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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 08:46

N'ayant chroniqué que des adaptations de jeux vidéo cette année, je continue sur ma lancée même si ça veut dire qu'il va falloir que je re-bouffe du Hitman et du Tekken. J'avais encore jamais vu Doom, qui a déjà 12 ans cette année, et comme pour Resident Evil ça me paraissait être un bon moment pour lui donner enfin sa chance. En 2005 je me serais sûrement focalisé bêtement sur "mais ça n'a rien à voir avec le jeu !", mais là je me sentais d'humeur à donner tort à tous ceux qui l'avaient descendu à sa sortie : les critiques sérieux qui avaient trouvé ça débile tout en affirmant que "mais les fans du jeu aimeront sûrement !" (parce que jouer à des jeux vidéo signifie automatiquement avoir des goûts de chiottes en matière de films tant qu'on appelle un personnage "Dr Carmack" OUAH COMME JOHN CARMACK LE CREATEUR DE DOOM), les fans outrés par les infidélités à "l'Oeuvre" d'origine, et ceux qui ne voulaient pas rater une occasion de se moquer d'un idiot de catcheur qui prétendait faire du cinéma.

Eh oui, parce qu'à l'époque The Rock était encore The Rock, un type qui jusque-là avait gagné sa vie en faisant semblant de se battre en slip, et pas encore Dwayne Johnson, la plus grosse star de la galaxie. Il était donc de bon ton d'ironiser sur son talent d'acteur. Vous vous rendez compte que même quand j'ai commencé ce blog, en des temps immémoriaux, je me demandais s'il trouverait enfin le film qui ferait de lui le nouveau Schwarzenegger ou s'il resterait toujours le un-peu-mieux-que-Roddy-Piper-mais-pas-beaucoup ? Aujourd'hui, la question ne se pose plus. Vous voulez sauver GI Joe ? Vous appelez Dwayne Johnson. Vous voulez être sûr de pouvoir poursuivre les Fast & Furious jusqu'à l'explosion du soleil ? Dwayne Johnson. Vous voulez tirer du fric d'un vieux truc ringard comme Alerte à Malibu ? Dwayne Johnson. Et les critiques sur "encore un culturiste teubé qui joue comme un parpaing" ont laissé place à des louanges sur son côté sympa, charismatique et rigolo. Mais en 2005, donc, on n'en était pas encore là.

Je ne vous apprends sans doute rien en vous disant que Doom, que l'on doit au même réalisateur que Street Fighter, la légende de Chun-Li, est tiré de l'un des premiers et plus célèbres jeux de flingage en vue subjective, qui mettait en scène une invasion de démons dans une base martienne suite à l'ouverture d'un portail infernal. Le film délaisse l'élément occulte mais il est toujours question de massacre sur Mars, où des scientifiques sur un site de fouilles archéologiques sont victimes de créatures non-identifiées. Une escouade militaire est envoyée pour retrouver d'éventuels survivants ainsi que le fruit de leurs mystérieuses recherches. Attaqués à leur tour, les troufions comprennent assez vite que leurs supérieurs leur ont caché la vraie nature de la menace, et tombent l'un après l'autre dans les griffes de mutants féroces.

Remplacer les démons par de simples mutants, pourquoi pas,
mais ça semble avoir servi d'excuse pour utiliser des créatures au design assez banal.

Le seul moment mémorable du film, illustré ci-dessus, arrive vers la fin : cinq minutes à la première personne, dans la peau du héros qui tue des monstres dans des couloirs à coups de fusil d'assaut ou de tronçonneuse. C'est probablement cette scène qui a suffi aux critiques pour se mettre dans la tête que ça "plairait forcément aux fans du jeu vidéo". Malheureusement, en dehors de ça, c'est une copie d'Aliens qui souffre à la fois d'un manque de personnalité (même les streums ressemblent à une version bodybuildée du Xénomorphe) et d'un surplus de budget. Avec moins de fric ça aurait pu donner un nanar et être drôle, mais là, sans être vraiment une superproduction (on se rend sur Mars en téléporteur parce que ça coûte moins cher à représenter à l'écran qu'un vaisseau spatial) ça n'est pas ridicule du tout. Et avec un peu d'imagination ça aurait pu être une vraie bonne variation autour du thème "commando contre monstre(s)" comme Predator, mais c'est le genre de film où chaque scène est une réplique de la précédente (les soldats arrivent dans une nouvelle pièce/un nouveau couloir, une ombre fait "woosh woosh" derrière/au-dessus d'eux, une patte griffue en chope un en douce et le bute, les survivants répliquent en tirant dans le vide) et où chaque personnage a un seul trait de caractère qui dicte la totalité de sa contribution à l'histoire : le chef reste bien droit dans ses bottes, le bleu-bite panique, le cul-bénit prie, le psychopathe fait des trucs louches, le héros désobéit aux ordres pour la bonne cause, etc.

L'autre gros clin d'oeil au jeu, c'est le "Big Fucking Gun". Et c'est certes marrant de voir
The Rock se trimballer avec un fusil de la taille d'un éléphanteau, et en même temps,
il tire deux fois avec dans tout le film, et rate, donc ça n'est pas spécialement satisfaisant pour autant.

Alors voilà, comme il y a Rosamund Pike, comme les effets spéciaux sont plutôt réussis (meilleurs que ceux de Resident Evil, par exemple), comme il y a cette fameuse séquence imitant le jeu, comme ça n'est pas un de ces films de monstres fauchés où ça bavasse tout le temps parce que ça coûte moins cher que de tourner des scènes d'action, ça reste plus regardable que d'autres ersatz du film de Cameron tellement oubliables que là je suis même pas foutu de vous en citer un seul en exemple. Tout ça n'en fait pas un film intéressant pour autant, il manque une touche de folie ou de créativité qui aurait pu faire qu'on s'amuse vraiment devant, mais là même The Rock, sans être mauvais, ne donne aucun relief à son personnage et à la baston finale (qui se fait à coups de poings, un comble pour Doom). A choisir, je reverrais plutôt un Resident Evil que ça, et j'ai pourtant pas spécialement envie de revoir un Resident Evil, c'est vous dire si vous n'avez pas besoin de regarder Doom.

 


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Doom (2005), réalisé par Andrzej Bartkowiak (Roméo doit mourir) sur un scénario de Dave Callaham (Expendables : Unité spéciale) et Wesley Strick (Freddy : Les Griffes de la nuit). Avec Karl Urban (Dredd), The Rock, Rosamund Pike (Gone Girl), Raz Adoti (Resident Evil: Apocalypse), Richard Brake (Batman Begins), Dexter Fletcher (Arnaques, crimes et botanique).

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 11:06

Eh ben le voilà le film avec lequel j'aurais dû relancer le site le mois dernier ! Attention hein je ne dis pas que c'est bien, mais admettez qu'une comédie d'horreur à petit budget pour le marché du DVD, avec des zombies et des catcheurs, c'est tellement Ciné Discount, ça aurait été parfait pour reprendre nos marques après un an d'inactivité.

Monster Brawl est une variation autour d'une idée exploitée par le cinéma depuis les années 40 : réunir plein de monstres connus et libres de droits en un seul film. Ce coup-ci, c'est pour un tournoi de catch qui va opposer 8 créatures, un loup-garou, une momie, une vampire, etc, dans des matchs à mort, parce que les promoteurs ne se rendent pas compte qu'à moyen terme c'est un peu contre-productif de tuer ses vedettes. Il n'y a pas à proprement parler d'intrigue, c'est une succession de matchs entrecoupée d'interventions des commentateurs et de Jimmy Hart (l'ancien manager d'Hulk Hogan entre autres), et de petites saynètes qui présentent les combattants. On voit ainsi la créature du marais dans son bayou, ou le zombie dans le placard qui représente la base militaire où il a été créé.

Le film pourrait être un numéro spécial Halloween d'une émission de catch, mais écrit par un fan qui n'aurait réfléchi que de façon assez superficielle aux mécanismes qui font que ce genre de spectacle fonctionne. Ou un non-fan qui n'aurait pas lu Roland Barthes. Les participants n'ont pas vraiment de personnalité, pas de motivation particulière pour venir se battre, il n'y a pas de gentils et de méchants. Apparemment les auteurs considèrent que voir un cyclope et une sorcière se coller des pains est une attraction suffisante en soi. Mais comme les monstres se battent simplement comme des catcheurs en costumes, à l'exception de quelques "coups spéciaux" surnaturels, on reste vraiment sur sa faim. Je ne sais pas ce que valent RJ City, Rico Montana ou Courtney Rush sur un ring quand ils ne sont pas handicapés par un déguisement et du maquillage, mais ici ils se limitent à quelques mouvements basiques qui ne donnent pas des matchs très spectaculaires et originaux. Un coup de la corde à linge par-ci, un enfourchement par-là, on peut voir mieux toutes les semaines sur RTL9.

De temps en temps, le réalisateur se rappelle que ses personnages sont des monstres
et pas seulement des catcheurs d'une petite promotion de l'Ontario, et il y a une attaque magique...

...mais dans l'ensemble les matchs se limitent à des échanges de coups et prises banals.

C'est un film indépendant à petit budget qui ne se prend pas au sérieux, donc je me sentirais un peu con de le décortiquer pour m'acharner dessus pendant 15 paragraphes. Mais bon, voilà, j'ai quand même eu l'impression que l'auteur ne s'est vraiment pas trop foulé sous prétexte que tout ça c'est juste pour rigoler sans se prendre la tête, et que ses efforts se sont concentrés sur le recrutement de quelques acteurs un peu connus et d'une boîte d'effets spéciaux au rapport qualité-prix honnête. Lance Henriksen, Dave Foley, Kevin Nash et Jimmy Hart n'ont probablement pas passé plus d'un après-midi chacun en studio pour boucler leurs prestations en mode pilote automatique, mais c'était suffisant pour mettre leurs noms sur la jaquette et trouver un distributeur. Le film étant vendu d'avance grâce à ça, pourquoi se faire chier à essayer de faire quelque chose de chouette ? Surtout quand on a l'excuse du "bah en même temps, des monstres qui font du catch, tu t'attendais à du Shakespeare ?"

Entouré de filles en bikini qu'on a mises sur la jaquette parce que ça fait vendre
mais qui ne sont créditées au générique qu'en tant que figurantes,
Jimmy Hart s'auto-imite sans grande conviction...

...tandis que Dave Foley, contraint depuis des années de jouer dans n'importe quoi
pour payer ses dettes et éviter la prison, lit très visiblement ses répliques sur des cartons.

Alors voilà, c'est très paresseux et vraiment pas passionnant à suivre faute d'histoire et de bons personnages, même si c'est pas foncièrement détestable. En fait ce qui est un peu agaçant c'est de se dire que mine de rien il y avait peut-être de quoi faire quelque chose d'amusant et pas trop honteux mais que le type à la tête de tout ça n'avait pas envie de s'en donner la peine, ou pas les compétences pour savoir bien utiliser ce qu'il avait sous la main. Et au bout du compte, ça ne fonctionne ni en tant que film d'horreur ni en tant que comédie, et même pas en tant que petit divertissement sympa pour fan de catch.

 

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Monster Brawl (2011), écrit et réalisé par Jesse Thomas Cook (Scarce). Avec Dave Foley (NewsRadio), Art Hindle (Chromosome 3), Robert "Kurrgan" Maillet (300), Jason David Brown (Septic Man), Kevin Nash (Magic Mike), Jimmy Hart (Caraïbes Offshore), la voix de Lance Henriksen.

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 14:46

En mars prochain bien sûr vous irez tous voir la nouvelle version dans laquelle Emma Watson prouvera qu'une fille peut trouver l'amour dans les bras d'un homme riche grâce au syndrome de Stockholm, parce que le féminisme c'est bien sympa mais un beau gros chèque signé Disney c'est difficile à refuser. Pour vous aider à patienter, je me permets de vous proposer une autre adaptation de La Belle et la Bête, un téléfilm produit pour la chaîne Syfy par le réalisateur de Commando avec Schwarzenegger, qui nous annonce sur sa jaquette que "cette fois-ci, ce n'est pas un conte de fée". Eeeeeeh ouais les gars, parce que les studios vous respectent, ils savent que vous n'êtes plus des gamins, alors là c'est la VRAIE histoire sombre et réaliste telle qu'elle s'est VRAIMENT passée pour de VRAI, pas des bobards pour faire rêver les petites filles. Ca n'interdit pas, en revanche, d'essayer de faire rêver les grands garçons avec le physique d'Estella Warren. En tout cas moi je sais que sans sa présence au générique j'aurais pas dépensé 1€ pour me procurer le DVD, mais je suis peut-être le seul à me souvenir avec émotion de cette pauvre fille, une ancienne championne de natation synchronisée et ancienne mannequin dont la carrière d'actrice s'est écrasée au décollage avec La Planète des singes de Tim Burton, et dont le plus gros film depuis a été Kangourou Jack avec Jerry O'Connell.

Belle est ici une lavandière qui aime se promener en mini-robe décolletée dans les bois à la recherche d'ingrédients pour ses lessives. Un jour, elle est sauvée des griffes d'un loup par la Bête, un métalleux clochard avec un masque d'orc récupéré dans les poubelles du Seigneur des Anneaux, qu'on accuse de tous les crimes commis dans la région. Ceux-ci sont en réalité l'oeuvre d'une bestiole en images de synthèse invoquée par une sorcière qui l'utilise pour convaincre son cousin, un noble qui espère hériter du trône à la mort du roi, de la choisir comme future reine, le plan étant que tant qu'il refusera le monstre continuera à bouffer ses soldats, mais que s'il accepte elle l'aidera à capturer la Bête et à tout lui mettre sur le dos pour se faire passer pour un héros auprès du peuple, et s'assurer ainsi d'accéder au pouvoir (qu'il semble à vrai dire déjà posséder avant même d'être roi, et qui consiste à régner sur un unique village d'une vingtaine d'habitants). Heureusement dès sa deuxième rencontre avec la Bête, Belle a compris que c'était un brave garçon qui méritait qu'elle risque sa vie pour l'aider, et ensemble ils vont tenter de rétablir la vérité.

Estella Warren garde la même tenue tout le temps de l'aventure, qui dure pourtant plusieurs jours,
mais on ne va pas s'en plaindre, hein, j'ai raison ou quoi les gars ?


C'est moi ou ça fait un peu beaucoup d'intrigue pour l'adaptation d'une histoire à la base aussi simple que "une gentille fille apprend, en vivant auprès d'un homme monstrueux, qu'il ne faut pas juger les gens sur leur apparence" ? C'est sans doute parce que CETTE FOIS-CI CE N'EST PLUS UN CONTE DE FEE. La vraie vie des personnages imaginaires, c'est compliqué. Bon enfin je taquine mais à vrai dire je peux comprendre que cette énième version ait décidé de mettre de côté la leçon de morale (par ailleurs légèrement hypocrite puisqu'à ma connaissance dans toutes les versions la Bête finit par se transformer en beau gosse comme ça la Belle n'est pas obligée de se marier avec un monstre, parce que les apparences ça compte pas jusqu'au moment où, quand même, ça compte un peu), et de raconter autre chose à la place. Même si ce prétexte de révéler "la véritable histoire" (qui n'est pas qu'un slogan pour la jaquette, c'est répété au début du film lui-même par le narrateur) est absurde, en théorie ne pas raconter exactement la même chose que tous ses prédécesseurs est une bonne idée.

Sans doute pour enfoncer le clou sur le fait que ce n'est pas une gentille fable pour gamins,
cette adaptation comporte plusieurs scènes particulièrement sanglantes.


Malheureusement, comme le film ne laisse dès le départ aucune ambiguïté sur l'identité et les motivations des vrais coupables et sur la vraie nature de la Bête, c'est un peu difficile de se passionner pour cette histoire de complot. D'autant qu'on sent bien que les auteurs ne croyaient pas que quelqu'un se donnerait la peine de regarder jusqu'au bout pour de vrai, et que le scénario paraît de plus en plus bâclé au fur et à mesure qu'il avance. Il y a par exemple une scène vers la fin où la Bête doit s'introduire dans le château par la fenêtre, en escaladant une tour, puis 2 minutes plus tard elle est sauvée par la Belle qui débarque dans la pièce par la porte sans qu'on sache comment elle a bien pu y accéder, et après ça nos deux héros recommencent une conversation qu'ils avaient déjà eue à la scène précédente, avant d'être rejoints par un de leurs potes qui n'avait pourtant aucun moyen de savoir qu'ils étaient là (et dont on ne sait pas comment il a réussi à entrer lui non plus).

Le film se donne la peine de mentionner que le fait que la Bête ne se batte qu'à l'arbalète
est de notoriété publique,et pourtant personne ne doute jamais de sa culpabilité
quand les victimes sont retrouvées décapitées, griffées et mâchouillées.


Les personnages eux-mêmes n'ont pas grand intérêt non plus, et on retrouve à peu près tous les défauts de ce genre de téléfilm fauché : dialogues insipides, décors minables, effets spéciaux indigents, acteurs inconnus qui ne cherchent même pas à cacher qu'ils n'ont pas envie d'être là. Pour un fan de nanars mort de faim, il y a 2-3 petites choses à se mettre sous la dent, comme la scène où "les chiens ont suivi sa trace jusqu'au ruisseau !" mais on ne voit jamais les fameux chiens parce que louer des animaux à un dresseur ça coûte cher et on ne les entend pas non plus parce qu'apparemment même mettre un bruit d'aboiements au loin c'était déjà trop d'efforts. Ou le fait que les graphistes se soient donné la peine de modéliser des fesses au troll. Ou le personnage qui s'étonne que "derrière son aspect monstrueux j'ai découvert que la Bête était la plus gentille créature que j'aie connue" alors qu'il sait depuis le début que c'est simplement un humain victime d'un sort, et qu'il l'a élevé lui-même depuis sa naissance.

Le golem de la sorcière (qu'ils appellent "troll") est probablement la version sans poil
d'un modèle de loup-garou piqué à un autre film, et les images de synthèse sont
encore plus bas-de-gamme que ce que proposent habituellement les productions Syfy.


Malgré ces rares gags involontaires, ou le charme poupin de sa vedette, je ne pense pas qu'il y ait vraiment de quoi justifier de passer une heure et demie devant. Enfin, je ne sais pas, peut-être que c'est encore drôle pour quelqu'un qui n'aurait pas déjà vu des dizaines de productions Syfy exactement dans la même veine, mais moi ça fait un petit moment que je suis blasé face à banquet royal dont l'aliment le plus luxueux est une grappe de raisins, un village médiéval dont on ne voit jamais plus de deux bâtiments, ou une actrice qui n'arrive jamais à prononcer correctement les noms compliqués comme "Ahura Mazda".

 

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La Belle et la Bête (Beauty and the Beast, 2009), réalisé par David Lister (Malibu Shark Attack) sur un scénario de Gavin Scott (Small Soldiers). Avec Estella Warren (La Planète des singes), Rhett Giles (Quantum Apocalypse), Vanessa Gray (The Strip), Victor Parascos (Les Sirènes de Mako).

 

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 10:29

Eh ben les amis, on peut pas dire que ce soit la pêche miraculeuse, la sélection d'Halloween de cette année. J'espérais relever le niveau en trichant un peu avec un film même pas distribué en DVD en France (rassurez-vous quand même, il y a une VF et une VO sous-titrée sur le disque Zone 1), mais dont j'avais lu le plus grand bien, et qui en plus était complètement dans le thème du mois. Ecrit et réalisé par un sbire de Bryan Singer et affichant un casting respectable à défaut d'être impressionnant, c'est un direct-to-video "de luxe" proclamé comme "le meilleur film sur Halloween de ces 30 dernières", et j'aurais dû me méfier rien qu'avec ça, parce que dans un domaine où la concurrence a été aussi faiblarde depuis La Nuit des masques, ça ne veut rien dire. Enfin, ça veut dire "un des rares films potables sur Halloween sortis après le seul qui était vraiment bien" et "si j'inclus une formule bien vendeuse à ma critique, je vais me retrouver cité sur la jaquette du film avec l'URL de mon site et ça me fera de la pub gratos". Vous vous rendez compte de la chance que j'ai, du fait que les éditeurs ignorent mon existence et m'envoient pas leurs films en avance ? Ca m'évite d'être tenté de devenir le genre de gros fils de pute prêt à écrire des slogans pour n'importe quel truc moyen pour faire mon autopromo ou pire, pour la fierté d'être dans les premiers à encenser un petit-film-indé-trop-cool-dont-t'as-pas-encore-entendu-parler.

Trick 'r Treat (quand j'étais petit, j'avais lu une histoire de Mickey ou Donald qui traduisait ça par "des bonbons ou des bobos", mais maintenant je crois qu'on emploie plutôt "bêtise ou friandise") se passe dans une petite ville américaine la nuit du 31 octobre. Les sorts funestes de différents personnages se croisent : un groupe de jeunes femmes en goguette espérant que l'une d'elle vive enfin sa "1ère fois", des gamins qui font se raconter une histoire qui fait peur dans un coin lugubre, un vieux grincheux solitaire qui n'aime pas qu'on vienne lui quémander des bonbons... En tout, cinq petites histoires s'enchevêtrent sous le regard d'un étrange enfant costumé qui semble particulièrement soucieux du respect des traditions d'Halloween...
 


Même s'il n'a qu'un tout petit rôle, ça fait plaisir de voir que le gamin de
Bad Santa
continue sa carrière d'acteur à Hollywood malgré un physique peu avantageux.


Je sais que mon premier paragraphe n'était pas spécialement enthousiaste, et c'est vrai que le film m'a franchement déçu, mais je ne voudrais pas exagérer : dans son genre, il n'est quand même pas si mal. Le scénario se donne la peine de bien exploiter le thème d'Halloween, mais aussi de revisiter des sujets classiques de l'horreur, comme les loups-garous, les vampires, les revenants ou les légendes urbaines. Il s'efforce d'éviter d'être trop prévisible en montrant que personne n'est à l'abri : les acteurs un peu connus, les enfants, les jeunes ados, tout le monde peut crever violemment, pas seulement les habituels lycéens joués par des quasi-trentenaires. Et puis, le fil rouge est plutôt bien trouvé, ce petit bonhomme masqué constituant une présence intriguante et inquiétante tout au long du film...

 


Les moins de seize ans, qui ne cherchent ni à baiser, ni à boire de l'alcool ou consommer des drogues,
sont souvent épargnés dans le cinéma d'horreur, mais pas ici.


...jusqu'au moment où il y prend une part plus active, pour un chapitre certes rigolo, mais qui casse le mystère et l'originalité du personnage. Un enfant qui va apporter son approbation muette à une série de crimes atroces, ça n'est pas quelque chose qu'on voit dans n'importe quel film d'horreur. Alors qu'un monstre, visiblement joué par un cascadeur, qui s'introduit chez les gens pour les tuer, c'est plus banal. Et la banalité est finalement un problème assez récurrent de Trick 'r Treat : oui, il y a quelques bonnes idées, mais il y en a aussi pas mal qui tombent à plat. Les coups de théâtre ne sont pas si surprenants que ça, surtout qu'on nous ressert plusieurs fois le cliché du personnage à l'air innocent et fragile qui se révèle être un prédateur plutôt qu'une proie. Les intrigues sont simplettes, il n'y a pas spécialement de suspense, de moments vraiment flippants.
 


Dommage que l'auteur n'ait pas voulu garder "Sam" aussi énigmatique jusqu'au bout.


Et au bout du compte, je crois que le problème peut tout simplement se résumer au fait que le film à sketches est un genre casse-gueule qui ne donne que rarement de grands films. Vous et moi, on aime tous La Quatrième Dimension et Les Contes de la Crypte évidemment, mais il faut reconnaître qu'une série d'épisodes bout-à-bout ne constitue pas vraiment un film, surtout si on ne choisit que des épisodes sympathiques mais pas franchement mémorables. Alors voilà, même si je peux reconnaître qu'il est dans les quelques films potables de ma sélection de cette année, et qu'il est peut-être bien "le meilleur film sur Halloween en 30 ans" si on considère que L'Etrange Noël de Monsieur Jack ne compte pas et qu'on ne le compare qu'à des nullités comme La Nuit d'Halloween ou Le Masque d'Halloween ou même aux films de Rob Zombie, Trick 'r Treat reste à mes yeux un "petit" film pas complètement réussi, et certainement pas un nouveau classique. Si ça vous emmerde d'acheter des DVDs en import, rassurez-vous, vous ne passez pas à côté d'une oeuvre indispensable.

 

 

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Trick 'r Treat (2007), écrit et réalisé par Michael Dougherty (X-Men 2). Avec Brian Cox (Le Sixième sens), Dylan Baker (Happiness), Anna Paquin (True Blood), Leslie Bibb (Ricky Bobby roi du circuit), Tahmoh Penikett (BattleStar Galactica), Jean-Luc Bilodeau (Kyle XY).
 

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 18:11

Je ne sais plus si je pense à mettre un film d'horreur fançais dans ma sélection annuelle d'octobre, mais tout n'est pas aussi nul que La Horde, alors ça vaut le coup de jeter un oeil de temps en temps sur ce qui se fait de notre côté de l'Atlantique dans ce domaine, même pour moi qui ne suis pas spécialement fan de ce que produit le cinéma français de nos jours.

Martyrs, c'est le 2ème film de Pascal Laugier après Saint Ange, qui lui a valu son entrée à Hollywood (où il a tourné le The Secret avec Jessica Biel, que j'ai trouvé plutôt réussi) puis plus rien du tout (il devait faire le remake d'Hellraiser mais c'est tombé à l'eau). Vous le devinez sans doute au titre et à la jaquette : c'est un film où on souffre beaucoup. Il y a quelque chose dans l'image d'une fille en marcel blanc tâché de sang, avec les cheveux collés par la sueur sur un visage sale et angoissé, qui te signale directement qu'ici, le danger n'est pas de crever, mais de survivre assez longtemps pour subir les pires sévices. C'est l'équivalent visuel d'un slogan sur le thème "les plus chanceux meurent les premiers". Ici on entre tout de suite dans le vif du sujet puisque ça démarre sur une gamine mutilée qui s'échappe du local sordide où elle a été séquestrée et torturée. Pendant sa convalescence, personne ne parvient à la faire parler de son calvaire, pas même la fillette qui se lie d'amitié avec elle. Pourtant, le souvenir de tout ça est toujours présent, sous la forme d'une mystérieuse créature qui hante ses cauchemars.

Je n'avais rien lu sur le film avant de le voir, et c'est tant mieux, une de ses principales forces étant sa capacité à surprendre en partant dans une nouvelle direction chaque fois qu'on pense avoir compris quel allait être le sujet réel de l'intrigue. Il s'aventure sur des terrains reconnaissables, évoque Oeil pour oeil, Funny Games, Hostel, The Woman, puis bifurque quand la situation devient trop familière. Il tue brutalement un personnage que tu pensais important pour la suite, il coupe court à un rebondissement pour le remplacer par un autre. Il commence par aborder des thèmes plutôt classiques, comme la vengeance et son échec à guérir les blessures, ou la survie comme source de culpabilité plutôt que de soulagement, puis t'avoue qu'il va finalement explorer quelque chose de plus singulier et tordu. Du coup, si vous êtes un tant soit peu intrigué par le peu que j'en ai dévoilé jusqu'ici pour envisager un visionnage, je vous conseille vraiment d'aller directement au dernier paragraphe de cette chronique. Pour ceux qui ont vraiment besoin d'en savoir plus pour se décider...
 


Tourné au Canada, le film est l'occasion de voir un futur réalisateur chouchou des critiques,
Xavier Dolan, dans un petit rôle.


...disons, toujours sans trop en révéler, que le reste de l'histoire se déroule 15 ans après l'intro, alors que Lucie, la jeune fille traumatisée, a identifié ses tortionnaires et se rend chez eux pour les tuer. Elle est bientôt rejointe par Anna, sa seule amie, qui va découvrir que ces braves gens n'ont pas changé de hobby et ont aménagé, dans leur sous-sol, un cachot où ils font subir des sévices abominables à une jeune femme. Et Anna va à son tour se retrouver prisonnière de bourreaux aux motivations métaphysiques, cobaye d'une expérience sur le martyre. Qu'y a-t-il au bout de la souffrance, quand le corps est encore à peine vivant et que l'esprit est obligé de se barrer avant la fin parce que c'est devenu insupportable ?
 


Chaque fois qu'on espère que le pire est passé, il se passe encore pire.


Il est sans doute inutile de préciser que c'est un film très dur, qu'on ne regarde pas pour s'amuser. Ici, pas de tortures invraisemblablement élaborées comme dans les Saw pour se rappeler que ça n'est qu'un film sur un guignol qui veut donner le goût de la vie à des gens qui ne lui ont rien demandé, pas l'humour noir d'un Eli Roth pour atténuer la violence. C'est 1h30 de gens qui meurent et de pauvres filles qui en prennent plein la gueule, sans répit, sans espoir. Du coup, la comparaison avec quelque chose comme Shuttle est tentante, mais Martyrs est beaucoup plus intriguant, original et audacieux. On n'a pas l'impression d'être devant l'oeuvre d'un sadique qui voulait juste te montrer à quel point la vie peut être merdique et la douleur infinie, même si dans le dernier acte il y a vraiment des moments où on se dit, pitié, faites que ça se termine. Et on continue, parce qu'on veut savoir où tout ça va mener. Si vous vous sentez prêt à encaisser un film dérangeant, que la censure allait interdire au moins de 18 ans avant que le réalisateur ne fasse appel, je vous le conseille, mais dans une soirée Halloween un peu goleri, ça pourrait casser l'ambiance.


 

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Martyrs (2008), écrit et réalisé par Pascal Laugier (The Secret). Avec Morjana Alaoui (Rock the Casbah), Mylène Jampanoï (Gainsbourg, vie héroïque), Patricia Tulasne (Laurence Anyways), Catherine Bégin (Laurence Anyways).

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 09:24

Vous vous souvenez de La Nuit d'Halloween, ce film d'horreur moisi que j'avais chroniqué il y a 3 ans dans le cadre d'un coffret "3 films Halloween", et qui en réalité n'avait aucun rapport avec Halloween ? Non mais vous inquiétez pas, je me vexerai pas si vous vous souvenez pas (enculés). Eh bien figurez-vous qu'en réalité, le film (The Fear, alias Terreurs) usurpait l'identité de sa simili-suite, The Fear: Halloween Night, alias The Fear: Resurrection, alias donc La Nuit d'Halloween. Il est à nouveau question d'un groupe d'amis partis passer quelques jours dans une maison de campagne isolée, et pour justifier le lien avec The Fear, ils sont censés faire face à leurs plus grandes phobies et il y a un mannequin en bois dans la baraque. Comme ça se passe à Halloween, chacun doit illustrer sa peur à travers son costume, au cours d'une cérémonie orchestrée par l'un d'eux, qui va au passage leur révéler qu'il est le fils d'un serial killer. La soirée requiert la présence d'un artefact amérindien, "Morty", sorte de golem de bois qui va prendre vie et se mettre à tuer les invités un par un.

Après une séquence d'intro qui démarre pas trop mal mais se finit sur un coup de théâtre absurde, on comprend assez vite que le studio avait un scénario à deux balles sur le point de partir à la poubelle, mais que quelqu'un s'est dit qu'il y avait moyen d'en faire une opération rentable en le produisant pour le moins cher possible tout en le rattachant artificiellement à un film qui avait probablement obtenu, grâce au nom de Wes Craven sur la jaquette, un succès correct en vidéoclubs. Je devine qu'à la base ça devait être l'histoire d'un type possédé par l'âme d'un serial killer, et qu'ils ont plaqué dessus des éléments de l'autre film en espérant que ça fonctionne quand même. On se retrouve donc avec le fantôme d'un serial killer ET l'esprit vengeur d'un peuple bafoué ET un héros qui a des hallucinations et des absences et qui pourrait peut-être être le tueur, ce qui fait beaucoup pour un seul film. Nous avons le thème des phobies illustrées par des costumes d'Halloween d'une telle indigence qu'on voit bien que ça a été ajouté à la dernière minute : la femme qui a peur du noir (jouée par Mme Voorhees en personne !) est déguisée... en robe noire, celle qui a peur du sang est déguisée, vous l'aurez deviné, en robe rouge, il y a en a même un qui n'a pas de costume parce qu'il dit qu'il n'a peur de rien.
 


Mon préféré c'est le déguisement de boîte en carton de la fille claustrophobe.


Le film tourne gentiment en rond pendant trois quarts d'heure, suivant mollement les bavardages d'un groupe d'acteurs qu'on devine avoir été les premiers à se présenter au casting, et qui ne parviennent jamais à créer l'illusion qu'ils sont une vraie bande de copains, à la fois parce qu'ils sont mauvais, et à la fois parce qu'on ne leur a pas vraiment donné de personnages à jouer mais simplement dit de réciter leurs dialogues nuls. Dans la dernière demi-heure ça s'agite un peu, avec quelques meurtres sans imagination (certains ont carrément lieu hors champ), un peu de bagarre, mais ça reste ennuyeux. Les greffes sur le scénario ont mal pris et on perd vite tout intérêt à suivre cette intrigue complètement conne. Il y a quelques trucs goleri, les costumes d'Halloween bidon, le mec qui s'énerve et cogne avec un tout petit bout de bois une pierre tombale qui se met à saigner, les protagonistes qui réagissent à la découverte des cadavres de leurs potes comme s'ils constataient que quelqu'un a abimé leur pare-choc en se garant, "Morty" qui repompe à Mad Max l'idée du type menotté à un véhicule sur le point d'exploser qui doit se couper la main lui-même pour se sauver, comme ça si tu avais encore un doute sur le fait qu'il n'y avait pas d'Indien en bois dans la première version de l'histoire tu es fixé. Ca ne fait hélas pas assez pour justifier le visionnage d'un tel navet, même si c'est le genre d'édition DVD minable qui se déniche à 1€.

 


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La Nuit d'Halloween (The Fear: Halloween Night, 1999), réalisé par Chris Angel (Wishmaster 3 & 4) sur un scénario de Kevin Richards. Avec Gordon Currie (Code : Eternity), Stacy Grant (Les Passagers), Myc Agnew (Showgirls 2), Betsy Palmer (Vendredi 13), Rachel Hayward (L'Art de la guerre II : Trahison), Byron Chief Moon (Dragon Fear : à la recherche du trésor perdu), Emmanuelle Vaugier (Saw II).
 

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 11:05

Dans la série "les petits films d'horreur un peu oubliés depuis qu'il n'y a plus de vidéoclubs pour les promouvoir", il me semble qu'Amsterdamned fait un bon candidat pour succéder à Critters et Maximum Overdrive. En fait il a probablement été un peu plus oublié que ces deux-là, d'ailleurs. Mais à l'époque de sa sortie, il bénéficiait encore de l'aura de son réalisateur Dick Maas, lauréat du Grand Prix du festival d'Avoriaz en 1984 pour L'Ascenseur. On te recommandait ça comme on te recommande aujourd'hui des choses comme Mister Babadook, de l'horreur "intelligente", du thriller psychologique et pas du slasher hollywoodien débile. Comme son titre l'indique assez bien, ça se passe à Amsterdam, qui pour les non-consommateurs de stupéfiants et de prostituées est une ville célèbre pour ses canaux. Un tueur aquatique y rôde la nuit à la recherche de victimes sur les quais ou les bateaux. Les cadavres plus ou moins horriblement mutilés se succèdent à la morgue, le seul témoin est une vieille folle qui prétend avoir vu un monstre, et la police ne dispose que d'une seule piste qui risque de ne pas mener loin : le coupable fait de la plongée sous-marine. En tentant d'exploiter cet indice plutôt maigre, l'inspecteur Eric Visser fait la connaissance d'une accorte plongeuse et de son onctueux psychanalyste. La vie de flic célibataire en blouson de cuir étant ce qu'elle est, il se met en tête de baiser l'une et soupçonner l'autre, ce qui ne fait pas beaucoup avancer l'enquête...

Un tueur sous-marin, des poursuites en bateaux, c'est pas quelque chose qu'on voit souvent ni dans les polars ni dans les films d'horreur. Amsterdamned exploite autant qu'il peut la spécificité de son décor, et rien que pour ça, si vous vous intéressez un tout petit peu au cinéma de genre, ça en fait une curiosité qui mérite qu'on y jette un oeil. Malheureusement, j'aurais préféré un bon film qu'un simple objet de curiosité. Mais le fait est qu'au-delà de son exotisme, Amsterdamned n'a pas grand'chose à offrir. L'intrigue, par exemple, n'est pas folichonne. Comme il n'y a aucun lien entre les meurtres et pas assez d'indices, l'enquête se résume un peu à une série de constatations d'échecs. Les scènes de meurtres parviennent à rester intéressantes malgré leur accumulation parce que le tueur change ses méthodes d'une fois sur l'autre, mais chaque fois qu'on passe au point de vue des flics, c'est à peu près toujours de l'ordre de "Zut alors, encore un meurtre qu'on n'a pas pu empêcher parce qu'on a vraiment zéro idée de qui a pu faire ça, y a plus qu'à espérer qu'on le prenne en flagrant délit".
 


Avouez que ça change agréablement des films où New York est à Vancouver.


Et le problème c'est que le personnage de l'inspecteur Visser, avec lequel on passe beaucoup de temps, n'a pas vraiment la trempe d'un héros de cinéma. En fait, même pour une série télé, ce serait plutôt le genre que France 3 diffuse pour occuper les maisons de retraite l'après-midi. Il manque de personnalité, toutes les scènes censées lui en donner ne font qu'exploiter des lieux communs : le flic bourru qui fait son boulot à sa manière sans prendre de gants, le solitaire qui n'a pas su sauver sa vie de couple mais reste un bon père... L'acteur n'est pas super charismatique, sa dégaine d'instituteur déguisé en Serpico a particulièrement mal vieilli. On sent bien qu'il a donné de sa personne dans certaines scènes d'action, mais en dehors de ça, c'est vraiment "Derrick à la cantine". Ses collègues ne font guère plus que de la figuration intelligente, quant aux suspects potentiels, ils sont introduits si tôt qu'on se doute que ce sera une fausse piste. Et effectivement, le film exploite cette unique fausse piste jusqu'au dernier acte où, enfin, des faits impossibles à deviner pour le spectateur sont dévoilés.
 


On pouvait craindre qu'un simple homme-grenouille ne fasse pas un très bon tueur de cinéma,
mais le petit côté "Créature du Lac Noir sadomaso" du costume fait qu'il fonctionne plutôt bien.


Entre le manque de rebondissements, certains passages trop longs (ah, le "suspense" de l'écluse qui n'en finit plus de se vider...) ou superflus, les moments de comédie ringarde (oh non, les déménageurs traversent la rue avec un objet fragile juste au moment où la voiture arrive à toute allure !), Amsterdamned ne parvient jamais à trouver un rythme et un ton satisfaisants. Les poursuites ne suffisent pas à en faire un thriller palpitant, ni quelques morts bien brutales à en faire un film d'horreur mémorable. Reste l'aspect insolite : c'est pas tous les jours qu'on voit des poursuites avec une Golf, des chevaux, une moto, un hors-bord. Ou qu'on a l'impression que l'acteur principal aurait vraiment pu crever pendant une cascade. Ou qu'une baigneuse se fait poignarder la chatte à travers son matelas gonflable. Ou que la "version originale sous-titrée" proposée sur le DVD est en réalité une version anglaise doublée par des acteurs néerlandais avec des accents à couper au couteau. Alors voilà, ça n'est pas complètement dénué de charme, mais c'est clairement pas indispensable.

 



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Amsterdamned (1988), écrit et réalisé par Dick Maas (L'Ascenseur). Avec Huub Stapel (Paradis Express), Monique van de Ven (Turkish délices), Serge-Henri Valcke (No Man's Land), Hidde Maas (Night Watch), Wim Zomer (Vincent et moi).

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 08:30

Parmi les sous-genres de l'horreur dont j'essaie de dénicher un représentant tous les ans pour la sélection d'octobre, il y a évidemment l'horreur avec des femmes à poil. Attention hein je ne parle pas du genre "traditionnellement il y a toujours une paire de seins dans les Vendredi 13", je parle de choses comme Pervert! ou Emanuelle et les derniers cannibales, où la femme à poil est l'élément principal du film, pas un simple bonus. Il faut avouer que c'est plus facile à trouver que des films d'horreur pour enfants. Cette fois-ci, j'ai choisi  Hollywood Chainsaw Hookers, sorti en France l'an dernier chez Crocofilms, un nouveau venu dans le domaine de l'édition de cinéma bis. Même si Massacre à la tronçonneuse peut sembler être la source d'inspiration évidente (d'ailleurs le Leatherface original, Gunnar Hansen, joue dans le film), c'est plutôt une espèce de parodie sexy de Blood Feast, le fameux "1er film gore de l'histoire du cinéma". A Los Angeles, un détective privé tente de retrouver une pettie provinciale ayant fui le domicile familial. Présumant avoir affaire à une jouvencelle naïve, il oriente ses recherches vers les nuits chaudes d'Hollywood, où tant de petites fugueuses au physique avantageux finissent exploitées. L'enquête se révélera beaucoup plus surprenante et dangereuse que prévu, car depuis quelques semaines, les prostituées du coin ont pris l'étrange et fâcheuse habitude de s'occuper de leurs clients à coups de tronçonneuse...

Le héros a l'air d'un vendeur de chaussures, les filles sont jolies mais pas vraiment actrices, les costumes sont minables, la même pièce aux murs blancs, filmée sous différents angles et avec du mobilier différent ressert aux trois quarts des décors, un bar à strip teaseuses, un commissariat... Pas de doute, c'est un nanar et ça ne cherche pas à s'en cacher. Et si bien souvent, les gens collent avec indulgence l'étiquette de "nanar volontaire" sur des navets insipides sous prétexte que "c'est de la merde mais c'est fait exprès !", pour ma part je ne pense pas qu'assumer sa nullité suffise à l'excuser. Cela dit, de temps en temps, un réalisateur de grosse couillonnade à petit budget un peu moins paresseux et un peu plus imaginatif que les autres se donne la peine d'essayer de divertir son public pour de vrai, et on obtient quelque chose qui pourrait mériter le fameux label. Et donc, même si Hollywood Chainsaw Hookers est super cheap et délibérément débile, je dois admettre qu'il est effectivement sympathique et rigolo, parce que l'auteur a fait un peu plus qu'espérer que la simple idée de putes à tronçonneuse soit si hilarante en soi qu'elle suffise à amuser pendant 75 minutes. Chaque scène amène son lot d'idées absurdes, de gags plus ou moins crétins, de petits détails saugrenus, le tout sur un ton faussement sérieux imitant celui d'une histoire de détective classique.
 


Le film accentue volontairement son côté ridiculement fauché avec des accessoires
comme des panneaux en carton, ou encore du faux sang qui ressemble à de la flotte à peine colorée.


Je ne voudrais pas vous le sur-vendre quand même, parce que ça reste un film con sur des femmes à poil avec des tronçonneuses. Pour un amateur de séries Z c'est drôle mais les blagues ne sont jamais très élaborées. Pour vous dire : la plupart des avis que j'ai pu lire racontent un élément qui n'est dévoilé qu'à la moitié du film et, si je ne vais pas prétendre que ça gâche l'intrigue, vu que c'est clairement pas à regarder comme un vrai thriller sérieux avec une vraie histoire, moi je préfère ne rien vous dire dessus, parce que j'aurais l'impression d'éventer l'aspect le plus fantaisiste du film. Bien sûr, c'est tentant d'en parler pour prouver à quel genre qu'on a affaire à quelque chose de bien délirant, mais le fait est que si je vous révèle ici les motivations des prostitueuses, sur le moment vous allez vous dire "hahaha, n'importe quoi, c'est trop con !" et ça va peut-être vous donner envie de le voir, mais une fois devant ça vous fera moins marrer parce que l'idée n'est pas poussée plus loin que ce que je pourrais vous en dire dans une brève description.
 


Tant que vous n'en avez pas des attentes démesurées par rapport à un film intitulé

Hollywood Chainsaw Hookers, vous devriez en avoir pour votre argent :
oui il y a des nichons, oui il y a des outils qui font bzzzz bzzzz, oui c'est merveilleusement idiot.


C'est bébête, c'est beauf, c'est plutôt à regarder entre garçons, c'est à peine un film d'horreur tant même les scènes gore sont clownesques, et ça souffre de quelques baisses de régime. Mais en même temps, ça s'appelle Hollywood Chainsaw Hookers donc il faut bien se douter que ça ne va pas être un trésor oublié du cinéma mais une grosse connerie. Alors, peut-être bien que quelqu'un comme Lloyd Kaufman aurait réussi à en faire quelque chose d'encore plus fou mais peut-être aussi que quelqu'un comme Charles Band en aurait fait quelque chose de complètement inintéressant, alors parfois, il faut savoir apprécier ce qu'on a. Je n'avais jamais vu aucun des 139 films de Fred Olen Ray et j'ai été agréablement surpris de constater qu'il n'était pas aussi mauvais que son fils Christopher, dont j'ai subi les lamentables Almighty Thor et Shark Week. Il travaille avec des scénars et des budgets tout aussi indigents, mais lui, il essaie de s'amuser un peu avec tout ça. N'en espérez pas un chef d'oeuvre subversif du cinéma d'exploitation, vous seriez déçu, mais il y a de quoi passer un meilleur moment que devant une bouse comme Bikini Bandits.

 

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Hollywood Chainsaw Hookers (1988), réalisé par Fred Olen Ray (Scalps) sur un scénario de BJ Nestles (L'Invasion des cocons). Avec Jay Richardson (Komodo vs Cobra), Linnea Quigley (Creepozoids), Michelle Bauer (Naked Instinct), Gunnar Hansen (Massacre à la tronçonneuse).

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 09:50

Il y a quelques années, j'ai acheté une série de DVDs publiés par Elephant, des trucs obscurs vendus sous boîtiers métalliques pour faire croire à des éditions prestigieuses de vrais films, accompagnés de prospecturs proposant d'acheter d'autres titres de leur catalogue au contenu aussi alléchant que Nostradamus avec Rob Estes (mais si, le mec des Dessous de Palm Beach, rappelez-vous) ou Meurtre sur les ondes avec Cameron Daddo (mais si, le mec de FX, effets spéciaux, souvenez-vous), pour le prix mirifique de 3 pour 30€. Mais au final, c'était pas des perles rares sous emballage élégant, ça n'était que des navets de chez Full Moon Features. Bon, en tout cas, il m'en restait encore un, et pour être honnête j'avais pas spécialement envie de le regarder, mais sous la pression de Superjé, mon jeune lecteur du Var, qui déplorait récemment le manque de chroniques sur les productions de Charles Band en ces lieux, je me suis décidé à visionner Hideous, miteux direct-to-video tourné en Roumanie par le patron lui-même avec un casting incroyablement prestigieux, puisqu'on y retrouve une actrice de films érotiques, un mec des Feux de l'Amour et le type qui jouait le chauffeur de taxi mutant dans Total Recall. Ah ben on peut pas se payer Gary Busey ou Sid Haig à tous les coups hein.

Nous plongeons cette fois dans le monde des collections tératologiques privées, avec ses passionnés de monstres prêts à payer des fortunes pour des foetus aux malformations diverses. Un spécimen rare de bébé à deux visages, pêché dans une usine de traitement des eaux usées, attire la convoitise de deux collectionneurs fortunés, Napoleon Lazar et le docteur Lorca. Lazar emporte l'enchère mais se fait dépouiller par son rival, qui ajoute le monstre à sa galerie d'atrocités. Il ignore que la bestiole n'est pas morte et peut insuffler la vie à ses nouveaux colocataires. Les hideuses créatures s'évadent de leur bocaux et commencent à semer la terreur dans le château de Lorca, où Lazar se retrouve lui-même piégé après être venu récupérer son bien.
 


Les créatures sont effectivement hideuses à souhait, mais n'espérez pas d'animatronique,
c'est le genre que les acteurs sont obligés de tenir eux-mêmes sur leur tronche en hurlant
pour faire croire qu'elles attaquent.


Pour une fois, pas de poupées maléfiques, de pâtisserie hantée ou d'objet maudit, mais dans les grandes lignes, ça reste le même film que Full Moon décline à l'infini : pendant un peu plus d'une heure, un groupe d'acteurs de troisième zone, dans des rôles dont la profondeur  ne dépasse pas deux mots chacun ("savant fou", "détective bourru", "ravissante idiote", "riche snob", "garce cupide"), bavarde beaucoup et, périodiquement, se débat avec des effets spéciaux dérisoires au gré d'un scénario paresseux. Les monstres n'ont pas vraiment de personnalité ou de motivation bien définie et, même si leur design est à peu près réussi, ça reste de simples accessoires en caoutchouc plutôt que de véritables marionnettes. Du coup ils sont à peine montrés et leurs méfaits se limitent à "ils font trébucher quelqu'un, qui s'empale sur un objet tranchant ou tombe dans une cuve d'acide, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que deux survivants sur les six protagonistes de départ".
 


Parmi les rares touches de personnalité du film, l'assistante du docteur,
qui passe quasiment tout le film dans cette tenue. Ouais, je sais, c'est pas beaucoup.


Band se donne la peine de caser en tout et pour tout UN gag un peu amusant (la secrétaire est tellement gogole qu'elle est la seule à pouvoir décrypter le langage primitif des créatures) et UNE scène un peu fantaisiste (Lazar se fait braquer dans un paysage enneigé par une fille seins nus portant un masque de gorille). Et puis, certains des acteurs se donnent un peu de mal. Admettons que ça place Hideous légèrement au-dessus des productions les plus récentes du studio, sur lesquelles l'effort se limite à "trouvons un titre absurde, ça suffira pour attirer les curieux", ça reste quand même assez maigre. Si pour vous, la nuit du 31 octobre, en conclusion d'un marathon de films d'horreur, à l'heure où tout le monde est déjà à moitié ou complètement endormi, diffuser une couillonnade de chez Full Moon en VO non-sous-titrée est une tradition inévitable, celle-ci fera l'affaire autant que n'importe quelle autre. Et pour un novice en nanars, ça peut peut-être avoir son petit charme. Moi j'avoue que dans ce domaine je suis un peu blasé et que je me suis donc plutôt fait chier devant.

 


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Hideous, hideuses créatures (Hideous!, 1997), réalisé par Charles Band (Trancers) sur un scénario de Benjamin Carr (13 fantômes). Avec Michael Citriniti (Galactic Gigolo), Jacqueline Lovell (Lolita 2000), Mel Johnson Jr (Total Recall), Rhonda Griffin (The Creeps), Jerry O'Donnell (Mad Men), Tracie May.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 09:25

En cherchant des films pour ma sélection d'Halloween de cette année, je me suis rappelé que, plus de 5 ans après avoir chroniqué le remake d'Halloween par Rob Zombie, je n'avais toujours pas parlé de sa suite. Alors je répare ça aujourd'hui, histoire d'ouvrir le bal avec un film à fond dans le thème plutôt qu'avec n'importe quel film d'horreur.

Le prologue d'Halloween II (qui, au passage, n'est pas un remake du film éponyme de 1981) ramasse ses personnages là où la fin du premier épisode les avait laissés, sur les lieux de la tuerie d'Haddonfield, la gueule en sang, les os brisés, à moitié morts mais réparables, du moins physiquement. Un an plus tard, on découvre que le shérif Brackett et sa fille ont reccueillie Laurie Strode après le massacre de sa famille, que le Docteur Loomis a écrit un livre sur Michael Myers et ses meurtres, et que la dépouille du méchant tueur masqué n'est jamais arrivée à la morgue. Evidemment, Myers a survécu, et à l'approche du 31 octobre, il arpente la campagne en direction de sa ville natale. Hanté par les visions du fantôme de sa mère, il est à nouveau décidé à retrouver sa petite soeur, qui pour l'instant ne sait elle-même pas encore qu'elle s'appelle Angel Myers, et pas Laurie Strode...

Le film démarre vraiment bien, si l'on fait abstraction de l'apparition de Sheri Moon Zombie parce que le réalisateur ne peut pas résister à l'envie d'employer sa femme même quand son personnage est mort depuis l'épisode précédent. Il nous montre quelque chose qu'on ne voit jamais dans les films d'horreur : le travail des secouristes et des médecins sur les survivants des attaques de tueurs fous. Ben oui, d'habitude vous savez comment c'est : la fille qui ressemblait à un steak tartare la nuit du crime se réveille après une ellipse avec un pansement sur le front et une ecchymose sur une pommette. Ici non, on a doit aux détails bien dégueu, les tronches mutilées qu'il faut recoudre, les restes d'ongles qu'il faut arracher, les fragments d'os brisés qu'il faut remettre à leur place, les débris qu'il faut extraire des plaies, un certain réalisme sordide qui a de quoi faire frissonner même un amateur d'horreur un peu blasé par des années de gore, de découpages et de tortures en tous genres.
 


Ca reste le genre de film d'horreur où l'on tente de maintenir en vie une copine charcutée
en lui répétant "reste avec moi, je t'interdis de m'abandonner !" plutôt qu'en essayant d'arrêter ses hémorragies.


Après, ça se gâte vite. Par exemple quand on comprend vite qu'une scène n'est qu'un rêve, parce qu'il n'y a qu'une seule infirmière pour gérer tout un hôpital où tous les écrans jouent Nights in White Satin en boucle, et bon, forcément, comme on sait que Michael Myers c'est pas Freddy Krueger, ça pète un peu le suspense. Manque de bol ça doit être la seule fois de tout le film où Rob Zombie essaie de faire un peu monter la tension, l'angoisse, au lieu de simplement montrer Myers qui empoigne une victime et la poignarde, et il se révèle que c'est du remplissage comme, hélas, beaucoup de choses dans Halloween II. Toute la partie avec Loomis, par exemple, n'apporte rien à l'histoire, et fait complètement factice. On nous le montre comme si c'était déjà une star, sauf qu'on nous montre aussi qu'il ne sait absolument pas réagir quand une conférence de presse, une séance de dédicaces ou une interview tourne mal, comme si c'était la première fois qu'il découvrait le cirque des médias. Et son attachée de presse, elle est débile ou quoi ? Elle fait exprès de l'envoyer à un talk show où l'animateur humilie ses invités plutôt que de leur servir la soupe ? On sent que ça amusait bien le réalisateur de présenter le personnage comme un enfoiré égoïste qui fait passer la gloire avant ses patients, et après tout pourquoi pas, mais chacune de ses interventions arrive comme un cheveu sur la soupe.
 


Le film n'hésite pas à chambouler complètement ta vision de la série en posant des questions comme
"et si le docteur Loomis n'était pas un héros mais un sale con
(mais se comportait quand même héroïquement à la fin pour se racheter) ?"
ou "et si Laurie était aussi folle que son frère (mais restait relativement normale jusqu'aux 2 dernières minutes) ?"


Dans le même genre, comme il veut montrer que la société rejette injustement les marginaux chevelus, il y a plusieurs scènes où des gens viennent emmerder Michael Myers alors qu'il ne fait rien de mal, parce qu'ils ne l'ont pas reconnu. Une idée qui aurait pu fonctionner, surtout que cette fois il est fringué comme un vagabond et n'a plus qu'un morceau de masque sur le visage... sauf qu'il est toujours joué par un ancien catcheur de plus de 2 mètres et 130 kilos. Et quand un SDF de ce gabarit rôde sur votre parking, désolé, mais non, à moins que vous n'ayez vraiment envie de savoir quel effet ça fait de chier ses propres dents, vous n'allez pas le voir en lui disant "hé, barre-toi sale clodo, ou je te défonce". Et pourtant c'est la réaction qu'ont, face à lui tous les personnages, du moins ceux qu'il n'a pas exécutés façon ninja. Ah oui parce que même avec sa carrure et alors que ça fait un an qu'il ne se lave pas, ne se change pas, et se nourrit de chiens crus, personne ne l'entend ou ne le sent jamais arriver.
 


Dis adieu au Michael Myers ringard de tes parents, Rob Zombie lui il te propose
un
Halloween sombre et réaliste avec de la beubar.


Pour moi, c'est une suite à la Underworld 2 : l'auteur n'a plus vraiment d'histoire à raconter, mais puisque le studio lui a proposé de faire un deuxième épisode parce que le premier a rapporté du pognon, il s'est dit que ce serait quand même trop bête de laisser passer une occasion de se faire plaisir. Il case les idées qu'il n'a pas réussi à exploiter autant qu'il voulait la première fois. Il apporte encore de nouveaux changements aux personnages créés par John Carpenter pour qu'on sache bien que maintenant, voilà, ça y est, ils sont à lui, il en fait ce qu'il veut. Il donne des rôles à ses copains ou ses idoles. Il étale sa culture pop en professant son amour pour Lee Marvin dans Cat Ballou ou en glissant des clins d'oeil à ses films d'horreur préférés. Comme je disais, il y a beaucoup de remplissage là-dedans, parce que si on veut atteindre 1h40 avec une intrigue aussi mince que "on dirait que Michael serait toujours vivant et qu'il voudrait toujours mettre la main sur Laurie", il faut bien broder.
 


Même si ça implique d'essayer de faire croire qu'après le meurtre de ses parents par un serial killer,
la fille adoptive d'un shérif afficherait un poster de Charles Manson sur ses murs taggés,
Rob Zombie ne résiste pas à l'envie de te montrer à quoi ressemblerait la déco trop destroy
d'une chambre d'ado trop cool chez lui s'il avait des enfants.


Ca prétend dépeindre l'horreur de façon réaliste et explorer la psychologie des personnages, mais faute d'un contexte un tant soit peu vraisemblable, ça n'est pas franchement plus malin qu'une couillonnade comme Jason X. Et j'aurais vraiment mieux fait de revoir ce bon vieux Jason X plutôt que cette croûte sans joie, sans surprise, gentiment prétentieuse. Je continuerai à m'intéresser au cinéma de Rob Zombie parce qu'il a du style, de la personnalité, qu'il emploie de bons acteurs, et qu'il semble intéressé par autre chose que suivre les modes du genre, mais c'est vrai que ce serait cool qu'un jour il réussise vraiment un de ses films parce que pour l'instant, on est plutôt dans le ratage plus ou moins intéressant à chaque fois. Et cet Halloween II se classe, comme le premier, dans la colonne des "moins".
 

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Halloween II (2009), écrit et réalisé par Rob Zombie (The Devil's Rejects). Avec Scout Taylor-Compton (Les Runaways), Tyler Mane (X-Men), Malcolm McDowell (Orange mécanique), Brad Dourif (Jeu d'enfant), Danielle Harris (Urban Legend), Angela Trimbur (The Final Girls), Brea Grant (Heroes), Margot Kidder (Superman).

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Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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