue passé, et les clones dépensées par l'héroïne comme de simples vies supplémentaires pour parvenir jusqu'au boss du niveau, l'action se déplace dans les restes de Los Angeles, où Alice et Claire tombent (presque littéralement) sur un nouveau groupe de survivants dans une prison. Un hasard dont l'invraisemblance ne choquera probablement pas les fans de la série fait que ces nouveaux compagnons savent où se situe vraiment l'abri que tout le monde pensait trouver en Alaska, et figurez-vous qu'en réalité il est tout près de là où ils se planquent ! Le problème c'est qu'une immense horde de zombie leur barre la route. Heureusement, ils détiennent un prisonnier qui connaît un moyen de sortir en limitant les risques, et qui n'est autre que Chris Redfield, le frère de Claire, parce qu'au niveau coïncidences improbables on n'est plus à ça près n'est-ce pas ?

"Salut, on est là parce qu'un film de zombies ou aucun survivant ne se fait tuer c'est un peu chiant".

Bon, les amis, il aura fallu attendre l'antépénultième film de la série, mais cette fois, on y est : j'ai kiffé pour de vrai un Resident Evil. Pas seulement "bon c'est vrai que dans mes souvenirs c'était pire que ça" ou "oh, c'est pas aussi nul que sa réputation le laisse penser" mais "ah ben tiens il était plutôt cool celui-ci". Et pourtant l'intrigue est toujours basique et paresseuse, les personnages sont toujours sans grand intérêt, les effets numériques sont toujours médiocres, mais ce coup-ci les scènes d'action suffisent à justifier le visionnage. Il faut dire que c'est en 3D. Bon, dans mon cas, ça a été de la 3D de DVD, donc il faut utiliser des lunettes en carton et accepter qu'au lieu d'avoir des couleurs normales, l'image va être verte ou marron ou grise selon les scènes. Mais j'ai trouvé que ça en valait la peine. Il faut un temps d'adaptation/résignation mais ça m'a semblé plus facile à pardonner que sur Meurtres à la St-Valentin ou Dark Country, parce que le relief est vraiment mis en valeur aussi souvent que possible.

L'intro est sans doute la meilleure scène du film,
mais pour une fois la suite vaut le coup d'oeil quand même.

Là, il faut quand même dire une chose sur cette série, qui est valable depuis le début : c'est pas des films prétentieux. Ils ne cherchent jamais à faire croire qu'ils ont quelque chose de grave et profond à dire, mais ils ne donnent jamais non plus dans le genre "clin d'oeil au public parce qu'on sait tous qu'on vaut mieux que ça et qu'on est juste là pour en rigoler ensemble". Et donc, se mettre à la 3D, on voit bien que Paul Anderson n'a pas pris ça comme une bête obligation pour ramasser plus de fric. Il aurait pu se contenter de faire ajouter quelques effets de profondeur en post-production parce qu'il s'en fout et qu'il s'estime trop bien pour ce gadget, mais non, il a tourné avec les caméras d'Avatar et il s'est donné la peine d'élaborer un maximum de scènes qui auraient l'air cool en 3D. Alors, chaque fois qu'il y a une baston, vous pouvez être sûrs qu'Alice va balancer des shurikens vers l'écran, tirer vers l'écran, empaler ses ennemis avec des sabres pointés vers l'écran, qu'il va y avoir des flingues et des balles et des haches et des débris qui volent et tourbillonnent partout, etc. Et ça a sûrement encore plus de gueule sur une télé 3D mais vous voyez, rien qu'avec mes lunettes en carton je me suis surpris à esquiver.

Avec des choses comme ça pendant 1h30, je veux bien passer l'éponge
sur tout ce qu'il peut y avoir de con, absurde ou fade dans un
Resident Evil.

Alors après, c'est sûr que si j'avais vu une version 2D j'aurais sans doute pensé la même chose que pour les épisodes précédents. J'aurais peut-être même trouvé Afterlife plus laborieux, parce qu'il y a de longs ralentis tout le temps pour profiter encore plus de la 3D, et donc forcément, en 2D je suppose que ça fait bizarre de voir chaque scène d'action se dérouler comme ça. Mais là, voilà, c'est ce que j'espérais depuis le début : si ça doit rester le genre de film où un type de 3 mètres avec un sac sur la tête et une hache-marteau se balade dans les rues de Los Angeles sans explication (enfin je suppose que l'explication c'est qu'il est tiré d'un des jeux vidéo mais mon dernier c'était Resident Evil 3 sur la première Playsation donc c'est loin), où les interactions entre un frère et une soeur qui se croyaient morts se limitent à peu près à "Claire ? Je te croyais morte ! -Mais t'es qui ? -Ton frère. -Je me rappelle pas. -Mais si, ton frère ! -Ok.", où l'existence de chaque personnage est oubliée dans les 30 secondes qui suivent sa mort, alors il faut que l'action en jette, et pour une fois, ça y est, il y a un peu plus de moments mémorables qu'un coup de pied acrobatique à un chien zombie ou une moto qui vole à travers les vitraux d'une église.

Le film débarrasse Alice des pouvoirs magiques utilisés dans Extinction
pour se reconcentrer sur un classique du premier volet, le coup de savate volant dans la gueule.

S'il vous faut quelque chose de plus cérébral, ou si l'idée d'un arrière-goût de Matrix assez prononcé est susceptible de rendre le film ringard pour vous, ou si vous considérez la 3D qui en fait des tonnes dans le genre "attention baisse-toi !" comme un gadget pour enfants, ou si vous ne comptez pas le regarder en 3D du tout, ben voilà, c'est une série B bas-du-front, pas beaucoup plus crétine que la moyenne des Marvel et consorts mais sans le casting et les effets spéciaux haut-de-gamme pour la tirer vers le haut, donc ça reste aussi dispensable que les autres Resident Evil. Mais si ça vous amuse de voir le cinéma renouer avec ses racines d'attraction foraine de temps en temps, alors il y a des chances que ça vous fasse goleri de voir Milla Jovovich faire des pirouettes dans un hélicoptère en plein crash ou sauter d'un toit d'immeuble avec une horde de morts-vivants aux trousses.

 

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Resident Evil: Afterlife 3D (2010), écrit et réalisé par Paul W.S. Anderson (Mortal Kombat). Avec Milla Jovovich (Ultraviolet), Ali Larter (Heroes), Boris Kodjoe (Clones), Wentworth Miller (Prison Break), Kacey Barnfield (Lake Placid 3), Shawn Roberts (xXx: Reactivated), Kim Coates (Sons of Anarchy), Spencer Locke (Tarzan).

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 09:10

Au cinéma, ils aiment bien nous faire le coup de la fin où OH LA LA C'EST DINGUE LE HEROS EST DEVENU LE MECHANT. Mais comme ils aiment bien aussi faire des suites sans prendre trop de risques, à chaque fois ils reviennent sur leur pas. Le seul qui est allé au bout de son idée c'est George Lucas mais il a triché en filmant d'abord les suites donc ça ne compte pas. Les autres se sont tous dégonflés, la petite Jamie n'a pas remplacé Michael Myers, Tommy Jarvis n'a pas remplacé Jason Voorhees, et dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui, Alice n'est pas redevenue un agent d'Umbrella et n'a pas éliminé les compagnons qui l'ont sauvée. Mais pour être honnête, le coup de théâtre qui concluait Resident Evil: Apocalypse n'est pas complètement ignoré, il est simplement mentionné puis balayé sous le tapis en quelques secondes vers la fin.

Extinction démarre quelques années après que le Virus T a provoqué la fin du monde, transformant la quasi-totalité de l'humanité en zombies et la Terre en désert, un scénario catastrophe qui se soucie moins de vraisemblance que d'économiser sur le budget, parce que c'est quand même moins cher et plus simple d'aller tourner dans un coin où y a du sable partout que de construire une ville fantôme, ou de demander à Yoram Globus s'il reste quelque chose des décors des Maîtres de l'Univers 2. Alice est devenue une Mad Max à moto toujours impeccablement maquillée. Ses copains de l'épisode précédent se sont séparés d'elle le temps d'aller remplacer Jill Valentine (l'actrice ayant abandonné la série au profit d'Eragon) par une nouvelle co-héroïne, et se retrouvent faire-valoir dans "le convoi de Claire Redfield", une bande de figurants survivants en quête perpétuelle de provisions et de carburant. Les gens d'Umbrella sont toujours planqués dans leur réseau mondial de laboratoires souterrains, et un chercheur est toujours déterminé à créer un super-clone d'Alice pour combattre les zombies, plutôt qu'à améliorer l'antidote imparfait disponible depuis le premier film. Puis il décide qu'il va plutôt apprivoiser les zombies pour combattre Alice, parce qu'après tout Umbrella c'est les méchants du film.

Ils sont tellement méchants qu'ils honorent la tradition residentevilienne
du personnage de la petite fille agaçante  dont on se serait bien passé.

Au bout d'à peu près une heure tout le monde finit par se rendre compte qu'il n'y a eu que peu d'action et que l'histoire n'a pas trop progressé, et qu'il va falloir se décider à plier tout ça, et se retrouve donc dans un coin de désert où ils ont ajouté numériquement des bâtiments ensevelis quand c'est filmé en plan général, mais pas grand'chose d'autre qu'un container, un bout de ruine et un panneau "Las Vegas" dès que la caméra s'approche, parce que Las Vegas ça coûte cher à fabriquer en vrai. S'ensuivent bastons, explosions, etc, jusqu'à un dénouement dont on soupçonne que lui aussi sera largement ignoré au début de Resident Evil: Afterlife.

Le boss de fin est banal comparé au Nemesis de l'épisode précédent,
et c'est un énième recyclage du cliché "je m'en fous d'être devenu un monstre abominable
parce qu'en fait je suis devenu la race supérieure qui remplacera l'humanité !"

On peut apprécier que Resident Evil ait choisi à nouveau de  changer complètement d'environnement : les grands espaces et le soleil écrasant de son monde post-apocalyptique succèdent à un deuxième épisode nocturne et urbain qui lui-même contrastait nettement avec l'original. Et Russell Mulcahy, réalisateur de Razorback, des premiers Highlander, et de la moitié des clips de ta jeunesse si t'as grandi dans les années 80, filme un peu plus joliment que les confrères qui l'ont précédé. Et c'est amusant de voir qu'Alice a encore débloqué de nouveaux superpouvoirs parce qu'elle commence à avoir accumulé beaucoup d'XP en trois aventures. Mais c'est à peu près tout ce que j'ai de sympa à dire sur ce troisième épisode qui ne corrige toujours pas les tares de la série.

Le monde post-apocalyptique du film reste assez fade et sous-développé,
mais on se consolera en se disant que c'est plus original que nous ramener à Raccoon City.

Et donc, en dehors de quelques détails l'action reste assez peu mémorable, et les effets spéciaux sont toujours moyens, mais surtout, l'intrigue est toujours con, et les protagonistes ont toujours zéro personnalité, même ceux qui n'en sont plus à leur première apparition. Ils sont là pour servir de chair à zombies ou pour porter des noms qui seront familiers aux fans des jeux, parce que Paul Anderson veut que tu saches qu'il s'est renseigné sur Resident Evil et qu'il a appris les noms des vrais personnages, vu que t'as chouiné quand il a inventé Alice de toutes pièces pour le premier film (ne nie pas, je sais que c'était toi). Alors tu vois, la rouquine avec un fusil, eh ben c'est Claire Redfield ! La fameuse Claire Redfield qui mène "le convoi de Claire Redfield" et dont le nom est cité aussi souvent que possible pour enfoncer le clou, mais à laquelle on ne va surtout pas attribuer un caractère parce que dans le fond, à quoi bon, c'est destiné à un public adolescent qui s'en bat les couilles.

Voilà, je vous mets la meilleure cascade du film, vous pouvez faire l'impasse sur le reste
si vous n'êtes pas vraiment fan de la série.

Vous me rétorquerez probablement que le cinéma hollywoodien à gros budget ne vise jamais vraiment les adultes et qu'un fan du Roi Scorpion comme moi est mal placé pour faire le snob. Mais voilà, épisode après épisode je n'ai vraiment pas l'impression que tout ça ait été produit en espérant captiver ou impressionner un spectateur qui espère savourer les films d'action, mais simplement d'occuper des gens peu exigeants qui les consomment à la chaîne d'un oeil distrait en se vantant même de faire ça "le cerveau débranché". Ca n'est pourtant pas spécialement paresseux, et ça reste à peu près honnête si on se contente de comparer aux nombreuses adaptations foireuses de jeux vidéo comme Max Payne ou King of Fighters, mais ça n'est pas vraiment un exploit. J'aimerais bien arriver enfin à un épisode que j'apprécie pour de vrai plutôt que de me répéter à chaque fois que bon, c'était moins naze que je craignais et qu'au moins 1h20 et des poussières c'est pas trop long.

 

Resident Evil: Extinction (2007), réalisé par Russell Mulcahy (Highlander) sur un scénario de Paul W.S. Anderson (Alien vs. Predator). Avec Milla Jovovich (Ultraviolet), Ali Larter (Heroes), Iain Glen (Game of Thrones), Oded Fehr (La Momie), Spencer Locke (Tarzan), Linden Ashby (Mortal Kombat), Mike Epps (Very Bad Trip).

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 09:17

Au cas où les plus grosses plaintes sur le premier épisode concernaient l'anonymat et l'amnésie de l'héroïne, la jaquette de la suite tient à rassurer les fans déçus : "Mon nom est Alice et je me souviens de tout". Eh ouais, qu'est-ce tu crois, c'est pas le Resident Evil de ton papa en 2002, c'est le Resident Evil moderne de 2004 avec une Milla Jovovich qui sait exactement qui elle est et d'où elle vient. Le film tient la promesse tacite faite à la fin du précédent : oui, cette fois, on va voir Raccoon City envahie par les zombies, comme dans les jeux vidéo. C'était pas garanti hein, les producteurs auraient pu se dégonfler comme ceux d'Halloween 5 ou Vendredi 13 VI. Après un bref récapitulatif, on revoit donc Alice se réveiller dans l'hôpital, désormais abandonné, où les savants de l'Umbrella Corporation l'ont transformée en mutante, et s'apercevoir à sa sortie qu'elle n'a pu contenir l'épidémie du Virus T. C'est la panique dans les rues, les survivants essaient de fuir les morts-vivants et quitter la ville, mais les dirigeants d'Umbrella mettent Raccoon City en quarantaine. Manque de bol pour Alice, c'est apparemment une ville fortifiée avec une seule porte de sortie. Son seul espoir d'en réchapper : l'une des huiles d'Umbrella cherche à retrouver sa fille, perdue au milieu des zombies au moment de l'évacuation des VIP, et a promis un hélicoptère à qui la ramènerait vivante. Très vite, tout ce qui a encore un pouls, une radio et un flingue est à la recherche de la précieuse gamine...

J'ai beau m'être moqué du slogan de la jaquette, il est clair que les auteurs étaient conscients de ce qui avait déçu dans le premier épisode, et qu'ils ont cherché à rectifier le tir plutôt que de se dire que leur succès commercial était la preuve qu'ils tenaient la bonne formule et qu'il suffisait de la réexploiter. Ils ont emprunté aux jeux vidéo plus d'éléments reconnaissables, ils ont mis plus d'action, ils ont fait en sorte qu'il y ait un peu plus de ce qu'on voit d'habitude dans les films de zombies. Et une fois de plus, le résultat est regardable pour qui n'est pas allergique aux films cons, mais n'est quand même pas bien fameux.

En cours de route, le film décide soudain de faire sortir les morts de terre dans les cimetières
pour faire comme chez Romero, même si ça n'est pas vraiment cohérent
avec ce que le 1er
Resident Evil et le début de celui-ci nous avaient appris de leurs zombies.

Il y a quelques idées intéressantes, comme l'origine du virus T. Plein de films de zombies nous font le coup de l'armée qui cherche délibérément à produire des zombies parce que ce serait "le super-soldat". Une créature qui n'est efficace qu'au corps-à-corps et en surnombre, incapable de tenir un flingue, ce serait la Pierre Philosophale pour les militaires. Ah ben ils n'ont qu'à élever des chiens d'attaque alors, au moins ça obéit aux ordres et ça sait distinguer les alliés des ennemis, mais vous voyez, dans les armées modernes les régiments de molosses ça ne se fait plus trop. En tout cas ici, les zombies sont un accident issu d'une tentative de militariser une invention qui servait à autre chose, ce qui est nettement plus plausible. Bon, c'est pas grand'chose je vous l'accorde, et c'est vous dire s'il faut un peu se forcer pour trouver des qualités au film.

Milla Jovovich qui court sur une façade d'immeuble plutôt que de la descendre en rappel, c'est amusant,
mais
Ultraviolet est tellement plus riche de ce genre de moment que je continue à le préférer.

Pour continuer dans un registre positif, mentionnons quelques trucs rigolos... Après le Lécheur de Resident Evil 2 (qui refait une apparition), le film emprunte un monstre à Resident Evil 3, le Nemesis. En version cinématographique, il ressemble à la mascotte d'Iron Maiden sous stéroïdes et se balade avec un bazooka et une mitrailleuse dans son imper. Et puis apparemment c'est un peu un cyborg aussi. En tout cas, on voit pas ça tous les jours. Alice s'étant fait injecter des superpouvoirs à la fin du premier épisode, on a encore quelques moments dans la veine du coup de pied sauté dans la tête du chien. Le coup du mec qui ne peut pas s'empêcher de regarder les femmes à poil, même zombifiées, c'est pas très fin mais je mentirais si je prétendais que ça ne m'a pas fait goleri, même si on pourra se chagriner à l'idée qu'en 2004, le seul Noir du film était là pour assurer le quota comique. Et puis il y a une scène qui évoque Peur Bleue, le film de requins avec LL Cool J, où un personnage qu'on pense être sur le point de devenir important se fait bouffer par surprise.

Une nette amélioration par rapport au précédent : le faire-valoir interprété par le fade Eric Mabius
a muté pour devenir une pochette d'album de hard rock.

Tout ça donne un peu de personnalité à Resident Evil: Apocalypse, mais ça reste trop peu pour compenser ses défauts. Comme ces idées qui ne fonctionnent pas vraiment sans pour autant en devenir comiques. La nouvelle co-héroïne Jill Valentine, par exemple : l'actrice qui joue le rôle n'est pas foncièrement moins convaincante que Milla Jovovich en dure à cuire, mais elle porte une réplique exacte de sa tenue de Resident Evil 3, ce qui donne l'impression de voir une fan déguisée accompagner les vrais acteurs, comme si Bryan Singer avait vraiment donné un collant jaune à Wolverine pour le premier X-Men plutôt que d'en faire un sujet de blague. Et puis l'intrigue se contente d'emmener ses personnages d'un décor à un autre pour les y mettre face à l'un des 2 seuls rebondissements qu'elle a en stock, "et là, tout à coup, il y a des zombies" ou "et là, tout à coup, il y a le Nemesis".

C'est pas que ce soit désagréable de voir Sienna Guillory se promener en minijupe,
mais son style jure complètement avec tout le reste.
Même Milla Jovovich en robe fendue rouge s'intégrait plus naturellement à son environnement.

Quand je me suis lancé dans les Resident Evil, le Chapitre Final n'était même pas encore sorti. Et vous voyez, je suis tellement motivé par le visionnage de ces films et l'écriture de ces articles qu'il n'est probablement déjà plus en salles alors que j'en suis à peine à chroniquer le deuxième épisode. C'est bébête mais jamais assez crétin pour me faire rire, les scènes d'action ne sont pas trop mal filmée mais assez banales, l'histoire et les personnages ne sont pas spécialement intéressants. Je garde espoir que ça finisse par décoller, mais pour l'instant, je me dis que j'aurais décidément pu continuer à ignorer cette série sans vraiment rater quelque chose.

 

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Resident Evil: Apocalypse (2004), réalisé par Alexander Witt sur un scénario de Paul W.S. Anderson (Course à la mort). Avec Milla Jovovich (Jeanne d'Arc), Sienna Guillory (Eragon), Mike Epps (Very Bad Trip), Oded Fehr (La Momie), Sandrine Holt (Underworld : Nouvelle ère), Raz Adoti (Doom), Jared Harris (Sherlock Holmes : Jeu d'ombres), Iain Glen (Game of Thrones), Zack Ward (Transformers).

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 09:18

C'est marrant, je croyais me souvenir que le premier Resident Evil n'avait pas été un franc succès lors de sa sortie en salles. Qu'à l'époque, de l'avis général, c'était un film d'action médiocre, que les fans des jeux avaient été déçus qu'il n'y ressemble pas beaucoup, et que ça manquait de sang et de tripes pour les amateurs d'horreur et de zombies. Et puis les suites se sont accumulées, et nous voilà 15 ans plus tard avec un sixième épisode (et dernier avant qu'ils décident de repartir à zéro avec de nouveaux acteurs en garantissant que "cette fois on va être super fidèle à la source !™") au cinéma depuis quelques semaines, et la série a ramassé un milliard de dollars au total sans jamais dépenser des budgets énormes, et on serait tous bien infoutus de dire dans quoi d'autre Milla Jovovich a joué après sa période Luc Besson (à part le merveilleux Ultraviolet, bien entendu), et il faut donc que je me rende à l'évidence, je m'étais drôlement gouré, le public kiffe ces Resident Evil après tout. Une longévité et un succès pareils, ça finit par rendre curieux même quelqu'un comme moi qui avait trouvé le premier raté, et qui n'avait eu envie d'en voir aucun autre jusqu'à présent. Alors voilà, ces jours-ci je vais tous me les faire, pour voir si je suis passé à côté de quelque chose pendant 15 piges ou si c'est à classer avec Underworld dans ces phénomènes que je n'arrive pas vraiment à m'expliquer.

Ca démarre plutôt pas mal, une séquence nerveuse et brutale nous plonge dans un labo top secret dont les travaux louches sont inconnus du personnel lui-même, à l'exception des chercheurs. Un virus mortel y est relâché lors d'un vol et l'intelligence artificielle qui gère la sécurité des lieux décide qu'il vaut mieux bloquer toute évacuation plutôt que de prendre le risque de répandre une arme bactériologique. Tout le monde crève dans un grand mouvement de panique, sans comprendre ce qu'il lui arrive, et l'idée que les méchants du film ne sont pas des savants fous clownesques mais des grands patrons prêts à sacrifier froidement des employés (même pas conscients des risques qu'ils couraient) pour éviter un scandale, et à confier la tâche à une machine, paraît plutôt bien vue (en plus d'être salement plausible).

On ne reconnaît aucun personnage du jeu mais au moins
leurs costumes permettent d'identifier qui a une petite chance d'atteindre le dernier niveau
et qui est un pion anonymedestiné à crever rapidement.

Malheureusement, après ça, ça se gâte, avec l'irruption d'un commando paramilitaire qui découvre  deux personnages rendus amnésiques pour une raison vaseuse mais ça fait un prétexte pour expliquer l'histoire. Et l'histoire c'est qu'en fait la méchante IA a agi de son plein gré, ce qui est assez décevant, et qu'il faut infiltrer le labo souterrain pour la désactiver. A partir de là, ça devient un film d'action gentiment con avec des gens avec des fusils d'assaut piégés dans un complexe high tech qui le plus souvent ressemble à un bête hangar parce que ça coûte moins cher, et qui de temps en temps tirent sur des zombies sans dire "zombie" et sans avoir aucune idée de ce que c'est parce qu'on est encore en 2002. Comme c'est tiré d'un jeu vidéo ça essaye de faire genre "hé t'as vu ami jeune, je m'y connais en nouvelles technologies" et donc il y a un hologramme, des lasers, un plan de la base en 3D sur des ordis qui font bzzzzz et dut-dut-dut parce que le mec a vu Blade Runner.

Les effets spéciaux n'ont pas très bien vieilli, mais au moins ils permettent de donner vie
à quelques éléments directement tirés des jeux vidéo comme le "Lécheur".

Je pensais que maintenant que des considérations comme "pffff ça n'a rien à voir avec le jeu vidéo" ne me chagrinent plus comme dans ma jeunesse j'allais pouvoir réévaluer le film à la hausse, mais il reste plombé de défauts rédhibitoires. Le coup de l'amnésie, c'est paresseux et con. Le coup de l'IA qui prend l'aspect d'une fillette au jeu d'actrice pénible, c'est agaçant. Le premier rôle masculin pour Eric Mabius malgré son charisme de doublure lumière de second rôle de téléfilm, c'est un choix discutable. Et puis les maquillages des zombies sont quasiment inexistants, et on a droit à tous les poncifs du genre, le personnage qui se fait mordre et qui fait promettre aux autres qu'ils feront "ce qu'il faut" avant sa transformation, celui qui n'a plus qu'un chargeur et qui garde sa dernière balle pour lui-même, même à cette époque où les morts-vivants n'avaient pas encore été surexploités ça sentait déjà le réchauffé.

A quelques rares exceptions près, les efforts du département effets spéciaux sur les zombies
se sont limités à un peu de fond de teint pâle et de faux sang,
ce qui la fout un peu mal pour un film sur un jeu de zombies
.

Tout cela étant dit, le film n'est pas aussi inintéressant que dans mes vagues souvenirs. Ce coup-ci, plutôt que de regretter que ça ne ressemble pas aux jeux, j'ai trouvé rigolote l'idée que le film invente un personnage inédit mais typiquement "héroïne de jeux vidéo" : pas bavarde, affublée d'une tenue sexy totalement inadaptée à l'action, dont la couleur permet de la distinguer facilement des "personnages non-joueurs", assez faiblarde au début mais qui acquiert de nouveaux pouvoirs pour péter des gueules en cours de route. Elle n'a même pas de nom, il faut attendre le générique de fin pour savoir qu'elle s'appelle Alice, comme dans les vieux jeux où, si tu te donnais pas la peine d'aller le chercher dans le mode d'emploi, tu ne savais pas que ton guerrier s'appelait Paul ou Vince ou Hiryu ou Simon Belmont. Et puis, il y a quelques scènes d'action potables, comme la baston contre les chiens zombies.

Soyons juste, c'est pas dans tous les films qu'on voit des clébards se manger
des coups de pied sautés rotatifs, quelque chose comme
Ratchet & Clank
aurait jamais fait l'effort d'aller chercher un truc pareil.

Alors voilà, disons que si le reste de la série se révèle vachement bien et que je décide, de temps en temps, de me la refaire en marathon comme ça, revoir le premier à chaque fois ne sera pas une corvée, mais ce sera vraiment juste pour dire que je revois toute la série. Et si les suites se révèlent du même niveau, ça me manquera pas de ne plus jamais le revoir. C'est trop médiocre pour se hisser au niveau d'une honnête série B comme Tomb Raider, et trop platement con pour être aussi amusant à regarder que Mortal Kombat, du même réalisateur. Au moins, ça ne m'a pas dissuadé d'aller au bout de mon projet, c'est déjà ça, mais dans un domaine qui place aussi bas la barre que celui des adaptations de jeu vidéo, Resident Evil se contente de trébucher dessus et se console en se disant qu'au moins il l'a quand même franchie.

 

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Resident Evil (2002), écrit et réalisé par Paul W.S. Anderson (
Alien vs. Predator). Avec Milla Jovovich (Le 5ème élément), Michelle Rodriguez (Avatar), Eric Mabius (Ugly Betty), James Purefoy (Rome).

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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 08:44

Apparemment, l'éditeur français de Jungle Ground ne croit pas suffisamment en la notoriété de Roddy Piper auprès des amateurs de direct-to-video pour afficher sa bobine et son blaze sur la jaquette. Mais c'est bien lui la vedette de ce téléfilm de 1995, réponse canadienne à la mode des "films de ghetto" de l'époque, mais plus proche des Guerriers de la nuit dans son intrigue et sa vision fantasmée du monde des gangs. Jungle Ground se déroule en effet dans ce qui était le décor de tous les beat'em up des années 90 (et, de nos jours, celui des discours politiques sur l'insécurité) : une grande zone urbaine sinistre entièrement dédiée au crime sous toutes ses formes, "où même la police n'ose plus aller", où des centaines de jeunes marginaux se sont organisés en véritable armée pour célébrer ensemble leur amour des coiffures punks, des blousons en cuir, des jeans déchirés, des bracelets à clous, de l'éclairage par barils enflammés et des surnoms comme "Viper", "Razor" ou "Pitbull". Piper joue un flic contraint de participer à une mission sous couverture qui tourne rapidement au désastre. Capturé par les "Ragna-Rockers", le gang qui contrôle cette zone de non-droit que la VF (que je suppose québécoise parce que les personnages appellent une soirée une "partie" et utilisent des vannes aussi percutantes que "t'as bu ou t'as soif ?") appelle "Cité Noire", il devient la proie d'une chasse à l'homme et doit parvenir à quitter les bas-fonds sans aide extérieure avant le lever du jour s'il veut revoir sa copine vivante.

Dans la vraie vie, Toronto est apparemment l'une des grandes villes les plus sûres du continent américain. Et c'est rigolo de penser que malgré ça, il y a 20 ans, des gens de là-bas se sont quand même dit, vraisemblablement après avoir vu Boys N The Hood ou Menace II Society, "tiens, nous aussi je parie qu'on a des quartiers difficiles où tout le monde est un délinquant et s'entretue à coups de Uzi, on devrait faire un film qui se passe dans cet univers !" Même si le début se présente comme un polar sérieux, assez rapidement on comprend que ça ne prétend clairement pas dépeindre quoi que ce soit de façon réaliste. C'est pas un drame social, ça n'a pas de "message", c'est ce qu'on pourrait appeler de la "ghettosploitation", un film d'action qui surfe sur une mode. Notez que je dis pas ça comme une critique hein, au contraire. Ca aurait été difficile de tenter de dire un truc sérieux sur la misère, l'injustice et la violence tout en dépeignant les quartiers pauvres du Canada comme des coupe-gorge dont les habitants
n'ont pas attendu l'apocalypse pour vivre comme dans un Mad Max. Jungle Ground se contente donc d'imaginer ce qui se passerait si Roddy Piper était le héros de Double Dragon.
 


Dans le monde pittoresque des gangs de rues imaginaires, le Uzi ne sert pas à faire des "drive-by"
contre les bandes rivales, c'est un accessoire à munitions illimitées pour ados rigolos en rollerblades.


Le charme du film réside dans cette improbable "Cité Noire", avec sa bande des Rockers qui ressemblent moins à un vrai gang criminel qu'aux Juggalos, ou aux Cobra de GI Joe : c'est multiethnique, mixte, ils ont leur logo sur les murs de leur QG, leurs fringues, leurs véhicules, et même si leur thème officiel c'est la mythologie nordique, ils restent assez inclusifs pour avoir un mec qui porte un stetson et des six-coups, un gamin en rollerblades qui se prend pour un animateur télé, et des gens qui s'appellent "Diesel" ou "Spider" aux côtés de "Thor", "Loki" et "Troll". Et leur chef Odin (prononcé "Odine" par les doubleurs québécois), qui ressemble à une sorte de sous-Billy Idol, a même des tueurs jumeaux à sa solde ! Franchement, il ne leur manque plus qu'une ligne de figurines articulées à leur effigie. Bon, on ne sait pas trop de quoi vit tout ce petit monde, parce que dans un quartier comme le leur il ne reste personne à dépouiller, qu'ils rejettent violemment le trafic de drogue et qu'en dehors des putes (au grand coeur, bien sûr) et de leur mac personne ne semble avoir un travail, mais ils ont quand même une économie qui visiblement fonctionne bien puisqu'en plus de leurs gilets en cuir personnalisés ils ont des tonnes d'armes et de munitions, détruisent leurs propres bagnoles pour se divertir, et ont même une espèce de marché dans leur base où les membres peuvent se procurer des fruits et légumes.
 


Ceux qui ont joué à Streets of Rage sur Megadrive il y a 20 ans savent que les piles de pneus
servent à cacher des poulets rôtis pour récupérer de la vie après une bagarre.


A côté de ça, on pourra regretter que Roddy Piper soit un peu terne, avec un personnage de flic relativement banal. Je suis tenté de croire que c'est en partie la faute, une fois de plus, d'un doublage pas terrible (et évidemment, il n'y a pas de VO sur le disque). Mais il faut dire aussi que des intrigues secondaires à peu près inutiles limitent son temps de présence à l'écran et donc la possibilité de rendre son rôle plus intéressant. Le pervers qui drague sa copine, les flics qui viennent enquêter sur les lieux de son opération ratée (dans la zone où ils sont censés ne jamais aller), ça va nulle part, ça sert à rien. Même la division au sein des Rockers entre ceux qui veulent éradiquer tout trafic de drogue de leur territoire et ceux qui veulent simplement éliminer les fournisseurs extérieurs pour reprendre ça à leur compte, au final ça n'est là que pour servir de prétexte au changement de camp d'un des personnages secondaires. Et l'intrigue principale n'est pas vraiment passionnante non plus, c'est une course-poursuite pas très bien racontée, avec des chasseurs semi-débiles qui déclarent dès le début "il faut surtout pas se séparer sinon ils nous aura un par un" puis immédiatement après se séparent et se font avoir un par un, et une proie dont on ne sait jamais si elle a progressé vers son but ou si elle tourne en rond. De temps en temps il y a une fusillade ou une explosion ou une bagarre dans laquelle Roddy Piper parvient à caser des prises de catch.
 


"Odine", qui débutait dans ce film mais a fait son trou à la télé depuis, est si théâtral par moments
que lui et ses plombages en arriveraient presque à voler la vedette à Roddy PIper.


Malgré ces reproches, j'ai pas passé un mauvais moment devant. Comme Epreuve mortelle, c'est bébête, ça ne vaut pas les films que ça essaie d'imiter, mais ça reste plutôt sympathique, marrant et pas trop mal foutu. Alors bien sûr si à la base vous n'êtes pas du genre à fouiller dans le bac à 1€, ça n'est pas un truc pour vous, mais si l'idée de vous replonger dans les années 90 avec une repompe à petit budget des Guerriers de la nuit ressemble pour vous à une façon acceptable d'occuper 1h25 par un après-midi d'ennui, ça peut valoir le coup d'essayer de mettre la main dessus.

 

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Jungle Ground (Jungleground, 1995), réalisé par Don Allan sur un scénario de Michael Stokes (Aigle de fer IV). Avec Roddy Piper (Invasion Los Angeles), JR Bourne (Teen Wolf), Peter Williams (Stargate SG-1), Torri Higginson (Stargate Atlantis), Rachel Wilson (Les Kennedy), Joel Gordon (Max Payne), Lexa Doig (Jason X).

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 13:12

J'hésite à chroniquer Invasion Los Angeles, parce que bon, vous avez déjà vu Invasion Los Angeles, n'est-ce pas ? Mais Roddy Piper n'a pas tourné que pour Carpenter, il nous a aussi laissé un paquet de téléfilms obscurs qu'en France on ne trouve que dans de vieilles éditions DVD pourraves pour bacs à 1€, et comme à la base c'est un peu la raison d'être de ce site, c'est l'occasion de se replonger dans cet univers fascinant.

Epreuve mortelle nous vient de chez Prism, sous une jaquette qui propose, en plus d'un résumé gentiment con rempli de fautes de frappe, la fiche technique de Best of the Best avec Eric Roberts, histoire de nous rappeler quel éditeur sérieux et professionnel était Prism Leisure Corporation. Piper  y partage l'affiche avec une autre vedette du direct-to-video, Billy Blanks, ancien champion d'arts martiaux dont les vidéos de fitness ont eu suffisamment de succès, dans les années 90, pour attirer l'attention de producteurs de cinéma en quête du nouveau Van Damme ou Seagal.

Le gourou du Tae Bo joue "Quicksilver", un agent spécial de la CIA amnésique suite à une tentative de capture. A l'hôpital où il est soigné pour ses blessures, il se fait repérer par Elmo Freech, un détective privé/chasseur de primes persuadé qu'il s'agit d'un criminel en fuite qui va lui rapporter un paquet de pognon. Mais quand Elmo comprend qu'il a affaire à un agent tellement secret qu'officiellement, il n'existe pas, il décide de l'aider à échapper à ceux qui en ont après lui. Coup de chance, cette association sera l'occasion de faire d'une pierre deux coups (de tatanes dans la gueule), puisque les compères s'apercevront que les mafiosi qu'Elmo cherche à coincer depuis des mois sont impliqués dans un trafic d'armes et de drogue avec les traîtres de la CIA qui ont provoqué l'amnésie de Quicksilver qui, heureusement, se souvient encore comment être trop fort au kickboxing.

Même si périodiquement des personnages malfaisants en costard-cravate tiennent des réunions secrètes pour expliquer l'intrigue avec des airs sérieux, cette histoire de complot et d'amnésie est assez bébête et ne tient pas très bien debout. Mais c'est pas très grave, Epreuve mortelle ne cherche pas vraiment à être un thriller malin, simplement une histoire de camaraderie virile entre braves costauds aux personnalités contrastées, qui déambulent d'un décor à l'autre en distribuant généreusement blagues et bourre-pifs. C'est la version à petit budget de 48 heures ou L'Arme fatale, un moment de détente pour après-midi pluvieux, quand on a besoin de plaisirs simples comme accompagner deux cogneurs dans un monde
où il n'est pas de souci qu'on ne puisse dissiper d'un grand coup de pied sauté dans la tronche, où les méchants ronds-de-cuir arrogants finissent bien punis pour leur mauvaises actions, et où les gentils sont richement récompensés pour leurs exploits.
 


Avoir un bon copain, voilà c'qu'il y a d'meilleur au monde.


Le problème quand un film comme ça arrive de notre côté de l'Atlantique, malheureusement, c'est que soit le distributeur estime que ça ne mérite pas d'engager de vrais doubleurs professionnels, soit les acteurs chargés de la VF se sentent trop bien pour ce genre de couillonnade et sabotent leur travail. Comme il n'y a pas de VO sur le DVD, il faudra donc subir des doubleurs qui nous jouent ça en mode atone ou gogol. Et ça a beau n'être "que" un film de bagarre, je trouve que ça gâche sensiblement le charme du film, qui repose beaucoup sur les interactions rigolotes entre ses trois personnages principaux (les deux têtes d'affiche et Lisa Stahl, qui joue la secrétaire de Roddy Piper). Certains se consoleront en trouvant que, couplé à son scénario crétin, ça achève de faire basculer Epreuve mortelle dans le nanar. D'autres, avec les scènes d'action, variées et sympathiques. Des poursuites, des fusillades, et surtout, des bastons, avec l'occasion d'apprécier deux styles différents, Piper qui mélange tout en brutalité catch et combat de rue, Blanks qui avec son style rapide et aérien fait regretter qu'il n'ait pas fait plus de vrais films d'arts martiaux que de vidéos de remise en forme.
 


Même les cascadeurs ont l'air de s'être bien amusés sur le tournage.


Dans le genre téléfilm à 1€, il y a pire, celui-ci a le mérite d'avoir un petit peu de personnalité, des petites touches amusantes, Roddy Piper qui fait le guignol pendant la séance d'entraînement parce qu'il n'arrive pas à suivre, Billy Blanks qui pourrait simplement exploser un type à mains nues mais prend la peine de l'étrangler avec une chaise pour que ce soit plus original, les deux héros qui se mettent à se battre entre eux comme un hommage à Invasion Los Angeles, pas moins de deux visites dans des bars qui servent à rien à part ajouter des scènes de castagne en plus... Après, ben, voilà, si à la base c'est pas le genre de produit avec lequel vous aimez occuper vos jours d'arrêt maladie, je vais pas essayer de vous convaincre que celui-ci est tellement bien qu'il peut plaire même à quelqu'un qui n'est pas spécialement porté sur les petites productions bas-du-front avec des gens qui se tapent dessus et des choses qui explosent. Mais pour les fans, ça vaut bien 1€.



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Epreuve mortelle (Tough and Deadly, 1995), réalisé par Steve Cohen (Martial Law) sur un scénario d'Otto C. Pozzo (Dojo : la loi des arts martiaux). Avec Roddy Piper (Invasion Los Angeles), Billy Blanks (Le Dernier samaritain), Lisa Stahl (Jerry Maguire), Phil Morris (Smallville), Richard Norton (Mad Max: Fury Road), Sal Landi (Maniac).

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 11:52

Rassurez-vous, on en a fini avec les thèmes, mais je me suis dit que ce serait quand même rigolo après deux Universal Soldier sans Van Damme d'enchaîner avec un Van Damme sans Universal Soldier. J'ai choisi Timecop parce que même si ça a été l'un de ses plus gros succès en salles, aujourd'hui il me semble que quand on évoque ses "classiques" on pense plutôt à ses premiers films d'arts martiaux à petit budget comme Kickboxer ou Full Contact qu'à ses gros films de studios comme Chasse à l'homme ou celui-ci. Accessoirement, c'était l'occasion de jeter un oeil au travail de Peter Hyams (le père de John), un réalisateur qui a tourné de grosses productions avec de grosses vedettes sans jamais vraiment s'imposer parmi les grands noms du cinéma d'action de son temps, plutôt comme un de ces types qu'on embauchait quand James Cameron, John McTiernan ou Richard Donner étaient trop cher et que Renny Harlin et Chuck Russell étaient déjà occupés.

Adapté d'une obscure BD, Timecop parle de voyages dans le temps, un sujet qui exige généralement beaucoup d'indulgence de la part du public vis-à-vis de possibles incohérences dans le scénario. Et ici il faut effectivement renoncer à toute logique d'un bout à l'autre. En 1994, un savant travaillant pour le gouvernement américain met au point une machine temporelle. Elle ne permet pas d'explorer le futur "parce qu'il n'a pas encore eu lieu", et il est décidé d'un commun accord qu'il ne vaut mieux pas l'utiliser pour aller dans le passé parce qu'on risque de créer des catastrophes en le modifiant ("ce serait tentant de tuer Hitler, mais le résultat pourrait être encore pire !"). Ah bon ben ok, du coup, la machine sert à rien et y a pas de film alors ? Si, si, parce qu'on craint que quelqu'un n'utilise cette technologie à mauvais escient. Qui donc, puisqu'il n'y a qu'une seule machine au monde ? Tant qu'elle est bien gardée, a priori ça craint rien. Fin du film, alors ? Non, non, imagine, quelqu'un d'autre a une machine. La liste des suspects doit être très courte, vu les moyens qu'il faut pour voler cette technologie et se construire sa propre machine. C'est probablement un coup du mec qui supervise toute l'opération et qui a tellement une gueule de fourbe que le film ne cherche même pas une seconde à dissimuler que c'est lui le méchant. Arrêtons-le et le film est fini alors. Non, non, créons plutôt une police spéciale qui traquerait les criminels du temps. Comment ses agents reviendront dans leur présent au fait, puisque celui-ci deviendra un futur qui n'a pas encore eu lieu ? Non, vraiment, faut pas trop réfléchir devant Timecop.
 


Apparemment en dix ans les plus féroces ennemis de l'Amérique ont fini par développer
ou dérober la technologie des voyages dans le temps, mais ils sont suffisamment disciplinés pour ne l'utiliser
que pour de petits méfaits qui peuvent se réparer en envoyant un flic ou deux, pas pour foutre le bordel complet.

 

Au milieu de ce bordel absurde, il y a Van Damme. Je ne sais pas s'il est censé être d'origine allemande ce coup-ci plutôt que française ou louisianaise, mais en tout cas il s'appelle Max Walker plutôt que Toulouse Robideaux ou Jean-Pierre Napoléon, et sa propre femme le vanne sur son accent "incompréhensible". Après, elle se fait assassiner, et il ne reste plus à Walker qu'à se donner corps et âme à son nouveau boulot de flic du temps. Pendant dix ans, il traque des criminels qui utilisent leurs connaissances historiques pour s'enrichir en interceptant des cargaisons d'or ou en investissant, à une époque où leurs actions sont au plus bas, dans des entreprises devenues florissantes. Il finit par découvrir que c'est le sénateur à la tête de la commission de contrôle du temps qui organise ces malversations pour financer sa campagne présidentielle, et comprend qu'il va être difficile de rassembler des preuves et témoignages contre son propre patron. Il part néanmoins enquêter en 1994 parce que ça coûte moins cher à produire que des décors futuristes ou historiques et que c'est aussi l'année où est morte sa femme, du coup je vous laisse deviner si tout ça l'amènera à empêcher son assassinat en plus de contrecarrer les plans du méchant.



Timecop c'est surtout un voyage dans le temps pour le spectateur, avec un retour vers
cette période mystérieuse que fut le Hollywood des années 90, où tous les délinquants
prenaient Bart Simpson pour modèle et avaient des rollers ou un skate et une casquette à l'envers

 

Fusillades, cascades, effets spéciaux (qui ont pris un méchant coup de vieux)... Clairement Van Damme cherche à râtisser un public plus large que celui de ses fans habituels, à jouer dans la cour des Schwarzenegger, Stallone et Willis. Mais ça reste une production plutôt modeste, pas un concurrent sérieux aux films à grand spectacle des années 90. Cela dit, là où cette volonté de ne plus simplement faire du Van Damme se ressent le plus, c'est finalement dans ses tentatives maladroites de s'essayer à l'art de la vanne. Hélas, ses répliques censément percutantes, tombent toujours à plat, et ça ne colle pas vraiment à son personnage de veuf éploré. On peut quand même apprécier cette tentative de se renouveler un peu, surtout qu'il ne perd pas son identité au passage. Il ajoute quelques notes à son répertoire mais n'oublie pas ce qui a fait son succès : il distribue généreusement les coups de saton dans la gueule, fait plusieurs démonstrations de son grand écart facial, et montre évidemment ses fesses dès le premier quart d'heure du film.
 


L'éditeur du DVD sait à quel point tout le monde apprécie cette prouesse et a décidé
de l'utiliser non seulement pour illustrer la jaquette, mais comme curseur dans les menus.


En tout cas, et au risque de me répéter, il vaut mieux voir ça dans un certain état d'hébétude parce que dès qu'on y réfléchit plus d'une demi-seconde on s'aperçoit que c'est quand même complètement crétin et on regrette l'époque où Van Damme faisait des films simples mais qui tenaient debout. "Machin participe à un tournoi d'arts martiaux et latte la tronche à tout le monde pour venger son frère", c'est basique mais au moins tu passes pas le film à te dire "attends, y a besoin de créer une police du temps alors que personne n'a encore de machine à part la police du temps ?" ou "attends, en 1929 il peut se matérialiser précisément dans le bureau du type et en 1994 il apparaît au milieu de la route ou au-dessus de l'eau ?" ou "la machine elle disparaît mais elle va nulle part, et pour rentrer il faut juste un boîtier sans machine ?" ou "vraiment, y avait pas plus simple pour s'enrichir ? Comme vendre la technologie des voyages dans le temps en loucedé ?" ou "les mecs peuvent localiser précisément où et quand ont lieu les crimes temporels mais pas leurs points de départ ?" Et je dis ça en tant que fan de Retour vers le futur et Terminator, qui sait que même ces films-là ne résistent pas à un examen poussé. Mais Timecop est encore plus couillon et vraiment pas assez inventif ou spectaculaire pour se permettre de l'être autant.
 


Le film n'a malheureusement pas assez de grosses scènes d'action,
mais ça ne fait quand même pas trop
direct-to-video bas-de-gamme.


Je suis un peu déçu, ayant lu que c'était un des plus gros succès publics et critiques de Van Damme je m'attendais vraiment à mieux qu'un film aussi crétin, qui n'a vraiment pas très bien vieilli. Pour quelqu'un qui aime bien ce qu'il fait, ça se laisse regarder, c'est pas chiant, c'est pas Légionnaire, le casting est sympathique, le côté idiot et daté est un peu rigolo et contribue à le rendre divertissant, mais disons que le DVD est loin d'être indispensable à votre collection.

 

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Timecop (1994), réalisé par Peter Hyams (2010, l'année du premier contact) sur un scénario de Mark Verheiden (The Mask). Avec Jean-Claude Van Damme, Ron Silver (Ali), Mia Sara (Labyrinthe), Bruce McGill (Rizzoli & Isles - Autopsie d'un meurtre), Gloria Reuben (Urgences).

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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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