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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 08:46

N'ayant chroniqué que des adaptations de jeux vidéo cette année, je continue sur ma lancée même si ça veut dire qu'il va falloir que je re-bouffe du Hitman et du Tekken. J'avais encore jamais vu Doom, qui a déjà 12 ans cette année, et comme pour Resident Evil ça me paraissait être un bon moment pour lui donner enfin sa chance. En 2005 je me serais sûrement focalisé bêtement sur "mais ça n'a rien à voir avec le jeu !", mais là je me sentais d'humeur à donner tort à tous ceux qui l'avaient descendu à sa sortie : les critiques sérieux qui avaient trouvé ça débile tout en affirmant que "mais les fans du jeu aimeront sûrement !" (parce que jouer à des jeux vidéo signifie automatiquement avoir des goûts de chiottes en matière de films tant qu'on appelle un personnage "Dr Carmack" OUAH COMME JOHN CARMACK LE CREATEUR DE DOOM), les fans outrés par les infidélités à "l'Oeuvre" d'origine, et ceux qui ne voulaient pas rater une occasion de se moquer d'un idiot de catcheur qui prétendait faire du cinéma.

Eh oui, parce qu'à l'époque The Rock était encore The Rock, un type qui jusque-là avait gagné sa vie en faisant semblant de se battre en slip, et pas encore Dwayne Johnson, la plus grosse star de la galaxie. Il était donc de bon ton d'ironiser sur son talent d'acteur. Vous vous rendez compte que même quand j'ai commencé ce blog, en des temps immémoriaux, je me demandais s'il trouverait enfin le film qui ferait de lui le nouveau Schwarzenegger ou s'il resterait toujours le un-peu-mieux-que-Roddy-Piper-mais-pas-beaucoup ? Aujourd'hui, la question ne se pose plus. Vous voulez sauver GI Joe ? Vous appelez Dwayne Johnson. Vous voulez être sûr de pouvoir poursuivre les Fast & Furious jusqu'à l'explosion du soleil ? Dwayne Johnson. Vous voulez tirer du fric d'un vieux truc ringard comme Alerte à Malibu ? Dwayne Johnson. Et les critiques sur "encore un culturiste teubé qui joue comme un parpaing" ont laissé place à des louanges sur son côté sympa, charismatique et rigolo. Mais en 2005, donc, on n'en était pas encore là.

Je ne vous apprends sans doute rien en vous disant que Doom, que l'on doit au même réalisateur que Street Fighter, la légende de Chun-Li, est tiré de l'un des premiers et plus célèbres jeux de flingage en vue subjective, qui mettait en scène une invasion de démons dans une base martienne suite à l'ouverture d'un portail infernal. Le film délaisse l'élément occulte mais il est toujours question de massacre sur Mars, où des scientifiques sur un site de fouilles archéologiques sont victimes de créatures non-identifiées. Une escouade militaire est envoyée pour retrouver d'éventuels survivants ainsi que le fruit de leurs mystérieuses recherches. Attaqués à leur tour, les troufions comprennent assez vite que leurs supérieurs leur ont caché la vraie nature de la menace, et tombent l'un après l'autre dans les griffes de mutants féroces.

Remplacer les démons par de simples mutants, pourquoi pas,
mais ça semble avoir servi d'excuse pour utiliser des créatures au design assez banal.

Le seul moment mémorable du film, illustré ci-dessus, arrive vers la fin : cinq minutes à la première personne, dans la peau du héros qui tue des monstres dans des couloirs à coups de fusil d'assaut ou de tronçonneuse. C'est probablement cette scène qui a suffi aux critiques pour se mettre dans la tête que ça "plairait forcément aux fans du jeu vidéo". Malheureusement, en dehors de ça, c'est une copie d'Aliens qui souffre à la fois d'un manque de personnalité (même les streums ressemblent à une version bodybuildée du Xénomorphe) et d'un surplus de budget. Avec moins de fric ça aurait pu donner un nanar et être drôle, mais là, sans être vraiment une superproduction (on se rend sur Mars en téléporteur parce que ça coûte moins cher à représenter à l'écran qu'un vaisseau spatial) ça n'est pas ridicule du tout. Et avec un peu d'imagination ça aurait pu être une vraie bonne variation autour du thème "commando contre monstre(s)" comme Predator, mais c'est le genre de film où chaque scène est une réplique de la précédente (les soldats arrivent dans une nouvelle pièce/un nouveau couloir, une ombre fait "woosh woosh" derrière/au-dessus d'eux, une patte griffue en chope un en douce et le bute, les survivants répliquent en tirant dans le vide) et où chaque personnage a un seul trait de caractère qui dicte la totalité de sa contribution à l'histoire : le chef reste bien droit dans ses bottes, le bleu-bite panique, le cul-bénit prie, le psychopathe fait des trucs louches, le héros désobéit aux ordres pour la bonne cause, etc.

L'autre gros clin d'oeil au jeu, c'est le "Big Fucking Gun". Et c'est certes marrant de voir
The Rock se trimballer avec un fusil de la taille d'un éléphanteau, et en même temps,
il tire deux fois avec dans tout le film, et rate, donc ça n'est pas spécialement satisfaisant pour autant.

Alors voilà, comme il y a Rosamund Pike, comme les effets spéciaux sont plutôt réussis (meilleurs que ceux de Resident Evil, par exemple), comme il y a cette fameuse séquence imitant le jeu, comme ça n'est pas un de ces films de monstres fauchés où ça bavasse tout le temps parce que ça coûte moins cher que de tourner des scènes d'action, ça reste plus regardable que d'autres ersatz du film de Cameron tellement oubliables que là je suis même pas foutu de vous en citer un seul en exemple. Tout ça n'en fait pas un film intéressant pour autant, il manque une touche de folie ou de créativité qui aurait pu faire qu'on s'amuse vraiment devant, mais là même The Rock, sans être mauvais, ne donne aucun relief à son personnage et à la baston finale (qui se fait à coups de poings, un comble pour Doom). A choisir, je reverrais plutôt un Resident Evil que ça, et j'ai pourtant pas spécialement envie de revoir un Resident Evil, c'est vous dire si vous n'avez pas besoin de regarder Doom.

 


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Doom (2005), réalisé par Andrzej Bartkowiak (Roméo doit mourir) sur un scénario de Dave Callaham (Expendables : Unité spéciale) et Wesley Strick (Freddy : Les Griffes de la nuit). Avec Karl Urban (Dredd), The Rock, Rosamund Pike (Gone Girl), Raz Adoti (Resident Evil: Apocalypse), Richard Brake (Batman Begins), Dexter Fletcher (Arnaques, crimes et botanique).

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 08:38

Comme Apocalypse, Retribution démarre exactement là où s'arrêtait le chapitre précédent, et comme Afterlife, le film part dans une autre direction une fois que l'introduction l'a débarrassé des éléments que l'auteur a finalement regretté d'avoir mis en place (et des personnages dont les interprètes avaient mieux à faire que de revenir, comme Claire et Chris Redfield). Si vous vous attendiez à voir Alice mener les passagers de l'Arcadia dans une révolte contre Umbrella, ou à voir les deux camps comprendre que dans leur situation le plus sage est de déposer les armes et de tenter de reconstruire quelque chose ensemble sur les ruines du monde, pas de bol. Les survivants sont massacrés, Alice est capturée, et la voilà prisonnière d'un énième labo souterrain secret où son ancienne alliée Jill Valentine la torture. Heureusement pour elle, Wesker n'est pas mort (par respect pour votre intelligence, le film ne fait même pas semblant qu'il y a une explication à sa survie, il faut simplement admettre qu'il n'est pas mort) et a décidé de se retourner contre Umbrella pour l'aider à s'évader. Mais pour rejoindre l'escouade qui doit la tirer de là, Alice devra affronter toutes les armes vivantes que la Reine Rouge, l'intelligence artificielle qui règne sur les lieux, garde en stock, parmi lesquelles des clones de ses anciens compagnons d'armes.

J'aurais pu m'arrêter au quatrième film et on se serait quittés bons amis, Resident Evil et moi. Mais non, il a fallu que je voie le cinquième qui, hélas, n'est pas sorti en DVD 3D alors qu'il a lui aussi été conçu pour la 3D, et qui est probablement le plus crétin de toute la série. Sans le relief, les nombreuses courses-poursuites et fusillades perdent beaucoup de leur attrait (et les ralentis omniprésents se retrouvent superflus la plupart du temps), ce qui incite à moins d'indulgence envers le reste. Et le reste, c'est une espèce de tentative de best of Resident Evil, qui recycle des décors et monstres d'Afterlife, fait revenir le Lécheur des deux premiers films mais en version géante, nous inflige une nouvelle déclinaison de la Reine Rouge de l'original (le mec, c'est lui qui scénarise depuis le début, et il s'est persuadé que c'était la méchante, alors que son but original était d'empêcher l'épidémie, et il s'est persuadé qu'une menace aussi banale que son "You are all going to die down here" était une réplique percutante) et ressuscite sous forme de clones des personnages morts depuis plusieurs films. Pour meubler les 85 minutes règlementaires, Paul Anderson a aussi ajouté quelques nouveaux protagonistes calqués sur le modèle habituel du "j'ai 5 répliques et aucune personnalité mais je porte un nom tiré des jeux vidéo pour faire plaisir aux fans", et fourré où il pouvait quelques lieux communs du film de zombies qu'il n'avait pas encore trouvé l'occasion d'exploiter, comme l'invasion d'une petite bourgade idyllique par les morts-vivants.

Jusque-là il n'avait pas encore trouvé de prétexte non plus pour avoir des soldats zombies...

...et des zombies aquatiques, mais voilà, cette fois, c'est fait.

Le résultat est sans doute l'épisode le plus proche d'un jeu vidéo, même si pas forcément un jeu vidéo Resident Evil. Mais ça se résume vraiment à une succession de "Alice entre dans le 1er niveau, Tokyo, tue tous les monstres, passe au niveau 2, New York, tue tous les monstres, passe au niveau 3, Moscou, etc etc", entrecoupée de dialogues où les protagonistes s'expliquent les uns aux autres que derrière tous ces gros flingues et tout ce kung fu acrobatique il y a une conspiration mondiale vachement complexe. Et surtout vachement absurde et en contradiction avec ce qui s'est passé dans la série jusqu'ici, mais c'est pas fait pour y réfléchir trop fort, c'est fait pour justifier le fait que la trame s'est définitivement bloquée sur "Umbrella essaie d'éliminer ou contrôler Alice parce que c'est l'arme absolue, et Alice essaie d'éradiquer Umbrella parce que c'est les méchants", quand bien même Umbrella n'a plus de chef, Alice n'a plus de superpouvoirs, le monde est censé être un désert depuis Extinction, anéantir le peu d'humains encore en vie est sûrement beaucoup plus facile avec quelques bombes atomiques qu'en produisant en laboratoire des géants de trois mètres avec des cagoules de bourreau, et se venger des fabricants du Virus T semble une cause un peu moins productive que trouver un remède.

Comme pour presque chaque épisode, le meilleur moment du film est encore son intro,
ici une grosse scène d'action rembobinée au ralenti.
Après ça, à moins d'être un fan inconditionnel de la série, vous pouvez arrêter le visionnage sans regret.

Ca reste un film de gogol pas antipathique du tout, et même un peu rigolo pour un fan de nanars. Mais après un épisode que j'avais trouvé chouette, sans la 3D c'est un retour décevant à la réalité des Resident Evil : ce ne sont vraiment pas de bonnes petites séries B qui valent mieux que leur mauvaise réputation, mais bien des couillonnades décérébrées avec, de temps en temps, une idée un peu intéressante, une petite trouvaille qui élève une scène d'action pas exceptionnelle par ailleurs. Je reconnais que ça a une certaine personnalité, du style, que ça n'est clairement pas l'oeuvre d'un tâcheron qui fait ça pour payer son loyer mais bien de quelqu'un qui s'applique sur sa mise en scène (pas trop sur son écriture, en revanche...) parce qu'il est à fond dans son délire, mais ça reste un délire de gamin de 14 ans toujours pas remis de Matrix et amoureux de Milla Jovovich, auquel j'ai pas vraiment réussi à adhérer en cinq films. Là, voyez, je suis pas spécialement en train d'attendre avec impatience la sortie DVD du Chapitre Final. Et malgré un pic de qualité sur le quatrième film, mon verdict n'aura pas beaucoup bougé : c'est pas les pires adaptations de jeux vidéo qui soient, c'est moins gavant qu'Underworld, et en même temps, c'est moins chouette que Tomb Raider et clairement pas indispensable à votre culture cinématographique.

 

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Resident Evil: Retribution (2012), écrit et réalisé par Paul W.S. Anderson (Alien vs. Predator). Avec Milla Jovovich (Le 5ème élément), Li Bingbing (Transformers : L'Âge de l'extinction), Aryana Engineer (Esther), Michelle Rodriguez (Avatar), Boris Kodjoe (Clones), Sienna Guillory (Eragon), Oded Fehr (La Momie), Shawn Roberts (xXx: Reactivated),

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 16:52

Au début de l'épisode précédent, on apprenait que l'épidémie de Virus T avait transformé le monde en désert. Dans celui-ci, on découvre qu'en fait il reste des villes, mais qu'elles sont en ruines encore fumantes même 4 ans après l'apocalypse (accessoirement, Extinction se déroulait 5 ans après l'apocalypse mais je suppose qu'on n'est plus à ça près). Qui allume les incendies au sommet des immeubles, les zombies ? Bon, en tout cas, soyons juste, Paul Anderson (qui entre les deux films s'est marié avec son héroïne) n'a pas tout oublié de ce qu'il avait écrit avant. Contrairement à ce que je craignais, ce quatrième film n'ignore pas la conclusion du troisième. C'est plutôt qu'il en fait la mini-intrigue d'une intro à la James Bond, au lieu d'en faire le sujet du film. Alors voilà, les restes du fameux "convoi de Claire Redfield™" ont bien tenté de rejoindre un abri en Alaska, et Alice a bien emmené ses clones dans le labo souterrain d'Umbrella à Tokyo pour mettre une branlée au grand chef de la multinationale responsable de la fin du monde. Et je me souviens qu'au début de la série je trouvais intéressant qu'Umbrella soit montrée comme une caricature à peu près plausible d'une vraie entreprise pharmaceutique sans scrupules, mais là on en est clairement arrivés au point où ils ont achevé leur dégénérescence en simple gang de méchants de cinéma, avec un patron qui ne quitte jamais ses lunettes de soleil et flingue ses propres employés dès qu'ils hésitent à lui obéir.

En tout cas, une fois le prologue passé, et les clones dépensées par l'héroïne comme de simples vies supplémentaires pour parvenir jusqu'au boss du niveau, l'action se déplace dans les restes de Los Angeles, où Alice et Claire tombent (presque littéralement) sur un nouveau groupe de survivants dans une prison. Un hasard dont l'invraisemblance ne choquera probablement pas les fans de la série fait que ces nouveaux compagnons savent où se situe vraiment l'abri que tout le monde pensait trouver en Alaska, et figurez-vous qu'en réalité il est tout près de là où ils se planquent ! Le problème c'est qu'une immense horde de zombie leur barre la route. Heureusement, ils détiennent un prisonnier qui connaît un moyen de sortir en limitant les risques, et qui n'est autre que Chris Redfield, le frère de Claire, parce qu'au niveau coïncidences improbables on n'est plus à ça près n'est-ce pas ?

"Salut, on est là parce qu'un film de zombies ou aucun survivant ne se fait tuer c'est un peu chiant".

Bon, les amis, il aura fallu attendre l'antépénultième film de la série, mais cette fois, on y est : j'ai kiffé pour de vrai un Resident Evil. Pas seulement "bon c'est vrai que dans mes souvenirs c'était pire que ça" ou "oh, c'est pas aussi nul que sa réputation le laisse penser" mais "ah ben tiens il était plutôt cool celui-ci". Et pourtant l'intrigue est toujours basique et paresseuse, les personnages sont toujours sans grand intérêt, les effets numériques sont toujours médiocres, mais ce coup-ci les scènes d'action suffisent à justifier le visionnage. Il faut dire que c'est en 3D. Bon, dans mon cas, ça a été de la 3D de DVD, donc il faut utiliser des lunettes en carton et accepter qu'au lieu d'avoir des couleurs normales, l'image va être verte ou marron ou grise selon les scènes. Mais j'ai trouvé que ça en valait la peine. Il faut un temps d'adaptation/résignation mais ça m'a semblé plus facile à pardonner que sur Meurtres à la St-Valentin ou Dark Country, parce que le relief est vraiment mis en valeur aussi souvent que possible.

L'intro est sans doute la meilleure scène du film,
mais pour une fois la suite vaut le coup d'oeil quand même.

Là, il faut quand même dire une chose sur cette série, qui est valable depuis le début : c'est pas des films prétentieux. Ils ne cherchent jamais à faire croire qu'ils ont quelque chose de grave et profond à dire, mais ils ne donnent jamais non plus dans le genre "clin d'oeil au public parce qu'on sait tous qu'on vaut mieux que ça et qu'on est juste là pour en rigoler ensemble". Et donc, se mettre à la 3D, on voit bien que Paul Anderson n'a pas pris ça comme une bête obligation pour ramasser plus de fric. Il aurait pu se contenter de faire ajouter quelques effets de profondeur en post-production parce qu'il s'en fout et qu'il s'estime trop bien pour ce gadget, mais non, il a tourné avec les caméras d'Avatar et il s'est donné la peine d'élaborer un maximum de scènes qui auraient l'air cool en 3D. Alors, chaque fois qu'il y a une baston, vous pouvez être sûrs qu'Alice va balancer des shurikens vers l'écran, tirer vers l'écran, empaler ses ennemis avec des sabres pointés vers l'écran, qu'il va y avoir des flingues et des balles et des haches et des débris qui volent et tourbillonnent partout, etc. Et ça a sûrement encore plus de gueule sur une télé 3D mais vous voyez, rien qu'avec mes lunettes en carton je me suis surpris à esquiver.

Avec des choses comme ça pendant 1h30, je veux bien passer l'éponge
sur tout ce qu'il peut y avoir de con, absurde ou fade dans un
Resident Evil.

Alors après, c'est sûr que si j'avais vu une version 2D j'aurais sans doute pensé la même chose que pour les épisodes précédents. J'aurais peut-être même trouvé Afterlife plus laborieux, parce qu'il y a de longs ralentis tout le temps pour profiter encore plus de la 3D, et donc forcément, en 2D je suppose que ça fait bizarre de voir chaque scène d'action se dérouler comme ça. Mais là, voilà, c'est ce que j'espérais depuis le début : si ça doit rester le genre de film où un type de 3 mètres avec un sac sur la tête et une hache-marteau se balade dans les rues de Los Angeles sans explication (enfin je suppose que l'explication c'est qu'il est tiré d'un des jeux vidéo mais mon dernier c'était Resident Evil 3 sur la première Playsation donc c'est loin), où les interactions entre un frère et une soeur qui se croyaient morts se limitent à peu près à "Claire ? Je te croyais morte ! -Mais t'es qui ? -Ton frère. -Je me rappelle pas. -Mais si, ton frère ! -Ok.", où l'existence de chaque personnage est oubliée dans les 30 secondes qui suivent sa mort, alors il faut que l'action en jette, et pour une fois, ça y est, il y a un peu plus de moments mémorables qu'un coup de pied acrobatique à un chien zombie ou une moto qui vole à travers les vitraux d'une église.

Le film débarrasse Alice des pouvoirs magiques utilisés dans Extinction
pour se reconcentrer sur un classique du premier volet, le coup de savate volant dans la gueule.

S'il vous faut quelque chose de plus cérébral, ou si l'idée d'un arrière-goût de Matrix assez prononcé est susceptible de rendre le film ringard pour vous, ou si vous considérez la 3D qui en fait des tonnes dans le genre "attention baisse-toi !" comme un gadget pour enfants, ou si vous ne comptez pas le regarder en 3D du tout, ben voilà, c'est une série B bas-du-front, pas beaucoup plus crétine que la moyenne des Marvel et consorts mais sans le casting et les effets spéciaux haut-de-gamme pour la tirer vers le haut, donc ça reste aussi dispensable que les autres Resident Evil. Mais si ça vous amuse de voir le cinéma renouer avec ses racines d'attraction foraine de temps en temps, alors il y a des chances que ça vous fasse goleri de voir Milla Jovovich faire des pirouettes dans un hélicoptère en plein crash ou sauter d'un toit d'immeuble avec une horde de morts-vivants aux trousses.

 

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Resident Evil: Afterlife 3D (2010), écrit et réalisé par Paul W.S. Anderson (Mortal Kombat). Avec Milla Jovovich (Ultraviolet), Ali Larter (Heroes), Boris Kodjoe (Clones), Wentworth Miller (Prison Break), Kacey Barnfield (Lake Placid 3), Shawn Roberts (xXx: Reactivated), Kim Coates (Sons of Anarchy), Spencer Locke (Tarzan).

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 09:10

Au cinéma, ils aiment bien nous faire le coup de la fin où OH LA LA C'EST DINGUE LE HEROS EST DEVENU LE MECHANT. Mais comme ils aiment bien aussi faire des suites sans prendre trop de risques, à chaque fois ils reviennent sur leur pas. Le seul qui est allé au bout de son idée c'est George Lucas mais il a triché en filmant d'abord les suites donc ça ne compte pas. Les autres se sont tous dégonflés, la petite Jamie n'a pas remplacé Michael Myers, Tommy Jarvis n'a pas remplacé Jason Voorhees, et dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui, Alice n'est pas redevenue un agent d'Umbrella et n'a pas éliminé les compagnons qui l'ont sauvée. Mais pour être honnête, le coup de théâtre qui concluait Resident Evil: Apocalypse n'est pas complètement ignoré, il est simplement mentionné puis balayé sous le tapis en quelques secondes vers la fin.

Extinction démarre quelques années après que le Virus T a provoqué la fin du monde, transformant la quasi-totalité de l'humanité en zombies et la Terre en désert, un scénario catastrophe qui se soucie moins de vraisemblance que d'économiser sur le budget, parce que c'est quand même moins cher et plus simple d'aller tourner dans un coin où y a du sable partout que de construire une ville fantôme, ou de demander à Yoram Globus s'il reste quelque chose des décors des Maîtres de l'Univers 2. Alice est devenue une Mad Max à moto toujours impeccablement maquillée. Ses copains de l'épisode précédent se sont séparés d'elle le temps d'aller remplacer Jill Valentine (l'actrice ayant abandonné la série au profit d'Eragon) par une nouvelle co-héroïne, et se retrouvent faire-valoir dans "le convoi de Claire Redfield", une bande de figurants survivants en quête perpétuelle de provisions et de carburant. Les gens d'Umbrella sont toujours planqués dans leur réseau mondial de laboratoires souterrains, et un chercheur est toujours déterminé à créer un super-clone d'Alice pour combattre les zombies, plutôt qu'à améliorer l'antidote imparfait disponible depuis le premier film. Puis il décide qu'il va plutôt apprivoiser les zombies pour combattre Alice, parce qu'après tout Umbrella c'est les méchants du film.

Ils sont tellement méchants qu'ils honorent la tradition residentevilienne
du personnage de la petite fille agaçante  dont on se serait bien passé.

Au bout d'à peu près une heure tout le monde finit par se rendre compte qu'il n'y a eu que peu d'action et que l'histoire n'a pas trop progressé, et qu'il va falloir se décider à plier tout ça, et se retrouve donc dans un coin de désert où ils ont ajouté numériquement des bâtiments ensevelis quand c'est filmé en plan général, mais pas grand'chose d'autre qu'un container, un bout de ruine et un panneau "Las Vegas" dès que la caméra s'approche, parce que Las Vegas ça coûte cher à fabriquer en vrai. S'ensuivent bastons, explosions, etc, jusqu'à un dénouement dont on soupçonne que lui aussi sera largement ignoré au début de Resident Evil: Afterlife.

Le boss de fin est banal comparé au Nemesis de l'épisode précédent,
et c'est un énième recyclage du cliché "je m'en fous d'être devenu un monstre abominable
parce qu'en fait je suis devenu la race supérieure qui remplacera l'humanité !"

On peut apprécier que Resident Evil ait choisi à nouveau de  changer complètement d'environnement : les grands espaces et le soleil écrasant de son monde post-apocalyptique succèdent à un deuxième épisode nocturne et urbain qui lui-même contrastait nettement avec l'original. Et Russell Mulcahy, réalisateur de Razorback, des premiers Highlander, et de la moitié des clips de ta jeunesse si t'as grandi dans les années 80, filme un peu plus joliment que les confrères qui l'ont précédé. Et c'est amusant de voir qu'Alice a encore débloqué de nouveaux superpouvoirs parce qu'elle commence à avoir accumulé beaucoup d'XP en trois aventures. Mais c'est à peu près tout ce que j'ai de sympa à dire sur ce troisième épisode qui ne corrige toujours pas les tares de la série.

Le monde post-apocalyptique du film reste assez fade et sous-développé,
mais on se consolera en se disant que c'est plus original que nous ramener à Raccoon City.

Et donc, en dehors de quelques détails l'action reste assez peu mémorable, et les effets spéciaux sont toujours moyens, mais surtout, l'intrigue est toujours con, et les protagonistes ont toujours zéro personnalité, même ceux qui n'en sont plus à leur première apparition. Ils sont là pour servir de chair à zombies ou pour porter des noms qui seront familiers aux fans des jeux, parce que Paul Anderson veut que tu saches qu'il s'est renseigné sur Resident Evil et qu'il a appris les noms des vrais personnages, vu que t'as chouiné quand il a inventé Alice de toutes pièces pour le premier film (ne nie pas, je sais que c'était toi). Alors tu vois, la rouquine avec un fusil, eh ben c'est Claire Redfield ! La fameuse Claire Redfield qui mène "le convoi de Claire Redfield" et dont le nom est cité aussi souvent que possible pour enfoncer le clou, mais à laquelle on ne va surtout pas attribuer un caractère parce que dans le fond, à quoi bon, c'est destiné à un public adolescent qui s'en bat les couilles.

Voilà, je vous mets la meilleure cascade du film, vous pouvez faire l'impasse sur le reste
si vous n'êtes pas vraiment fan de la série.

Vous me rétorquerez probablement que le cinéma hollywoodien à gros budget ne vise jamais vraiment les adultes et qu'un fan du Roi Scorpion comme moi est mal placé pour faire le snob. Mais voilà, épisode après épisode je n'ai vraiment pas l'impression que tout ça ait été produit en espérant captiver ou impressionner un spectateur qui espère savourer les films d'action, mais simplement d'occuper des gens peu exigeants qui les consomment à la chaîne d'un oeil distrait en se vantant même de faire ça "le cerveau débranché". Ca n'est pourtant pas spécialement paresseux, et ça reste à peu près honnête si on se contente de comparer aux nombreuses adaptations foireuses de jeux vidéo comme Max Payne ou King of Fighters, mais ça n'est pas vraiment un exploit. J'aimerais bien arriver enfin à un épisode que j'apprécie pour de vrai plutôt que de me répéter à chaque fois que bon, c'était moins naze que je craignais et qu'au moins 1h20 et des poussières c'est pas trop long.

 

Resident Evil: Extinction (2007), réalisé par Russell Mulcahy (Highlander) sur un scénario de Paul W.S. Anderson (Alien vs. Predator). Avec Milla Jovovich (Ultraviolet), Ali Larter (Heroes), Iain Glen (Game of Thrones), Oded Fehr (La Momie), Spencer Locke (Tarzan), Linden Ashby (Mortal Kombat), Mike Epps (Very Bad Trip).

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 16:16

Bien qu'Uwe Boll ait récemment annoncé sa retraite parce qu'on est trop cons et qu'on ne le mérite pas, il y aurait, à l'heure actuelle, pas moins d'une soixantaine de projets d'adaptations de jeux vidéo en films. Certains sont parfaitement logiques, comme The Last of Us ou Call of Duty, d'autres sont aussi absurdes qu'inévitables, comme Tetris ou Fruit Ninja,  et il y a des cas où on peut comprendre qu'un studio ait pensé que ça se prêtait bien à une version ciné mais où on se dit que c'est quand même très optimiste d'espérer faire de l'argent dessus, comme Dante's Inferno. Ouais, vous vous rappeliez vraiment de Dante's Inferno avant que j'en parle, là ? Ben, y a un studio qui espère encore que oui alors que même le développeur n'a jamais pris la peine de faire une suite.

Dans les sorties de cette année, on a eu un peu de tout ça : évidemment qu'Assassin's Creed est fait depuis le début pour devenir un film, évidemment que c'est obligé d'essayer d'exploiter le potentiel commercial d'Angry Birds. Ratchet & Clank, je dirais qu'il est un peu à cheval sur la 1ère et la 3ème catégorie. Oui, y a de quoi faire un film, mais 14 ans après la sortie du jeu, et alors que la série a toujours gentiment marché mais sans jamais vraiment s'imposer comme le Super Mario des consoles Playstation ? Bon, c'est vrai qu'ils ont sorti une version PS4 du jeu en même temps, mais justement, est-ce que le film était censé servir de pub au jeu, ou est-ce que c'est le jeu qui n'existait que pour rappeler aux gens "hé, Ratchet & Clank, souvenez-vous, ça existe, et en général ça vous plaît, allez voir le film maintenant, parce qu'on aimerait bien que Playstation Originals devienne le Netflix de Sony mais pour l'instant on a zéro contenu à part une adaptation de BD dont tout le monde se bat les couilles parce que c'est ni Marvel ni Batman".

Bon enfin, je l'ai vu quand même. J'ai oublié l'intrigue du jeu mais j'ai reconnu les 3 personnages principaux, Ratchet l'espèce de renard à sourcils, Clank le robot guindé façon C3PO, et Qwark le superhéros costaud pompé sur Buzz l'éclair de Toy Story. Dans cette version, Ratchet est un jeune mécanicien qui rêve d'aventure mais s'est fait recaler par Qwark à son entretien pour intégrer les rangers de l'espace. Clank, lui, est un robot créé accidentellement dans une usine de robots tueurs où la paresse du scénariste les caprices d'une machine ont fait que non seulement il ne ressemble en rien à ses congénères guerriers, mais en plus il a été affublé d'une IA héroïque, et il décide donc immédiatement de s'évader pour avertir la galaxie du danger que représente cette armée de métal. Clank atterrit chez Ratchet, et ensemble ils parviennent à sauver une ville assaillie par les fameux robots. Leur popularité immédiate contraint alors Qwark à les recruter à contrecoeur, mais les deux cerveaux à l'origine de cette attaque, le Président Drek et le Docteur Néfarious, vont exploiter sa jalousie envers eux pour remettre sur les rails leurs plans destructeurs.

Les dialoguistes ne sont pas allés jusqu'à faire dire "ça c'est une course de modules !" à leur héros,
mais on sent que c'est plus pour éviter un procès que par volonté de se démarquer de leurs modèles.

Sous-traité pour Sony par le studio qui pond des films Barbie à la chaîne pour Mattel, Ratchet & Clank ressemble à un produit dérivé pour le marché du DVD ou un pilote de série télé. C'est pas honteux, j'irai pas jusqu'à dire qu'on croirait un simple montage de vidéos d'un vieux jeu PS3 comme pour l'adaptation d'Heavenly Sword, mais disons que ça n'est quand même pas très cinématographique, le jeu PS4 offre probablement des graphismes de qualité équivalente. Pour les débuts au grand écran des films Playstation, on aurait pu espérer que Sony casse la tirelire pour produire quelque chose d'un peu plus spectaculaire, plutôt que de laisser les créateurs des Zévadés de l'espace se démerder avec un budget dérisoire même comparé à celui de ces films d'animation qui tentent leur chance entre les grosses sorties Disney et Dreamworks, style Opération Casse-noisettes. Le réalisateur n'est ni un débutant ni un incapable (il a signé, entre autres, TMNT) mais ils ne se sont pas donné la peine de débaucher un grand nom. Il y a quelques acteurs de cinéma parmi les doubleurs, mais les plus connus comme Stallone n'ont qu'un rôle assez brefs. Bon, c'est toujours mieux que la VF, puisqu'ici on n'a même pas droit aux habituels humoristes et starlettes de la chanson, mais à des putains de youtubeurs.

Vu qu'on a oublié de donner un caractère et quelque chose à faire aux personnages secondaires moches,
je peux presque comprendre que le distributeur français ait préféré faire appel à des gens comme "Kévin le Rire Jaune"
là où les Américains ont payé John Goodman ou Rosario Dawson.

Mais finalement, ce qui manque le plus au film, ça n'est pas tant les moyens que l'originalité et la personnalité. Les personnages, l'intrigue, les rebondissements, tout a déjà été vu ailleurs, souvent, et en mieux. C'est La Guerre des étoiles en version sagement loufoque, où Luke Skywalker est garagiste au lieu d'être fermier, avec Zapp Brannigan de Futurama en guest star et un peu des Indestructibles pour compléter. Ca ne serait pas franchement grave si c'était vraiment drôle, mais l'humour du film est lui aussi assez banal, avec son mélange de gags bébêtes pour les plus petits et de comique d'observation convenu à base de blagues sur les téléphones portables. Bizarre que le réalisateur de Dylan Dog, un film certes sans génie mais qui ne manquait pas de charme, ait été à ce point incapable de sauver Ratchet et Clank de l'insipidité totale.

Ah là là, ces costards-cravates à catogan qui se la jouent, on les aime pas hein ?
Et les jeunes avec leurs smartphones hein ? Hé j'ai raison ou quoi les gars ?

Ca n'est pas atroce, on est loin de certains films consternants que j'ai pu chroniquer ici, c'est au moins fait par des gens compétents soucieux de rendre un travail propre et cohérent et de ne pas endormir les gosses donc ça n'est pas de l'adaptation de jeu vidéo à la Uwe Boll ou un truc soporifique à la Max Payne mais voilà, si je m'étais pas mis en tête d'écrire quelque chose dessus, je me serais clairement pas donné la peine d'aller au bout. J'aurais pu abandonner en route n'importe quand sans regret parce qu'il n'y a vraiment eu aucun moment où je me suis dit "j'ai vraiment envie de voir où tout ça va mener !" ni "c'est pas folichon mais au moins ça me fait un peu rire". Ca peut sans doute contenter les petits pas trop exigeants, mais passé un certain âge même des enfants auront l'impression que vous tentez de leur fourguer la copie chinoise d'un dessin animé connu.
 

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Ratchet et Clank : le film (Ratchet & Clank, 2016), réalisé par Kevin Munroe (Dylan Dog) et Jericca Cleland, sur un scénario de TJ Fixman et Gerry Swallow (L'Âge de glace 2). Avec les voix de James Arnold Taylor (Star Wars - The Clone Wars), David Kaye (Transformers: Animated), Jim Ward (Ben10), Paul Giamatti (Il faut sauver le soldat Ryan), Armin Shimerman (Star Trek: Deep Space Nine), Rosario Dawson (Sin City), John Goodman (Big Lebowski), Bella Thorne (Big Love).

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 16:02

C'est fou comme un an passe vite hein ? Bon, je vais pas vous mentir hein, s'il m'a fallu aussi longtemps pour revenir c'est que la motivation n'est plus vraiment là. Et j'aimerais vous dire que pendant cette absence j'ai rédigé des dizaines de chroniques pour pouvoir redémarrer avec un feu nourri, et que j'ai sélectionné tout spécialement Cyborg pour la reprise parce que c'est un super film, mais là non plus je vais pas vous mentir.

La légende veut que Cyborg soit né des cendres d'un projet de suite aux Maîtres de l'Univers avec Dolph Lundgren. Tellement sûrs que la popularité de Musclor ne faiblirait jamais, les producteurs avaient déjà fait faire des décors et des costumes pour un deuxième film, mais le public leur a donné tort et plutôt que de continuer à donner des sous à Mattel en pure perte, ils ont décidé d'utiliser tout ce matériel pour pondre vite fait un truc pas cher avec l'un de leurs poulains en vedette, un jeune karatéka belge qui a fait son chemin par la suite. Ca a donné Cyborg, couillonnade post-apocalyptique à petit budget dans la veine des bis italiens sortis après le succès de Mad Max 2, avec Van Damme dans le rôle du mec qui défonce les méchants gangs de barbares cloutés du futur, et signé par Albert Pyun, spécialiste de l'action/SF bas-de-gamme dont ça resterait le film le plus célèbre.

Une épidémie a ravagé le monde, la civilisation s'est effondrée, la majorité des survivants a décidé qu'il était temps d'arrêter de faire sa lessive ou se laver la figure. Une femme cyborg tente de fuir les ruines de New York où elle a récupéré des informations qui devraient permettre de trouver un remède à la maladie à condition qu'elle puisse rejoindre une équipe de chercheurs à Atlanta. Elle se fait capturer par une horde de malandrins alors qu'elle tente d'engager un mercenaire comme garde du corps. Le hasard faisant relativement bien les choses, il se trouve que le mercenaire en question a un compte à régler avec la horde de malandrins susmentionnée, et il décide donc de les suivre pour aller leur éclater la gueule. En chemin, il y a une meuf, des bastons, des flashbacks tristes et une évocation christique.
 

Quelques effets spéciaux dérisoires permettent de justifier le titre
en montrant l'une des actrices sous cet aspect de vilaine créature biomécanique.


Une des meilleures utilisations du fameux grand écart facial que Van Damme ait pu faire dans sa carrière, une crucifixion sur l'épave d'un bateau, et un méchant rasta en cotte de mailles, voilà à peu près tout ce qu'il y a de mémorable de Cyborg. Même si visuellement ça ne ressemble pas aux aventures de Musclor, la parenté avec Les Maîtres de l'univers se ressent : on dirait effectivement un dessin animé bébête des années 80, avec ses personnages aussi riches que le costaud qui fait "brrrraaaarrrrrgghhh", le costaud qui fait "weeeeeurrrrrhh" ou le costaud qui fait "grreeuuuuhhh", et ses rebondissements aussi bien trouvés que "merci de m'avoir sauvée mais on n'est qu'à la moitié du film donc ne me sauve pas, je me sauverai moi-même à la fin, oh et puis tiens finalement tu sais quoi, maintenant qu'on est à la fin, sauve-moi quand même". Les combats sous-exploitent les capacités du fringant Jean-Claude, la musique est gentiment pourrie, les fameux décors qu'il ne fallait surtout pas gâcher ne sont pas très impressionnants, on a l'impression que c'est tourné dans les restes d'un clip de Billy Idol.

Un groupe de durs à cuire marchant au ralenti avec des flammes dans le dos,
c'est pas d'une originalité folle mais ça fait toujours son petit effet.

C'est bas-de-gamme et bas-du-front, mais ça a le minimum de personnalité pour que les nostalgiques des séries B fauchées comme on en louait en vidéoclubs dans les années 80 y trouvent un petit charme (et ne seront pas trop dépaysés tant l'édition DVD est de mauvaise qualité), de même que les fans de sa vedette. Si vous avez déjà vu tous les classiques de cette époque, que vous êtes vraiment curieux de voir le film dont la suite a donné son premier rôle principal à Angelina Jolie, et que tant qu'il y a de l'action vous savez vous montrer indulgent même quand c'est très con, ça se laisse regarder.


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Cyborg (1988), écrit et réalisé par Albert Pyun (Nemesis) avec Jean-Claude Van Damme (Universal Soldier), Deborah Richter (Capitaine Furillo), Vincent Klyn (Point Break), Dale Haddon (Spermula), Ralf Moeller (Gladiator).

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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 13:12

De nos jours, tous les gros studios veulent leur part du gâteau des superhéros, et d'après les projets pas encore tournés mais déjà annoncés on voit qu'ils sont prêts à tenter le coup avec à peu près n'importe quel personnage et pas seulement les plus connus. Et ils aiment bien débaucher des réalisateurs prometteurs ou prestigieux mais dont les précédentes oeuvres n'ont rien à voir avec les petits miquets qu'ils sont chargés d'adapter, comme ça en cas d'échec, ils peuvent toujours rejeter la faute dessus plutôt que d'admettre qu'il faut arrêter de faire des films sur tout ce qui porte un costume bariolé. Eh bien figurez-vous que le phénomène n'est pas vraiment nouveau. Après le succès de Superman c'était la même chose, et c'est comme ça qu'en 82 Wes Craven s'est retrouvé aux commandes de la version cinéma de La Créature du marais (pour les jeunes qui ont grandi après la mondialisation, c'est comme ça qu'on appelait la BD Swamp Thing en France à l'époque), les aventures d'un justicier mi-homme mi-plante imaginé par le papa de Wolverine (qui lui-même en ce temps-là s'appelait encore Serval). Et, tout comme L'Eté de la peur et Shocker, le résultat fait partie des titres qu'on ne cite pas trop quand on le décrit comme un Maître de l'Horreur et pas un simple réalisateur de séries B.

Ray Wise (le père de Laura Palmer dans Twin Peaks) joue brièvement le professeur Holland, botaniste qui espère nourrir tous les affamés du monde en combinant de l'ADN végétal et animal pour créer des cultures capables de pousser dans les conditions les plus difficiles. Ses recherches attirent la convoitise du méchant Docteur Arcane, qui envoie des mercenaires voler le fruit de ses travaux et se débarrasser de lui. Evidemment, ce qui doit arriver dans une histoire de superhéros arrive : lors de l'attaque sur son labo dans les marécages de Louisiane, Holland est contaminé par sa propre invention et laissé pour mort, mais en réalité, le voilà devenu un mutant, un monstre amphibie à la force surhumaine, capable de régénérer ses blessures et celles des autres. Arcane n'ayant pas réussi à reproduire sa formule malgré le vol de ses notes, il décide de capturer cette Créature du marais...
 


Bien que le décor et le personnage se prêtaient à une ambiance horrifique,
Craven a préféré profiter de l'occasion pour s'essayer au film d'action.


1982, c'est presque 30 ans après L'Etrange créature du Lac Noir, et on pourrait être tenté de croire qu'à l'époque le public n'était déjà plus très réceptif aux cascadeurs déguisés en monstres aquatiques en caoutchouc, sinon Le Continent des hommes poissons aurait probablement été une production hollywoodienne plutôt qu'un bis italien exporté à l'international par Roger Corman. En tout cas pour nous en 2015, c'est tentant de penser que Craven a sciemment réalisé un film impossible à prendre au sérieux, en hommage aux couillonnades pour drive-in des années 50. Cela dit, il faut peut-être garder à l'esprit qu'en ce temps-là on pouvait faire un carton à la télé avec un Incroyable Hulk sans images de synthèse, simplement en collant une perruque et du maquillage sur Lou Ferrigno. Alors qui sait, peut-être bien que la Créature n'était pas censée faire marrer (ouaf, ouaf). Mais le fait est qu'entre les monstres risibles, les personnages caricaturaux, les plans nichons, et les scènes au ton mélancolique devant lesquelles on ne peut que sourire parce qu'elles sont jouées par un mec déguisé en légume avarié, on a l'impression d'être devant une sorte de pré-Toxic Avenger.
 


Le pauvre bout de bois sur pattes ressemble au fils que Clint Eastwood aurait fait,
par l'intestin, à la sorcière du
Magicien d'Oz.


Autrement dit, ça ne ressemble ni aux Batman de Nolan ni aux superproductions Marvel, on dirait un pilote de feuilleton télé parodiant les vieux films de monstres kitschs avec un humour tellement pince-sans-rire qu'on ne serait jamais tout à fait sûr que ça n'est pas simplement une vraie série Z. Et quelle qu'ait été l'intention de l'auteur, le résultat n'est pas franchement réussi puisque ça reste trop sage pour combler un amateur de nanars mais que ce qui aurait pu être un honnête thriller familial devient impossible à apprécier au premier degré chaque fois que le colosse boueux vient mettre des baffes à une jeep ou se morfondre sur sa condition de génie scientifique/amoureux transi piégé dans un corps de brute hideuse. Ca reste divertissant parce qu'il y a ce qu'il faut de poursuites, fusillades et bagarres, mais c'est décevant.
 


Travailler à un film commercial pour un gros studio a dû imposer quelques contraintes à l'auteur,
comme une séquence de pub pour les produits Coca,
mais le malicieux papa de Freddy s'est offert une petite vengeance en y glissant une affiche Pepsi.


Si Craven avait osé partir dans une direction plus fantaisiste, ou au contraire s'il avait limité les apparitions et la visibilité de son héros à l'écran pour en faire une figure mystérieuse, tragique et inquiétante, plutôt que cette espèce de clown triste, j'aurais sans doute été beaucoup plus enthousiaste. Là, je peux pas dire que j'ai détesté, parce que ça ne laisse pas le temps de s'ennuyer, parce que c'est pas désagréable de voir un film de superhéros où, pour une fois, ce n'est pas le sort de l'Univers entier qui est en jeu dans un déferlement d'images qui semblent nous dire "allez, rassurez-vous, la prochaine fois qu'il pleuvra des ruines de gratte-ciels à New York, tout va bien se passer", et parce que je suis peut-être un peu mieux disposé que la moyenne à l'égard des "craignos monsters". Mais ce n'est pas un film que je conseillerais à n'importe quel fan de Scream ou des personnages DC Comics. Avouons que même la jaquette n'est pas malhonnête là-dessus, donc voilà, si en la voyant vous vous dites, "tiens, c'est vrai que j'aimerais bien savoir ce qui se passerait si les hémorroïdes du Géant Vert prenaient vie (et puis j'aime bien regarder courir Adrienne Barbeau, aussi)", n'hésitez pas à tenter le coup.

 

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La Créature du marais (Swamp Thing, 1982), écrit et réalisé par Wes Craven (La Colline a des yeux). Avec Adrienne Barbeau (New York 1997), Dick Durock (Ca va cogner), Louis Jourdan (Octopussy), Ray Wise (RoboCop), David Hess (La Dernière maison sur la gauche), Nicholas Worth (Darkman).

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 07:17

Invoquer "l'an 2000", ou une année deux-mille- quelque-chose, dans le titre d'un film, jusque dans les années 80 ça passait encore. C'était un raccourci simple pour signifier au spectateur qu'on allait l'emmener dans un futur lointain. En version optimiste c'était plein de vaisseaux spatiaux et de robots, en version pessimiste l'inévitable 3ème Guerre mondiale entraînait l'avènement d'une dictature fasciste ou la destruction de la civilisation et son remplacement par des hordes de barbares motorisés. Dans les années 90 c'est devenu plus rare, pour s'y risquer encore il fallait vraiment tenir à indiquer "ceci est un film d'anticipation réaliste sur les dangers vraisemblables qui nous attendent pour de vrai à cause des ordinateurs et de la science dans un monde qui est juste là, à nos portes". Le problème c'est qu'après, en 2015, ben autant un truc comme La Course à la mort de l'an 2000, t'en as entendu parler, tu sais que c'est un classique et tu leur en veux pas de s'être gourés dans une prédiction faite en 1975, mais quelque chose du genre de Contagion 2009 ça t'évoque rien et tu te doutes immédiatement que c'est de la SF ringarde. Malgré ça, en 2004 le distributeur français de ce modeste direct-to-video canadien a décidé qu'il valait quand même mieux s'appeler comme ça que garder le titre original Sci-Fighters, quitte à paraître périmé très vite. En tout cas, à cause de ça je l'avais longtemps laissé traîner en craignant qu'il ne s'agisse que d'un banal téléfilm catastrophe. Il aura fallu que Piper claque pour que je me décide à le visionner.

Dans la grande tradition des films tournés à Toronto ou Vancouver et qui se passent à New York, celui-ci nous montre que dans le futur proche d'il y a 6 ans, Boston aura la gueule de Montréal. Mais l'histoire démarre sur la Lune, dans une prison où un détenu a trouvé un moyen original de s'évader : se laisser contaminer par une maladie extraterrestre dont les symptômes le feront passer pour mort, obligeant les autorités à rappatrier son corps sur Terre. Une fois sorti de son sac à cadavre, il se met à tuer des gens et à répandre le virus tandis que son état physique et mental se dégrade à vue d'oeil. Un flic l'identifie grâce à un portrait-robot, mais comme le suspect est officiellement mort, tout le monde refuse de le croire et il mène l'enquête seul dans son coin. Il est d'autant plus déterminé que le tueur n'est autre que son ancien collègue, condamné pour avoir une femme qu'ils aimaient tous les deux.

 


Bien entendu, il fait nuit tout le temps et quand le héros a un petit creux entre deux retraits de réplicants
harcèlements de suspects, il va dans un quartier rempli de néons, d'inscriptions asiatiques
et de jeunes gens habillés et maquillés bizarrement.


Autant Epreuve mortelle et Jungle Ground étaient crétins mais sympa, autant là on a les défauts des productions à petit budget pour le marché de la vidéo sans en avoir les qualités. Le début laisse espérer (ou craindre, après tout, si c'est pas votre truc, je vous juge pas) un nanar, avec cette base lunaire gérée par une sorte de Daft Punk du pauvre et dont les détenus ont accès sans surveillance à plein de matériel dangereux et se battent en duel à la ponceuse du futur. Mais assez vite on s'oriente simplement vers de la SF bas-de-gamme, pas très intelligente, pas très originale, pas très énergique, pas très bien écrite (ni très bien traduite en VF), pas très bien jouée. Ca s'inspire de Blade Runner, d'Alien, mais faute de budget et d'idées ça se contente d'en copier quelques éléments sans rien faire d'intéressant avec. Et au bout du compte c'est surtout une énième histoire de flic obstiné qui cherche à coincer l'assassin de sa femme, dans un décor vaguement science-fictionneux. De temps en temps il y a une méchante pieuvre extraterrestre qui explose un thorax, ou un personnage qui se décompose sur pied sous l'effet de la maladie, mais ça donne plus l'impression d'être du remplissage que le sujet principal de l'intrigue.
 


Contagion 2009 n'arrive même pas à être un peu cohérent avec les clichés de science-fiction qu'il emprunte.
Certaines victimes du virus ont une vilaine pieuvre qui leur explose le thorax pour aller infecter
d'autres gens, d'autres non. Les pieuvres elles-mêmes sont assez ridicules mais les maquillages sont pas mal.


Piper fait ce qu'il peut avec un personnage assez foncièrement antipathique de flic qui agit en marge de la loi parce qu'il lui reste encore son badge de l'époque où il faisait partie d'une unité d'élite. Il n'y a visiblement plus que lui qui y accorde une quelconque valeur, mais le film traite ça comme si ça voulait juste dire que son chef était décidément un sacré emmerdeur qui ne comprend pas qu'il devrait le laisser faire ce qu'il veut parce que c'est un homme qui souffre à cause de son passé tragique, plutôt que réagir négativement comme ça à chaque abus de pouvoir ou utilisation de son temps de travail pour enquête non-autorisée. Mais pour le spectateur, c'est un peu difficile de l'accepter comme un type bourru mais cool, rigolo et charmeur dans les scènes où il dragouille la petite scientifique, alors qu'à côté de ça on le voit abattre et torturer des suspects, traiter ses collègues comme des domestiques, brandir son fameux badge à tout bout de champ pour signifier "vos gueules, je vaux mieux que vous tous". Son personnage apparaît moins complexe que mal pensé.
 


De temps en temps, il y a une scène d'action, un truc qui pète, une cascade,
mais le rythme est plutôt mou et on a régulièrement le temps de s'ennuyer.


Finalement, le seul qui tire un peu son épingle du jeu dans tout ça, c'est l'affreux Billy Drago en serial killer dont l'état physique et mental se dégrade de scène en scène. Bon, le doubleur français le massacre à force de refuser de choisir la voix et le ton qu'il veut lui donner, mais il reste sa gestuelle, ses mimiques. Le film est un peu moins ennuyeux quand il est à l'écran. Mais il en faudrait plus pour sauver ce médiocre thriller sans suspense et sans ambition. Même pour les gens qui aiment écumer les bacs des solderies, c'est pas vraiment ce que j'appellerais une chouette petite trouvaille, c'est plutôt raté et vraiment à réserver aux inconditionnels de Roddy Piper qui seront contents d'avoir un film de plus pour 1€.

 

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Contagion 2009 (Sci-Fighters, 1996), réalisé par Peter Svatek (Hémoglobine) sur un scénario de Mark Sevi (Scanner Cop II). Avec Roddy Piper (Invasion Los Angeles), Jayne Heitmeyer (Invasion Planète Terre), Billy Drago (Les Incorruptibles), Chip Chuipka (Highlander III), Tyrone Benskin (300).

 

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 11:52

Rassurez-vous, on en a fini avec les thèmes, mais je me suis dit que ce serait quand même rigolo après deux Universal Soldier sans Van Damme d'enchaîner avec un Van Damme sans Universal Soldier. J'ai choisi Timecop parce que même si ça a été l'un de ses plus gros succès en salles, aujourd'hui il me semble que quand on évoque ses "classiques" on pense plutôt à ses premiers films d'arts martiaux à petit budget comme Kickboxer ou Full Contact qu'à ses gros films de studios comme Chasse à l'homme ou celui-ci. Accessoirement, c'était l'occasion de jeter un oeil au travail de Peter Hyams (le père de John), un réalisateur qui a tourné de grosses productions avec de grosses vedettes sans jamais vraiment s'imposer parmi les grands noms du cinéma d'action de son temps, plutôt comme un de ces types qu'on embauchait quand James Cameron, John McTiernan ou Richard Donner étaient trop cher et que Renny Harlin et Chuck Russell étaient déjà occupés.

Adapté d'une obscure BD, Timecop parle de voyages dans le temps, un sujet qui exige généralement beaucoup d'indulgence de la part du public vis-à-vis de possibles incohérences dans le scénario. Et ici il faut effectivement renoncer à toute logique d'un bout à l'autre. En 1994, un savant travaillant pour le gouvernement américain met au point une machine temporelle. Elle ne permet pas d'explorer le futur "parce qu'il n'a pas encore eu lieu", et il est décidé d'un commun accord qu'il ne vaut mieux pas l'utiliser pour aller dans le passé parce qu'on risque de créer des catastrophes en le modifiant ("ce serait tentant de tuer Hitler, mais le résultat pourrait être encore pire !"). Ah bon ben ok, du coup, la machine sert à rien et y a pas de film alors ? Si, si, parce qu'on craint que quelqu'un n'utilise cette technologie à mauvais escient. Qui donc, puisqu'il n'y a qu'une seule machine au monde ? Tant qu'elle est bien gardée, a priori ça craint rien. Fin du film, alors ? Non, non, imagine, quelqu'un d'autre a une machine. La liste des suspects doit être très courte, vu les moyens qu'il faut pour voler cette technologie et se construire sa propre machine. C'est probablement un coup du mec qui supervise toute l'opération et qui a tellement une gueule de fourbe que le film ne cherche même pas une seconde à dissimuler que c'est lui le méchant. Arrêtons-le et le film est fini alors. Non, non, créons plutôt une police spéciale qui traquerait les criminels du temps. Comment ses agents reviendront dans leur présent au fait, puisque celui-ci deviendra un futur qui n'a pas encore eu lieu ? Non, vraiment, faut pas trop réfléchir devant Timecop.
 


Apparemment en dix ans les plus féroces ennemis de l'Amérique ont fini par développer
ou dérober la technologie des voyages dans le temps, mais ils sont suffisamment disciplinés pour ne l'utiliser
que pour de petits méfaits qui peuvent se réparer en envoyant un flic ou deux, pas pour foutre le bordel complet.

 

Au milieu de ce bordel absurde, il y a Van Damme. Je ne sais pas s'il est censé être d'origine allemande ce coup-ci plutôt que française ou louisianaise, mais en tout cas il s'appelle Max Walker plutôt que Toulouse Robideaux ou Jean-Pierre Napoléon, et sa propre femme le vanne sur son accent "incompréhensible". Après, elle se fait assassiner, et il ne reste plus à Walker qu'à se donner corps et âme à son nouveau boulot de flic du temps. Pendant dix ans, il traque des criminels qui utilisent leurs connaissances historiques pour s'enrichir en interceptant des cargaisons d'or ou en investissant, à une époque où leurs actions sont au plus bas, dans des entreprises devenues florissantes. Il finit par découvrir que c'est le sénateur à la tête de la commission de contrôle du temps qui organise ces malversations pour financer sa campagne présidentielle, et comprend qu'il va être difficile de rassembler des preuves et témoignages contre son propre patron. Il part néanmoins enquêter en 1994 parce que ça coûte moins cher à produire que des décors futuristes ou historiques et que c'est aussi l'année où est morte sa femme, du coup je vous laisse deviner si tout ça l'amènera à empêcher son assassinat en plus de contrecarrer les plans du méchant.



Timecop c'est surtout un voyage dans le temps pour le spectateur, avec un retour vers
cette période mystérieuse que fut le Hollywood des années 90, où tous les délinquants
prenaient Bart Simpson pour modèle et avaient des rollers ou un skate et une casquette à l'envers

 

Fusillades, cascades, effets spéciaux (qui ont pris un méchant coup de vieux)... Clairement Van Damme cherche à râtisser un public plus large que celui de ses fans habituels, à jouer dans la cour des Schwarzenegger, Stallone et Willis. Mais ça reste une production plutôt modeste, pas un concurrent sérieux aux films à grand spectacle des années 90. Cela dit, là où cette volonté de ne plus simplement faire du Van Damme se ressent le plus, c'est finalement dans ses tentatives maladroites de s'essayer à l'art de la vanne. Hélas, ses répliques censément percutantes, tombent toujours à plat, et ça ne colle pas vraiment à son personnage de veuf éploré. On peut quand même apprécier cette tentative de se renouveler un peu, surtout qu'il ne perd pas son identité au passage. Il ajoute quelques notes à son répertoire mais n'oublie pas ce qui a fait son succès : il distribue généreusement les coups de saton dans la gueule, fait plusieurs démonstrations de son grand écart facial, et montre évidemment ses fesses dès le premier quart d'heure du film.
 


L'éditeur du DVD sait à quel point tout le monde apprécie cette prouesse et a décidé
de l'utiliser non seulement pour illustrer la jaquette, mais comme curseur dans les menus.


En tout cas, et au risque de me répéter, il vaut mieux voir ça dans un certain état d'hébétude parce que dès qu'on y réfléchit plus d'une demi-seconde on s'aperçoit que c'est quand même complètement crétin et on regrette l'époque où Van Damme faisait des films simples mais qui tenaient debout. "Machin participe à un tournoi d'arts martiaux et latte la tronche à tout le monde pour venger son frère", c'est basique mais au moins tu passes pas le film à te dire "attends, y a besoin de créer une police du temps alors que personne n'a encore de machine à part la police du temps ?" ou "attends, en 1929 il peut se matérialiser précisément dans le bureau du type et en 1994 il apparaît au milieu de la route ou au-dessus de l'eau ?" ou "la machine elle disparaît mais elle va nulle part, et pour rentrer il faut juste un boîtier sans machine ?" ou "vraiment, y avait pas plus simple pour s'enrichir ? Comme vendre la technologie des voyages dans le temps en loucedé ?" ou "les mecs peuvent localiser précisément où et quand ont lieu les crimes temporels mais pas leurs points de départ ?" Et je dis ça en tant que fan de Retour vers le futur et Terminator, qui sait que même ces films-là ne résistent pas à un examen poussé. Mais Timecop est encore plus couillon et vraiment pas assez inventif ou spectaculaire pour se permettre de l'être autant.
 


Le film n'a malheureusement pas assez de grosses scènes d'action,
mais ça ne fait quand même pas trop
direct-to-video bas-de-gamme.


Je suis un peu déçu, ayant lu que c'était un des plus gros succès publics et critiques de Van Damme je m'attendais vraiment à mieux qu'un film aussi crétin, qui n'a vraiment pas très bien vieilli. Pour quelqu'un qui aime bien ce qu'il fait, ça se laisse regarder, c'est pas chiant, c'est pas Légionnaire, le casting est sympathique, le côté idiot et daté est un peu rigolo et contribue à le rendre divertissant, mais disons que le DVD est loin d'être indispensable à votre collection.

 

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Timecop (1994), réalisé par Peter Hyams (2010, l'année du premier contact) sur un scénario de Mark Verheiden (The Mask). Avec Jean-Claude Van Damme, Ron Silver (Ali), Mia Sara (Labyrinthe), Bruce McGill (Rizzoli & Isles - Autopsie d'un meurtre), Gloria Reuben (Urgences).

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 10:38

Le mois des suites est terminé mais je n'allais quand même pas vous laisser en plan en plein milieu d'un diptyque comme ça. Alors voilà, aujourd'hui on parle d'Universal Soldier 3, tourné dans la foulée d'Universal Soldier 2, avec les mêmes acteurs. L'histoire, précédée d'un petit récapitulatif, fait immédiatement suite à Frères d'armes : Luc Devereaux, le cyborg qui a échappé au contrôle de ses créateurs, et Veronica, la journaliste qui veut l'aider à retrouver une vie normale, sont toujours en cavale. Le sous-directeur de la CIA, quant à lui, n'a pas été découragé par l'échec essuyé lors de l'épisode précédent, et compte bien continuer à produire des Universal Soldiers sans l'accord du gouvernement. Pour financer le programme, il va tenter d'intercepter une énorme cargaison de lingots d'or et cette fois, ce sont des cadavres de terroristes qui sont transformés en UniSols pour mener la mission à bien. Luc et Veronica, qui ont besoin de le démasquer pour blanchir leur nom, vont devoir contrecarrer ses plans.

La recette qui rendait le précédent téléfilm regardable fonctionne toujours : les auteurs savent que leur intrigue générale n'est pas passionnante, que leurs acteurs ne sont pas des stars et qu'ils n'ont pas les moyens de filmer des scènes d'action vraiment spectaculaires, alors pour éviter que tu zappes malgré tout ça, ils se dépêchent d'enchaîner les rebondissements et les changements de décor. Ca commence par une prise d'otages clairement inspirée de Piège de cristal et on se dit que les mecs vont faire tout le film là-dessus, mais non, en fait c'est juste pour te proposer une situation que t'avais pas encore vue dans un Universal Soldier mais c'est bouclé en vingt minutes. Après ça, les héros reprennent leur cavale qui les mène constamment d'un endroit à un autre, d'une bagarre à une fusillade, d'une embûche à une révélation. Au passage ça évite de trop laisser le temps de réfléchir à certains trucs qui ne collent pas, comme le fait que des fugitifs parcourent des milliers de kilomètres en bagnole en l'espace d'un après-midi, que les méchants continuent de fabriquer tant de nouveaux cyborgs sans argent, que Luc sache soudain reprogrammer lui-même les UniSols, que certains puissent être tués simplement en leur tirant dessus alors que d'autres réagissent aux balles comme des Terminators.
 


Matt Battaglia reste fidèle à sa volonté de ne jamais afficher aucune émotion.


C'est donc toujours du divertissement assez bas-de-gamme mais j'ai tendance à être plus indulgent devant une petite série B bricolée par des gens qui se sont donné du mal parce qu'ils voulaient garder leur boulot en enchaînant sur une série télé, que devant un truc sans âme torché par des fonctionnaires de la caméra qui savent que les droits de distribution télé et DVD sont déjà vendus et c'est plus la peine de se faire chier à produire quelque chose de potable. Ultime revanche est couillon et rempli de clichés (comme le bon vieux coup du vétéran qui se sait condamné et veut se sacrifier, mais que les autres refusent d'abandonner à son sort, et qui finit par leur donner congé d'un "c'est un ordre, soldat !" solennel) mais, comme Frères d'armes, toujours pas foncièrement déplaisant à suivre, à peu près au niveau de séries télé bébêtes mais sympathiques de l'époque comme The Sentinel ou Le Caméléon. C'est bien rythmé, de temps en temps il y a une tentative pour donner un peu de caractère au produit, Luc qui s'essaie à l'humour sans comprendre comment ça fonctionne, le savant fou qui éduque un clone...
 


Avec le départ de Gary Busey, le rôle de Burt Reynolds a été étoffé,
mais son personnage est hélas moins rigolo.


Ca reste aussi peu indispensable que Frères d'armes, et même si Ultime revanche contient lui aussi une histoire complète, il laisse en suspens des éléments qui ne seront jamais résolus puisque les films suivants ont complètement ignoré ces deux épisodes télé (tout comme le distributeur des DVDs, qui ne les a pas inclus dans le coffret Universal Soldier). C'est, une fois de plus, un passe-temps pour après-midi où on n'a pas l'énergie pour réfléchir ou bouger, un film pour état grippal, gueule de bois ou dépression liée au chômage longue durée. Je vous souhaite d'avoir mieux à faire de votre vie, mais sinon, c'est toujours mieux qu'un film d'Uwe Boll ou The Asylum.

 

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Universal Soldier 3 - Ultime revanche (Universal Soldier III: Unfinished Business, 1998), réalisé par Jeff Woolnough (Bones) sur un scénario de Peter M. Lenkov (Demolition Man). Avec Matt Battaglia (Mission Alcatraz), Chandra West (La Voix des morts), Burt Reynolds, Richard McMillan (Cube Zero), Claudette Roche (Starhunter), Jeff Wincott (Brigade de nuit).

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Published by Toxic - dans Science-fiction
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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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