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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 08:38

Comme Apocalypse, Retribution démarre exactement là où s'arrêtait le chapitre précédent, et comme Afterlife, le film part dans une autre direction une fois que l'introduction l'a débarrassé des éléments que l'auteur a finalement regretté d'avoir mis en place (et des personnages dont les interprètes avaient mieux à faire que de revenir, comme Claire et Chris Redfield). Si vous vous attendiez à voir Alice mener les passagers de l'Arcadia dans une révolte contre Umbrella, ou à voir les deux camps comprendre que dans leur situation le plus sage est de déposer les armes et de tenter de reconstruire quelque chose ensemble sur les ruines du monde, pas de bol. Les survivants sont massacrés, Alice est capturée, et la voilà prisonnière d'un énième labo souterrain secret où son ancienne alliée Jill Valentine la torture. Heureusement pour elle, Wesker n'est pas mort (par respect pour votre intelligence, le film ne fait même pas semblant qu'il y a une explication à sa survie, il faut simplement admettre qu'il n'est pas mort) et a décidé de se retourner contre Umbrella pour l'aider à s'évader. Mais pour rejoindre l'escouade qui doit la tirer de là, Alice devra affronter toutes les armes vivantes que la Reine Rouge, l'intelligence artificielle qui règne sur les lieux, garde en stock, parmi lesquelles des clones de ses anciens compagnons d'armes.

J'aurais pu m'arrêter au quatrième film et on se serait quittés bons amis, Resident Evil et moi. Mais non, il a fallu que je voie le cinquième qui, hélas, n'est pas sorti en DVD 3D alors qu'il a lui aussi été conçu pour la 3D, et qui est probablement le plus crétin de toute la série. Sans le relief, les nombreuses courses-poursuites et fusillades perdent beaucoup de leur attrait (et les ralentis omniprésents se retrouvent superflus la plupart du temps), ce qui incite à moins d'indulgence envers le reste. Et le reste, c'est une espèce de tentative de best of Resident Evil, qui recycle des décors et monstres d'Afterlife, fait revenir le Lécheur des deux premiers films mais en version géante, nous inflige une nouvelle déclinaison de la Reine Rouge de l'original (le mec, c'est lui qui scénarise depuis le début, et il s'est persuadé que c'était la méchante, alors que son but original était d'empêcher l'épidémie, et il s'est persuadé qu'une menace aussi banale que son "You are all going to die down here" était une réplique percutante) et ressuscite sous forme de clones des personnages morts depuis plusieurs films. Pour meubler les 85 minutes règlementaires, Paul Anderson a aussi ajouté quelques nouveaux protagonistes calqués sur le modèle habituel du "j'ai 5 répliques et aucune personnalité mais je porte un nom tiré des jeux vidéo pour faire plaisir aux fans", et fourré où il pouvait quelques lieux communs du film de zombies qu'il n'avait pas encore trouvé l'occasion d'exploiter, comme l'invasion d'une petite bourgade idyllique par les morts-vivants.

Jusque-là il n'avait pas encore trouvé de prétexte non plus pour avoir des soldats zombies...

...et des zombies aquatiques, mais voilà, cette fois, c'est fait.

Le résultat est sans doute l'épisode le plus proche d'un jeu vidéo, même si pas forcément un jeu vidéo Resident Evil. Mais ça se résume vraiment à une succession de "Alice entre dans le 1er niveau, Tokyo, tue tous les monstres, passe au niveau 2, New York, tue tous les monstres, passe au niveau 3, Moscou, etc etc", entrecoupée de dialogues où les protagonistes s'expliquent les uns aux autres que derrière tous ces gros flingues et tout ce kung fu acrobatique il y a une conspiration mondiale vachement complexe. Et surtout vachement absurde et en contradiction avec ce qui s'est passé dans la série jusqu'ici, mais c'est pas fait pour y réfléchir trop fort, c'est fait pour justifier le fait que la trame s'est définitivement bloquée sur "Umbrella essaie d'éliminer ou contrôler Alice parce que c'est l'arme absolue, et Alice essaie d'éradiquer Umbrella parce que c'est les méchants", quand bien même Umbrella n'a plus de chef, Alice n'a plus de superpouvoirs, le monde est censé être un désert depuis Extinction, anéantir le peu d'humains encore en vie est sûrement beaucoup plus facile avec quelques bombes atomiques qu'en produisant en laboratoire des géants de trois mètres avec des cagoules de bourreau, et se venger des fabricants du Virus T semble une cause un peu moins productive que trouver un remède.

Comme pour presque chaque épisode, le meilleur moment du film est encore son intro,
ici une grosse scène d'action rembobinée au ralenti.
Après ça, à moins d'être un fan inconditionnel de la série, vous pouvez arrêter le visionnage sans regret.

Ca reste un film de gogol pas antipathique du tout, et même un peu rigolo pour un fan de nanars. Mais après un épisode que j'avais trouvé chouette, sans la 3D c'est un retour décevant à la réalité des Resident Evil : ce ne sont vraiment pas de bonnes petites séries B qui valent mieux que leur mauvaise réputation, mais bien des couillonnades décérébrées avec, de temps en temps, une idée un peu intéressante, une petite trouvaille qui élève une scène d'action pas exceptionnelle par ailleurs. Je reconnais que ça a une certaine personnalité, du style, que ça n'est clairement pas l'oeuvre d'un tâcheron qui fait ça pour payer son loyer mais bien de quelqu'un qui s'applique sur sa mise en scène (pas trop sur son écriture, en revanche...) parce qu'il est à fond dans son délire, mais ça reste un délire de gamin de 14 ans toujours pas remis de Matrix et amoureux de Milla Jovovich, auquel j'ai pas vraiment réussi à adhérer en cinq films. Là, voyez, je suis pas spécialement en train d'attendre avec impatience la sortie DVD du Chapitre Final. Et malgré un pic de qualité sur le quatrième film, mon verdict n'aura pas beaucoup bougé : c'est pas les pires adaptations de jeux vidéo qui soient, c'est moins gavant qu'Underworld, et en même temps, c'est moins chouette que Tomb Raider et clairement pas indispensable à votre culture cinématographique.

 

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Resident Evil: Retribution (2012), écrit et réalisé par Paul W.S. Anderson (Alien vs. Predator). Avec Milla Jovovich (Le 5ème élément), Li Bingbing (Transformers : L'Âge de l'extinction), Aryana Engineer (Esther), Michelle Rodriguez (Avatar), Boris Kodjoe (Clones), Sienna Guillory (Eragon), Oded Fehr (La Momie), Shawn Roberts (xXx: Reactivated),

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 16:52

Au début de l'épisode précédent, on apprenait que l'épidémie de Virus T avait transformé le monde en désert. Dans celui-ci, on découvre qu'en fait il reste des villes, mais qu'elles sont en ruines encore fumantes même 4 ans après l'apocalypse (accessoirement, Extinction se déroulait 5 ans après l'apocalypse mais je suppose qu'on n'est plus à ça près). Qui allume les incendies au sommet des immeubles, les zombies ? Bon, en tout cas, soyons juste, Paul Anderson (qui entre les deux films s'est marié avec son héroïne) n'a pas tout oublié de ce qu'il avait écrit avant. Contrairement à ce que je craignais, ce quatrième film n'ignore pas la conclusion du troisième. C'est plutôt qu'il en fait la mini-intrigue d'une intro à la James Bond, au lieu d'en faire le sujet du film. Alors voilà, les restes du fameux "convoi de Claire Redfield™" ont bien tenté de rejoindre un abri en Alaska, et Alice a bien emmené ses clones dans le labo souterrain d'Umbrella à Tokyo pour mettre une branlée au grand chef de la multinationale responsable de la fin du monde. Et je me souviens qu'au début de la série je trouvais intéressant qu'Umbrella soit montrée comme une caricature à peu près plausible d'une vraie entreprise pharmaceutique sans scrupules, mais là on en est clairement arrivés au point où ils ont achevé leur dégénérescence en simple gang de méchants de cinéma, avec un patron qui ne quitte jamais ses lunettes de soleil et flingue ses propres employés dès qu'ils hésitent à lui obéir.

En tout cas, une fois le prologue passé, et les clones dépensées par l'héroïne comme de simples vies supplémentaires pour parvenir jusqu'au boss du niveau, l'action se déplace dans les restes de Los Angeles, où Alice et Claire tombent (presque littéralement) sur un nouveau groupe de survivants dans une prison. Un hasard dont l'invraisemblance ne choquera probablement pas les fans de la série fait que ces nouveaux compagnons savent où se situe vraiment l'abri que tout le monde pensait trouver en Alaska, et figurez-vous qu'en réalité il est tout près de là où ils se planquent ! Le problème c'est qu'une immense horde de zombie leur barre la route. Heureusement, ils détiennent un prisonnier qui connaît un moyen de sortir en limitant les risques, et qui n'est autre que Chris Redfield, le frère de Claire, parce qu'au niveau coïncidences improbables on n'est plus à ça près n'est-ce pas ?

"Salut, on est là parce qu'un film de zombies ou aucun survivant ne se fait tuer c'est un peu chiant".

Bon, les amis, il aura fallu attendre l'antépénultième film de la série, mais cette fois, on y est : j'ai kiffé pour de vrai un Resident Evil. Pas seulement "bon c'est vrai que dans mes souvenirs c'était pire que ça" ou "oh, c'est pas aussi nul que sa réputation le laisse penser" mais "ah ben tiens il était plutôt cool celui-ci". Et pourtant l'intrigue est toujours basique et paresseuse, les personnages sont toujours sans grand intérêt, les effets numériques sont toujours médiocres, mais ce coup-ci les scènes d'action suffisent à justifier le visionnage. Il faut dire que c'est en 3D. Bon, dans mon cas, ça a été de la 3D de DVD, donc il faut utiliser des lunettes en carton et accepter qu'au lieu d'avoir des couleurs normales, l'image va être verte ou marron ou grise selon les scènes. Mais j'ai trouvé que ça en valait la peine. Il faut un temps d'adaptation/résignation mais ça m'a semblé plus facile à pardonner que sur Meurtres à la St-Valentin ou Dark Country, parce que le relief est vraiment mis en valeur aussi souvent que possible.

L'intro est sans doute la meilleure scène du film,
mais pour une fois la suite vaut le coup d'oeil quand même.

Là, il faut quand même dire une chose sur cette série, qui est valable depuis le début : c'est pas des films prétentieux. Ils ne cherchent jamais à faire croire qu'ils ont quelque chose de grave et profond à dire, mais ils ne donnent jamais non plus dans le genre "clin d'oeil au public parce qu'on sait tous qu'on vaut mieux que ça et qu'on est juste là pour en rigoler ensemble". Et donc, se mettre à la 3D, on voit bien que Paul Anderson n'a pas pris ça comme une bête obligation pour ramasser plus de fric. Il aurait pu se contenter de faire ajouter quelques effets de profondeur en post-production parce qu'il s'en fout et qu'il s'estime trop bien pour ce gadget, mais non, il a tourné avec les caméras d'Avatar et il s'est donné la peine d'élaborer un maximum de scènes qui auraient l'air cool en 3D. Alors, chaque fois qu'il y a une baston, vous pouvez être sûrs qu'Alice va balancer des shurikens vers l'écran, tirer vers l'écran, empaler ses ennemis avec des sabres pointés vers l'écran, qu'il va y avoir des flingues et des balles et des haches et des débris qui volent et tourbillonnent partout, etc. Et ça a sûrement encore plus de gueule sur une télé 3D mais vous voyez, rien qu'avec mes lunettes en carton je me suis surpris à esquiver.

Avec des choses comme ça pendant 1h30, je veux bien passer l'éponge
sur tout ce qu'il peut y avoir de con, absurde ou fade dans un
Resident Evil.

Alors après, c'est sûr que si j'avais vu une version 2D j'aurais sans doute pensé la même chose que pour les épisodes précédents. J'aurais peut-être même trouvé Afterlife plus laborieux, parce qu'il y a de longs ralentis tout le temps pour profiter encore plus de la 3D, et donc forcément, en 2D je suppose que ça fait bizarre de voir chaque scène d'action se dérouler comme ça. Mais là, voilà, c'est ce que j'espérais depuis le début : si ça doit rester le genre de film où un type de 3 mètres avec un sac sur la tête et une hache-marteau se balade dans les rues de Los Angeles sans explication (enfin je suppose que l'explication c'est qu'il est tiré d'un des jeux vidéo mais mon dernier c'était Resident Evil 3 sur la première Playsation donc c'est loin), où les interactions entre un frère et une soeur qui se croyaient morts se limitent à peu près à "Claire ? Je te croyais morte ! -Mais t'es qui ? -Ton frère. -Je me rappelle pas. -Mais si, ton frère ! -Ok.", où l'existence de chaque personnage est oubliée dans les 30 secondes qui suivent sa mort, alors il faut que l'action en jette, et pour une fois, ça y est, il y a un peu plus de moments mémorables qu'un coup de pied acrobatique à un chien zombie ou une moto qui vole à travers les vitraux d'une église.

Le film débarrasse Alice des pouvoirs magiques utilisés dans Extinction
pour se reconcentrer sur un classique du premier volet, le coup de savate volant dans la gueule.

S'il vous faut quelque chose de plus cérébral, ou si l'idée d'un arrière-goût de Matrix assez prononcé est susceptible de rendre le film ringard pour vous, ou si vous considérez la 3D qui en fait des tonnes dans le genre "attention baisse-toi !" comme un gadget pour enfants, ou si vous ne comptez pas le regarder en 3D du tout, ben voilà, c'est une série B bas-du-front, pas beaucoup plus crétine que la moyenne des Marvel et consorts mais sans le casting et les effets spéciaux haut-de-gamme pour la tirer vers le haut, donc ça reste aussi dispensable que les autres Resident Evil. Mais si ça vous amuse de voir le cinéma renouer avec ses racines d'attraction foraine de temps en temps, alors il y a des chances que ça vous fasse goleri de voir Milla Jovovich faire des pirouettes dans un hélicoptère en plein crash ou sauter d'un toit d'immeuble avec une horde de morts-vivants aux trousses.

 

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Resident Evil: Afterlife 3D (2010), écrit et réalisé par Paul W.S. Anderson (Mortal Kombat). Avec Milla Jovovich (Ultraviolet), Ali Larter (Heroes), Boris Kodjoe (Clones), Wentworth Miller (Prison Break), Kacey Barnfield (Lake Placid 3), Shawn Roberts (xXx: Reactivated), Kim Coates (Sons of Anarchy), Spencer Locke (Tarzan).

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 09:10

Au cinéma, ils aiment bien nous faire le coup de la fin où OH LA LA C'EST DINGUE LE HEROS EST DEVENU LE MECHANT. Mais comme ils aiment bien aussi faire des suites sans prendre trop de risques, à chaque fois ils reviennent sur leur pas. Le seul qui est allé au bout de son idée c'est George Lucas mais il a triché en filmant d'abord les suites donc ça ne compte pas. Les autres se sont tous dégonflés, la petite Jamie n'a pas remplacé Michael Myers, Tommy Jarvis n'a pas remplacé Jason Voorhees, et dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui, Alice n'est pas redevenue un agent d'Umbrella et n'a pas éliminé les compagnons qui l'ont sauvée. Mais pour être honnête, le coup de théâtre qui concluait Resident Evil: Apocalypse n'est pas complètement ignoré, il est simplement mentionné puis balayé sous le tapis en quelques secondes vers la fin.

Extinction démarre quelques années après que le Virus T a provoqué la fin du monde, transformant la quasi-totalité de l'humanité en zombies et la Terre en désert, un scénario catastrophe qui se soucie moins de vraisemblance que d'économiser sur le budget, parce que c'est quand même moins cher et plus simple d'aller tourner dans un coin où y a du sable partout que de construire une ville fantôme, ou de demander à Yoram Globus s'il reste quelque chose des décors des Maîtres de l'Univers 2. Alice est devenue une Mad Max à moto toujours impeccablement maquillée. Ses copains de l'épisode précédent se sont séparés d'elle le temps d'aller remplacer Jill Valentine (l'actrice ayant abandonné la série au profit d'Eragon) par une nouvelle co-héroïne, et se retrouvent faire-valoir dans "le convoi de Claire Redfield", une bande de figurants survivants en quête perpétuelle de provisions et de carburant. Les gens d'Umbrella sont toujours planqués dans leur réseau mondial de laboratoires souterrains, et un chercheur est toujours déterminé à créer un super-clone d'Alice pour combattre les zombies, plutôt qu'à améliorer l'antidote imparfait disponible depuis le premier film. Puis il décide qu'il va plutôt apprivoiser les zombies pour combattre Alice, parce qu'après tout Umbrella c'est les méchants du film.

Ils sont tellement méchants qu'ils honorent la tradition residentevilienne
du personnage de la petite fille agaçante  dont on se serait bien passé.

Au bout d'à peu près une heure tout le monde finit par se rendre compte qu'il n'y a eu que peu d'action et que l'histoire n'a pas trop progressé, et qu'il va falloir se décider à plier tout ça, et se retrouve donc dans un coin de désert où ils ont ajouté numériquement des bâtiments ensevelis quand c'est filmé en plan général, mais pas grand'chose d'autre qu'un container, un bout de ruine et un panneau "Las Vegas" dès que la caméra s'approche, parce que Las Vegas ça coûte cher à fabriquer en vrai. S'ensuivent bastons, explosions, etc, jusqu'à un dénouement dont on soupçonne que lui aussi sera largement ignoré au début de Resident Evil: Afterlife.

Le boss de fin est banal comparé au Nemesis de l'épisode précédent,
et c'est un énième recyclage du cliché "je m'en fous d'être devenu un monstre abominable
parce qu'en fait je suis devenu la race supérieure qui remplacera l'humanité !"

On peut apprécier que Resident Evil ait choisi à nouveau de  changer complètement d'environnement : les grands espaces et le soleil écrasant de son monde post-apocalyptique succèdent à un deuxième épisode nocturne et urbain qui lui-même contrastait nettement avec l'original. Et Russell Mulcahy, réalisateur de Razorback, des premiers Highlander, et de la moitié des clips de ta jeunesse si t'as grandi dans les années 80, filme un peu plus joliment que les confrères qui l'ont précédé. Et c'est amusant de voir qu'Alice a encore débloqué de nouveaux superpouvoirs parce qu'elle commence à avoir accumulé beaucoup d'XP en trois aventures. Mais c'est à peu près tout ce que j'ai de sympa à dire sur ce troisième épisode qui ne corrige toujours pas les tares de la série.

Le monde post-apocalyptique du film reste assez fade et sous-développé,
mais on se consolera en se disant que c'est plus original que nous ramener à Raccoon City.

Et donc, en dehors de quelques détails l'action reste assez peu mémorable, et les effets spéciaux sont toujours moyens, mais surtout, l'intrigue est toujours con, et les protagonistes ont toujours zéro personnalité, même ceux qui n'en sont plus à leur première apparition. Ils sont là pour servir de chair à zombies ou pour porter des noms qui seront familiers aux fans des jeux, parce que Paul Anderson veut que tu saches qu'il s'est renseigné sur Resident Evil et qu'il a appris les noms des vrais personnages, vu que t'as chouiné quand il a inventé Alice de toutes pièces pour le premier film (ne nie pas, je sais que c'était toi). Alors tu vois, la rouquine avec un fusil, eh ben c'est Claire Redfield ! La fameuse Claire Redfield qui mène "le convoi de Claire Redfield" et dont le nom est cité aussi souvent que possible pour enfoncer le clou, mais à laquelle on ne va surtout pas attribuer un caractère parce que dans le fond, à quoi bon, c'est destiné à un public adolescent qui s'en bat les couilles.

Voilà, je vous mets la meilleure cascade du film, vous pouvez faire l'impasse sur le reste
si vous n'êtes pas vraiment fan de la série.

Vous me rétorquerez probablement que le cinéma hollywoodien à gros budget ne vise jamais vraiment les adultes et qu'un fan du Roi Scorpion comme moi est mal placé pour faire le snob. Mais voilà, épisode après épisode je n'ai vraiment pas l'impression que tout ça ait été produit en espérant captiver ou impressionner un spectateur qui espère savourer les films d'action, mais simplement d'occuper des gens peu exigeants qui les consomment à la chaîne d'un oeil distrait en se vantant même de faire ça "le cerveau débranché". Ca n'est pourtant pas spécialement paresseux, et ça reste à peu près honnête si on se contente de comparer aux nombreuses adaptations foireuses de jeux vidéo comme Max Payne ou King of Fighters, mais ça n'est pas vraiment un exploit. J'aimerais bien arriver enfin à un épisode que j'apprécie pour de vrai plutôt que de me répéter à chaque fois que bon, c'était moins naze que je craignais et qu'au moins 1h20 et des poussières c'est pas trop long.

 

Resident Evil: Extinction (2007), réalisé par Russell Mulcahy (Highlander) sur un scénario de Paul W.S. Anderson (Alien vs. Predator). Avec Milla Jovovich (Ultraviolet), Ali Larter (Heroes), Iain Glen (Game of Thrones), Oded Fehr (La Momie), Spencer Locke (Tarzan), Linden Ashby (Mortal Kombat), Mike Epps (Very Bad Trip).

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 09:17

Au cas où les plus grosses plaintes sur le premier épisode concernaient l'anonymat et l'amnésie de l'héroïne, la jaquette de la suite tient à rassurer les fans déçus : "Mon nom est Alice et je me souviens de tout". Eh ouais, qu'est-ce tu crois, c'est pas le Resident Evil de ton papa en 2002, c'est le Resident Evil moderne de 2004 avec une Milla Jovovich qui sait exactement qui elle est et d'où elle vient. Le film tient la promesse tacite faite à la fin du précédent : oui, cette fois, on va voir Raccoon City envahie par les zombies, comme dans les jeux vidéo. C'était pas garanti hein, les producteurs auraient pu se dégonfler comme ceux d'Halloween 5 ou Vendredi 13 VI. Après un bref récapitulatif, on revoit donc Alice se réveiller dans l'hôpital, désormais abandonné, où les savants de l'Umbrella Corporation l'ont transformée en mutante, et s'apercevoir à sa sortie qu'elle n'a pu contenir l'épidémie du Virus T. C'est la panique dans les rues, les survivants essaient de fuir les morts-vivants et quitter la ville, mais les dirigeants d'Umbrella mettent Raccoon City en quarantaine. Manque de bol pour Alice, c'est apparemment une ville fortifiée avec une seule porte de sortie. Son seul espoir d'en réchapper : l'une des huiles d'Umbrella cherche à retrouver sa fille, perdue au milieu des zombies au moment de l'évacuation des VIP, et a promis un hélicoptère à qui la ramènerait vivante. Très vite, tout ce qui a encore un pouls, une radio et un flingue est à la recherche de la précieuse gamine...

J'ai beau m'être moqué du slogan de la jaquette, il est clair que les auteurs étaient conscients de ce qui avait déçu dans le premier épisode, et qu'ils ont cherché à rectifier le tir plutôt que de se dire que leur succès commercial était la preuve qu'ils tenaient la bonne formule et qu'il suffisait de la réexploiter. Ils ont emprunté aux jeux vidéo plus d'éléments reconnaissables, ils ont mis plus d'action, ils ont fait en sorte qu'il y ait un peu plus de ce qu'on voit d'habitude dans les films de zombies. Et une fois de plus, le résultat est regardable pour qui n'est pas allergique aux films cons, mais n'est quand même pas bien fameux.

En cours de route, le film décide soudain de faire sortir les morts de terre dans les cimetières
pour faire comme chez Romero, même si ça n'est pas vraiment cohérent
avec ce que le 1er
Resident Evil et le début de celui-ci nous avaient appris de leurs zombies.

Il y a quelques idées intéressantes, comme l'origine du virus T. Plein de films de zombies nous font le coup de l'armée qui cherche délibérément à produire des zombies parce que ce serait "le super-soldat". Une créature qui n'est efficace qu'au corps-à-corps et en surnombre, incapable de tenir un flingue, ce serait la Pierre Philosophale pour les militaires. Ah ben ils n'ont qu'à élever des chiens d'attaque alors, au moins ça obéit aux ordres et ça sait distinguer les alliés des ennemis, mais vous voyez, dans les armées modernes les régiments de molosses ça ne se fait plus trop. En tout cas ici, les zombies sont un accident issu d'une tentative de militariser une invention qui servait à autre chose, ce qui est nettement plus plausible. Bon, c'est pas grand'chose je vous l'accorde, et c'est vous dire s'il faut un peu se forcer pour trouver des qualités au film.

Milla Jovovich qui court sur une façade d'immeuble plutôt que de la descendre en rappel, c'est amusant,
mais
Ultraviolet est tellement plus riche de ce genre de moment que je continue à le préférer.

Pour continuer dans un registre positif, mentionnons quelques trucs rigolos... Après le Lécheur de Resident Evil 2 (qui refait une apparition), le film emprunte un monstre à Resident Evil 3, le Nemesis. En version cinématographique, il ressemble à la mascotte d'Iron Maiden sous stéroïdes et se balade avec un bazooka et une mitrailleuse dans son imper. Et puis apparemment c'est un peu un cyborg aussi. En tout cas, on voit pas ça tous les jours. Alice s'étant fait injecter des superpouvoirs à la fin du premier épisode, on a encore quelques moments dans la veine du coup de pied sauté dans la tête du chien. Le coup du mec qui ne peut pas s'empêcher de regarder les femmes à poil, même zombifiées, c'est pas très fin mais je mentirais si je prétendais que ça ne m'a pas fait goleri, même si on pourra se chagriner à l'idée qu'en 2004, le seul Noir du film était là pour assurer le quota comique. Et puis il y a une scène qui évoque Peur Bleue, le film de requins avec LL Cool J, où un personnage qu'on pense être sur le point de devenir important se fait bouffer par surprise.

Une nette amélioration par rapport au précédent : le faire-valoir interprété par le fade Eric Mabius
a muté pour devenir une pochette d'album de hard rock.

Tout ça donne un peu de personnalité à Resident Evil: Apocalypse, mais ça reste trop peu pour compenser ses défauts. Comme ces idées qui ne fonctionnent pas vraiment sans pour autant en devenir comiques. La nouvelle co-héroïne Jill Valentine, par exemple : l'actrice qui joue le rôle n'est pas foncièrement moins convaincante que Milla Jovovich en dure à cuire, mais elle porte une réplique exacte de sa tenue de Resident Evil 3, ce qui donne l'impression de voir une fan déguisée accompagner les vrais acteurs, comme si Bryan Singer avait vraiment donné un collant jaune à Wolverine pour le premier X-Men plutôt que d'en faire un sujet de blague. Et puis l'intrigue se contente d'emmener ses personnages d'un décor à un autre pour les y mettre face à l'un des 2 seuls rebondissements qu'elle a en stock, "et là, tout à coup, il y a des zombies" ou "et là, tout à coup, il y a le Nemesis".

C'est pas que ce soit désagréable de voir Sienna Guillory se promener en minijupe,
mais son style jure complètement avec tout le reste.
Même Milla Jovovich en robe fendue rouge s'intégrait plus naturellement à son environnement.

Quand je me suis lancé dans les Resident Evil, le Chapitre Final n'était même pas encore sorti. Et vous voyez, je suis tellement motivé par le visionnage de ces films et l'écriture de ces articles qu'il n'est probablement déjà plus en salles alors que j'en suis à peine à chroniquer le deuxième épisode. C'est bébête mais jamais assez crétin pour me faire rire, les scènes d'action ne sont pas trop mal filmée mais assez banales, l'histoire et les personnages ne sont pas spécialement intéressants. Je garde espoir que ça finisse par décoller, mais pour l'instant, je me dis que j'aurais décidément pu continuer à ignorer cette série sans vraiment rater quelque chose.

 

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Resident Evil: Apocalypse (2004), réalisé par Alexander Witt sur un scénario de Paul W.S. Anderson (Course à la mort). Avec Milla Jovovich (Jeanne d'Arc), Sienna Guillory (Eragon), Mike Epps (Very Bad Trip), Oded Fehr (La Momie), Sandrine Holt (Underworld : Nouvelle ère), Raz Adoti (Doom), Jared Harris (Sherlock Holmes : Jeu d'ombres), Iain Glen (Game of Thrones), Zack Ward (Transformers).

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 09:18

C'est marrant, je croyais me souvenir que le premier Resident Evil n'avait pas été un franc succès lors de sa sortie en salles. Qu'à l'époque, de l'avis général, c'était un film d'action médiocre, que les fans des jeux avaient été déçus qu'il n'y ressemble pas beaucoup, et que ça manquait de sang et de tripes pour les amateurs d'horreur et de zombies. Et puis les suites se sont accumulées, et nous voilà 15 ans plus tard avec un sixième épisode (et dernier avant qu'ils décident de repartir à zéro avec de nouveaux acteurs en garantissant que "cette fois on va être super fidèle à la source !™") au cinéma depuis quelques semaines, et la série a ramassé un milliard de dollars au total sans jamais dépenser des budgets énormes, et on serait tous bien infoutus de dire dans quoi d'autre Milla Jovovich a joué après sa période Luc Besson (à part le merveilleux Ultraviolet, bien entendu), et il faut donc que je me rende à l'évidence, je m'étais drôlement gouré, le public kiffe ces Resident Evil après tout. Une longévité et un succès pareils, ça finit par rendre curieux même quelqu'un comme moi qui avait trouvé le premier raté, et qui n'avait eu envie d'en voir aucun autre jusqu'à présent. Alors voilà, ces jours-ci je vais tous me les faire, pour voir si je suis passé à côté de quelque chose pendant 15 piges ou si c'est à classer avec Underworld dans ces phénomènes que je n'arrive pas vraiment à m'expliquer.

Ca démarre plutôt pas mal, une séquence nerveuse et brutale nous plonge dans un labo top secret dont les travaux louches sont inconnus du personnel lui-même, à l'exception des chercheurs. Un virus mortel y est relâché lors d'un vol et l'intelligence artificielle qui gère la sécurité des lieux décide qu'il vaut mieux bloquer toute évacuation plutôt que de prendre le risque de répandre une arme bactériologique. Tout le monde crève dans un grand mouvement de panique, sans comprendre ce qu'il lui arrive, et l'idée que les méchants du film ne sont pas des savants fous clownesques mais des grands patrons prêts à sacrifier froidement des employés (même pas conscients des risques qu'ils couraient) pour éviter un scandale, et à confier la tâche à une machine, paraît plutôt bien vue (en plus d'être salement plausible).

On ne reconnaît aucun personnage du jeu mais au moins
leurs costumes permettent d'identifier qui a une petite chance d'atteindre le dernier niveau
et qui est un pion anonymedestiné à crever rapidement.

Malheureusement, après ça, ça se gâte, avec l'irruption d'un commando paramilitaire qui découvre  deux personnages rendus amnésiques pour une raison vaseuse mais ça fait un prétexte pour expliquer l'histoire. Et l'histoire c'est qu'en fait la méchante IA a agi de son plein gré, ce qui est assez décevant, et qu'il faut infiltrer le labo souterrain pour la désactiver. A partir de là, ça devient un film d'action gentiment con avec des gens avec des fusils d'assaut piégés dans un complexe high tech qui le plus souvent ressemble à un bête hangar parce que ça coûte moins cher, et qui de temps en temps tirent sur des zombies sans dire "zombie" et sans avoir aucune idée de ce que c'est parce qu'on est encore en 2002. Comme c'est tiré d'un jeu vidéo ça essaye de faire genre "hé t'as vu ami jeune, je m'y connais en nouvelles technologies" et donc il y a un hologramme, des lasers, un plan de la base en 3D sur des ordis qui font bzzzzz et dut-dut-dut parce que le mec a vu Blade Runner.

Les effets spéciaux n'ont pas très bien vieilli, mais au moins ils permettent de donner vie
à quelques éléments directement tirés des jeux vidéo comme le "Lécheur".

Je pensais que maintenant que des considérations comme "pffff ça n'a rien à voir avec le jeu vidéo" ne me chagrinent plus comme dans ma jeunesse j'allais pouvoir réévaluer le film à la hausse, mais il reste plombé de défauts rédhibitoires. Le coup de l'amnésie, c'est paresseux et con. Le coup de l'IA qui prend l'aspect d'une fillette au jeu d'actrice pénible, c'est agaçant. Le premier rôle masculin pour Eric Mabius malgré son charisme de doublure lumière de second rôle de téléfilm, c'est un choix discutable. Et puis les maquillages des zombies sont quasiment inexistants, et on a droit à tous les poncifs du genre, le personnage qui se fait mordre et qui fait promettre aux autres qu'ils feront "ce qu'il faut" avant sa transformation, celui qui n'a plus qu'un chargeur et qui garde sa dernière balle pour lui-même, même à cette époque où les morts-vivants n'avaient pas encore été surexploités ça sentait déjà le réchauffé.

A quelques rares exceptions près, les efforts du département effets spéciaux sur les zombies
se sont limités à un peu de fond de teint pâle et de faux sang,
ce qui la fout un peu mal pour un film sur un jeu de zombies
.

Tout cela étant dit, le film n'est pas aussi inintéressant que dans mes vagues souvenirs. Ce coup-ci, plutôt que de regretter que ça ne ressemble pas aux jeux, j'ai trouvé rigolote l'idée que le film invente un personnage inédit mais typiquement "héroïne de jeux vidéo" : pas bavarde, affublée d'une tenue sexy totalement inadaptée à l'action, dont la couleur permet de la distinguer facilement des "personnages non-joueurs", assez faiblarde au début mais qui acquiert de nouveaux pouvoirs pour péter des gueules en cours de route. Elle n'a même pas de nom, il faut attendre le générique de fin pour savoir qu'elle s'appelle Alice, comme dans les vieux jeux où, si tu te donnais pas la peine d'aller le chercher dans le mode d'emploi, tu ne savais pas que ton guerrier s'appelait Paul ou Vince ou Hiryu ou Simon Belmont. Et puis, il y a quelques scènes d'action potables, comme la baston contre les chiens zombies.

Soyons juste, c'est pas dans tous les films qu'on voit des clébards se manger
des coups de pied sautés rotatifs, quelque chose comme
Ratchet & Clank
aurait jamais fait l'effort d'aller chercher un truc pareil.

Alors voilà, disons que si le reste de la série se révèle vachement bien et que je décide, de temps en temps, de me la refaire en marathon comme ça, revoir le premier à chaque fois ne sera pas une corvée, mais ce sera vraiment juste pour dire que je revois toute la série. Et si les suites se révèlent du même niveau, ça me manquera pas de ne plus jamais le revoir. C'est trop médiocre pour se hisser au niveau d'une honnête série B comme Tomb Raider, et trop platement con pour être aussi amusant à regarder que Mortal Kombat, du même réalisateur. Au moins, ça ne m'a pas dissuadé d'aller au bout de mon projet, c'est déjà ça, mais dans un domaine qui place aussi bas la barre que celui des adaptations de jeu vidéo, Resident Evil se contente de trébucher dessus et se console en se disant qu'au moins il l'a quand même franchie.

 

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Resident Evil (2002), écrit et réalisé par Paul W.S. Anderson (
Alien vs. Predator). Avec Milla Jovovich (Le 5ème élément), Michelle Rodriguez (Avatar), Eric Mabius (Ugly Betty), James Purefoy (Rome).

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 11:06

Eh ben le voilà le film avec lequel j'aurais dû relancer le site le mois dernier ! Attention hein je ne dis pas que c'est bien, mais admettez qu'une comédie d'horreur à petit budget pour le marché du DVD, avec des zombies et des catcheurs, c'est tellement Ciné Discount, ça aurait été parfait pour reprendre nos marques après un an d'inactivité.

Monster Brawl est une variation autour d'une idée exploitée par le cinéma depuis les années 40 : réunir plein de monstres connus et libres de droits en un seul film. Ce coup-ci, c'est pour un tournoi de catch qui va opposer 8 créatures, un loup-garou, une momie, une vampire, etc, dans des matchs à mort, parce que les promoteurs ne se rendent pas compte qu'à moyen terme c'est un peu contre-productif de tuer ses vedettes. Il n'y a pas à proprement parler d'intrigue, c'est une succession de matchs entrecoupée d'interventions des commentateurs et de Jimmy Hart (l'ancien manager d'Hulk Hogan entre autres), et de petites saynètes qui présentent les combattants. On voit ainsi la créature du marais dans son bayou, ou le zombie dans le placard qui représente la base militaire où il a été créé.

Le film pourrait être un numéro spécial Halloween d'une émission de catch, mais écrit par un fan qui n'aurait réfléchi que de façon assez superficielle aux mécanismes qui font que ce genre de spectacle fonctionne. Ou un non-fan qui n'aurait pas lu Roland Barthes. Les participants n'ont pas vraiment de personnalité, pas de motivation particulière pour venir se battre, il n'y a pas de gentils et de méchants. Apparemment les auteurs considèrent que voir un cyclope et une sorcière se coller des pains est une attraction suffisante en soi. Mais comme les monstres se battent simplement comme des catcheurs en costumes, à l'exception de quelques "coups spéciaux" surnaturels, on reste vraiment sur sa faim. Je ne sais pas ce que valent RJ City, Rico Montana ou Courtney Rush sur un ring quand ils ne sont pas handicapés par un déguisement et du maquillage, mais ici ils se limitent à quelques mouvements basiques qui ne donnent pas des matchs très spectaculaires et originaux. Un coup de la corde à linge par-ci, un enfourchement par-là, on peut voir mieux toutes les semaines sur RTL9.

De temps en temps, le réalisateur se rappelle que ses personnages sont des monstres
et pas seulement des catcheurs d'une petite promotion de l'Ontario, et il y a une attaque magique...

...mais dans l'ensemble les matchs se limitent à des échanges de coups et prises banals.

C'est un film indépendant à petit budget qui ne se prend pas au sérieux, donc je me sentirais un peu con de le décortiquer pour m'acharner dessus pendant 15 paragraphes. Mais bon, voilà, j'ai quand même eu l'impression que l'auteur ne s'est vraiment pas trop foulé sous prétexte que tout ça c'est juste pour rigoler sans se prendre la tête, et que ses efforts se sont concentrés sur le recrutement de quelques acteurs un peu connus et d'une boîte d'effets spéciaux au rapport qualité-prix honnête. Lance Henriksen, Dave Foley, Kevin Nash et Jimmy Hart n'ont probablement pas passé plus d'un après-midi chacun en studio pour boucler leurs prestations en mode pilote automatique, mais c'était suffisant pour mettre leurs noms sur la jaquette et trouver un distributeur. Le film étant vendu d'avance grâce à ça, pourquoi se faire chier à essayer de faire quelque chose de chouette ? Surtout quand on a l'excuse du "bah en même temps, des monstres qui font du catch, tu t'attendais à du Shakespeare ?"

Entouré de filles en bikini qu'on a mises sur la jaquette parce que ça fait vendre
mais qui ne sont créditées au générique qu'en tant que figurantes,
Jimmy Hart s'auto-imite sans grande conviction...

...tandis que Dave Foley, contraint depuis des années de jouer dans n'importe quoi
pour payer ses dettes et éviter la prison, lit très visiblement ses répliques sur des cartons.

Alors voilà, c'est très paresseux et vraiment pas passionnant à suivre faute d'histoire et de bons personnages, même si c'est pas foncièrement détestable. En fait ce qui est un peu agaçant c'est de se dire que mine de rien il y avait peut-être de quoi faire quelque chose d'amusant et pas trop honteux mais que le type à la tête de tout ça n'avait pas envie de s'en donner la peine, ou pas les compétences pour savoir bien utiliser ce qu'il avait sous la main. Et au bout du compte, ça ne fonctionne ni en tant que film d'horreur ni en tant que comédie, et même pas en tant que petit divertissement sympa pour fan de catch.

 

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Monster Brawl (2011), écrit et réalisé par Jesse Thomas Cook (Scarce). Avec Dave Foley (NewsRadio), Art Hindle (Chromosome 3), Robert "Kurrgan" Maillet (300), Jason David Brown (Septic Man), Kevin Nash (Magic Mike), Jimmy Hart (Caraïbes Offshore), la voix de Lance Henriksen.

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 08:18

Un jour il faudra obligatoirement arrêter les films de zombies, pas parce qu'on sera redevenus créatifs et qu'on aura eu des idées neuves, pas parce que ça n'intéressera plus personne, pas parce que Danny Trejo sera mort pour de vrai et qu'il n'y aura plus d'acteur connu pour accepter de faire la tête d'affiche dans une merde au budget ridicule, mais parce que les mecs seront arrivés au bout du dictionnaire, à court de noms communs et propres à accoler à toutes les variations possibles de "Zombies", "Living", "Dead" et "Living Dead". Un petit malin tenterait un Afternoon of the Living Dead, un Night of the Living Fred, un Zombies vs Zombies ou encore un The Moonwalking Dead et finirait au tribunal pour plagiat plutôt que dans le bac à 1€ pour réalisation d'un direct-to-video pourri. En attendant, et même si ce genre est hélas devenu le refuge des pires cinéastes amateurs, je ne vais quand même pas laisser passer un mois d'octobre sans morts-vivants (bon ok il y en avait dans L'Etrange pouvoir de Norman, mais c'est pas pareil) donc penchons-nous sur Autumn of the Living Dead (également vendu sous le titre Autumn, fin du monde, sans les zombies sur la jaquette), qu'un petit studio britannique s'est dépêché de produire pour profiter du quart d'heure de gloire de son auteur David Moody, qui venait de vendre à Universal les droits d'un autre de ses romans autopubliés (cherchez pas quel est l'autre film, finalement l'adaptation ne s'est jamais faite).

L'action démarre donc en automne, c'est très important parce que... euh, tu vois... les feuilles mortes... la chute... le symbolisme, et tout, tu vois ? Enfin, si c'était pas important, je doute qu'on nous remontrerait aussi souvent le même plan de feuilles tombant des arbres au ralenti. Un jour, 99% de la population mondiale meurt en crachant du sang. D'un coup, comme ça, simultanément, paf. Ca se passe tellement vite et de façon tellement bien synchronisée qu'il n'y a même pas le temps pour des hordes d'émeutiers et de pillards de se former et de foutre le bordel partout ni pour l'armée d'instaurer une horrible dictature. Les survivants se retrouvent donc cette situation inédite pour un film de zombies : zéro danger dans les rues (il n'y a même pas encore de morts-vivants au départ), des abris où on veut, et des tonnes de provisions à ramasser partout. Mais par politesse, ils se comportent quand même comme on est censé le faire dans un film de zombies : on ne prononce jamais le mot "zombie", on se réunit en groupe hétéroclite avec une femme enceinte, un criminel, un taré qui a pété les plombs, un type qui garde son sang-froid et essaie d'organiser les choses, un vénèr qui lui rétorque "et pourquoi ce serait toi le chef d'abord hein ?", et on fait monter la tension en s'engueulant parce qu'on n'est pas d'accord sur la marche à suivre.
 


L'automne, mec ! Tu piges la métaphore surpuissante ? Les feuilles mortes qui tombent
toutes en même temps en crachant du sang, tout ça.

 

Au bout d'un moment, quand même, les morts finissent par se relever et, même s'ils ne montrent aucun signe d'agressivité, trois des survivants (le seul vrai acteur à avoir un vrai rôle, une fille qui n'a aucun autre crédit sur IMDB, et le fils du réalisateur) se disent qu'il vaudrait mieux aller se mettre en sécurité ailleurs et partent à la recherche d'un coin tranquille. Qu'ils trouvent facilement. Ainsi qu'un générateur et des vivres. Et là on se dit que, certes, les trente premières minutes du film ont paru bien longues déjà, mais que c'est probablement rien à côté des quatre-vingt qui vont suivre. Et on se rappelle qu'il y avait le nom de David Carradine sur la jaquette et on comprend que techniquement, elle ne ment pas quand elle raconte que "David Carradine, dans l'un de ses derniers rôles, y incarne un survivant solitaire dans une ville déserte", mais que l'éditeur est quand même bien facétieux d'avoir omis de préciser "dans une séquence de 5 mn sans aucune incidence sur le reste" et préféré imprimer ça à la suite d'une comparaison avec Je suis une légende pour laisser entendre que c'est lui le héros du film.
 


Le héros de
Kung Fu n'a visiblement fait qu'un passage éclair sur le tournage
et on devine que le réalisateur a simplement arraché à la va-vite une page du scénario au hasard
en lui disant "tiens, voilà, on n'a qu'à dire que c'est ça ton rôle, joue ça".


Un bouquin autopublié adapté par un réalisateur qui a autoproduit tous ses films, ça donne une oeuvre qui a clairement manqué de la présence d'un vrai professionnel lucide pour dire aux aspirants artistes que non, vraiment, écoutez les gars, vous êtes gentils et tout, mais vous êtes nuls, et votre truc n'a aucun intérêt, parce que l'enthousiasme et la motivation ne remplacent pas la compétence, sans même aller jusqu'à parler de talent, et donc vous allez chercher un autre métier, voilà, merci et sans rancune. On sent qu'à la base l'auteur espérait épater la galerie en déviant des clichés habituels des histoires de zombies, sauf qu'il a oublié de les remplacer par quelque chose d'intéressant. Il sait à quoi tu t'attends, alors il commence par te faire croire que c'est effectivement ce qu'il va te servir, mais en fait non, surprise ! C'est pas du tout ça ! Et à la place, c'est... rien ! Par exemple, quand les trois protagonistes quittent le groupe, tu penses que la situation va dégénérer non pas à cause des morts-vivants, mais parce que les deux mecs vont s'entretuer pour les faveurs de la fille. Eh bien non, petit naïf ! C'est pas du tout ça qui va se passer ! Il va se passer... rien ! Et quand ils partent chercher à manger, tu croirais qu'ils vont se retrouver en danger parce que la joie puérile de pouvoir consommer tout ce qu'ils veulent dans un commerce abandonné va les rendre imprudents. Haha, que nenni, gros bêta ! En fait, ce qui va se passer, c'est... rien ! Tu vois, Autumn refuse de tomber dans les lieux communs. Mais en même temps, comme les éviter pour de vrai, c'est dur, il se contente de rester planté devant.
 


Les maquillages de cadavres putréfiés c'est ringard, tout le monde fait ça, le spectateur
s'y attend trop, alors que des figurants avec la tronche passée au cirage, ça c'est novateur tu vois ?


En cours de route on finit par comprendre que la grande ambition du film, c'était de montrer des zombies qui évoluent au fil du temps. Bon, en soi, c'est pas une mauvaise idée, même si ça n'est pas franchement révolutionnaire. Mais concrètement ça ne veut pas dire qu'on obtient des créatures radicalements différentes des zombies habituels, ça veut juste dire qu'elles mettent 1h50 à devenir les zombies habituels. Au début, elles bougent pas du tout. Au bout d'une demi-heure elles se mettent à errer sans but, en se cognant aux portes vitrées. Après elles commencent à piger que, là où il y a du bruit, il y a probablement des gens vivants. Plus tard encore, elles arrivent à encercler un caniche, l'attaquer et le bouffer. Et puis elles comprennent enfin qu'elles peuvent attaquer et bouffer les gens ! Aaaaah, ça y est, les choses sérieuses peuvent commencer ! Sauf que non, parce que, sans exagérer, entre le moment où les zombies font leur première victime humaine et le générique de fin, il s'écoule UNE MINUTE. Tu croyais que perdre trois quarts d'heure à te réexpliquer qui est Superman ou Spiderman chaque fois qu'on relance leurs aventures était une perte de temps voire du foutage de gueule, mon pauvre ami, t'avais encore rien vu.
 


Rassurez-vous, le film n'est pas seulement très ennuyeux,
il est aussi extrêmement laid.


C'est horriblement filmé avec une caméra vidéo pourrie, sonorisé par un farceur qui s'est amusé à mettre de la musique grandiloquente dans des moments où il ne se passe rien, interprété par de pauvres gens qui n'ont pas envie d'être là, assemblé par un demeuré qui a cru qu'il était simplement censé mettre tous les rushes bout à bout en utilisant au hasard les quelques effets dérisoires de son freeware de montage pour les transitions d'une séquence à l'autre, sans rien couper, sans aucune considération pour le rythme, la fluidité, ou quelque chose d'aussi trivial que le cycle jour-nuit. Et c'est tant mieux, parce que s'il avait fait son boulot, tout ce qui aurait subsisté c'est une vidéo youtube de 10 minutes sans aucun intérêt. Alors que là, c'est évidemment irregardable par les gens normaux, et je peux même pas dire que c'est un nanar parce qu'un nanar c'est rigolo alors que ça, c'est vraiment une souffrance, même pour quelqu'un comme moi qui a vu La Vengeance de Morsay en entier. Mais il y a forcément des James Cameron de l'exploration des abysses de la série Z qui seront curieux d'aller constater par eux-mêmes à quelle profondeur un pareil équipage d'incapables a pu couler.
 

 

 

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Autumn of the Living Dead (Autumn, 2009), réalisé par Steven Rumbelow sur un scénario de Steven Rumbelow et David Moody. Avec Dexter Fletcher (Arnaques, crimes et botanique), Dickon Tolson (Médecins de l'ordinaire), Lana Kamenov.

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 14:00

Cette année encore je voulais inclure un film d'horreur pour enfants à la sélection d'Halloween, mais j'ai pas pu me résoudre à acheter l'un des nombreux autres DTV de Scooby-Doo. A la place, ce sera donc la deuxième production (après Coraline) du studio Laika, fondé par le patron de Nike pour occuper son fils après l'échec de sa carrière de rappeur. Alors, je vous accorde que c'est pas exactement une petite production obscure mais pas non plus vraiment comparable aux Minions ou à Madagascar quand même, donc j'ai le droit, MERCI.

Doublé par le jeune acteur de La Route, Norman est affligé du même fardeau que le gamin de Sixième sens : il peut voir et communiquer avec les fantômes. Evidemment, dans son entourage personne ne le croit, beaucoup le prennent pour un fou, et à l'école tout le monde se fout de sa gueule. A part son seul ami, parce que tout le monde se fout de sa gueule à lui aussi parce qu'il est gros. Alors que dans sa petite ville on s'apprête à célébrer l'anniversaire d'un procès en sorcellerie qui est apparemment un sujet de fierté local, Norman apprend que son oncle partage son pouvoir, et protège secrètement la ville des effets d'une malédiction qui la frappe depuis ce procès. Mais le vieil homme n'en a plus pour longtemps, et charge Norman d'accomplir à sa place le rituel qui empêchera les cadavres des villageois maudits trois siècles plus tôt de quitter leurs tombes...

Avec tout ce que je chronique comme mauvais films cons bâclés par des incompétents je-m'en-foutistes, je m'en veux un peu d'avouer que je n'ai pas spécialement aimé un film plutôt pas bête et pas mauvais, qui est clairement le fruit de l'énorme travail de gens talentueux et méticuleux. Et pourtant, ben, voilà, pour moi, L'Etrange pouvoir de Norman est un film dont on peut reconnaître qu'il est certes techniquement réussi, mais qui malgré ça n'est pas très intéressant. Je crois que c'est le problème quand, au lieu d'insuffler une vraie personnalité à leur film, les auteurs se préoccupent surtout de se démarquer des autres studios. On sent le produit calibré pour se tailler une part d'un marché ultra-concurrentiel en se présentant comme une alternative à ce que le public connaît déjà. Un produit élaboré pour devenir un chouchou des critiques qui se réjouiront du fait qu'ici, il n'y a pas de voitures qui parlent, d'animaux qui dansent ou d'ogres qui pètent, de l'idée qu'ils soutiennent un gentil David indépendant face au méchant Goliath Disney (alors que le film a coûté le double de Frankenweenie, sorti la même année). Un produit conçu pour séduire le genre de parents qui s'enorgueillissent de ne pas emmener leurs enfants voir la même chose que tout le monde. Vous en connaissez forcément, l'an dernier par exemple ils vous ont fièrement expliqué que leur jeune prodige avait préféré le dernier Miyazaki, si profond et poétique, à La Reine des Neiges.
 


Il fallait bien que le cinéma pour enfants se décide lui aussi à exploiter la mode des zombies.


Cette volonté d'être un "Anti-" se ressent nettement dans le design des personnages. Clairement, il ne fallait surtout pas ressembler aux productions Pixar ou Dreamworks, pas trop prêter le flanc aux inévitables comparaisons avec Aardman (parce que c'est de l'animation "en volumes", pas des images de synthèse) et Tim Burton (parce qu'il y a des monstres et des excentriques). Du coup ça n'a pas dû laisser aux concepteurs beaucoup d'autres choix stylistiques que "soigneusement moche". Les mecs ont bossé dur pour que tout le monde, pas seulement les zombies, les méchants ou les idiots, soit ridiculement laid. Le contrôle qualité a été super strict, dès qu'un prototype était un peu trop mignon, PAF, on accentuait ses oreilles décollées, son double menton, les imperfections de sa peau ou l'asymétrie de ses traits, jusqu'à en faire une insulte pour les yeux. Ah ben ouais, qu'est-ce tu crois, Laika ils sont pas dans ce business pour te vendre des jouets, et pour te le prouver, ils s'appliquent minutieusement à ne mettre en scène que des protagonistes extrêmement désagréables à regarder.
 


Non, non, ce n'est pas une sorcière ou une trisomique, c'est la gentille maman du héros.


Mais j'admets, le scénario n'est pas foncièrement idiot, il y a quelques gags qui font sourire, le message est bateau mais gentil (il faut savoir voir au-delà des apparences), ça effleure quelques thèmes un peu audacieux pour un film pour enfants (les mythes fondateurs comme mensonges couvrant des faits historiques honteux). Mais au bout du compte ça me paraît quand même moins malin que ça n'a l'air de le croire. Par exemple, j'aimerais pouvoir applaudir plus fort un film dans lequel les prétendues "sorcières" exécutées sont innocentes. Ah ben oui mais si la sorcière innocente a quand même réellement des pouvoirs maléfiques pour se venger des villageois après sa mort, ben, du coup, c'est peut-être un peu une vraie sorcière non ? Et finalement le film est pas tellement plus intelligent que Lords of Salem ou Le Dernier des Templiers du coup, si ?
 


Attention, pas d'amalgame, y a les bonnes et les mauvaises sorcières, comme pour les chasseurs.


Une fois de plus, je tiens à tempérer toute cette négativité : ce n'est vraiment pas un mauvais film. C'est pas ennuyeux, c'est pas gnangnan, c'est pas débile, c'est pas vulgaire, c'est pas plombé par des chansons de merde ni des blagues pipi-caca. C'est pas Alvin et les Chipmunks, c'est pas Les Schtroumpfs. Mais j'aurais préféré avoir des raisons de dire "c'est..." (vraiment passionnant, vraiment drôle, vraiment malin, vraiment beau...) que "au moins, comparé à des trucs nuls, c'est pas...". Ca manque de coeur, d'âme, d'inventivité. Il n'y a pas de personnage attachant, les rebondissements sont prévisibles. Le héros est typiquement le genre de gosse que le cinéma dit "indépendant" invente pour que les adultes soient ravis d'y reconnaître celui qu'ils espèrent avoir été : plus malin et sensible que tout le monde, anticonformiste, cinéphile. Les gens qui ont conçu L'Etrange pouvoir de Norman ne voulaient pas raconter une bonne histoire aux enfants, ils voulaient donner aux parents la satisfaction de faire consommer à leurs mômes un produit bio issu du commerce équitable plutôt qu'un Happy Meal. Et c'est sûrement honteux, mais moi je trouve qu'il y a plus de goût dans un Happy Meal.

 


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L'Etrange pouvoir de Norman (ParaNorman, 2012), écrit et réalisé par Chris Butler et Sam Fell (Souris City). Avec les voix de Kodi Smit-McPhee (La Route), Tucker Albrizzi (Alvin et les Chipmunks 3), Anna Kendrick (Twilight), Casey Affleck (Gone Baby Gone), Christopher Mintz-Plasse (SuperGrave), Leslie Mann (40 ans : mode d'emploi), John Goodman (The Big Lebowski).

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 11:43

Zombie LoverOui, bon, je sais. J'avais dit que je ne le ferais plus, et puis nous y re-voilà quand même. Il y a comme ça des mauvaises habitudes dont on n'arrive pas à se débarrasser même quand on sait que c'est honteux et que ça nous fait plus de mal que de bien. Pour moi c'est les films de zombies, pour vous c'est probablement de se masturber en pensant à votre ex, et je vous juge pas, alors soyez gentils, me jugez pas non plus. De toutes façons, j'allais quand même pas exclure les morts-vivants du mois spécial horreur, n'est-ce pas ?

Pour une fois il n'est pas question d'épidémie à grande échelle et de survie à coups de fusil, ici il n'y a qu'un seul zombie qui végète paisiblement dans une baignoire pendant la majeure partie du film. Elle s'appelle Wendy, c'est une lycéenne et, quelques semaines après sa mystérieuse disparition, elle a été déclarée officiellement morte par les autorités. Ses meilleurs amis, les frères Darling, la retrouvent en train d'errer dans la nature à l'état de morte-vivante, et décident de la cacher dans une maison dont ils assurent la garde. Ils s'efforcent de prendre soin d'elle mais s'aperçoivent qu'ils ne savent pas vraiment comment on entretient un cadavre en décomposition. Après quelques temps, deux d'entre eux finissent par se trouver d'autres centres d'intérêt, mais le troisième, qui avait le béguin pour elle de son vivant, s'obstine dans une relation malsaine avec cette créature à peine consciente et presque totalement apathique.


Zombie Lover 01Attendez-vous à plus de scènes ressemblant à ça qu'à World War Z ou La Nuit des morts-vivants.

 
Avec son titre "français" et cette jaquette j'avoue que je m'attendais un peu au genre "rigolons entre potes sur les zombies parce que c'est trop rigolo et cool les zombies". Le titre original est plus révélateur de la vraie nature de Zombie Lover : Make-Out with Violence, ça fait tout de suite "petit film indé gentiment prétentieux", et effectivement, c'en est un. On sent que les réalisateurs (dont c'est le premier long métrage) aimeraient bien devenir Wes Anderson ou Sofia Coppola quand ils seront grands. Bien sûr les protagonistes sont timides et un peu bizarres, bien sûr les filles sont fantasques (et mignonnes mais pas le genre belles comme des actrices hollywoodiennes),
bien sûr tout le monde est blanc parce que c'est réalisé entre amis et que même quand on n'est pas raciste on n'a pas l'occasion d'avoir des amis noirs quand on est un petit bourgeois blanc d'une petite ville bien tranquille, bien sûr la bande originale comporte des dizaines de petites chansonnettes pop douces-amères qui finissent par se ressembler toutes, bien sûr les couleurs sont à fond surtout les jaunes et les verts et les rouges, bien sûr on y apprend que c'est pas facile de devenir adulte (c'est peut-être ce qui est censé justifier les références à Peter Pan) (ah ben je vous avais prévenu que c'était gentiment prétentieux hein) et de vivre de belles histoires avec des filles fantasques quand on est un mec timide et un peu bizarre. En fait ça frise la caricature de comédie dramatique "indé", au point qu'on pourrait presque croire à une parodie, surtout que les rôles des lycéens sont tenus par des acteurs qui ne font aucun effort pour cacher qu'ils ont presque trente piges.


Zombie Lover 04Avouez, la première image qui vous vient à l'esprit quand on vous dit "film de zombies",
ça n'est pas celle avec des couleurs pétantes de lycéens de 28 ans fantasques
qui ont du mal à s'avouer leurs sentiments pour les autres sur du sous-Weezer.


Pourtant, ça ne fait même pas aussi artificiel qu'un truc comme Away We Go, et en plus il faut reconnaître que cette approche du genre surexploité qu'est le film de zombies est plus originale que l'habituelle "je suis trop un fan de Romero et je voudrais lui rendre hommage parce que c'est plus facile que de créer une oeuvre rien qu'à moi". Malheureusement, le film se casse la gueule au bout d'une demi-heure, parce que finalement cette fille zombie arrive un peu comme un cheveu sur la soupe dans ce qui aurait pu être une histoire sur le deuil, l'amitié et la maladresse des amours adolescentes certes pas forcément géniale ou très nouvelle mais pourquoi pas un peu touchante. Pourquoi les frangins choisissent-ils de cacher leur pote comme ça ? "Parce que sans ça y a pas de film", je suppose, mais moi j'ai du mal à accepter qu'un film essaie de parler sérieusement de sujets tristes quand par ailleurs il abandonne tout réalisme "parce que sans ça y a pas d'histoire".


Zombie Lover 05La plupart des rôles sont tenus par des acteurs amateurs pas tous très doués,
et on ne sent malheureusement aucune alchimie entre ceux qui jouent les frères censés être super complices.


Si au moins on les voyait envisager la possibilité qu'elle soit simplement malade et de l'emmener à l'hôpital, puis de décider après mûre réflexion que c'est une mauvaise idée, ça aiderait à faire passer la pilule. Là, on est censé admettre qu'ils ont immédiatement cru que Wendy était un zombie, impossible à soigner, et que la meilleure chose à faire était de la planquer. Même dans les films de zombies "classiques", l'explication "cette personne agit comme ça parce que c'est devenu un mort-vivant" est rarement la première qui vient à l'esprit des personnages, alors pourquoi ici, dans un film à prétention un peu plus réaliste ? Quand on entend aborder la complexité des sentiments, c'est pas interdit d'utiliser le surnaturel mais encore faut-il que les personnages aient un comportement qui sonne juste, sinon on tombe dans une couillonnade à la Twilight.


Zombie Lover 02Clairement, quand tu retrouves ta meilleure amie en piteux état dans les bois,
la première chose qui te vient à l'esprit c'est évidemment de l'installer dans la baignoire
d'une maison dont les occupants sont en vacances et de lui donner des rats vivants à manger.
C'est décidément pas facile d'être un petit gars sympa mais timide et bizarre
qui aime les filles mignonnes et fantasques, hein, j'ai raison ou quoi les gars ?


Surtout que leur traitement de la pauvre fille rend vite les frères Darling assez antipathiques. Non seulement on présume que la possibilité de la faire soigner ne leur a même pas traversé l'esprit, mais en plus ils ne savent pas vraiment quoi en faire, alors ils expérimentent n'importe quoi avec. Les voir tenter de fourrer de la nourriture dans sa bouche ou de repeindre ses yeux vitreux avec du maquillage, ou la déshabiller pour la laver, ça donne chaque fois l'impression qu'on est brusquement passé de Juno à The Woman, et bien que j'apprécie l'un et l'autre, le mélange est un ratage complet. Le mélange "mignon/enfantin" et "macabre" on a l'habitude grâce, entre autres, à Tim Burton, mais "mignon/enfantin" et "sadique/dérangeant" c'est déjà plus difficile à faire cohabiter et Zombie Lover se plante complètement en essayant. Les critiques citées sur la jaquette sont super élogieuse, mais c'est finalement typique du genre "petit film étrange pour festival de cinéma indépendant" : les gens qui écrivent pour des sites internet considérés comme suffisamment importants pour recevoir une invitation à un festival sont super fiers de leur "influence" et du coup rivalisent pour être celui qui aura déniché et encensé en premier LA nouvelle coqueluche "indé".

 
Zombie Lover 03

Parfois il faut choisir, soit on fait une comédie romantique sur une amourette manquée
entre un gentil louzeur et une fille trop bien pour lui, soit on fait un thriller sur un sociopathe flippant
qui s'approprie de force la copine d'un autre, mais les deux en même temps donnent un résultat indigeste.


Moi ça va, j'ai zéro influence donc je me sens pas forcé d'aimer. Il y a de bonnes intentions, de bonnes idées, mais beaucoup trop de maladresses qui, au final, donnent un film trop "précieux", très bancal, et pire encore que tout ça... un film vraiment chiant. C'est trop long parce que ces jeunes réalisateurs-là entrent dans la catégorie de ceux qui veulent garder trop de choses, et la qualité de l'écriture et de l'interprétation sont trop insuffisantes pour scotcher le spectateur devant la mélancolie geignarde de cette bande de têtes de noeuds, et on s'ennuit souvent. Au final, c'est pas un ratage complètement inintéressant, l'aspect insolite pourra rendre curieux certains d'entre vous, mais pour ma part je suis pas loin d'avoir détesté tellement j'ai eu l'impression de voir un gros potentiel gâché, et même si 4€ pour l'édition avec DVD et Blu-Ray c'est pas cher, je préfère vous conseiller de l'éviter.

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 12:30

Zombie StrippersUn direct-to-video avec des zombies... et Robert Englund... et une jaquette "vieillie" pour faire genre "hé regarde c'est un hommage aux couillonnades des années 70, c'est mal fait mais c'est fait exprès, pour rigoler, c'est du grindhouse, Tarantino il a dit que c'était trop bien le grindhouse !"... Autant de signes que ça va être bidon et qu'il vaut mieux éviter. Mais si vous lisez régulièrement ce blog vous savez déjà que je suis un incorrigible idéaliste. Et donc je n'ai pas pu m'empêcher d'espérer qu'un thème aussi indémodable que celui de la femme à poil puisse injecter un peu de sang frais à celui, complètement essoufflé, du zombie. Pas que ça ait trop bien marché pour Zombies! Zombies! Zombies!, mais je ne continuerais pas à tartiner des pages et des pages ici pour trois lecteurs depuis quatre ans et demi si je ne souffrais pas d'un excès d'optimisme.

Ca s'annonce mal d'entrée de jeu, avec quelques minutes satiriques assez laborieuses. On a l'impression que l'auteur avait peur que, s'il n'affichait pas tout de suite son intention de nous faire goleri, on n'allait pas comprendre que son histoire de strip-teaseuses zombies n'était pas destinée à être prise au sérieux. Un genre de "Hé les gars rassurez-vous hein j'déconne, n'allez surtout pas juger mon film comme si j'avais eu la prétention d'en faire un bien." Mmmouais. En tout cas, c'est pas très drôle, pas très subtil, et puis les blagues sur George W. Bushça donne tout de suite un bon petit coup de vieux. Après ça, on entre dans le vif du sujet : un commando d'élite intervient dans un laboratoire où un virus qui transforme les gens en zombies a été lâché. L'un des soldats est blessé, s'enfuit, et se réfugie dans une boîte de strip-tease clandestine. Là, il attaque la danseuse vedette qui, une fois changée en morte-vivante, devient encore plus populaire auprès des clients parce que... euh... ben euh surtout parce que sans ça y a pas de film en fait. Son patron est ravi de la voir rapporter encore plus d'argent à son tripot même si occasionnellement elle croque un spectateur, mais ses collègues sont jalouses, au point que certaines décident volontairement d'être contaminées à leur tour.


Zombies Strippers 05Les maquillages sont tout à fait potables,
mais le reste des effets spéciaux sent vraiment la production fauchée.


Tout ça se révèle être un prétexte débile pour simplement enchaîner des scènes de strip-tease avec des filles plus ou moins sexy/vulgaires/siliconées et au maquillage de zombie de plus en plus apparent. Entre le prologue et le dernier acte, la même séquence se rejoue 5-6 fois avec différents personnages, une fille se dénude et se trémousse sur scène autour d'une barre à pompiers :


Zombies Strippers 01

 

Des types fous de joie, parce qu'apparemment donc le film se déroule dans un univers où la décomposition est sexy, s'agitent en secouant ou en jetant des billets :

 

Zombies Strippers 02

 

Et enfin, les effeuilleuses entraînent un fan en coulisses et le massacrent :

 

Zombies Strippers 03

 

Comme il n'y a pas vraiment de variations intéressantes et originales de l'une à l'autre, c'est vite répétitif, et comme les danses elles-mêmes sont longues, on finit par avoir l'impression d'être devant un film de cul soft pour fétichistes plutôt qu'une comédie horrifique, et on se sent un peu con, parce que vraiment, malgré le titre et la jaquette, et malgré tout l'intérêt qu'on peut porter aux femmes à poil, on espérait quand même un vrai film et pas simplement un défilé de nichons. Heureusement, dans la dernière demi-heure l'intrigue redémarre et le résultat est une espèce de sous-Troma susceptible d'arracher un ou deux sourires à un spectateur indulgent. Cela dit, donner dans le mauvais goût et l'humour puéril sans pour autant virer à la couillonnade bas-du-front et beauf n'est pas donné à tout le monde, et si Zombie Strippers est moins naze que  Postal, il est quand même vraiment très con et lourdingue, ne soutient pas la comparaison avec un Poultrygeist par exemple.


Zombies Strippers 04Vous vous en doutiez, il y a évidemment un gag sur un type qui se fait manger la teube.


En tout cas, ça n'est jamais assez drôle ni farfelu pour faire oublier qu'on perd quand même beaucoup de temps à regarder des cadavres se déloquer sur de la musique de merde, ce qui est n'est pas très glorieux, et pas très émoustillant en plus. Si votre but est de vous rincer l'oeil, j'ai le plaisir de vous annoncer que vous êtes sur internet, la plus grosse archive de photos et de vidéos de femmes à poil jamais assemblée par l'humanité. Pour vous dire, il y en a encore plus que sous le matelas de Snowman. Du coup, ce n'est pas vraiment la peine de vous infliger un mauvais film, même si vous êtes fan de Jenna Jameson, et même si vous ne vous lassez pas de voir Robert Englund cabotiner dans toutes les séries B d'horreur bas-de-gamme qui ont préféré s'offrir ses services plutôt que ceux de Bruce Campbell, Danny Trejo ou Sid Haig, et même si ce n'est pas le pire film de zombies pas cher qu'on puisse trouver dans les bacs de soldes et que vous ne vous êtes toujours pas lassé du genre. A choisir, je crois me souvenir que Zombies Zombies Zombies était meilleur.

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Fais pas ta pute

Bon, j'aime pas mendier, mais tu sais que je t'aime, ami lecteur, et que je sais que tu adores ce que j'écris, alors je me disais que par exemple, tu vois,  pour faire un beau geste, ce serait sympa si une fois de temps en temps histoire de filer un petit coup de pouce, tu lâchais quelques piécettes pour que j'ai un film de plus à chroniquer ici tu vois ? Non je sais que ça fait minable de réclamer comme ça mais putain,  tu crois qu'un mec qui a payé pour voir Gingerdead Man se soucie encore de son image de marque ? Et je sais que c'est la crise et que t'as des fins de mois difficile, mais bordel je demande pas la lune non plus, quand je pense au temps que tu passes GRATUITEMENT sur mon blog qui illumine ta journée ennuyeuse au bureau, je me dis que m'offrir un DVD de temps en temps ce serait un juste retour des choses quand même. Y a pas d'obligation hein, mais quand même quoi vazi fais pas ta pute. A ton bon coeur, mec. Tu le regretteras pas. Et je te cacherai pas que pour le moment, cette opération est un bide complet donc si tu décidais de participer, ça ferait de toi le premier contributeur, soit un genre de membre Gold du site tu vois, la classe. En plus si ça se trouve c'est déductible des impôts ou un truc du genre, renseigne-toi mec, ça vaut le coup.

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