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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 12:24

Le Drole de Noel de ScroogeAlors, vous avez passé un joyeux Noël, tout le monde ? Bon, je sais que pour ceux qui l'ont passé devant un DVD, c'est probablement pas ma sélection de cette année qui a beaucoup aidé. Cela dit, c'était pas interdit de se repasser Bad Santa ou Christmas Evil, hein ? En tout cas, pour ceux qui sont encore d'humeur, j'ai un dernier film à thème pour cette année : encore une adaptation du bouquin de Dickens coproduite par Disney, cette fois sous forme de film d'animation, signée par le même studio qui nous a donné Le Pôle Express et La Légende de Beowulf avant de décider que finalement les dessins animés 3D photoréalistes ça coûtait trop cher par rapport à ce que ça rapportait.

C'est Jim Carrey qui prête sa voix et, partiellement, ses traits à Scrooge, vieil usurier sans coeur méprisé par tout Londres mais qui reçoit une occasion d'arrêter de rater sa vie sous la forme d'une succession de visites fantômatiques. Les visions qu'elles lui apportent sont si effroyables qu'elles le guériront de sa misanthropie et de son avarice juste à temps pour qu'il décide de fêter Noël.

Le Drôle de Noël de Scrooge ne cherche clairement pas à révolutionner une histoire bien connue, mais il tente quand même quelque chose de nouveau : être la version d'Un Chant de Noël qui t'en met plein la vue, un grand spectacle hollywoodien et plus simplement un vieux classique en costumes avec quelques effets spéciaux. Ca ne blague pas, ça ne chante pas, ça ne détourne pas, ça ne réinterprète pas, ça suit fidèlement l'intrigue, mais ici les esprits ne se contentent pas d'emmener sagement le vieillard d'une hallucination à une autre : il se retrouve propulsé dans les airs à travers une forêt enneigée, ou au-dessus des toits, ou poursuivi par un attelage cauchemardesque dans les bas-fonds de la ville ; il fait des chutes vertigineuses, se voit réduit à la taille d'un rat... On retrouve le côté "montagnes russes" du Pôle Express ; autrement dit, c'est un film que je regrette de ne pas être allé voir au cinéma dans sa version 3D parce que sur une télé 2D, clairement, on y perd.


Le Drole de Noel de Scrooge 05

L'Esprit des Noëls à venir a même un fouet à lasers !


Tant qu'on est sur l'aspect visuel, je suis au regret de vous informer que malgré les progrès effectués depuis Final Fantasy, les créatures de l'esprit, les personnages ont toujours cet aspect factice de statues de cire. Ici, leurs traits volontairement exagérés aident à les rendre moins perturbants que les gamins du Pôle Express, et ils bénéficient d'un niveau de détail et d'une animation exceptionnels qui évitent le look "cinématique de jeu vidéo" d'un film comme Albator... et malgré tout, ça reste des pantins sans vie, assez déplaisants à regarder en face. Et le fait d'avoir choisi de les faire ressembler aux acteurs qui leur prêtent leur voix est vraiment la grosse fausse bonne idée du film. J'ai eu moins de mal à accepter Kermit la grenouille en Bob Cratchit que cet affreux gnome dont la tronche est une vilaine caricature du visage de Gary Oldman. Quant à Jim Carrey... entendons-nous bien, voir Jim Carrey faire le clown dans des rôles comiques, je suis fan. Mais l'entendre dans des rôles sérieux (au pluriel, parce qu'il joue aussi les esprits des Noëls passés et présent) en ayant l'impression de le voir en train de faire des grimaces face à un micro dans un studio d'enregistrement parce qu'il s'amuse à faire des voix et des accents rigolos, ça me casse un peu l'ambiance, même si je peux comprendre qu'il se soit dit que, pour un film pour enfants, c'était pas la peine d'essayer de la jouer subtile.


Le Drole de Noel de Scrooge 04L'Esprit des Noëls passés donne vraiment l'impression d'avoir affaire à la vedette d'Ace Ventura
en mode "je me fous de la gueule du monde".


En dépit de tout ça, j'avoue que ça se laisse regarder. Dans ma chronique sur la version des Muppets j'avais dit une connerie du genre "l'histoire n'est qu'un prétexte" à propos d'Un Chant de Noël, et donc aujourd'hui je tiens à rectifier et dire plutôt que, même si l'intrigue est simple, l'histoire est bonne. Elle reste intéressante à revoir mise en scène de différentes façons. Cela dit, et au risque de me répéter, je crains que de notre côté de la Manche et de l'Atlantique le public ait plus de mal à s'enthousiasmer sur une fable qui, au lieu d'expliquer que tout le monde est un con qui sera bien puni pour sa connerie comme celles de La Fontaine, nous raconte que la rédemption reste possible même pour les pires d'entre nous, à condition d'apprendre à ouvrir son coeur et tendre la main
(il suffit de voir que les adaptations les plus célèbres ne sont même pas distribuées en DVD ici). Alors, si d'habitude ça ne vous émeut pas spécialement de voir le petit Tim rester si courageux et positif et croyant malgré la maladie et la misère, ou si vous avez toujours eu du mal à gober qu'un rapiat qui, à la base, est encore moins disposé à partager sa fortune avec ses concitoyens que Florent Pagny ou Yannick Noah, puisse devenir du jour au lendemain le Père Noël des nécessiteux, je ne crois pas que cette version vous touchera plus. Mais peut-être que les scènes les plus spectaculaires aideront à faire passer la pillule.


Le Drole de Noel de Scrooge 02Mais si c'est pour le côté spectaculaire que vous comptez le regarder, ça peut valoir le coup
d'aller le voir chez un ami riche qui a un Blu Ray et une télé 3D.


Ca n'est pas mon adaptation préférée et les parents qui ont des gosses un peu impressionnables feraient sans doute bien d'en choisir une autre, celle-ci comportant quelques passages limite horrifiques (la mâchoire de Marley qui se détache, la Mort qui poursuit Scrooge...). Pour les inconditionnels de Dickens et les gens qui aiment se passer des films "saisonniers" en cette période, ce serait pas mon premier choix mais pas non plus un film que je déconseille (et il se trouve facilement en offre "5 pour 30€"), à moins que vous ne détestiez vraiment ce type de cinéma d'animation. Pour les autres ça n'est pas indispensable.

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 09:09

Noel chez les MuppetsUne production Disney n'est pas forcément le genre de film qui a sa place ici, mais 1) les Muppets n'ont, à ma connaissance, jamais été super populaires en France, donc ça n'est quand même pas un "gros" film que tout le monde a déjà vu, 2) c'est dans le thème du moment donc bon, hein, ça va, et 3) vous êtes gentils mais c'est encore chez moi ici donc je fais ce que je veux et ceux qui ne sont pas contents peuvent aller se faire taper dans le cul bien fort, merci. Et joyeux Noël hein.

Premier film des Muppets réalisé après la mort de leur créateur Jim Henson, ce Noël chez les Muppets est une adaptation du célèbre Un Chant de Noël de Charles Dickens. Comme je sais que mes fidèles lecteurs, en plus d'être sympathiques et généreux, sont très cultivés, je ne résume que pour ceux qui se sont perdus ici en cherchant "des tres vieux papy qui baise avec des tres jeunes filles voire les video" (j'ai vraiment eu ça dans mes mots-clés de recherche ce mois-ci, je suis tellement fier) : c'est donc l'hsitoire d'un rapiat obsédé par le pognon qui, le soir du réveillon, reçoit la visite de fantômes venus lui faire comprendre qu'il a gâché une bonne partie de son existence à être un vieil aigri radin que tout le monde déteste, et que pour Noël ce serait sympa s'il faisait un effort pour arrêter de pourrir la vie de tout le monde y compris la sienne. Cette version suit fidèlement le roman, et mêle acteurs et marionnettes : Michael Caine incarne le méchant Ebenezer Scrooge, Statler et Waldorf (les deux vieux critiques) se partagent le rôle du fantôme de son associé Marley, Kermit et Piggy la Cochonne font les époux Cratchit...


Noel chez les Muppets 03Gonzo en Charles Dickens et son acolyte Rizzo le Rat fournissent l'essentiel des gags
et ne tombent jamais dans le pipi-caca, ça change des Schtroumpfs ou d'Alvin et les Chipmunks.


Des adaptations du bouquin de Dickens, il y en a eu au bas mot 150.000, et celle-ci se distingue évidemment en mettant au service d'une histoire bien connue ce qui fait le charme des Muppets : de la comédie musicale pour les gens qui n'aiment pas trop les comédies musicales qui se prennent au sérieux, de l'humour bon enfant parfois gentiment irrévérencieux, et puis ce côté un peu "magique" de voir ces bestioles en mousse et en feutre se montrer si expressives, être de vrais personnages et pas de simples accessoires. Les Muppets, c'est pas Tatayet ou Guignol, ils arrivent à te faire oublier qu'il y a quelqu'un dessous en train de les manipuler.
Cela dit, le choix d'avoir laissé les rôles les plus dramatiques à des marionnettes inédites et à des acteurs se révèle judicieux pour éviter que l'ensemble ne vire à la farce. D'autant que Michael Caine est parfait en Scrooge, méprisant et détestable au début puis ému, terrifié, pitoyable.


Noel chez les Muppets 01La vedette de La Loi du Milieu n'est heureusement pas là en mode "guest star qui a besoin de fric
mais qui s'estime trop bien pour donner sérieusement la réplique à une grenouille".


Alors après je conçois parfaitement qu'il y ait des gens pour qui c'est juste une bande de marionnettes à la con,
et si les Muppets ne sont pas votre tasse de thé, et je ne vais pas prétendre que ce film-ci a de quoi vous convertir. C'est chouette, j'ai vraiment bien aimé, mais je ne dirais pas que c'est une telle réussite cinématographique que ça a de quoi séduire un public en dehors des gens qui aiment bien les Muppets et les contes de Noël. Les chansons sont sympas mais pas mémorables, certaines scènes traînent un peu en longueur, l'intrigue n'est qu'un prétexte à faire passer un message sur l'importance d'être généreux en période de Noël. Si vous faites partie de ces gens qui, en décembre, aiment essayer de casser l'enthousiasme de leur entourage à coups de "pfff de toutes façons Noël c'est juste une fête commerciale", je crains que vous ne trouviez cette fable un peu gnangnan.


Noel chez les Muppets 04Les numéros musicaux ne sont pas envahissants, mais se révèlent un peu décevants.


A choisir dans le genre "Noël, marionnettes, chansons de Paul Williams", j'avoue que je préfère Emmet Otter's Jug-Band Christmas. Et comme adaptation marrante d'Un Chant de Noël, je préfère Fantômes en fête avec Bill Murray. Pour autant, ça ne veut pas dire que ce Noël chez les Muppets ne vaut pas le coup. C'est un bon film pour enfants, qui ne les prend pas pour des débiles, qui encourage l'altruisme et la compassion tout en évitant le cliché selon lequel "l'argent ne fait pas le bonheur". Mais aux adultes qui n'aiment pas les marionnettes, les films où ça chante, ou les discours sur Dieu qui bénira tous ceux qui sont bons envers leur prochain, je préfère dire que ça n'est pas forcément un visionnage indispensable.

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 10:32

Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson au pays des oies sD'année en année, le stock de films sur Noël s'amenuise, ou en tout cas disons le stock de films sur Noël que je suis disposé à regarder, parce que je voudrais éviter d'en arriver à voir des trucs avec Tim Allen ou Vince Vaughn. Du coup pour cette sélection je vous mets aussi des films pour enfants, des fois que vous en fréquentiez et que vous ayez du temps à passer avec eux devant la télé pendant les vacances. Je commence avec une adaptation du "plus célèbre conte pour enfant" d'après le distributeur du DVD qui n'a apparemment jamais entendu parler de Blanche-Neige ou du Petit Chaperon Rouge, produite pour les fêtes de fin d'année 2011 par une chaîne de télé allemande, et qui nous arrive dans une version amputée de plus de 2 heures, probablement parce que ça coûte moins cher de payer un technicien pour saloper le travail d'un autre que tout un groupe d'acteurs pour doubler l'intégralité d'une télésuite destinée à finir rapidement dans le bac de soldes.

Pour ceux qui n'auraient ni lu le roman de Selma Lagerlöf ni vu le dessin animé des années 80, Le Merveilleux voyage... raconte les mésaventures d'un ado égoïste, paresseux, vantard, menteur et irresponsable, mais hélas trop jeune pour mettre tout ça à profit en démarrant une carrière politique. Un jour qu'il ravage la ferme de ses parents en baclant ses corvées, un lutin décide de lui donner une bonne leçon en le réduisant à sa taille. Et alors que Nils, sans réfléchir, tente d'empêcher son jars de rejoindre un vol d'oies sauvages, il se retrouve emporté dans les airs, contraint d'accompagner la migration des oiseaux vers la Laponie. Un dangereux périple pour quelqu'un qui est désormais haut comme trois bites à genoux, et qui lui apprendra à devenir un bon garçon.


Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson au pays des oies sPour les impatients, rassurez-vous, Nils change du tout au tout après 5 minutes de transformation.


Difficile de juger un film dont il manque quasiment les deux tiers. Le charcutage ne s'est pas fait de façon particulièrement habile (le remontage de Battlestar Rebellion paraît réussi en comparaison) et le résultat est une succession de courts chapitres mal raccordés, qui ne font que rarement progresser l'intrigue ou les personnages. Les oies se posent, bavardent 10 secondes, re-décollent, voyagent 10 secondes, se posent dans un endroit qui ressemble exactement au précédent, se prennent la tête avec un renard, décollent, voyagent 10 secondes, atterrissent, se reprennent la tête avec le même renard. Nils se fâche avec les oies, Nils se réconcilie immédiatement avec les oies. Nils et son jars se perdent dans une tempête, 5 secondes plus tard ils retrouvent leur chemin. En l'espace de 5 minutes, Nils est capturé par des vagabonds, vendu à un cirque, libéré par l'employé du cirque censé le garder, de retour parmi les oies. La copine de Nils fugue pour suivre la migration à partir d'une vague intuition, traverse toute la Suède en deux scènes sans encombre, retrouve Nils, rentre chez elle.


Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson au pays d-copie-1Quand on s'aperçoit en post-production que représenter un renard parlant de trois quart face au second plan
c'est pas facile, on se retrouve obligé de bricoler des images foireuses comme ça.


Du coup, que les parents soient prévenus : si vous espérez quelque chose d'éducatif, comme le bouquin dont c'est tiré, laissez tomber, cette version n'a pas le temps pour ça. En tout cas moi en 1h30 j'ai rien appris, à part que les renards suédois peuvent parcourir le pays aussi vite que les oies et les bagnoles, et que la Laponie c'est trois tentes en bord de mer qui abritent une dizaine de figurants en costumes folkloriques[réf. nécessaire]. Et ça ne vaut hélas pas mieux en tant que simple film d'aventures. Il faut dire aussi qu'en dehors de toute considération sur ce remontage sauvage, le film souffre d'une mise en scène d'une platitude rare, vraisemblablement dictée par ses effets spéciaux dérisoires. En théorie j'apprécie le recours aux animatroniques plutôt qu'aux images de synthèse, mais les marionettes sont ici très rudimentaires et pour une fois ce sont les animaux "améliorés" numériquement qui paraissent moins factices. Quant aux trucages pour donner l'impression que Nils est tout petit, ils sont assez rares, la caméra s'efforçant la plupart du temps de ne pas trop montrer le décor. Du coup, il y a rarement plus d'un personnage à la fois à l'écran, et attendez-vous à beaucoup voir Nils tout seul en plan taille ou américain sur fond flou, ou une tête d'oie mécanique qui claque du bec.


Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson au pays d-copie-2On regretterait presque Saturnin.


Même si elles ne peuvent pas s'aligner sur les budgets hollywoodiens, les chaînes de télé font généralement l'effort de casser la tirelire quand il s'agit de produire un programme spécial pour Noël, mais là, on n'a pas vraiment l'impression d'être face à un téléfilm de luxe récent mais plutôt devant une bande annonce interminable pour une série cheap et vieillotte. Les très jeunes enfants seront peut-être amusés par tous ces animaux qui parlent, les petits vieux trouveront peut-être que l'ambiance années 50 et champêtre est charmante, mais entre 7 et 77 ans on y verra surtout un truc mou, mal rythmé, et jamais rigolo ni spectaculaire. Il y a mieux à prendre dans les offres à 4 pour 20€ parmi lesquelles on le trouve.

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 08:35

ClementineDans l'édition française (chez Asian Star) de Clementine, c'est ce bon Jean-Pierre Dionnet qui assure la présentation du film, avec une tentative de réhabilitation de Steven Seagal, "le nouveau Charles Bronson", d'après lui exilé fiscal en Thaïlande où il donne un coup de main à des films "géniaux" dont ce Clementine (qui est un film coréen) où "la petite qui joue Clémentine est géniale !" (le personnage en question s'appelle Sa-rang, le titre du film vient de la chanson Oh My Darling, Clementine). Bon alors il est cool et tout Jean-Pierre Dionnet mais là quand même ça sent un peu le mec qui a pas vu le film et qui brode à partir d'éléments soufflés par le copain éditeur à qui il rendait service, et ça inspire moyennement confiance. Le visionnage du film lui-même prouverait qu'il y avait bien de quoi se méfier de Clementine, à commencer par sa jaquette qui nous le vend comme un film de combats en cage avec Seagal en vedette, ce qui équivaut à peu près à présenter Austin Powers dans Goldmember comme un film d'action avec Tom Cruise.

Clementine est donc principalement l'histoire d'un ancien champion d'arts martiaux (joué par Lee Dong-jun, double champion du monde de taekwondo dans la vraie vie) qui élève seul sa fille de sept ans tant bien que mal. Mais bon, le coup des combats en cage c'est pas une pure invention quand même. Notre héros, devenu policier, perd son boulot à cause de ses méthodes peu orthodoxes (aller dans les tripots, péter la gueule à tout le monde, et tout défoncer) et se reconvertit à contrecoeur en homme de main de la mafia pour continuer à subvenir aux besoins de la petite. Cette dernière, qui n'a jamais connu sa mère, va se lier d'amitié avec une femme rencontrée au supermarché, et la vie de tout ce petit monde va être bouleversée par un coup de théâtre absurde, avant de prendre un tournant encore plus dramatique quand des Américains vont kidnapper la gamine pour forcer le héros à un match contre le champion invaincu des combats en cage, joué 2 minutes par Steven Seagal et 2 autres par sa doublure (c'est d'ailleurs une photo de la doublure qui est imprimée sur le disque lui-même).


Clementine 01Il y a bien quelques éléments scénaristiques typiques des films de baffes
(l'ancien champion qui ne veut plus se battre à cause d'un drame, mais qui va y être forcé...)
et quelques combats, mais c'est avant tout une histoire assez cucul-la-praline de famille déchirée.


L'histoire semble avoir été réécrite 4 ou 5 fois en cours de tournage par un type qui n'était pas sûr de savoir quel genre de film il avait envie de faire, et n'avait pas le coeur ou les moyens de jeter tout ce qu'il avait déjà mis en boîte pour recommencer à zéro chaque fois qu'il changeait d'idée. Ou bien c'est Jun Lee qui a commencé par accepter de jouer dans une espèce de sous-Jackie Chan avant de piquer sa crise d'ancien sportif qui veut être pris au sérieux en tant qu'acteur et de vouloir montrer qu'il pouvait être crédible dans un drame poignant. En tout cas le résultat est complètement indigeste, c'est un film d'arts martiaux, un polar, une comédie familiale et un mélo larmoyant imbriqués les uns dans les autres à grands coups de marteau. Si on veut être positif on peut dire qu'avec ses changements de style abrupts, Clementine parvient à surprendre constamment, mais si on préfère être honnête on avouera que c'est essentiellement une telenovela coréenne débile déguisée en film policier pas très inspiré.


Clementine 02Les amateurs de soap operas asiatiques seront sans doute plus comblés
que les fans de Steven Seagal.


Tout est trop tiré par les cheveux pour être émouvant, d'autant que les acteurs finissent par être agaçants à force de pleurnicher. Ca a le mérite d'être étonnant et insolite mais c'est quand même surtout très mauvais. A mélanger les genres n'importe comment comme ça, on se demande quel public ça cherche à satisfaire, probablement trop de publics différents à la fois pour parvenir à en contenter ne serait-ce qu'un seul. Allez, disons qu'à la rigueur ta mamie pourra trouver la gamine adorable et rigolote, et acceptera les rebondissements invraisemblables sans sourciller parce que c'est comme dans ses feuilletons. Mais il faudra lui dire de fermer les yeux dans les moments où ça castagne. Ca pourra aussi remplir une note de bas de page pour un étudiant qui fait sa thèse sur Steven Seagal et doit avoir vu tout ce dans quoi il apparaît, même des trucs encore plus inintéressants qu'Against the Dark. Ou encore, assouvir la curiosité malsaine d'un nanardeur qui tient absolument à vérifier par lui-même à quel point c'est nul. Et puis peut-être quelques pédophiles modérés. Autrement dit, je doute que Clementine ait des chances d'intéresser ne serait-ce qu'1% de mon lectorat de 5 personnes.

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 14:43

Bikini Bandits ExperienceHola hola, commencez pas à vous moquer ou à prendre vos airs pincés hein. Moi j'ai acheté ça pour vous. Il fallait choisir un cinquième film pour le lot pas cher, à la base je voulais prendre un bon film mais finalement j'ai choisi ça en espérant vous faire plaisir à vous, lecteurs ingrats (enfin je ne parle pas des Goldmembers évidemment), en me disant qu'une histoire de filles en bikinis vous consolerait un peu de ce mois d'août pourri qui s'achève aujourd'hui. Résultat, non seulement j'ai gâché 3€ mais je me retrouve à vous parler du temps qu'il fait, comme un p'tit vieux ou un voisin qu'on côtoie jamais en dehors de l'ascenseur mais qui essaie d'être un peu sympa sans savoir quoi dire. Voilà une chronique qui démarre mal.

Bon là normalement c'est le paragraphe où je vous résume l'intrigue, mais le problème avec le film du jour, c'est qu'il n'y en a pas. Et attention je ne dis pas ça comme un critique en herbe qui va voir des films d'action parcce qu'il faut bien rentabiliser sa carte illimitée mais qui a peur de passer pour un con auprès de ses potes s'il avoue qu'il a trouvé ça cool, donc préfère en parler avec condescendance en t'expliquant "faut pas chercher de scénario y en a pas, c'est à regarder avec le cerveau débranché en bouffant ton popcorn". Moi je ne mange pas de ce pain-là, merci. Mais dans Bikini Bandits Experience, il n'y a réellement pas d'histoire, c'est un assemblage décousu de cinquante minutes de sketches et de remplissage, dans lequel on trouvera
juste quelques séquences vaguement scénarisées mettant en scène les Bikini Bandits, un gang de quatre braqueuses en maillot de bain. Le reste, c'est des parodies de télé-achat, des images d'autres filles en bikini qui courent dans la nature ou font semblant de laver des bagnoles, des espèces de happenings centrés autour d'un abruti avec un fez appelé Zembo, et même un peu de "making of", parce que les mecs avaient tellement peu de choses à montrer que pour atteindre péniblement la durée minimum pour avoir de quoi vendre un DVD ils ont été obligés d'intégrer les coulisses de la production au "film" lui-même.


Bikini Bandits Experience 05Des filles à faux seins qui disent des gros mots en brandissant des flingues,
en théorie ça peut donner quelque chose de merveilleux. Mais c'est comme
des serpents et un avion, s'il n'y a pas d'imagination pour les mettre en scène ça ne sert à rien.


Naïvement j'avais vaguement espéré une sorte de version moderne (enfin, moderne d'il y a douze ans) de Faster, Pussycat! Kill! Kill!, ou au pire, un truc complètement con mais un peu sexy, ou un nanar insolite. Mais je me suis vite rendu à l'évidence : non seulement c'est aussi ras-des-pâquerettes qu'on pouvait le supposer d'un film dont le principal argument de vente est le physique de ses "actrices" (des mannequins siliconnées gentiment vulgos, dont le "talent" pour la comédie rappelle ces téléfilms de cul soft des années 90,
à peine mieux joués que du Rohmer, que des chaînes comme NT1 diffusent encore ces nuits-ci), mais surtout c'est le genre de machin puéril, prétentieux et autosatisfait qui ne devrait pas dépasser le stade du clip Youtube qu'on se montre entre copains mais que les auteurs pensent être digne d'être distribué en DVD parce que "on est une bande de potos tellement trop cool que les gros délires qu'on se tape entre nous pour déconner vont forcément trop faire marrer les gens !" Si j'ajoute que c'est assorti d'une attitude "on fait de l'humour trop trash et provocateur parce qu'on s'en fout du politiquement correct, et ceux à qui ça plaît pas c'est que des coincés !" et que la personne qui a assemblé le tout est probablement un semi-amateur qui avait envie d'essayer TOUS les effets spéciaux de son nouveau logiciel de montage vidéo, vous aurez une petite idée d'à quel point ça peut être pénible à regarder.


Bikini Bandits Experience 06Haha, Satan avec un gros gode, mais où vont-ils chercher tout ça ?
(réponse : dans South Park, 3 ans avant ce film-ci)
(oui je sais, dans South Park c'est Saddam Hussein qui tient le gode mais on va pas chipoter)


Si ça vous paraît difficile de produire quelque chose d'irregardable quand bien même ça dure moins d'une heure et que ça parle de filles à gros seins en tenue légère, infligez-vous Bikini Bandits Experience et vous verrez.
Ou si vous êtes hyper curieux de voir Dee Dee Ramone, Jello Biafra et le chanteur de Tool en guest stars pendant vingt secondes, peut-être. Mais je vous aurai prévenu : c'est beauf, c'est laborieux, ça se veut super irrévérencieux alors que c'est finalement convenu et frileux (je veux pas faire mon obsédé de base hein, mais rendez-vous compte qu'il n'y a même pas une seule femme à poil de tout le film). Dans le genre, même Postal était moins nul, c'est vous dire. Après, je vous concède que j'aurais probablement eu un avis beaucoup plus indulgent si j'avais vingt ans de moins, et si j'écrivais ces pages à l'attention d'ados fans d'Hypertension qui n'auraient jamais vu Jackass et South Park de leur vie, je le recommanderais sans doute vivement, mais je préfère penser que même pour quelqu'un qui, contrairement à moi, n'est pas trop vieux pour ces conneries, il y a quand même beaucoup mieux à voir.

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 08:20

Ikigami preavis de mortJ'ai l'impression que les Japonais adaptent rarement leurs BDs à l'écran autrement que sous forme de dessins animés. Alors que les Occidentaux adorent tellement ça qu'ils vont jusqu'à adapter des mangas en plus de leurs propres petits miquets. Ikigami fait partie de ces quelques titres ayant donné lieu à un film en prise de vue réelle, vraisembablement parce que c'est ce qui coûte le moins cher à produire quand il n'y a ni scènes d'action ni effets spéciaux. L'histoire se prêtait plus à une adaptation sous forme de série télé que de long métrage cinéma, mais j'étais quand même curieux de voir la chose, étant donné qu'Ikigami est l'un des rares mangas que j'apprécie.

Pour ceux qui ne connaissent pas, l'intrigue décrit un Japon imaginaire où, un peu comme dans Battle Royale, le gouvernement a mis en place une mesure punitive aléatoire abominable contre la population afin de lui montrer qui c'est Raoul. Lors de la vaccination obligatoire des enfants entrant en primaire, un élève sur mille tiré au hasard reçoit sans le savoir une micro-capsule explosive qui le tuera à une date programmée entre ses 18 et ses 24 ans. Ca s'appelle la "loi de prospérité nationale" et c'est censé apprendre aux citoyens la valeur de la vie pour qu'ils se tiennent à carreaux au lieu de gâcher leur fugace existence à devenir des marginaux et des improductifs. Chaque "heureux élu" se voit remettre, 24 heures avant sa mort, un "ikigami", un préavis censé lui permettre de profiter au mieux de sa dernière journée de vie. Le film reprend plusieurs épisodes tirés des premiers tomes du manga et relate les derniers jours d'une galerie hétéroclite de ces jeunes condamnés, avec pour fil conducteur le parcours de Fujimoto, fonctionnaire fraîchement affecté à la distribution des préavis.


Ikigami 01Le film présente un peu maladroitement le concept de l'ikigami
en faisant expliquer la fameuse loi de prospérité nationale
aux futurs livreurs alors même qu'ils viennent de terminer leur formation...


Ceux pour qui la fidélité à l'oeuvre originale est le critère de qualité numéro 1 peuvent se réjouir, le film dévie très peu du manga. La qualité de l'univers, des personnages et des scénarios se retrouve, c'est porté par de bons acteurs, c'est peut-être un poil plus larmoyant et c'est assez platement mis en scène mais en surface, l'adaptation est une réussite. Malheureusement, l'absence d'intrigue inédite pose deux problèmes. Le premier c'est que ça n'apporte pas grand'chose à quelqu'un qui a déjà lu le manga. Bon, c'est pas gravissime, certains pourront sûrement même s'en satisfaire. Mais le deuxième, nettement plus contrariant, c'est que ce choix de coller bout à bout plusieurs épisodes de la BD, c'était une bonne idée pour un pilote de série télé, mais pas du tout pour un film. Ca aurait peut-être pu fonctionner si l'accent avait été mis sur les vicissitudes de la carrière de Fujimoto, mais le personnage est ici trop mis en retrait, pas assez développé, il ne sert quasiment qu'à faire le lien entre les 3 mini-intrigues du film.


Ikigami 03Les acteurs, leurs personnages et leurs histoires sont de qualité,
mais au final l'ensemble n'est pas totalement convaincant.


Et je ne nie pas que ce sont des histoires intéressantes, il y a un musicien qui reçoit son ikigami alors qu'il était sur le point de devenir une star, un jeune homme qui profite de sa mort proche pour offrir ses cornées à sa soeur aveugle en attente d'une greffe, et le fils d'une politicienne qui se retrouve victime de cette loi de prospérité nationale que sa mère défend avec tant de conviction lors de ses discours. Mais faute d'être plus imbriquées les unes dans les autres, elles ne forment pas une vraie intrigue de film. Pire, elles sont présentées d'une façon qui donne presque l'impression qu'au bout du compte, elle n'est pas si atroce que ça, cette loi qui tue arbitrairement les gens. Le manga est plus habile, plus ambigu sur le sujet. Là, je ne sais pas, on croirait presque un truc édifiant censé réellement nous inciter à profiter de l'instant présent ou à voir le bon côté des tragédies, plutôt qu'une vision cauchemardesque d'une société qui écrase l'individu au nom du bien commun et une satire des administrations inhumaines. Le fait que tout cela se termine sans aucune "résolution" ni vraie progression de la situation n'aide pas. La fin appelle une suite, qu'on ne verra probablement jamais. Du coup, ça reste simplement quelques tranches de la vie de pauvres gosses dont la mort parvient quand même à amener quelque chose de positif, tandis qu'un fonctionnaire découvre que quelques sacrifices de sa part peuvent adoucir légèrement l'horreur de son travail.


Ikigami 02La complexité des rapports qu'entretient Fujimoto avec son travail
dans la BD n'est hélas pas très bien restituée à l'écran.


Au risque de me répéter : ça aurait été chouette en série télé, mais en tant que film de 2h10, ça laisse à désirer. Ca n'est pas un ratage complet, ça peut être un moyen d'attirer vers le manga des gens qui n'avaient pas forcément envie de se plonger dedans, et si je n'avais moi-même jamais lu Ikigami j'aurais sans doute été tellement séduit par l'originalité de son concept de base que j'aurais été nettement moins sévère face aux défauts de cette adaptation. Malheureusement, le côté superficiel et décousu et la conclusion en eau de boudin en font surtout une vraie grosse déception pour moi.

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 15:35

LegendaryWWE Studios a enfin connu son premier vrai succès commercial récemment avec The Call et c'est presque regrettable puisque l'on peut désormais craindre qu'ils adoptent la même formule (de vrais acteurs en têtes d'affiche, un ou deux catcheurs dans des tout petits rôles) pour leurs prochaines productions plutôt que de continuer à mettre leurs poulains en avant dans des aventures taillées pour eux. Non pas que cette recette ait vraiment fonctionné jusqu'à présent, en fait elle n'a même donné aucun bon film, mais y a déjà plein de boîtes pour pondre des thrillers ou comédies médiocres avec des acteurs de second rang, ce qu'on veut c'est qu'ils persévèrent dans l'espoir qu'un de leurs hercules de foire finisse par suivre les pas de Roddy Piper, The Rock ou Steve Austin et se trouve une place à Hollywood entre Jason Statham et Vin Diesel, ou au pire entre Dolph Lundgren et Steven Seagal sur le marché du direct-to-video. Et qu'un de leurs films mérite de rejoindre Le Roi Scorpion sur l'étagère à DVDs d'un amateur de séries B sans prétention mais éminemment sympathiques.

Legendary, deuxième tentative d'imposer John Cena comme star du grand écran après The Marine (et avant 12 Rounds), est la traditionnelle histoire du jeune souffre-douleur des frimeurs de sa classe qui apprend à devenir un vrai bonhomme par la pratique d'un sport, dans la grande tradition des Karaté Kid et plus récemment Never Back Down, et qui du même coup remet la vie de tout son entourage sur les bons rails. Ici, c'est un lycéen nommé Cal qui décide d'intégrer l'équipe de lutte de l'école pour marcher sur les traces de son frère aîné Mike, légende locale de cette discipline, qu'il n'a plus revu depuis des années. Ses débuts ne sont guère encourageants mais le coach se voit néanmoins contraint de le présenter en compétition suite à la blessure de l'élève titulaire dans sa catégorie de poids. Cal enchaîne les défaites et envisage d'abandonner, mais les ennuis judiciaires de son frère lui donnent une occasion inespérée d'obtenir ses services en tant qu'entraîneur personnel pour lui permettre d'éviter la prison. Je vous laisse deviner si ce partenariat amène à la fois des victoires en championnat et une grande réconciliation familiale.


Legendary 04Encore une de ces éditions DVD bizarrement chiches qui ne proposent que la VF
et la VO avec sous-titres anglais pour malentendants, pas de sous-titres français.


Que la WWE se soit vautrée en essayant de faire du cinéma d'horreur ou du thriller sérieux, c'est regrettable mais excusable. Mais qu'ils loupent à ce point un film sur la LUTTE, quand même, c'est pas possible, et pourtant, ils l'ont fait. Comme pour Le Chaperon, on sent qu'ils ont fait écrire leur truc par un amateur dont les qualifications en tant que scénariste se limitaient à "j'ai vu des vrais films de professionnels, si je recopie des scènes qui avaient l'air importantes dedans et que je les mets bout à bout ça fera un vrai film de professionnel aussi", et qu'ils ont confié la réalisation à un tâcheron de la télé prêt à mettre n'importe quoi en boîte en échange d'un chèque. Les films de sport racontent un peu toujours les deux ou trois mêmes histoires, le vieux champion qui livre un dernier gros match, l'outsider qui s'entraîne dur pour montrer que quand on a du coeur on peut triompher de tout, le coach qui emmène son protégé vers des sommets que lui-même n'avait pas réussi à atteindre pendant sa carrière... On est habitués au manque d'originalité et aux lieux communs, c'est comme ça, c'est le jeu, c'est pas forcément grave. Mais pour que ça fonctionne il faut quand même que les auteurs sachent insuffler un peu de personnalité à leurs platitudes, et utiliser les clichés efficacement, si possible sans trop en abuser.


Legendary 01

Ah tiens c'est pratique, le propriétaire du grand hangar où Mike s'entraînait
avant de disparaître sans laisser d'adresse
a eu la gentillesse de
ne le louer à personne d'autre en 8 ans, et personne n'est venu vandaliser les lieux

ou voler le matériel de muscu depuis, c'est cool ça.

 

Ici malheureusement, non seulement chaque scène est un cliché, mais en plus la plupart est employée à mauvais escient. Prenons en exemples deux d'entre eux, intimement liés, "l'ancien champion qui a abandonné la discipline et s'est exilé suite à un drame" et "le parent qui refuse que son enfant se livre à une activité dangereuse qui lui a déjà coûté un autre être cher". On voit ça tout le temps, c'est pas original (mais il y a toujours moyen d'y ajouter une petite touche de personnalité), mais quand c'est bien fait, ça tient debout, ça fait tourner l'histoire. Mais quand les différents éléments sont simplement balancés comme ça, sans lien entre eux, on se dit que le mec a juste écrit ça parce que "c'est comme ça dans les films". L'ancien champion a arrêté la lutte suite à la mort de son père... mais sa mort n'a aucun rapport avec la lutte. Il a arrêté parce que c'est comme ça dans les films. La mère ne veut pas que son autre fils fasse de la lutte, sauf que c'est un sport pas très dangereux, et que la perte de son premier fils n'est pas liée à un accident de lutte. Alors pour quoi elle refuse ? Parce que c'est comme ça dans les films. Et qu'est-ce qui la fait changer d'avis sur le sujet quelques scènes plus tard ? Rien de spécial, elle change d'avis parce que c'est comme ça dans les films.


Legendary 02Evidemment, un meilleur copain noir surgit de nulle part à la moitié du film.
Il ne sert à rien, mais il faut quand même un meilleur copain noir parce que c'est comme ça dans les films.


Et tout est comme ça dans Legendary. Cal se fait emmerder par un mec à l'école et on suppose qu'il se met à un sport de combat pour plus se laisser marcher sur les pieds donc la logique voudrait qu'il apprenne à lui mettre une branlée et que leur duel serve de grand final, mais en fait non, il se fait emmerder par un mec à l'école parce que c'est comme ça dans les films, et ensuite le mec est juste un type de son équipe qui n'est même pas son rival puisqu'il est dans une autre catégorie de poids et qu'il n'affrontera jamais et le "boss de fin" est un gars qu'on n'a jamais vu avant. Le grand frère ne veut pas retourner à son ancien lycée voir lutter Cal, mais pas parce que ça lui rappelle trop de mauvais souvenirs (après tout, il gagnait tout le temps et tout le monde l'adorait) mais parce que c'est comme ça dans les films. Bon, j'exagère peut-être un peu, et puis il y a aussi une tonne de clichés qui nous sont resservis comme il faut, sans absurdité, mais du coup on ne sort vraiment jamais des sentiers battus, c'est de la resucée à chaque instant, c'est paresseux et assez inintéressant.


Legendary 03Si Kickboxer et tant d'autres nous ont appris une chose c'est que quand le méchant du film insulte ta meuf,
tu dois le défoncer dans le combat final, mais ici le héros n'affrontera jamais le vilain butor.


Parfois, l'interprétation sauve un film comme ça du naufrage complet, mais comme les rôles sont vraiment sans épaisseur et que les acteurs n'étaient probablement pas motivés pour livrer des performances mémorables, personne ne fait l'effort de relever le niveau. John Cena est fidèle à lui-même, c'est-à-dire pas affreusement mauvais mais assez limité quand même, et trop fade. Danny Glover,
en vieux sage débiteur de platitudes, paraît une fois de plus bien fatigué, et visiblement toutes ses scènes ont été tournées séparément, comme s'il avait été recruté sur le tard, parce que les producteurs voulaient un visage reconnaissable sur la jaquette. Patricia Clarkson doit se douter qu'un rôle de mère qui souffre en silence dans une production WWE a peu de chance de lui rapporter une nomination aux Golden Globes et ne se force pas trop. Quant à Devon Graye (qui était parfait dans Dexter dans le rôle d'un Michael C. Hall ado), il a probablement été choisi en fonction du critère "est-ce qu'il pourra jouer les scènes de lutte sans doublure ?" mais n'est pas du tout fait pour un premier rôle dans un film de ce genre avec sa tête à claques et son air vaguement flippant.


Legendary 05Danny Glover filmé tout seul devant un logo représentant un lion,
alors que les plans d'ensemble du gymnase où il est censé se trouver
montrent clairement que la mascotte locale est un ours...


Le film m'a tellement ennuyé que je n'ai absolument rien posté ici le mois dernier, c'est vous dire. Chaque fois que je m'installais à l'ordi pour écrire dessus, ça m'endormait et j'allais me pieuter. Bon vous me direz que j'aurais simplement pu écrire sur un autre film mais allez vous faire foutre, merci. Je ne peux même pas dire que ce soit nullissime mais c'est vraiment trop dépourvu d'imagination et de saveur, impossible d'accrocher aux personnages, à l'histoire. Le seul moyen de pas s'endormir est d'essayer de réfléchir, à chaque scène, à "quels sont les 1.000 autres films dans lesquels j'ai déjà vu la même situation, mais en mieux racontée" (parce que vraiment, il n'y a jamais aucun moment inédit). Ce qui ne fait pas beaucoup, même pour un film pas cher. A la rigueur s'il y a encore en France des gosses fans inconditionnels de John Cena et que, pas de chance, ce sont les vôtres, ça les occupera peut-être un après-midi, mais ça n'est vraiment pas un achat que je recommande.

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 07:28

Jusqu a ce que la fin du monde nous separeLes comédies sur l'Apocalypse sont-elles destinées à succéder aux laborieuses "zombédies" ? Certes, le film du jour n'a même pas remboursé son budget modeste, mais qui sait, si C'est la fin et Le Dernier pub avant la fin du monde s'en tirent mieux cette année, ce sera peut-être le début d'une mode. En attendant donc penchons-nous sur Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare, un film tellement discret que la première fois que je suis tombé dessus en DVD, il était déjà dans une offre "5 pour 30€".

Ecrit et réalisé par la scénariste d'Une nuit à New York, il raconte les dernières semaines de deux voisins qui sympathisent peu après l'annonce de la destruction imminente de la Terre par un astéroïde. Une mission de la dernière chance à la Armageddon vient d'échouer, le monde est officiellement foutu, nous sommes à J-21. Steve Carell joue le même personnage que dans à peu près tous ses films, le pauvre gars sans histoire, assez transparent pour tout le monde, et donc évidemment au début du film sa femme le largue pour aller finir sa vie avec son amant. N'ayant même plus envie de profiter de ses derniers jours, il envisage le suicide, mais les circonstances l'amènent finalement à adopter un chien et à prendre sous son aile sa jeune voisine de pallier, elle-même en pleine rupture avec son mec. Une émeute dans le quartier les amène à fuir ensemble, ce qui les décide au passage à se lancer chacun dans une ultime quête : il va tenter de retrouver son amour de jeunesse, elle de dénicher un avion qui la ramènera vers sa famille en Angleterre.


Jusqu a ce que la fin du monde nous separe 03

Steve Carell est égal à lui-même et pour une fois Keira Knightley ne rejoue pas
son personnage de Pirates des Caraïbes.


Ma principale crainte vis-à-vis du film était qu'il s'achève sur un miracle pour récompenser ses héros d'avoir appris la vraie valeur de la vie et l'importance d'en savourer chaque instant. Heureusement, ici on n'est pas chez Roland Emmerich, où la fin du monde est toujours annulée à la dernière minute parce que sinon c'est trop triste. Et donc, sans vouloir vous niquer le suspense, et même s'il faut avouer que la jaquette du DVD en rajoute un peu, puisqu'on ne verra jamais la fameuse météorite, le titre en revanche ne ment pas : la fin du monde promise a bien lieu. Et avant ça, pas vraiment de grande leçon de morale, juste une galerie de personnages avec différentes réactions face à la catastrophe inévitable, sans vraiment qu'on nous assène UNE bonne réponse à la question "que faire en attendant la fin ?", si ce n'est à la rigueur "faisons en sorte que les derniers moments soient bons, mais chacun est libre de faire comme il le sent".


Jusqu a ce que la fin du monde nous separe 01Tout comme pour Une nuit à New York, Lorene Scafaria se repose beaucoup
sur le charme des acteurs et la coolitude de sa bande son.


Il y a les fêtards désespérés qui organisent une orgie où tout le monde prend de l'héroïne et même les enfants se soûlent la gueule. Un baptême de masse qui est aussi l'occasion de passer une belle journée à la plage. Le type en phase terminale qui n'aura même pas l'occasion d'aller au bout de son cancer. Les jeunes militaires optimistes persuadés qu'ils survivront grâce à leur abri souterrain et rebâtiront la civilisation. Il y a ceux qui veulent tout casser, ceux qui veulent aimer tout le monde, ceux qui restent dignes, ceux qui craquent, ceux qui préfèrent continuer leur routine et faire comme si de rien n'était. Et au milieu de tout ça nos deux héros, un Steve Carell mélancolique et une Keira Knightley fantasque, tous deux vaguement conscients que les circonstances rendent un peu vaine même une entreprise aussi modeste que la leur, car à quoi bon vouloir renouer avec son passé quand il ne reste plus d'avenir à construire dessus ?


Jusqu a ce que la fin du monde nous separe 04Malgré quelques scènes de franche comédie comme celle du "RestoPotes",
le film fait plutôt sourire que rire.


 Les personnages et la qualité de l'interprétation sont la principale force d'un film qui s'essaie à plusieurs genres sans parvenir à les faire cohabiter de façon totalement harmonieuse et surtout, sans vraiment briller dans aucun. Il y a des moments de grosse comédie, à l'humour noir assez rigolo, mais ça n'est jamais ni très original ni vraiment à se tordre et de rire. En tant que comédie romantique, c'est mignon mais ça nous répète tellement qu'il est trop tard pour accomplir quoi que ce soit de vraiment significatif, y compris une simple histoire d'amour, qu'en fin de compte c'est vrai qu'on se dit que tout ça était touchant mais pas bouleversant. Et comme film sur la fin du monde, ça manque un peu d'envergure, faute de budget ça ne montre la fin du monde que par le petit bout de la lorgnette et ça peine à la rendre tout à fait crédible par instants. C'est trop calme, tout est déjà trop désert, les autorités sont étonnamment démissionnaires... Je m'attendais pas à quelque chose comme Prédictions et je comprends la volonté d'être une sorte d'anti-2012, c'est rafraîchissant de n'avoir ni allocution du Président ni monument historique détruit, mais l'impression que l'apocalypse ne concerne finalement que cinquante personnes dans les environs de New York est un peu regrettable.


Jusqu a ce que la fin du monde nous separe 02La fin du monde n'a même pas encore eu lieu qu'il n'y a déjà plus que des villes fantômes à traverser.


La réalisation est assez plate, c'est peut-être pour ça qu'au moment de l'étalonnage numérique ils ont eu la main aussi lourde sur les contrastes, pour que ça soit pimpant comme du Wes Anderson et qu'on comprenne donc que c'est une petite comédie dramatique "indé" douce-amère et délicieusement fantaisiste, mais en tout cas le résultat est bien dégueulasse, le film est moche et sur certains plans rapprochés on se retrouve carrément avec des personnages aux dents bleues en plus d'avoir la peau orange. Mais malgré ses défauts, Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare n'est pas désagréable et inintéressant, notamment grâce à son casting solide, et si vous êtes d'humeur pour un joli petit film tristounet, il vaut le coup d'être vu. Mais l'achat du DVD n'est pas particulièrement indispensable.

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 08:47

Never Say NeverNon, s'il vous plaît, ne faites pas les surpris. Vous saviez bien que ça arriverait. Vous saviez bien que la curiosité serait trop forte. Vous saviez bien que j'aurais la prétention de croire que je pourrais être le premier à essayer de donner un avis sur le film autre que "Justin Bieber c'est de la merde donc le film est pourri", "Justin Bieber il est trop génial et son film c'est le meilleur du monde" ou "Tiens c'est rigolo de se moquer de Justin Bieber, ce que je vais faire c'est une critique qui fera semblant de dire que le film est bien, mais pour blaguer." Et commencez pas à vous foutre de ma gueule, c'est déjà assez embarrassant comme ça, pour un homme adulte, de se dire qu'on a délibérément choisi d'acheter, payer, posséder un DVD sur Justin Bieber Surtout la "version longue inédite" avec 40mn de bonus.

Bon, si ça vous dérange pas, je saute l'étape des vannes (que vous avez déjà lues mille fois de toutes façons) sur le personnage central, son physique, sa coiffure et sa musique, pour m'attaquer au film directement. Signé par le réalisateur du deuxième GI Joe qui sort au mois de mars, il retrace la courte carrière du jeune chanteur canadien à l'occasion de son concert dans l'une des plus célèbres salles du monde, le Madison Square Garden, qui officialisait son statut d'énorme vedette du showbiz. Vidéos familiales, interviews, témoignages, rencontres avec les fans, coulisses des spectacles, tous les passages obligés sont là, on ne peut pas dire que ça réinvente le genre "documentaire sur une star", et ça a clairement une fonction de produit dérivé, pas de regard objectif sur un phénomène : le but est de faire la publicité du produit auprès des non-fans, tout en continuant à en vendre encore plus à ses admiratrices, pas de polémiquer. Cela dit, bien que ça présente l'ensemble du monde dans lequel évolue ce gosse comme un merveilleux rêve en train de se réaliser et de semer du bonheur partout, certains aspects sont plutôt effarants voire effrayants pour un spectateur normal, ce qui du coup en fait presque quand même un regard honnête sur les choses.


Never Say Never 01Si vous êtes prêts à encaisser beaucoup de scènes d'un boys band qui danse...
Never Say Never 01b...et d'enfants tout émus qui à huit ans trouvent que leur idole est "sexy",
vous verrez que le film n'est pas aussi inintéressant qu'il en a l'air.


Le décompte des jours menant au spectacle au Garden sert de prétexte à diviser le film en chapitres qui, plutôt que de suivre le quotidien de la tournée, explorent chaque fois une facette de Bieber et de ce qui gravite autour de lui. Il y a une partie sur son enfance, pour montrer que malgré ses airs de petit bourgeois propre sur lui il vient d'un milieu pas facile, et que c'est un vrai musicien à la base et pas un minet qui fait du playback. Il y a une partie sur sa découverte par un agent et leurs difficultés à convaincre une maison de disques, pour montrer que tout le monde était contre lui mais qu'il a triomphé quand même. Une autre sur la présentation de son équipe, pour qu'on voit à quel point c'est une grande famille où tout le monde s'adore. Une autre pour montrer que c'est encore un gentil gamin qui aime s'éclater avec ses vieux potes parce qu'il n'a pas pris la grosse tête, une autre où l'on voit son agent distribuer des places gratuites pour qu'on sache à quel point il est généreux et rend de pauvres gens heureux, une autre où il est malade parce que c'est un travail éprouvant d'être chanteur vedette, etc. On est à fond dans la propagande, mais mine de rien, derrière la façade ça n'arrive pas à masquer le côté obscur de tout ça. Et c'est évidemment là que se nichera l'intérêt pour quelqu'un qui s'en bat les steaks de Justin Bieber.


Never Say Never 02Comme tout est beau dans le monde de Justin Bieber, il n'y a pas de méchant,
mais voilà à quoi ressemble dans la vraie vie le genre de personnage
joué par David Cross dans Alvin et les Chipmunks .


Déjà, il y a des vrais personnages de cinéma, là-dedans. La mère par exemple, qui a pondu la future star à 18 ans et parle toujours avec une voix d'ado idiote, c'est typiquement la nouvelle riche de comédie, la fille vulgaire qui s'est payé des implants énormes et un relookage extrême pour avoir l'air d'une vedette de soap opera avec des millions qui lui sont tombés du ciel mais a toujours la classe d'une poissonnière. Le chef de la tournée, qui se présente comme une espèce de grand frère/figure paternelle, c'est l'archétype du producteur hollywoodien véreux cocaïnomane hyperactif qui te fait de grands sourires en face mais ne restera ton meilleur copain que tant que tu lui rapporteras un max de fric ; on l'imagine facilement en bras droit de Les Grossman dans Tonnerre sous les Tropiques. On regrette presque qu'ils soient sous-exploités.


Never Say Never 03Le vilain gratteux à borsalino a quant à lui tout du trentenaire pervers
qui drague les adolescentes à qui il donne des leçons de guitare.

 

Les autres sont plus banals mais pas plus reluisants. L'agent de Bieber, qui se fait appeler "Scooter" alors que c'est une grande personne, est visiblement très fier d'avoir flairé que le produit qu'il avait déniché se vendrait très bien, et il y a quelque chose dans sa façon d'expliquer que "personne ne croyait en nous alors qu'il avait plein de vues sur YouTube" et pas "personne ne croyait en nous alors que c'est un artiste talentueux" qui en dit long sur l'intérêt qu'il porte à la qualité de ce qu'il vend. Les gens de la maison de disques (dont le chanteur Usher) ne semblent pas non plus chercher à cacher qu'ils n'ont rien à foutre de ce que fait leur poulain tant qu'il ramène du fric. Ils sont présents pour le grand concert, comme des macs venus vérifier que leur pute ne cherche pas à les entuber, mais ils n'y assisent pas, ils sont dans les coulisses, dans un genre de salle d'attente sans écran ni haut-parleur, à attendre que ça se termine. Quelques scènes plus tôt, on les voyait bien embarrassés quand ils apprenaient que leur petit singe savant était malade et qu'il valait mieux reporter un concert pour ne pas aggraver son état, mais pas comme des mecs qui s'inquiètent pour un enfant malade, comme des hommes d'affaires qui doivent évaluer ce qui leur coûtera plus cher, annuler une date ou risquer leur poule aux oeufs d'or.


Never Say Never 04Si Booba et Sexion d'Assaut ne vous ont pas encore convaincus
que le rap était devenu une musique pour petits enfants blancs qui rêvent d'être des bandits,

sachez que Justin Bieber, le "gangsta" le plus blanc de la Terre, est produit par le label Def Jam.


Vous vous souvenez de La Chute, le film sur Hitler ? La formule "ça humanise le monstre", répétée à l'envi par tous les abrutis à l'époque, pourrait s'appliquer ici. Pour les gens qui conchient Bieber, Never Say Never est un rappel du fait que, derrière le symbole d'une industrie pourrie et d'une société décadente, derrière le frimeur à mèche qui chante des trucs insipides pour fillettes, il y a un petit garçon qui à la base aimait réellement la musique, il y a un mec qui dès 14 ans a perdu toute chance de mener un jour une vie normale et qui en est réduit à payer ses anciens potes de l'école (eux-mêmes devenus des simili-vedettes simplement parce qu'ils font partie de son entourage) pour passer du temps avec eux, parce qu'il est devenu la marionnette d'un gang de costards-cravates qui l'exploitent sans vergogne, et qu'il restera un sujet de moqueries voire de haine pour des millions de gens longtemps après que les gamines qui l'adulent aujourd'hui seront passées à autre chose. Le film n'en fait pas délibérément une figure tragique, mais expose involontairement la face cachée de toute cette réussite et tout ce bonheur affichés.


Never Say Never 05Parmi les moments les plus "incroyables mais vrais" du film : la magie de Facebook
les ayant rendus célèbres, les anciens copains de classe de Bieber ont leurs propres groupies hystériques.


Après je ne dis pas que Bieber apparaît cool pour autant, ce qu'on peut détester chez lui est bien visible dans le film. C'est un petit Blanc qui se prend pour un rappeur tout en chantant un mélange mielleux de pop et de arènebi (désolé je me refuse à associer les initiales du rythme et du blues à ce style musical), un millionnaire qui se déplace partout en Segway et essaie de s'acheter une crédibilité artistique en payant des gens comme les Boyz II Men ou Ludacris pour venir chanter pour lui, un ex-batteur qui a renoncé au rock et à la place fait semblant de jouer du piano parce que ça fait romantique. Il contribue à l'entreprise de "célébrisation" des jeunes enfants de Will Smith nonobstant leur absence totale de talent (la chanson de Willow, utilisée pour sonoriser une séquence, est une pure abomination, et Jaden ne semble exister que pour que Bieber ait l'air d'un vrai petit prince du hip-hop en comparaison). Sans être complètement dépourvu de la moindre compétence artistique (il chante juste, il a la voix qui porte, il danse correctement) il n'a pas un talent, une créativité, une originalité qui justifient un tel succès. Never Say Never ne risque donc pas vraiment de convertir les non-fans à la Biebermania.


Never Say Never 06Le petit Smith a toute la "coolitude" de Fabrice Luchini quand il rappe sur La Fontaine
pour faire croire que la littérature française du XVIIème c'est super moderne et pas ringard,
c'est dire s'il ferait passer Benny B pour le Wu-Tang Clan.


Juger la qualité d'un documentaire en fonction de l'affinité qu'on a avec son sujet est un peu absurde, et il me paraît donc idiot de descendre le film simplement parce que son protagoniste est un bon sujet de moquerie. Surtout qu'en DVD on peut facilement zapper les chansons. Cela dit, je ne vais pas pour autant affirmer que Never Say Never est un excellent documentaire. Ca reste un film publicitaire, les fans boiront ça comme du petit lait mais les autres seront frustrés que ça ne tente absolument pas de répondre à certaines questions comme "est-ce qu'à 30 ans il sera has been et lessivé comme Britney Spears ou est-ce qu'une reconversion lui amènera une certaine respectabilité comme Justin Timberlake ?", ou "est-ce qu'il ne va pas se consumer encore plus vite qu'Amy Winehouse ?" ou même simplement "mais pourquoi ça marche aussi fort, pourquoi lui et pas un autre ?" Tout ce que le film a à dire sur ce dernier point, c'est que Justin Bieber est une mégastar parce que 1) c'était son destin bien sûr, et 2) s'il a tellement de vues sur YouTube et d'abonnés sur Twitter c'est qu'il est le meilleur. Les autres questions sont balayées par "Scooter" qui affirme que son prodige n'arrêtera jamais de briller (mais sans vraiment pouvoir étayer cette théorie par de vrais arguments). C'est dommage, mais j'avoue, malgré ça, ce monde est suffisamment hallucinant pour intéresser tout de même un amateur de bizarreries. C'est pas un vrai bon documentaire, mais si vous êtes du genre à ne pas pouvoir vous empêcher de regarder quand un accident grave se produit, vous serez sûrement curieux de jeter un oeil dessus.

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 14:20

Le MessageSi les péplums sur les facéties de Moïse, Jésus et toute leur joyeuse bande de copains de l'Ancien et du Nouveau Testament ne manquent pas, les films sur la religion musulmane sont plutôt rares. D'abord parce que les producteurs ont du mal à trouver des financements pour ça, sauf à aller quémander auprès d'émirs saoudiens. Ensuite parce que l'islam interdit de représenter le héros et sa famille proche, ce qui impose à la mise en scène de leurs aventures des contraintes qu'on suppose assez rebutantes pour un cinéaste. Mais du coup, ça rend assez curieux vis-à-vis des quelques films qui existent, comme aujourd'hui donc le plus connu, Le Message de Moustapha Akkad, producteur exécutif de la série des Halloween (si si c'est vrai, c'est pas des conneries) tué il y a quelques années dans un attentat en Syrie. Le film a été tourné en deux versions, l'une avec des acteurs arabophones, une autre avec des anglophones. L'édition de luxe propose les deux sur 3 DVDs, mais pour ceux qui comme moi se contentent de celle de base à moins de dix euros, sachez qu'elle se limite à la version anglophone. Apparemment on perd quasiment une demi-heure de film au passage, mais il faut avouer que ça reste déjà bien long quand même donc c'est peut-être mieux comme ça.

L'épopée démarre au 7ème siècle à La Mecque, alors contrôlée par des marchands enrichis par le culte de centaines de divinités dont les fidèles viennent de toute la péninsule arabique pour prier leurs effigies. Mais ce bizness lucratif est depuis peu menacé par la popularité grandissante d'un certain Mahomet, ancien berger illettré qui affirme être le messager d'un Dieu unique, qui transmet sa volonté à l'humanité à travers lui. Avec ces nouvelles lois divines comme l'interdiction de l'idolâtrie ou de l'esclavage, les affaires des notables locaux se retrouvent encore plus menacées que le patrimoine de Françoise Hardy par les projets d'Hollande sur l'ISF et ils vont donc s'acharner à essayer de tuer dans l'oeuf cette nouvelle religion qui prend des allures de révolution. Persécutés, les musulmans sont contraints de quitter La Mecque et de s'exiler à Médine, mais les mauvais traitements subis par leurs familles restées au pays finissent par les pousser sur le sentier de la guerre...


Le Message 04

Ceux-là, avec leurs bonnes têtes de conspirateurs, je vous laisse deviner
si c'est les méchants marchands du temple ou de sages serviteurs d'Allah.


Le Message m'intriguait principalement parce que je me demandais à quoi pouvait bien ressembler un film qui ne peut ni montrer ni faire parler son personnage principal. Et là-dessus je dois bien avouer que c'est un peu décevant parce que c'est finalement un péplum de facture très classique, sans grande originalité stylistique. Akkad a contourné son problème de façon assez simple : la plupart du temps, l'histoire est racontée du point de vue des lieutenants et des adversaires de Mahomet. Parfois il y a un narrateur. Et quand exceptionnellement Mahomet est impliqué directement, le film passe en vue subjective, les acteurs fixent le spectateur comme s'ils s'adressaient à lui, et ses paroles sont remplacées par une musique spécifique. Alors évidemment c'est clair que ça créé des moments particuliers, déjà parce que presque tout le monde regarde directement la caméra au lieu de viser légèrement à côté, ce qui ne se fait pas trop au cinéma, ensuite parce que régulièrement, pour que les conversations restent compréhensibles, les disciples répètent les propos inaudibles de Mahomet tout en s'adressant à lui, ce qui n'est pas super naturel. Mais dans l'ensemble, ça reste un élément assez mineur du film, donc si comme moi vous espérez quelque chose de vraiment insolite vous risquez de rester un peu sur votre faim.


Le Message 02Pour un peu on se croirait devant un DVD interactif dont les personnages vous invitent à
orienter l'histoire dans la direction de votre choix à intervalles réguliers.
"Alors, Mahomet, tu as choisi ? Allah ou Akbar ?"


A part ça, ça peut paraître superflu voire idiot de préciser un truc pareil vu le thème du film, mais c'est vraiment à déconseiller aux athées intégristes parce que le discours religieux y occupe au moins autant de place que l'intrigue. Je ne dis pas que ça s'adresse exclusivement aux musulmans ou aux croyants en général, et le fameux "message" est du genre peace & love donc pas de quoi heurter Brigitte Bardot a priori. Mais si le simple fait d'entendre que "Dieu est grand" vous hérisse le poil, c'est clairement pas la peine de tenter un visionnage, parce que c'est vraiment constamment du "Dieu ceci" et "Dieu cela". Dans un truc comme Les Dix Commandements, vous avez le casting de vedettes, les décors hollywoodiens à l'ancienne ou les effets spéciaux comme autres sources d'intérêt que l'aspect religieux, ici vous avez certes un peu de complots et de batailles mais quand même surtout beaucoup de discours sur la volonté divine et la ligne de conduite que doit adopter un bon musulman. Donc soit c'est votre tasse de thé, soit vous êtes au moins intéressé de savoir ce que cette religion a à dire même si vous n'avez aucune intention d'adhérer à quelque croyance que ce soit, soit c'est sûr que ça va bien vous gaver.


Le Message 06

Le Message fait l'apologie d'un islam sympa, ouvert, fraternel,
bien différent de ce qu'on montre dans les média occidentaux pour faire peur à la ménagère,
mais c'est sûr que ça reste de la propagande religieuse.

 

Personnellement, j'ai regardé ça sans être fan de bondieuseries mais en espérant enrichir ma culture générale, et en tant que film éducatif il faut reconnaître que ça n'est pas mal fait. Le jeu des acteurs n'est pas hyper subtil, Anthony Quinn semble entamer la période "je tourne sans conviction 5 ou 6 scènes vite fait, vous me donnez le même chèque que si j'avais le premier rôle et en échange vous pouvez mettre mon nom en gros sur l'affiche" de sa carrière, on sent que le budget n'était pas pharaonique (mais tout de même pas ridicule non plus), mais ça n'est pas du travail d'incapable, juste un péplum classique, assez bavard et très très long mais regardable. Je mentirai si je prétendais que je ne me suis pas du tout ennuyé, mais avant de le voir je subodorais un navet indigeste et je dois reconnaître que je me suis planté.


Le Message 03L'arrivée d'Anthony Quinn au bout d'une demi-heure réveille un peu le film,
mais sa présence reste assez limitée et sa prestation pas spécialement mémorable.

 

Ca aurait gagné à être un peu plus court, et ça aurait mérité une petite remasterisation aussi parce que sans atteindre le niveau de médiocrité d'une édition à la Monarch, l'image est d'assez piètre qualité pour du DVD. Mais si vous comptez voir le film, en attendant une nouvelle version il faudra raquer 10€ pour celle-ci vu qu'étrangement, les chaînes de télé ne profitent jamais du ramadan pour le diffuser alors qu'elles nous resservent inlassablement Le Père Noël est une ordure ! tous les décembre. Si le thème vous intéresse un tant soit peu, c'est une curiosité qui vaut le coup d'oeil, sinon c'est un film moyen et mal rythmé qui a peu de chance de vous passionner.

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Published by Toxic - dans Divers
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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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